Quelle pertinence pour l’enseignement scolaire de la littérature ?

Littérature

22 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, bonsoir !

Je sais, c'est un gros pâté de texte, mais maintenant que vous avez cliqué sur cette page, je vous interdit de cliquer sur "Précédent" ou la petite croix rouge. Huhuhu.

Loin de moi l'opiniâtre idée de "cracher" sur le système. Simplement, je voudrais des éclaircissements divers et variés !

Remontons le temps
Au début, il y a la primaire, endroit cloîtré où on vous apprend à déchiffrer des petits symboles rigolos assemblés tout aussi rigolottement. En même temps, on vous initie à ces Rigolotteries = exercices intensifs sur la formation des lettres sur des gros gros gros carreaux (peut-être parce qu'on a des petits yeux quand on est au CP).
Quelques années plus tard mais pas trop, c'est le collège : la floraison des figures de style, synonymes de sales notes au contrôle (j'ai toujours les nerfs contre un foutu contrôle dont la consigne était "Soulignez toutes les figures de style et indiquez leur nom : mesdames, messieurs, j'ai entouré). Personnification, oxymore, anacoluthe… ect. On lit quelques livres dont tout le monde s'en branle. C'est cher woah ! j'aurais préféré acheter des jeux vidéos à la place.
Finalement, il y a le lycée. Le lycée, pour ceux à qui ça remonte, c'est un lieu fabuleux où un prof de français plus ou moins intéressant peut vous faire cours de français, mais il prétend qu'on fait de la littérature. Certes, certes. Et ma disert ? Bah, quand c'est André Breton, c'est du surréalisme, mais quand c'est moi, c'est de la me*** (il manque "rde"). La prochaine fois j'écrirai quelque chose qui signifie quelque chose.

Alors, je me posais, moi chétive, la plus grande des problématiques :
"Quelle pertinence a l'enseignement scolaire de la littérature ?"

Dit comme ça, c'est pas très sexy, j'vous l'accorde.

Peut-être trouvez vous les figures de styles, les classifications des mouvements littéraires, les registres et tout le reste trop… limités ? limiteurs ? Parce que trop codifiés ? Parce que l'art est libre et ne peut être codifié ?
C'est qu'on apprend souvent, dans nos années scolaires :
• chiasme : accentue les éléments BB
• métaphore : comparaison sans outil de comparaison
• litote : consiste à dire le moins pour faire entendre plus. Exemple : "Va, je ne te hais point." est [censé être] plus fort que "Je t'aime !" ---> Je préfère qu'on me dise la deuxième phrase perso.
Tels mots assemblés de telle manière = ça.
Le registre pathétique s'identifie de telle manière. Le dramatique, comme ça… ect.
Va-t-on dans un sens de simplification du processus de Littérature par des procédés littéraires réglementés ? Est-il pertinent d'apprendre ses leçons à la lettre pour être un "littéraire" ?

Pensez-vous qu'un professeur (que je respecterais !) soit profondément apte à parler d'une œuvre qu'il ne comprend à peine ? Je sais bien qu'il y en a des plus passionnés que d'autres, mais c'est pourtant souvent des profs qui rabâchent un Zola parfaitement banal mais qui ne parlent presque jamais de Mallarmé parce que c'est un Très-Rigolo.

Pensez-vous qu'il faille changer la manière de former les produits de l'Éducation nationale pour mieux assimiler la littérature ? Enfin, d'après vous, une manière différente d'enseigner ferait-elle automatiquement adhérer tous les élèves à la littérature, à la philosophie, à la culture, à la critique ?

Attention, c'est un sujet glissant.

J'ai une opinion (que vous avez en partie cerné), mais je serais davantage intéressé par votre avis personnel. Surtout, vous n'êtes pas obligés de répondre à mes questions, tant que vous me dites des choses intéressantes.

Bien cordialement,
Nephtys
Bonjour,

Alors je manque de temps - et peut-être aussi de recul! - pour élaborer la réponse sophistiquée que tu serais en droit d'attendre. Mais je trouve dommage que ton post demeure sans suite.

Pour ma part, il me semble, comme tu l'as dit, que l'attrait que peuvent avoir les élèves pour la littérature dépend principalement de la passion qu'est capable de transmettre le prof. Pour les élèves que je vois autour de moi, c'est à ce niveau que se fait souvent le déclic.

Après, un autre grand souci que rencontre aujourd'hui l'enseignement de la littérature tient beaucoup je crois de l'évolution de notre société. La dévalorisation de la littérature, un attrait nouveau pour les écrans en tout genre qui se fait souvent aux dépens des plaisirs littéraires traditionnels, etc… On en entend assez parler pour que je ne sente pas le besoin de m'épancher davantage là-dessus!

Après, je n'ai pas de solution à proposer, mais je ne pense pas - pour répondre à ta question - que l'enseignement scolaire de la littérature soir une idée non pertinente, mais simplement que tout dépend de ce que les profs sont capables de transmettre aux élèves.

Voilà, j'espère avoir un peu répondu à ta question 🙂
L'un des problèmes me semble être le décalage entre les lectures proposées par les enseignants et la réalité des élèves qui sont face à eux. C'est une question sensible parce qu'elle induit souvent des réactions épidermiques ; toute remise en question du corpus proposé (imposé plutôt) aux élèves étant vécu comme l'acceptation d'une dégradation dans l'état général de la littérature aujourd'hui. Il me semble pourtant qu'il faudrait véritablement réfléchir à cette dimension, autant qu'à la question de la méthode de l'enseignement en elle-même…

Je ne parle même pas des livres choisis pour initier les collégiens à la littérature qui sont la plupart du temps des niaiseries chiantes à lire, indigeste et faussement facile à lire. Je crois que les choses changent à ce niveau et qu'il y a des efforts de réalisés dans le bon sens. Néanmoins, l'ensemble me paraît assez désespérant.

