Zola, L’Assommoir, chapitre 2 - Oh ! c’est vilain de boire ! dit-elle à demi-voix…

Entraide scolaire

58 réponses · Page 3 / 3

Tant mieux pour toi ; mais on a aussi beaucoup d'étudiants qui ont de bonnes notes grâce à notre aide
Il faut de tout pour faire un monde !
Bonjour!
je suis en seconde et je dois faire un commentaire sur L'assomoir!
enfin en faite je n'arrive pas vraiment a trouver de passage correspondant a mes recherches dans le livres. Les axes sont: intro, 1)une peinture realiste du cabaret, 2) l'alambic devenue un mythe et une conclusion.
Je ne vois pas très bien le rapport entre ce commentaire et le livre!
Mais j'ai deja quelques idées pour la seconde partie.
Merci d'avance
Bonjour Stefi,
Tu as écrit :
1)une peinture realiste du cabaret, 2) l'alambic devenue un mythe et une conclusion.
Je ne vois pas très bien le rapport entre ce commentaire et le livre!
Te rends-tu compte de ce que tu dis ?

Muriel
Oupppsss
bien sur qu'il y a un raport mais en faite c'est comment raporter des informations tirer du livre a ce sujet?
il y a peu de description du cabaret voir quasi inexistente et dans le livre Zola ne parle pas de l'alambic comme un mythe.
Stefi,

Je ne veux pas être déplaisante, mais es-tu sûr(e) que le livre que tu as entre les mains s'appelle « L'Assommoir » écrit par Zola ?

Muriel
Je n'ai pas lu le livre entierement car mon professeur nous a seulement dit de nous aider du chapitre 2, où Gervaise voit et commente l'alambic. Donc oui c'est bien ce livre que j'ai dans les mains! Mais on vient juste de commencer a l'etudier et je dois le lire pour le 21 janvier… est-il primordiale de le lire si on nous a dit de seulement s'appuyer du chapitre 2?
🙂
Concernant les lieux, ils jouent un rôle important dans le naturalisme. En effet, les lieux où se passent l'histoire sont réels et dans le premier passage par exemple, ils permettent de créer une atmosphère angoissante de par leur inhospitalité. Le début de l'histoire se passe dans le quartier de la goutte d'or qui correspond au 18e arrondissement actuel mais ne faisait à l'époque pas partie de Paris et en était séparé par le mur de l'octroi. Une bande de terre sépare encore le quartier de l'octroi et l'hôpital en construction ainsi que les abbattoirs ( bien qu'étant déjà déplacés à l'époque à la villette, zola les a laissé à leur ancien emplacement exprès) sont hostiles et peu accueillants.
Bonjour,
J'ai vraiment besoin d'aide ! Et je compte sur vous pour m'éclairer 🙂
Je dois rendre un travail de français bientôt.
On me demande de faire le commentaire de l'extrait suivant de l'Assommoir de Zola. Merci de me répondre au plus vite.
Gervaise accepte d'accompagner son ami Coupeau dans un bistrot, L'Assommoir, tenu par le père Colombe. Elle découvre alors avect stupeur l'alambic qui sert à distiller l'alcool.

Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s'inquiétant de l'heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite ; elle eut la curiosité d'aller regarder, au fond, derrière la barrière de chêne, le grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la petite cour ; et le zingueur qui l'avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indiquant du doigt les différentes pièces de l'appareil, montrant l'énorme cornue d'où tombait un filet limpide d'alcool. L'alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s'échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c'était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses deux camarades, était venu s'accouder sur la barrière, en attendant qu'un coin du comptoir fût libre. Il avait un rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu ! elle était bien gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. Lui, aurait voulu qu'on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud l'emplir, lui descendre jusqu'aux talons , toujours, toujours, comme un petit ruisseau. Dame ! il ne serait plus dérangé, ça aurait joliment remplacé les dés à coudre de ce roussin de père Colombe ! Et les camarades ricanaient, disaient cet animal de Mes-Bottes avait un fichu grelot, tout de même. L'alambic sourdement, sans flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur d'alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. Alors, Gervaise prise d'un frisson, recula ; et elle tâchait de sourire, en murmurant : "C'est bête, ça me fait froid, cette machine…la boisson me fait froid…"
Oxylux

j'ai le meme travail a faire pour le 30 janvier si tu veux je pourrais te donner les plan que ma prof nous a donnée?

