Apollinaire, Zone

Entraide scolaire

30 réponses · Page 2 / 2

Bonjour à tous, je passe mon oral de français dans 15 jours et je rencontre un problème assez embêtant avec Zone de Guillaume Apollinaire, poème extrait du recueil Alcools.

Ma prof de Français nous avait dit que dans les 41 premiers vers, Apollinaire parlait de la religion en exprimant sa permanence, le fait qu'elle seule reste éternelle .

A mon oral blanc, je tombe sur ce poème, je réexplique cette idée de permanence à mon examinateur qui me dit : "Il y en a qui aiment vivre dangereusement" gros coup de stress pour moi …

A la fin il me dit que je me suis complètement trompé et que Apollinaire parle de la religion avec ironie: le pape Pie X avait condamné plusieurs inventeurs à l'époque, le "ô" dans "ô christianisme" est ironique.

Je vérifie mes notes de cours après, j'en reparle à ma prof qui me réaffirme ce qu'elle m'avait déjà dit.

Le problème est que je ne sais plus qui croire? Si il y en a un à croire plus qu'un autre…
Si les deux théories peuvent être bonne, comment les présenter à l'oral ?

Merci !
Salut !

Si je me rappelle bien, j'ai eu moi-même le même soucis de compréhension que toi, et le même doute. J'ai préparé un oral en classe sur ce même extrait de Zone, et la même hésitation m'a prise.

Il y a que j'ai opté pour la même thèse que ton examinateur d'oral blanc : l'ironie. Après, je me suis posé beaucoup de questions, certes, mais il me semble bien après réflexion sur le sujet qu'Apollinaire a écrit entre ses lignes.

La modernité qu'il expose dans son poème est loin d'être simple, elle est complexe, rapide et haletante, comme le montrent ses phrases dénudées de ponctuation. Or, je cite "la religion seule est restée toute neuve la religion est restée simple". D'une part il dit ici que la religion a été la seule à ne pas avoir évolué, et d'une autre part il la qualifie de "simple".
Si l'on part de cette thèse, il est donc logique de voir la phrase où il s'adresse au Pape Pie X comme complètement ironique : celui qui se dit moderne est le seul à n'avoir pas évolué.

Après, le paradoxe entre ton évaluateur à l'oral et ta professeur de français se retrouve un peu partout… Si tu cherches le point de vue de la religion d'apollinaire sur internet, tu trouverais deux types de reflexions sur Zone : ceux qui on lu les vers et les ont interprétés assez simplement (ils ont prit ce qu'on leur donnait) et ceux qui ont cherché plus loin, qui ont lu entre les lignes, mais se sont peut-être trompés.

je n'ai pas de certitude, et je pense que c'est pour cette raison qu'il faut nuancer les points de vue que l'on expose.
Bonjour, j'ai un devoir a rendre sur le poème Alcools de G Apollinaire mais je n'y arrive pas trop.
À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J'aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant
1°) A qui s'adresse Apollinaire au 1° vers?
Selon moi il s'adresse a la ville de paris mais je n'ai pas de preuves et ma réponse est un peu courte :/

2°) Quelle place fait-il a la religion et pourquoi selon vous ?
Pour moi je pense qu'il en parle d'une façon ironique… Je me trompe ?

3°) Étudiez les images qui renvoient a la modernité.


Merci de votre aide
Bonjour,

Je suis actuellement en train d'étudier le recueil Alcools et principalement le poème "Zone".

J'ai à répondre à de nombreuses questions. Mais je n'arrive pas répondre à la question suivante : Quels rapports établissez vous entre le poème "Zone" et le poème "Vendémiaire" ?

Je sais déjà que "Zone" est le premier poème du recueil, qu'il a été écrit en dernier (1913) et que ce poème annonce une révolution du genre poétique (forme et thèmes, absence de ponctuation, vers libres,…).
Je sais également que "Vendémiaire" clôt le recueil. Mais je n'arrive pas à trouver de "rapports".

Pourriez vous m'aider s'il vous plait ?

Merci d'avance 🙂
En vrac et rapidement :
Il y a un lien évident : Paris (et d'autres villes). Approfondissez l'image que le "moi" (attention, ce n'est pas toujours celui du poète) donne de ces villes, la fonction qu'il leur prête.
Comparez aussi la fin des deux poèmes.
Il y a d'autres similitudes thématiques, aussi, cherchez-les.
De "Zone" à "Vendémiaire" : il y a une correspondance thématique entre le poème liminaire et le poème terminal du recueil, tous deux centrés sur les rapports de l'individu et du monde, l'un (Zone) se terminant sur un adieu, disant la lassitude du poète devant sa propre vie et "ce monde ancien", l'autre (Vendémiaire) constituant un appel, chantant la soif du monde nouveau … dans cette perspective se dégage un itinéraire qui conduit le lecteur d'un pessimisme initial à un optimisme plein d'espoir …

Extrait du fascicule Profil d'une œuvre ( 25) . Claude Bégué et Pierre Lartigue
Page 17
Je ne suis pas d'accord avec cette linéarité : les deux pôles coexistent puisque les deux poèmes sont presque contemporains. Je vois dans Zone un "poème programme" en qui tout se résume.
Vendémiaire, c'est le chant de l'ivresse, mais le monde que celle-ci promet n'a pas de corps : ce n'est pas l'humanisme futur qui s'exprime ici, mais un cri par lequel l'être s'arrache à un certain monde - et à une certaine poétique (j'allais dire poésie) - pour s'élancer vers un ailleurs aperçu dans l'ivresse et le soleil qui naît.

Le chant ne célèbre que cet élan.

Écoutez mes chants d'universelles ivrogneries

Et la nuit de septembre s'achevait lentement
Les feux rouges des ponts s'éteignaient dans la Seine
Les étoiles mouraient le jour naissait à peine


C'est un peu l'équivalent de cette "future vigueur" que le bateau ivre pressent derrière les horizons de la mer encore chargés de nuit.
Bonjour,
Dans le cadre de l'épreuve orale du bac de Français, j'étudie Zone de Apollinaire. J'ai préparé un plan mais je ne trouve pas d'ouverture en conclusion. Peut être que je peux parler du cubisme ? Avez vous des idées ?
Merci
Une ouverture pertinente s'inscrit dans une démarche : une question posée par l'examinateur. Ta réponse structurée sur l'extrait (je suppose).

Des idées …
- Zone est un poème circulaire du matin au matin.
"Bergère ô tour Eiffel le troupeaux des ponts bêle ce matin …/…
Tu es seul le matin va venir

- Zone, un "poème de fin d'amour" lié à la rupture avec Marie Laurencin.

L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé (…)
L'amour dont je souffre est une maladie honteuse (…)


- Zone, l'abandon du monde ancien.

- On a dit que le poème Zone, placé en tête du recueil est "l'annonce des grands thèmes".
C'est noté ! Merci