Pour l'enseignement de la littérature au lycée, et indépendamment des problématiques sociologiques qui pourraient "expliquer" certaines difficultés, je pense qu'il y a là d'énormes problèmes et toute une économie de l'enseignement à revoir. Une forme de décalage, aujourd'hui monstrueux, est institué par l'école entre la littérature et l'élève. Tout semble fait pour que la littérature soit appréhendé comme une instance sacrée, indépassable, figée de toute éternité dans les sphères des maîtres anciens du mot. Le problème est à ce niveau assez proche de celui résidant dans l'enseignement de la philosophie. C'est une forme de sclérose assez incompréhensible et totalement contre-productive qui tend à se donner dans les cours de littératures comme un carcan terriblement étouffant.

La position pourra paraître radicale, mais c'est un mensonge de croire, selon moi, qu'il est possible de donner à lire, à un élève qui n'a jamais lu aucun livre et qui n'a aucun intérêt particulier pour la littérature, du Flaubert ou du Balzac. Du moins, il est impossible de le donner comme on le donne aujourd'hui : comme une entité textuelle (le livre) dont on devrait déchiffrer par elle et pour elle le message, comme un monolithe respectable. On fait des "classiques" des croutons. On thématise, on décortique, on analyse, on fait des listes de figures de styles, on explose le fond, le sens, la sensibilité, le vertige de la lecture au profit d'un vécu-catalogue du lire qui tue la possibilité d'un rapport intime entre l'élève et le texte. J'ai bien conscience que derrière mes mots il y a un idéal impossible à réaliser complétement. Mais, pour avoir donné quelques cours de philosophie, la chose est possible dans une certaine mesure. Il est possible de donner à sentir ce qu'il y a de fort dans un texte, de puissant dans une phrase. Il faut désacraliser l'auteur, désacraliser la littérature ou la philosophie, pour faire sentir ce qui en elles est merveilleux et déroutants.
Après, un autre grand souci que rencontre aujourd'hui l'enseignement de la littérature tient beaucoup je crois de l'évolution de notre société. La dévalorisation de la littérature, un attrait nouveau pour les écrans en tout genre qui se fait souvent aux dépens des plaisirs littéraires traditionnels, etc… On en entend assez parler pour que je ne sente pas le besoin de m'épancher davantage là-dessus!
La notion de "plaisirs littéraires traditionnels" est justement celle qu'il faut bannir. Toute référence à la tradition est néfaste parce que totalement en décalage. Que veut dire la tradition lorsqu'on parle de lecture ? La littérature n'est pas dévalorisée par l'écran : il serait à la limite possible d'envisager qu'elle est plus facilement méconnue. Mais, l'écran n'empêche en rien la fascination pour un texte et la plongée dans les mots.
je ne pense pas - pour répondre à ta question - que l'enseignement scolaire de la littérature soir une idée non pertinente, mais simplement que tout dépend de ce que les profs sont capables de transmettre aux élèves.
Effectivement, l'idée de cet enseignement est pertinent. Je dirais même plus : il est vital — et on sait tous pourquoi. Cependant, comme l'a expliqué Leihe, les moyens qui y sont déployés ne sont pas forcément les meilleurs.

Au fond, ce n'est pas uniquement l'enseignement littéraire qui est, lui seul, à remettre en question, mais toutes les fondations d'un système actuellement industrio-éducatif. Une avancée prométhéenne est à faire de ce côté. Moins utopiquement, il faudrait commencer par stopper ce gavage brut du cocktail grammaire-romans-dissert qui ferait même tuer Victor Hugo une seconde fois d'une overdose.
Il n'en demeure pas moins qu'il existe des professeurs exceptionnels, véritables personnalités, capables de changer un élève. Le professeur de français a entre ses mains un formidable pouvoir et n'en fait pas bon usage.

Merci de m'avoir partagé votre opinion. C'est sans doute plus efficace qu'un cours de français, à vrai dire ! L'échange et la curiosité personnelle sont sans doute les remèdes à l'enseignement sclolaire !
La critique est aisée : du ""professeur qui ne comprend pas grand chose" (dire qu'il a passé plusieurs années à être jugé sur ses connaissances à l'université) aux élèves à qui on "impose des niaiseries" (ils ont déjà tout compris intuitivement) ou qui "sociologiquement" sont à traiter différemment vu leur niveau (les pauvres !). La solution miracle serait qu'un gourou passionné enflamme son auditoire à la manière d'un acteur faisant son show.

Dire que seul un enseignant fait la pluie et le beau temps suggère une passivité intense de ceux qui recoivent un enseignement. Il est bon de se méfier des gourous qui changent une personne.
Dire qu'il faut tout remettre à plat veut dire que les classiques sont à mettre au panier sans dire par quoi on va bien pouvoir les remplacer. J'adore les films et j'aime bien voir les différentes versions d'un roman mais il faut un metteur en scène de haute volée pour ne pas réduire un roman à la structure de son scénario avec quelques dialogues. Je ne vois pas non plus pourquoi Mallarmé serait mieux que Zola.

La littérature que l'on enseigne à l'école, c'est le "canon", ce qui a bien réussi et traversé les siècles. Il y a ce qui facilite l'approche et la compréhension des oeuvres comme les courants etc… car faut connaitre les codes de l'époque concernée pour comprendre ce qui nous semble étranger. Apprendre à reconnaitre des techniques littéraires est peut-être ennuyeux mais ces techniques ont permis de créer quelque chose de "puissant dans une phrase" pour reprendre les mots de Leihe, de créer des effets spéciaux en quelque sorte.

Si l'on considère d'autres arts, les apprentis imitent et reproduisent les oeuvres du passé pendant un certain temps. Il est nécessaire de subir des contraintes pour pouvoir s'en libérer. L'école ne peut enseigner à écrire avec talent mais elle peut initier à la littérature et développer des capacités à comprendre et rédiger.
Le problème n'est pas le fond de l'enseignement, mais la forme. Apprendre les figures de styles par liste ne me semble pas être une bonne façon d'appréhender la puissance qui peut se révéler dans leur usage. De la même façon, fragmenter du Crébillon pour en donner à manger, par morceau, à des élèves qui n'ont jamais lu un livre de leur vie, ne fera rien d'autre que dégouter ces mêmes élèves de la lecture.