On pourrai s'entraider si sa te dit?
bonjour a vous tous !!
si je suis ici c'est parce que j'ai besoin d'aide pour un devoir e français.
je dois effectuer uncommentaire composé de la fin du chapitre 1 de l'Assommoir de zola. seulement je ne vois pas vraiment se qu'il y a à dire sur ce texte.
pourriez vous m'aidez ?
je vous rmercie d'avance!!


extrait à étudier :
"Quand Gervaise mit le pied dans l'allée de l'hôtel Boncœur, les larmes la reprirent. C'était une allée noire, étroite, avec un ruisseau longeant le mur, pour les eaux sales ; et cette puanteur qu'elle retrouvait lui faisait songer aux quinze jours passés là avec Lantier, quinze jours de misère et de querelles, dont le souvenir, à cette heure, était un regret cuisant. Il lui sembla entrer dans son abandon.

En haut, la chambre était nue, pleine de soleil, la fenêtre ouverte. Ce coup de soleil, cette nappe de poussière d'or dansante, rendait lamentables le plafond noir, les murs au papier arraché. Il n'y avait plus, à un clou de la cheminée, qu'un petit fichu de femme, tordu comme une ficelle. Le lit des enfants, tiré au milieu de la pièce, découvrait la commode, dont les tiroirs laissés ouverts montraient leurs flancs vides. Lantier s'était lavé et avait achevé la pommade, deux sous de pommade dans une carte à jouer ; l'eau grasse de ses mains emplissait la cuvette. Et il n'avait rien oublié, le coin occupé jusque-là par la malle paraissait à Gervaise faire un trou immense. Elle ne retrouva même pas le petit miroir rond, accroché à l'espagnolette. Alors, elle eut un pressentiment, elle regarda sur la cheminée : Lantier avait emporté les reconnaissances, le paquet rose tendre n'était plus là, entre les flambeaux de zinc dépareillés.

Elle pendit son linge au dossier d'une chaise, elle demeura debout, tournant, examinant les meubles, frappée d'une telle stupeur, que ses larmes ne coulaient plus. Il lui restait un sou sur les quatre sous gardés pour le lavoir. Puis, entendant rire à la fenêtre Etienne et Claude, déjà consolés, elle s'approcha, prit leurs têtes sous ses bras, s'oublia un instant devant cette chaussée grise, où elle avait vu, le matin, s'éveiller le peuple ouvrier, le travail géant de Paris. A cette heure, le pavé échauffé par les besognes du jour allumait une réverbération ardente au-dessus de la ville, derrière le mur de l'octroi. C'était sur ce pavé, dans cet air de fournaise, qu'on la jetait toute seule avec les petits ; et elle enfila d'un regard les boulevards extérieurs, à droite, à gauche, s'arrêtant aux deux bouts, prise d'une épouvante sourde, comme si sa vie, désormais, allait tenir là, entre un abattoir et un hôpital."
voila l'extrait sur lequel je dois faire un commentaire littéraire, jai 3 axes, le décor, le personnage principal, les personnage secondaire.

jai besoin daide pour les sous parties. je sais qu'il fau parlé de la description de l'alambic mais je ne trouve pas un thème.

aidez moi s'il vous plait… MERCI
- Oh ! c'est vilain de boire ! dit-elle à demi-voix.

Et elle raconta qu'autrefois, avec sa mère, elle buvait de l'anisette, à Plassans. Mais elle avait failli en mourir un jour, et ça l'avait dégoûtée ; elle ne pouvait plus voir les liqueurs.

- Tenez, ajouta-t-elle en montrant son verre, j'ai mangé ma prune ; seulement, je laisserai la sauce, parce que ça me ferait du mal.

Coupeau, lui aussi, ne comprenait pas qu'on pût avaler de pleins verres d'eau-de-vie. Une prune par-ci par-là, ça n'était pas mauvais. Quant au vitriol, à l'absinthe et aux autres cochonneries, bonsoir ! il n'en fallait pas. Les camarades avaient beau le blaguer, il restait à la porte, lorsque ces cheulards-là entraient à la mine à poivre. Le papa Coupeau, qui était zingueur comme lui, s'était écrabouillé la tête sur le pavé de la rue Coquenard, en tombant, un jour de ribote, de la gouttière du n° 25 ; et ce souvenir, dans la famille, les rendait tous sages. Lui, lorsqu'il passait rue Coquenard et qu'il voyait la place, il aurait plutôt bu l'eau du ruisseau que d'avaler un canon gratis chez le marchand de vin. Il conclut par cette phrase :

- Dans notre métier, il faut des jambes solides.