La critique est peut-être aisée, mais n'est pas illégitime. La compréhension du public présent et l'adaptation du discours et des objets du discours à ce public n'a rien à voir avec une espèce de condescendance douteuse ("les pauvres !"), c'est selon moi la base de la pédagogie. C'est parce qu'on les programmes de l'enseignement tendent à nier ce fait que l'on se retrouve maintenant avec une plus grande part d'élèves dégoutés par la littérature que d'élève l'appréciant.

Il y a une assez grande différence entre un gourou et un homme passionné capable de faire sentir la profondeur et l'intérêt d'une lecture. Il est assez étrange que de porter la question tout de suite du côté du gourou : comme si un professeur réussissant, par son charisme et sa passion, à "enflammer" son auditoire et à l'intéresser à ce dont on parle, était forcément louche. De la même façon, la réduction de ce qui a été dit ici comme un "on va mettre au panier les classiques", c'est ne pas avoir bien lu ce qui s'écrivait. C'est au contraire, justement, l'enseignement tel qu'il est fait aujourd'hui qui met au panier les classiques ! C'est l'enseignement tel qu'il s'impose dans les programmes qui tue Flaubert, Balzac, Zola et les autres. C'est cette apprentissage du "canon", cette grande messe de la lecture ou l'on tisse le paradoxe profond de l'enseignement de la littérature : entre une sacralisation du texte et une déconstruction totale de ce qui peut lui donner sa force ("on retrouvera vers 5 une métaphore…, vers 6 et 7 une anaphore…, vers 25 une répétition…., etc.), c'est tout cela qui empêche pour la majorité des élèves de sentir ce qu'il y a d'intéressant et de puissant dans ces livres.

Donc oui, apprendre les techniques littéraires est ennuyeux et contre-productif. Qu'un lecteur me dise que sa lecture est plus forte parce qu'il sait que ceci est une métaphore, et je réviserais mon jugement. Mais la lecture c'est autre chose que cela et sa découverte doit précéder l'apprentissage technique des figures de style ou de tout autre chose. L'on monte la machine à l'envers, en quelque sorte : voulant donner à voir ce qui fait le texte, ce qui le construit, avant de donner à sentir sa force. Mallarmé n'est pas mieux que Zola et Zola pas mieux que Balzac ; mais tous deviennent arides lorsqu'on les décortiques en un organigramme de figure et de note stylistique.
Si l'on considère d'autres arts, les apprentis imitent et reproduisent les œuvres du passé pendant un certain temps. Il est nécessaire de subir des contraintes pour pouvoir s'en libérer. L'école ne peut enseigner à écrire avec talent mais elle peut initier à la littérature et développer des capacités à comprendre et rédiger.
On ne fait sentir que les contraintes. Les élèves n'ont pas, pour la majorité d'entre eux le goût pour la lecture. Un artiste imitant une oeuvre choisi son labeur et envisage son imitation, son travail, dans une perspective qui le légitime. Ici, nous n'avons rien de cela puisque l'enseignement de la littérature n'est pas une option - heureusement d'ailleurs - et qu'elle est donné à tous. L'école n'initie pas à la littérature, justement, elle envisage la littérature comme un donné de base des élèves sur lequel on pourra travailler. Or, de fait, il y a un impondérable sociologique que l'on doit prendre en compte si l'on ne veut pas faire tourner l'enseignement sur lui-même : les élèves n'ont pas ce bagage, n'arrivent pas à l'école avec cette culture de base nécessaire pour saisir l'intérêt de la lecture. L'initiation ne passe donc pas par la douleur et l'ennui ; elle passe d'abord par la richesse et la force. Il faut enflammer la chose avant de s'arrêter plus profondément sur elle.

C'est pour cela que les classiques sont légitimes dans l'enseignement, à un certain niveau, que s'ils sont enseignés de tel manière que l'on voit ce qu'ils nous disent, que si l'on y sent la force et la profondeur. Quel est l'intérêt pour quelqu'un qui ne lit pas, qui n'aime pas lire, qui ne s'intéresse pas à la littérature, de savoir que tel ou tel oeuvre est romantique, surréaliste ou autre ? D'abord faire comprendre pourquoi Balzac peut me parler, avant de voir comment il parle à l'Histoire. C'est pour cela qu'une littérature plus contemporaine me semble plus à même de toucher les élèves. Je vis seulement, concrètement, dans les cours que je donne. L'éditorial de Camus sur la bombe atomique, étrangement, intrigue plus celui qui ne lit pas autrement, qu'une page de Crébillon. Cela peut paraître triste à certain, l'on pourra faire de grands discours sur la déliquescence de l'esprit français, sur la mort de la culture, mais c'est un fait qu'il faut prendre en compte et sur lequel on peut jouer. L'idée étant de motiver le plus possible la lecture et par là l'accès futur à ces classiques qui, en traversant le temps, nous montre aussi ce qu'est la littérature.
Plus je lis Leihe et plus je suis d'accord, et heureux de ne pas être seul à me poser certaines questions concernant l'enseignement et la pertinence de l'organisation de notre système éducatif. La grosse différence, c'est que je suis bien loin de toutes ces choses et que n'étant même pas "littéraire", je ne peux pas avoir de vision "de terrain" autre que ma propre expérience d'élève.

Mais je voulais simplement proposer une piste de réflexion générale sur ce point :
Portia a écrit :La littérature que l'on enseigne à l'école, c'est le "canon", ce qui a bien réussi et traversé les siècles.
Il serait intéressant de considérer dans quelle mesure l'inverse peut être vrai : n'est-ce pas aussi un peu parce qu'on l'enseigne que le canon devient canon et qu'il traverse les siècles ? 🙂
Sfdd a écrit :Mais je voulais simplement proposer une piste de réflexion générale sur ce point :
Portia a écrit :La littérature que l'on enseigne à l'école, c'est le "canon", ce qui a bien réussi et traversé les siècles.
Il serait intéressant de considérer dans quelle mesure l'inverse peut être vrai : n'est-ce pas aussi un peu parce qu'on l'enseigne que le canon devient canon et qu'il traverse les siècles ? 🙂
La répétition d'une chose permet la mémorisation, et cette mémorisation permet la transmission du savoir. C'est justement ce dernier qui est le rôle du professeur. Néanmoins, je ne dis pas que le prof doit être un simple répéteur. Un élève dispose de tous les moyens pour trouver une info par lui-même, qu'il peut consulter, lire et relire autant de fois qu'il le souhaite (comportement qui serait certainement très bizarre, et en vérité je n'ai jamais vu personne lire 40 fois la page Wiki de Victor Hugo). En tant qu’élève, je ne veux pas d’un rabâcheur acharné. Si on garde un prof, humain qui mange et qui respire, c'est justement pour ne pas s'étouffer par une connaissance purement spéculative et morte d'une réalité bel et bien vivante. On dit que l'enseignement est une arme face à la réalité, qu'il permet de comprendre le monde ; alors n'est-il pas logique et nécessaire de rendre cet enseignement plus vivant et plus probant grâce à la voix vibrante d'un professeur, lui qui a vécu des expériences, eu le temps de réfléchir, d'acquérir du savoir – au contraire d'un élève, encore jeune et en plein apprentissage ?

Que faire d’un prof de maths qui balance tous les algorithmes difformes –limite métaphysiques– en guise de cours ? Que faire d’un prof de français qui vous donne des livres écœurants avec un contrôle à la clé ? On attend autre chose que l’Ultra–théorique. En fait, si on garde un prof, c’est pour qu’il transmette une passion, et non pas seulement le savoir cru d’une encyclopédie occulte. En toute sincérité, je préfère un gourou haut en couleur qu’une page de Wiki incolore – voyez ces procédés stylistiques : ils me servent aujourd’hui.
Porta a écrit :Je ne vois pas non plus pourquoi Mallarmé serait mieux que Zola.
Demandons à un élève de citer une personnalité littéraire ; il vous répondra plus souvent Zola que Mallarmé. Demandons-lui ensuite s’il connait Mallarmé. La plupart du temps, il vous dira non. S’il n’est pas trop mauvais, il vous dira que c’était un mauvais soldat. S’il est bon, il vous dira que c’est un poète. S’il est excellent, il vous citera le nom d’un de ses poèmes. Émile Zola, sans problème, l’élève vous dira soit que c’est un mec chiant, soit que l'Assommoir porte bien son nom, soit qu’il se passe rien dans Thérèse Raquin, car il aura probablement lu l’un d’entre eux de force.

Littérairement parlant, il n’y a aucun sens à dire que Mallarmé est meilleur que Zola. C’est une question de goût personnel. Mais ce qui est reprochable, c’est qu’on parle beaucoup plus de Zola que de Mallarmé, et même proportionnellement aux œuvres fabriqués par chacun de ces auteurs, le partage du prestige scolaire reste trop inéquitable. En gros, on a l’impression que c’est parce que Mallarmé est bizarre qu’il est moins « canon ».

C’est ce que j’ai voulu exprimer par ma formule un peu étrange (j’ai eu de bons profs, soyez en rassurés):
Nephtys a écrit : c'est pourtant souvent des profs qui rabâchent un Zola parfaitement banal mais qui ne parlent presque jamais de Mallarmé parce que c'est un Très-Rigolo.
Le réalisme, c’est un gros pan du programme au lycée, ça parle du banal (dixit l’élève) et l’étude en devient banale elle aussi. Le symbolisme, on en parle moins, beaucoup moins, d’abord parce qu’il y a eu moins d’œuvres qui en parlent. Exactement le phénomène énoncé dans votre principe « canonique » :
Porta a écrit :La littérature que l'on enseigne à l'école, c'est le "canon", ce qui a bien réussi et traversé les siècles.
Enfin, voici ma dernière intervention du message :
Porta a écrit :L'école ne peut enseigner à écrire avec talent mais elle peut initier à la littérature et développer des capacités à comprendre et rédiger.
L’Éducation nationale n’est pas là pour nous assister, mais pour nous donner des moyens. De mon point de vue, ce serait des moyens de résister à l’ignorance, et donc à beaucoup de chose en conséquence. L’enseignement littéraire y est pour beaucoup, car nous savons tous l’utilité du langage et le pouvoir de la communication, les possibilités et la force acquise par la culture. À mon avis, les listes de figures de styles n’y sont pas pour grand-chose. Je crois qu’on a tous saisi le « moi président » sans forcément connaître le terme d’anaphore.


La critique est aisée. Elle l’a toujours été. Tant mieux, car elle pousse à la réflexion, quelque soit notre position personnelle. Donc la réflexion, en conséquence, est aussi aisée.
Bonjour à tous,

Je m'intègre à la discussion entamée par Nephtys et je suis aussi ravie de voir que ce genre de problématique touche d'autres individus soucieux sans doute à la fois de l'avenir de l'école et de l'avenir de la littérature à l'école.

Globalement je me rangerais du côté de Leihe. Les figures de style sont profondément insipides et n'apportent rien au plaisir que l'on peut éprouver à lire un poème, un roman, une pièce de théâtre. Bien que je respecte profondément G. Genette et Roland Barthes, et bien que certains de leurs ouvrages m'ont parfois vraiment intéressée, leur approche microstructurale de l'objet texte me fait horreur dans la transmission de la Littérature. Je me plie aux exigences des programmes avec question d'analyse à la clé, cependant je ne peux m'empêcher d'empoigner un livre de me transformer en "conteuse".
Le livre de Mikaël Ollivier,Celui qui n'aimait pas lire et celui de Pennac Comme un roman, ainsi que quelques expériences cuisantes d'échecs pédagogiques m'ont amenée à cette approche pour le moins anti-académique de la littérature. La lecture orale, avec le ton s'il vous plaît, a changé certains adolescents que je peux avoir en face de moi. Claude Gueuxa reçu un vif et fébrile accueil entrainant ainsi une discussion autour d'un sujet encore très contemporain : la peine de mort. Là j'ai pu placer le sens critique, l'analyse d'une situation, l'argumentation….
Tristan et Iseult a soulevé des réactions bien réelles…et pourtant l'oeuvre est complexe.