Gervaise avait repris son panier. Elle ne se levait pourtant pas, le tenait sur ses genoux, les regards perdus, rêvant, comme si les paroles du jeune ouvrier éveillaient en elle des pensées lointaines d'existence. Et elle dit encore, lentement, sans transition apparente :

- Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose ? Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d'avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage ? Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en faire de bons sujets, si c'était possible ? Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me remettais jamais en ménage ; non, ça ne me plairait pas d'être battue ? Et c'est tout, vous voyez, c'est tout ?

Elle cherchait, interrogeait ses désirs, ne trouvait plus rien de sérieux qui la tentât. Cependant, elle reprit, après avoir hésité :

- Oui, on peut à la fin avoir le désir de mourir dans son lit ? Moi, après avoir bien trimé toute ma vie, je mourrais volontiers dans mon lit, chez moi.

Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s'inquiétant de l'heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite ; elle eut la curiosité d'aller regarder, au fond, derrière la barrière de chêne, le grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la petite cour ; et le zingueur, qui l'avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indiquant du doigt les différentes pièces de l'appareil, montrant l'énorme cornue d'où tombait un filet limpide d'alcool.

L'alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s'échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c'était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses deux camarades, était venu s'accouder sur la barrière, en attendant qu'un coin du comptoir fût libre. Il avait un rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu ! elle était bien gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. Lui, aurait voulu qu'on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud, l'emplir, lui descendre jusqu'aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. Dame ! il ne se serait plus dérangé, ça aurait joliment remplacé les dés à coudre de ce roussin de père Colombe ! Et les camarades ricanaient, disaient que cet animal de Mes-Bottes avait un fichu grelot, tout de même. L'alambic, sourdement, sans une flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur d'alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. Alors, Gervaise, prise d'un frisson, recula ; et elle tâchait de sourire, en murmurant :

- C'est bête, ça me fait froid, cette machine ? la boisson me fait froid ?

Puis, revenant sur l'idée qu'elle caressait d'un bonheur parfait :

- Hein ? n'est-ce pas ? ça vaudrait bien mieux : travailler, manger du pain, avoir un trou à soi, élever ses enfants, mourir dans son lit ?

- Et ne pas être battue, ajouta Coupeau gaiement. Mais je ne vous battrais pas, moi, si vous vouliez, madame Gervaise ? Il n'y a pas de crainte, je ne bois jamais, puis je vous aime trop
As-tu lu ce qui précède ?
Salut Study,
Tout d'abord intéresse-toi au fait que l'alambic soit le point de mire de tous les personnages à travers les différents points de vue et les réactions qu'il suscite (la terreur de Gervaise)

En effet l'alambic prend peu à peu la forme d'un monstre comme en attestent les termes suivants:"forme étrange", "enroulement sans fin de tuyaux",etc.

La description prend donc une dimension fantastique et symbolique. Au premier abord on pourrait penser qu'il s'agit d'un simple instrument qui vise à condamner le fléau de l'alcool qui ravage littéralement Paris. Mais en filigrane, de manière sous-jacente apparait la notion d'hérédité. Ainsi le "cuivre rouge" de l'alambic suggère l'idée de sang, de brutalité.
Quant au "ronflement souterrain" il peut symboliser le passé de Gervaise qui réapparait pour la happer. Il s'agit donc d'une sorte de mythe qui d'ailleurs est omniprésent dans les romans de Zola (cf.La bête humaine)
J'aurais besoin d'aide pour un commentaire.
Mon second axe concerne les personnages secondaire,
mon passage étudié est le chapitre 2 de l'Assommoir
lorsque Coupeau, Gervaise et Mes-Bottes sont à l'Assommoir.
J'ai noté quelques trucs mais je n'arrive pas à mettre des
commentaire avec…

Si quelqu'un pouvait m'aidé ?!

Merci.


Et quels sont "les quelques trucs" que tu as notés ?
Envoie ce que tu as noté (et le texte !) et on pourra t'aider à organiser.
bonjours,
je dois rendre un questionnaire pour le 8 décembre 2008 sur un extrait de l'assommoir (qui va de :
Cependant, Mes Bottes, accompagné de ses deux camarades …………………………………….
-C'est bête, ça me fait froid, cette machine… La boisson me fait froid…)
Ce questionnaire me demande de définir les types de paroles rapportées utilisées et de justifier le choix de chacune d'elles .
Comment expliquer le changement des paroles rapportées a la fin de cette extrait .


merci d'avance pour vos réponses (si il y en a bien sûr)

Qu'est-ce qu'une parole rapportée ?
Bonsoir Roudoudou,

Voilà une page intéressante sur les paroles rapportées ici.