L'épreuve du réel n'a jamais été aussi déterminante pour moi que depuis ce moment où j'ai effectivement décidé de ce qui a été évoqué plus haut : désacraliser la littérature, en faire un objet d'échange, de plaisir mais aussi de déplaisir. Quand je dis aux jeunes qu'ils ont le droit de ne pas aimer une oeuvre littéraire et quand je leur parle des romans que je n'ai pas aimés ils se sentent moins complexés de me dire qu'ils n'aiment pas tel ou tel texte et qu'ils en préfèrent un autre.
La littérature n'est pas morte mais le structuralisme abusivement enseigné au collège et au lycée a tendance à ronger la corde qui la tient.
Que demandons-nous aux élèves? De savoir bien analyser un poème de Saint-John Perse dont ou un texte de Crébillon ou bien de savoir aiguiser leurs goûts. Un enfant né dans des conditions sociales difficiles, où la littérature et la lecture n'ont pas trouvé sa place car le temps et l'argent manquent ne doit pas se voir rejeté par un monde qui pourrait lui être accessible : l'enchantement de la Lecture et les plaisirs de l'imaginaire est un droit pour tout le monde.

Ouhla…je m'emporte un peu dans des arguments hugoliens…

Je termine enfin sur la disparition des programmes de la Littérature de Jeunesse. Au collège elle n'est plus mentionnée et l'on doit par ailleurs faire lire un W. Golding philosophique. A cela je préférerais faire étudier des passages enchanteurs de J. Verne. On ne peut pas dire que la Littérature de Jeunesse n'a pas sa place au collège et je pense qu'au contraire, plus on valorisera ce type de littérature plus on donnera aux enfants l'habitude de lire.
Mais manger la même chose durant des années n'est pas source d'équilibre non plus, il s'agit alors de trouver un juste milieu : proposer, faire découvrir, attiser la curiosité et surtout faire vivre oralement les textes sont pour moi des préceptes primordiaux pour réussir à transmettre la Littérature….

Bien à vous

Salammbô
Vous croyez qu'il a des chances pour que ça change ? Pour qu'on trouve un autre moyen d'enseigner ?
Nephtys a écrit :Vous croyez qu'il a des chances pour que ça change ? Pour qu'on trouve un autre moyen d'enseigner ?
La logique du concours et l'absence de véritables enseignements pédagogiques dans la formation des enseignants risque de limiter toutes évolutions. Par ailleurs, je ne suis pas certain que l'avis que quelque uns d'entre nous ont ici formé au sujet de la forme de l'enseignement de la littérature soit partagé par le plus grand nombre.
Pour la majorité des gens, les profs de français doivent enseigner le français. Déjà que les élèves sortent du lycée sans savoir écrire, et on ne parlera même pas de savoir parler, a quoi bon étudier la littérature? Et si, par chance, un groupe d'élèves est intéressé par une oeuvre étudiée en cours, alors cela suffit largement. Le professeur a remplit sa mission avec succès !
@Leihe

Évidemment, quand je disais "on", je ne nous désignais pas. À vrai dire, je crois que peu de gens s'intéresse aux programmes qu'on applique aux lycées. Après tout, est-ce si important que ça de savoir que la littérature n'est pas enseignée comme certaines petites voix le voudraient ? À quoi bon changer un système qui marche ? (Sur ce point, on n'est d'accord ou pas d'accord.)

Je trouve que la formule de Karlsbrau résume très bien la chose : "Pour la majorité des gens, les profs de français doivent enseigner le français".
Etant moi même un collégienne j'aimerai repondre à ton message mais je n'ai point lu les réponses qui ont été postées avant la mienne de peur d'être influencée dans mon jugement.
Je pense que l'atrait que nous avons de la littérature dépend des proffesseurs qui nous entoure mais également de notre éducation.
Je m'explique: depuis que je suis petite, j'ai été élevée dans les livres (certains naissent dans les feuilles de choux ou dans les roses, chaqun son truc 😉 ) et même si je ne lisais certes pas du stendhal dans mon berceau j'ai sus évoluer aux fils des ans et suis passée par plusieurs étapes avant d'arriver à finir "Le rouge et le noir" que ce soit par les contes dans l'enfance, les romans de JK-rowling dans ma premiere partie d'adolescence (qui n'est toujours pas finie d'aprés les justes dires de ma mère) et tant d'autre mais aurais-je eu cette passion si le soir, mes parents ne m'avaient pas lu d'histoire pour m'endormir? S'ils ne m'avaient pas pousser dans cette magnifique voie?

Mais ce n'est pas tout, nos profeseurs de français nous influence également. Paradoxalement, les enseignants que tout le monde aimait m'était indifférend (notamment dans mes années de sixième et de cinquième) qui étaient toujours là à l'écoute, à aider les éléves en difficulté ect m'oripilait car cette gentillesse m'agaçait, les honeurs se meritent et reprendre quarente fois la même leçon pour des cancres qui de toute manière ne penses qu'a s'amuser ou à pertuber la classe et non à leur avenir. Certe je suis d'accord qu'un enfant dans le besoin et l'incomprehension doit être aider cependant j'estime que cet "enfant" doit faire des efforts, ce n'est pas en comptant les nuages qu'il réussira car si l'enseignant passe trop de temps à l'aider, les autres risquent de décrocher à force de rabacher sans cesse la même chose déjà aquise.
Il m'est arrivé cette expérience et mis à part le plaisir de lire, le français m'ennuyais consiérablement pendant ses deux années jusqu'a tomber sur une prof geniale, enfin c'est mon avis car il n'était partagé par personne. Elle ne fesait guere de préférence, ces notes étaient justes et méritées. Désirant fortement être premiere de ma classe c'est à cette période que j'ai commencé à travailler réellement mon style d'écriture pour briller ayx "rédactions", je m'achetais rapidemment les bescherelle de grammaire, orthographe et conjugaison que je parcourrais ardûmment pour m'ameliorer sans cesse et pour pouvoir fierement rendre mes productions, évaluations et autres en sachant que la note serais correcte.
Cette enseignante aidait les élèves en difficulté qui cherchaient à réussir, ceux qui n'avait aucune volonté furent un peu oublié au fond de la classe dès le second trimestre mais je me pliait en quatre pour tenter de la satisfère et c ette perceverance fut remarquer et ma moyenne augmenta.
Les livres que j'ai du lire dans ma scolarité me semblaient "simplaient", trop facile à lire ou inintéréssant tandis que tous mes camarades les lisaient difficilement avec des incompréhensions assez fréquante donc les livres étudiés ne nous correspondait pas vraiment, trop difficile pour les uns, trop facile pour les autres alors, que faire? Je ne penses pas qu'il soit fesables de satisfaire tout le monde et ce juste milieu doit je pense être maintenu sauf si une autre solution est trouvé. Mais ce serait dommage de le supprimer car toute la grammaire, tout l'orthographe (et compagnis) qu'on apprend est présent dans ces livres, ce ne sont que la pratique de ses régles qui semple perdre la moitié de la classe!
J'ai un autre professeur cette année mais je ne penses pas que cette expérience soit très utile à relater étant donné que cela ne fais qu'un trimestre que je l'ai.

Je vais esayer tant bien que de mal de synthètiser tout ceci ici:
Les professeurs ne peuvent pas plaire à tous le monde, ils influancent et aident certaines personnes suivant leurs attittudes mais ce sont les élèves qui doivent s'accrocher, un professeur ne peut passer l'heure à expliquer quelque chose si personne n'écoute, dans ce cas il devrait tout réexpliquer le lendemain.
Et pour que les élèves soient attentif, cea réleve de leur éducation, les parents doivent les suivrent dans leurs études en leur apprennant les valeurs fondammentales notamment l'autonomie qui sont indispensables dans les études et pour plus tard, leur avenir.

J'espere avoir été claire et lisible car je crois que c'est un peu le bazarre dans mes idées mais je n'arrive pas à trouver les mots juste. Merci de m'avoir lue, je vais à present lire les posts.
Bonne journée
Bonjour, je remets ce post au goût du jour, car j'aime bien la littérature et la poésie (mais avec modération)…J'ai pris le temps de lire un peu tout ce qui est dit, et je vois que les personnes du forum constatent qu'il y aurait un problème au niveau de l'enseignement de la littérature.
En effet je pense aussi qu'il existe un problème; il y a eu depuis deux dizaines d'année un certain progrès dans l'enseignement de la littérature au collège et au lycée: sur le plan de l'équilibre psychologique des enseignants eux-même d'abord, mais aussi sur la méthodologie…Quand j'ai appris la littérature au lycée dans les année 80, je dirais que les profs étaient tout simplement cinglés, littéralement fous, probablement m^me des patients suivis en psychiatrie…De nos jours le cadrage de l'enseignement et le contenu du programme fait que cela se voit moins et permet aux élève de sortir du lycée plus équilibrés psychiquement.

Je m'explique: d'une part il faut savoir que les études supérieurs effectuées par les enseignants ne font pas forcément d'eux des être toujours équilibrés, ceci du aux nombreuses prises de tête intellectuelles qu'ils ont du faire pour finir leurs études.
D'autre par et cela n'a en rien aidé ces enseignants, il faut savoir que les poétes et beaucoup d'écrivains, ne sont pas toujours sains d'esprit; ce que l'on n'apprend pas en littérature, c'est le versant malade du poète et de l'écrivain; il faut savoir aussi que par exemple les poètes du 18ème/19ème et de nos jours encore, se droguaient…Avec quoi me direz-vous, et cela est écrit noir sur blanc dans appolinaire et consorts , c'est avec l'alcool, et oui la plupart d'entre-eux étaient alcooliques, et d'autres buvaient un substance appelée Absinthe qui n'est à l'époque ni plus ni moins qu'un distillat neurologique au même titre que l'opium utilisé par Beaudelaire.

Ces substances aujourd'hui illicites étaient utilisée par les poètes et les écrivains, pour être productifs et planer pour avoir de l'inspiration, ceci les profs ne le disent jamais, et oui on nous a tout simplement fait adhérer à des propos tenus par des toxicomanes, opiomanes…

Certains enseignants, font même de nos jours plonger les élèves les plus fragiles dans ces délires en leurs disant que c'est merveilleux, que tout est bien dans ces écrits, que cela fait ressentir des émotions; des émotions cette mais les émotions de personnes dont le psychisme est quelque peu perturbé.

On le sait par exemple dans la littérature du 19ème avec ce qui est décrit comme "le romantisme tourmenté de châteaubriant".
En fait toutes ces personnes étaient dans une forme de mal être psychique plus ou moins permanent, le Spleen et l'idéal de Beaudelaire a une double signification: la barque qui navigue sur une mer tourmentée, je souligne qu'elle est tourmentée comme l'esprit peu l'être, et le spleen représente lui-même un état d'esprit de malaise intérieur et de questionnements conflictuels à l'intérieur de soi.

Ce qui n'est jamais fait dans l'enseignement de la littérature c'est le décriptage médical de cette littérature, qui permettrait une meilleure compréhension, une distanciation nécessaire de la part des élèves, l'évitement de la survenue de troubles psychiques et de déséquilibres psychiques tardifs pour les jeunes adultes et les plus anciens élèves de littérature et autres.

Eviter en partie aussi la recherche par certains élève de l'experience de l'élévations vers le Spleen grâce à certaines substances afin d'être plus inspirés et productifs.

Je serais heureux que ce soit un peu plus dans cette voie de recherche sur l'enseignement afin de préserver un petit peu plus nos enfants, et même si ce sont pas nos enfants, cela pourrait éviter en partie de se trouver à travailler avec un supérieur hiérarchique déséquilibré, cela ferait les bonnes grâces de la prévention des maladies psychiques…Bien que ce type de prévention soit bien loin du regard de nos dirigeants, bref ils en ont rien à foutre tant que ça touche pas leurs gosses, car eux ils ont les moyens de leurs offrir des écoles couteuses et correctes.