A défaut du texte, il sera difficile de t'aider.

Regarde si tu n'as pas un changement de style, direct à indirect par exemple, et essaie de l'interpréter.
Bonjour,

Je suis en seconde et ma prof de français nous a donné une partie d'un commentaire composé sur l'assommoir à faire. Il faut faire l'introduction et la 1ere partie. Elle nous a aussi donné les deux axes :
1. la langue du peuple.
2. le stigmate de l'alambic.

Ainsi que la problématique : "Comment le naturalisme s'impose-t-il à travers la dimension symbolique populaire ?"
Le problème c'est que nous avons travaillé qu'un petit peu sur comment faire une intro, et donc je suis un peu perdue..

Pour le moment j'ai écris ça :

Ce texte est extrait de l'assommoir écrit en 1877 par Emile Zola. L'assommoir est le 7ème volume de la série "les Rougon-Macquart". Cette œuvre est entièrement consacrée aux ouvriers.
Dans ce passage, Coupeau, un ouvrier zingueur, et Gervaise Macquart, l'héroïne du roman, sont à l'Assommoir et Coupeau fait la cours à la jeune femme. Nous pouvons voir que ce récit est naturaliste par la description de l'Alambic.
Comment le naturalisme s'impose-t-il à travers la dimension symbolique populaire ?
Tout d'abord, nous démontrerons que Zola utilise la langue du peuple.
Ensuite nous verrons l'empreinte, le stigmate de l'Alambic.

Dans son roman, Zola utilise la langue du peuple. En effet, il emploie des mots comme "cheulards" (L.14), "ribote" (L.17) ou encore, '"un canon" (L.21). Cette utilisation est nécessaire par le fait que nous sommes dans le monde des ouvriers et que ce roman est naturaliste. Nous pouvons voir aussi que le thème principal est l'alcool, "une prune par ci, par là, ça n'était pas mauvais" (L.10-11). Ce qui rejoint l'idée des ouvriers, l'alcoolisme étant assez présent chez le peuple. Il nous parle aussi des méfaits de de celui-ci, notamment de la mort.
"Le papa Coupeau s'était écrabouillé la tête" (L.15-16).

Et c'est tout.. Comme vous pouvez le voir, c'est très maladroit, et je répète souvent des choses.

Voici l'extrait :
C'est la pause de midi, le cabaret est empli d'ouvriers. Trois d'entre eux - l'un est surnommé
Mes-Bottes - accueillent Coupeau d'une façon tapageu se qui effraye Gervaise.

" - Oh ! c'est vilain de boire! dit-elle à demi-voix. Et elle raconta qu'autrefois, avec sa mère, elle buvait de
l'anisette, à Plassans. Mais elle avait failli en mourir un jour, et ça l'avait dégoûtée; elle ne pouvait plus voir les
liqueurs.

-Tenez, ajouta-t-elle en montrant son verre,j'ai mangé ma prune; seulement, je laisserai la sauce, parce que ça
me ferait du mal.(..)
Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était
déjà debout, s'inquiétant de l'heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite; elle eut la curiosité d'aller regarder,
au fond, derrière la barrière de chêne, grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la
petite cour; et le zingueur, qui l'avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indi quant du doigt les différentes
pièces de l'appareil, montrant l'énorme cornue d'où tombait un filet limpide d'alcool. L'alambic, avec ses
récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une minesombre; pas une fumée ne
s'échappait: à peine entendait on un souffle intérieur, un ronflements souterrain; c'était comme une besogne de
nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses
deux camarades, était venu s'accouder sur la barrière, en attendant qu'un coin ducomptoir fût libre. Il avait un
rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu !
elle était bien gentille! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre de quoi se tenirle gosier au frais pendant huit
jours. .Lui, aurait voulu qu'on lui soudât le bout du serpentin ..entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud,
l'emplir, lui descendre jusqu'aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. Dame! il ne se serait plus
dérangé, ça aurait joliment remplacé les dés à coudre de ce roussin* de père Colombe l Et les camarades
ricanaient, disaient que cet animal de Mes-Bottes avait un fichu grelot*, tout de même. L'alambic, sourdement,
sans une flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur
d'alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les
boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris. Alors) Gervaise, prise d'un frisson, recula; et elle
tâchait de sourire, en murmurant:
- C'est bête, ça me fait froid, cette machine… la boisson me fait froid…
Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît ? Merci.