J'ai l'air de faire des critiques assez dures mais j'aime bien quand même la littérature d'autant plus que tous les auteurs ne sont pas comme cela, il suffit de lire certaines préfaces pour voir l'auteur lui-même écrire que la rédaction de son livre était très difficile, que cela a pris beaucoup de temps et que cela était une réelle souffrance d'écrire…Car faut se donner de la peine pour écrire, ce n'est pas facile.

Ce qui n'est quasiment jamais dit par les profs, c'est que la plupart des soi-disant génies des arts et lettres étaient des fous. Salvator Dali était tout simplement fou, c'était "le fou génial".

Je ne dirait pas mieux de Picasso, (j'espère qu'ils me feront pas un procès)…Pour moi peindre de traviole n'est pas forcément une preuve de génie, ça peut être un défaut de la vision dont l'artiste profite, cela peut-être l'oeuvre d'un esprit perturbé, ça peut-être un coup de création mais un peu une oeuvre produite dans un état shizophrénique de recherche de toute puissance de l'esprit…Ou une arnaque.

Je vous recommande de relire vos classiques avec un autre regard. Un peu plus distant…Mais malheureusement cette distance n'est pas prise par les profs; il faudrait leur donner un petite formation ou information sur l'absinthe et sur les troubles psychiques causés par les drogues et l'alcool, et les maladies causées par ces choses là, il leur faudrait aussi une formation sur la principale maladie des écrivains , des poètes: que voyez vous dans "le Spleen" et d'autre choses comme ça, sinon de la mélancolie
Les enseignants savent-ils que c'est une maladie grave qui peu conduire au suicide, pourquoi faire adhérer les élèves à des écrits de personnes quasiment suicidaires; et aussi des délinquants graves, comme le conflit Rimbaud et Verlaine, je sais plus lequel avait essayé de planter l'autre avec un couteau???

(Excusez-moi pour les fautes, mais l'ordinateur corrige tout seul)

De nos jours aussi, on rencontre des ouvrages, perturbant
La question n'est pas qu'il ne faut pas lire, mais faut plonger dedans tête baissée, comme le suggèrent les profs de français et de littérature qui ne cessent de vanter le génie des auteurs alors que certains ont écrit sous l'emprise de la folie, de l'éthylisme avancé ou que sais-encore, peut-vantera-t-on un jour les auteurs qui ont écrit sous ecstasie, et inviteront les élèves à écrire eux-même quelque chose, comme devoir à faire à la maison, alors ne vous étonnez pas si vous aviez des sales notes…C'est tout à fait normal on pouvait pas comparer vos écrits à ceux des toxico…Les grands auteurs produisent des trucs géniaux grâce à des substances merdiques…Si on 'en fait pas autant on aura forcément une sale note, à moins de devenir aussi fous qu'eux durant les deux heures ou quatre heures de devoirs sur table.

Vous qui êtes lycéen(ne)s, collégien(ne)s, essayez, je vous engage vivement a essayer d'avoir une autre vision dans vos lectures et de faire un petite recherche sur ce que c'est que l'absinthe, les dégats causés par l'alcool, comment se sont écrites certaines poésies, regardez le célèbre tableau de van Ghog , l'homme à l'oreille coupée, et se demander dans quel état d'esprit était-il? qui sont réellement ces auteurs, ces peintres, ces poètes, qualifiés de génies? Faut-il vraiment chercher à les égaler, et à quel risque?
phearl a écrit : Je m'explique: d'une part il faut savoir que les études supérieurs effectuées par les enseignants ne font pas forcément d'eux des être toujours équilibrés, ceci du aux nombreuses prises de tête intellectuelles qu'ils ont du faire pour finir leurs études.
D'autre par et cela n'a en rien aidé ces enseignants, il faut savoir que les poétes et beaucoup d'écrivains, ne sont pas toujours sains d'esprit; ce que l'on n'apprend pas en littérature, c'est le versant malade du poète et de l'écrivain; il faut savoir aussi que par exemple les poètes du 18ème/19ème et de nos jours encore, se droguaient…Avec quoi me direz-vous, et cela est écrit noir sur blanc dans appolinaire et consorts , c'est avec l'alcool, et oui la plupart d'entre-eux étaient alcooliques, et d'autres buvaient un substance appelée Absinthe qui n'est à l'époque ni plus ni moins qu'un distillat neurologique au même titre que l'opium utilisé par Beaudelaire.
Dis donc, que d'idées simplistes…c'est vrai qu'en étudiant, on finit par devenir limite borderline 😀 . Le versant malade du poète et de l'écrivain, on l'aborde très souvent en étudiant la littérature, donc je ne vois pas pourquoi tu prétends apprendre quelque chose aux membres de ce forum…Baudelaire boit de l'absinthe, idem pour les personnages des Rougon-Macquart…oui, et alors ? C'est de notoriété publique, ils ne s'en sont jamais cachés. Après, jamais on ne fera (en tout cas pas moi) l'apologie de la drogue, ou en tout cas jamais je n'en diminuerais l'importance…
Mais puisque tu m'as l'air spécialiste de la question, j'attends ta petite formation avec intérêt. Je précise quand même qu'on ne fait jamais lire une oeuvre sans un minimum d'infos sur le contexte d'écriture, de l'époque, etc. Ce n'est pas parce qu'on dit aux élèves que Baudelaire prenait de l'opium qu'ils vont vouloir faire pareil. Par contre, ça peut les motiver à lire le livre.

En bref, les profs sont de gros tarés. Je ne me voyais pas comme ça !
L'absinthe, c'est de l'alcool, et le spleen de Baudelaire se nomme syphilis dans les traités de médecine.
Ni l'alcool ni le tréponème pâle ne donnent de génie (ou de talent) littéraire, au contraire. Celui qui réussit à construire une oeuvre malgré le tréponème ou l'alcool nous donne le regret de ce qu'il aurait pu faire à jeun.
François Villon a commis plusieurs casses, et il a failli être pendu, en est-il moins un grand poète ?
Mes anciens profs n'abordaient pas ce genre de questions sur l'utilisation de substances par les poètes, comme je suis unique sur terre je pense que d'autres profs ailleurs ont peu, très peu ou pas abordé ce problème…L'absinthe n'est pas qu'un simple alcool, car il s'agit d'un alcool distillé au 19ème siècle…Je ne sais plus ce que contenait ce produit mais il ne contenait pas que de l'absinthe, de plus c'était distillé un peu comme un alcool de bois, avec un très fort degré, pas entièrement pur alcool mais suffisamment fort pour éventuellement provoquer des effets néfastes.

Même si mes souvenirs ne sont pas entiers sur le spleen, il 'en demeure pas moins que c'est un état d'esprit reflétant une mauvaise humeur, une mélancolie, la mélancolie, ne représentait rien de spécial dans l'esprit des élèves, une vague maladie comme une autre au même titre que la grippe ou le simple rhume, comme nous l'avaient transmis nos profs, ce n'était pas dit de cette façon, mais en sortant du cours on n'avait pas plus à l'esprit que c'était une maladie psychique grave. Je ne doute pas que dans les hautes études en littérature on en apprenne davantage…Mais je relate ce qu'il en était dans les collèges et lycées, ou du moins l'impression que j'en ai tirée avec un peu de recul.

semble-t-il vous me dites que je ne vous apprend rien sur cette question.

Y a pas que vous j'espère qui lisez le forum?

Bon c'est vrai je sais pas qui vous êtes, mais je ne ferais que poser ces questions:

que dites vous précisément à vos élèves actuellement sur le sujet?

que comprenez vous qui êtes élèves de la part de vos profs sur la question de l'utilisation de l'absinthe ?(ce n'est pas le même que l'on trouve actuellement dans les boutiques, c'est pas le même produit du tout, allez donc demander au musée de l'absinthe à Auvers sur oise),

que disent-ils sur l'utilisation de la cocaïne pour la production en littérature?

Et que comprennent les élèves sur ce que vous leur dites? en parlent-ils dans leurs devoirs?

Je pose surtout ces questions aux profs de collèges et lycées, et aux élèves de ces classes.

Je vous dis que j'aime bien la littérature mais avec un peu un regard distant, ressentir l'émotion du poète certe mais pas y adhérer totalement.
Pour mes élèves de Première, j'ai traduit spleen par déprime : la dépression nerveuse, ils savent ce que c'est !.
Je n'ai pas pensé à leur faire remarquer que le gars qui écrit des poèmes sur sa déprime en a guéri : quand on déprime, on n'a pas la force de ramasser un yaourt…
Parce qu'il faut tenir compte de la distance critique : le poète ne peut pas exprimer ses sentiments au moment où il les éprouve. Il faut laisser le temps faire son oeuvre, et ce que le naïf lecteur prend pour une brûlante confession est une reconstruction délibérée.
Est-ce que c'est moi le naïf lecteur?

Je n'avait pas à l'esprit que Beaudelaire ait écrit une confession, mais si je me souviens bien c'est ce que mon prof disait en parlant des ces poèmes, oui c'était un peu dans le genre brûlante confession, surtout sur cette histoire qu'il voyait des prostituées (les fleurs du mal, qui représentent aussi plein d'autres trucs)…Il semble que mon prof était un naïf lecteur.

Bon en fait, la déprime oui, cela pourrait se comprendre par un élève, effectivement…Mais bon on fait ce qu'on peut pour qu'ils comprennent un truc ou deux, c'est vrai…Si j'avais été dans cette situation je pense que j'aurais quand même tenté le coup de l'explication de la mélancolie, en disant que c'est très grave comme maladie…Mais bon après tout, je dis ça mais j'en ai pas vraiment grand chose à faire, ces gosses là c'est pas les miens. (je sais je suis dur, là).
Alors sur le fait que le poète ne peut pas exprimer ses sentiments au moment ou il les éprouve, c'est une chose que je n'ai jamais comprise, excepté lorsque je pense que le poète est fou, ou en tout cas que son problème produit un décalage important entre ses sentiments, et l'expression de ceux-ci…J'en reviens à l'explication médicale, cela peut s'interpréter comme un décalage, un problème par rapport au temps qui passe, bref un problème psychologique tout court…J'en viens à demander: est-on d'accord pour dire que ce poète comme presque n'importe quel autre à non seulement un profond mal-être mais en core un grave mal-être?

Faut-il dire ou évoquer auprès des élèves que le poète est susceptible d'être gravement atteint sur le plan moral, pour ne pas dire psychique et ainsi trop effrayer les élèves? Mais dire quand même que là, il est très très mal dans sa peau, voir même que de nos jours il serait hospitalisé en psychiatrie (lui ou un autre)? Et que s'il ne l'avait pas été à cette époque, c'est que y a une astuce qui lui a sauvée la mise, pas comme Camille Claudel.

Serait- outrageux pour la littérature, et les grands des arts et lettres (l'académie française) de le reconnaître auprès des lycéens? est-ce que cela vaut une exclusion du corps enseignant? donc on dit rien on répète comme tout le monde comme on l'a toujours fait pour éviter les embrouilles?

Est-il judicieux de dire à ses élèves que certains poètes et écrivains écrivaient ou écrivent sous l'emprise de la cocaïne? et de dire (au lieu de dire que c'est super génial): "je ne vous recommanderais pas de faire pareil".

Et expliquer un peu les effets de la coc, aux élèves, est-ce dans les compétences? il suffirait d'une connexion internet, puisque c'est à la mode dans les établissements d'informatiser le dossier scolaire, le planning des profs et tout le reste?

Ne le faites surtout pas si vous risquez de vous faire foutre à la porte! n'allez pas perdre votre travail pour si peu, après tout ce ne sont pas vos enfants. c'est pas les miens non plus, ils ont qu'à se démerder eux même pour apprendre après tout…Et si ils deviennent toxico, ou se suicident dans un délire poétique, on en est pas responsable je vous rassure tout de suite…Y aura qu'à témoigner qu'il était pas bien en ce moment mais qu'on avait rien remarqué de spécial.