Bonjour,
Je suis une élève de première et je présente le texte ci-dessous au bac oral de français. Mais je n'ai que très peu d'éléments dans mon cours sur cet extrait (fin du chapitre XV de la première partie), où Julien se rend pour la première fois, de nuit, dans la chambre de Mme De Rênal. J'ai recherché si ce texte avait déjà fait l'objet d'une discussion sur le forum, mais je n'ai rien trouvé.
Voici le texte :
L'ordre chronologique n'est pas particulièrement respecté (analepses) mais le texte est en fait une analyse des deux personnages (Julien et Mme de Rênal)
Au lieu de lire, comme on peut s'y attendre, une scène d'amour heureuse, une apothéose amoureuse, on trouve un échec : Julien a remporté une victoire, du type militaire, mais c'est un échec sentimental complet.
L'auteur prend de la distance avec son personnage en maniant l'ironie.
Julien pense qu'il a un rôle à jouer, qu'il se doit d'être parfait, et cela "gâche" leur relation amoureuse, parce que l'idée du devoir est toujours présente chez Julien. Quand à Mme de Rênal, elle a une conduite indécise : elle le repousse puis se jette dans ses bras…
Voilà tout ce que j'ai sur ce texte, c'est bien peu et j'ai l'impression d'oublier pas mal de choses, pourriez-vous m'aider svp !!
Merci d'avance !
Je suis une élève de première et je présente le texte ci-dessous au bac oral de français. Mais je n'ai que très peu d'éléments dans mon cours sur cet extrait (fin du chapitre XV de la première partie), où Julien se rend pour la première fois, de nuit, dans la chambre de Mme De Rênal. J'ai recherché si ce texte avait déjà fait l'objet d'une discussion sur le forum, mais je n'ai rien trouvé.
Voici le texte :
Ce bruit le réveilla comme le chant du coq réveilla saint Pierre. Il se vit au moment de l’évènement le plus pénible. Il n’avait plus songé à sa proposition impertinente, depuis le moment où il l’avait faite ; elle avait été si mal reçue !Les grandes idées que j'ai repérées sur ce texte sont :
Je lui ai dit que j’irais chez elle à deux heures, se dit-il en se levant, je puis être inexpérimenté et grossier comme il appartient au fils d’un paysan. Mme Derville me l’a fait assez entendre, mais du moins je ne serai pas faible.
Julien avait raison de s’applaudir de son courage, jamais il ne s’était imposé une contrainte plus pénible. En ouvrant sa porte il était tellement tremblant que ses genoux se dérobaient sous lui, et il fut forcé de s’appuyer contre le mur.
Il était sans souliers. Il alla écouter à la porte de M. de Rênal, dont il put distinguer le ronflement. Il en fut désolé. Il n’y avait donc plus de prétexte pour ne pas aller chez elle. Mais grand Dieu, qu’y ferait-il ? Il n’avait aucun projet, et quand il en aurait eu, il se sentait tellement troublé qu’il eût été hors d’état de les suivre.
Enfin, souffrant plus mille fois que s’il eût marché à la mort, il entra dans le corridor qui menait à la chambre de Mme de Rênal. Il ouvrit la porte d’une main tremblante et en faisant un bruit effroyable.
Il y avait de la lumière, une veilleuse brûlait sous la cheminée ; il ne s’attendait pas à ce nouveau malheur. En le voyant entrer Mme de Rênal se jeta vivement hors de son lit. — Malheureux ! s’écria-t-elle. Il y eut un peu de désordre. Julien oublia ses vains projets et revint à son rôle naturel ; ne pas plaire à une femme si charmante lui parut le plus grand des malheurs. Il ne répondit à ses reproches qu’en se jetant à ses pieds, en embrassant ses genoux. Comme elle lui parlait avec une extrême dureté, il fondit en larmes.
Quelques heures après, quand Julien sortit de la chambre de Mme de Rênal, on eût pu dire en style de roman, qu’il n’avait plus rien à désirer. En effet, il devait à l’amour qu’il avait inspiré, et à l’impression imprévue qu’avaient produite sur lui des charmes séduisants, une victoire à laquelle ne l’eût pas conduit toute son adresse si maladroite.
Mais, dans les moments les plus doux, victime d’un orgueil bizarre, il prétendit encore jouer le rôle d’un homme accoutumé à subjuguer des femmes : il fit des efforts d’attention incroyables pour gâter ce qu’il avait d’aimable. Au lieu d’être attentif aux transports qu’il faisait naître, et aux remords qui en relevaient la vivacité, l’idée du devoir ne cessa jamais d’être présente à ses yeux. Il craignait un remords affreux et un ridicule éternel, s’il s’écartait du modèle idéal qu’il se proposait de suivre. En un mot, ce qui faisait de Julien un être supérieur fut précisément ce qui l’empêcha de goûter le bonheur qui se plaçait sous ses pas. C’est une jeune fille de seize ans, qui a des couleurs charmantes, et qui, pour aller au bal, a la folie de mettre du rouge.
Mortellement effrayée de l’apparition de Julien, Mme de Rênal fut bientôt en proie aux plus cruelles alarmes. Les pleurs et le désespoir de Julien la troublaient vivement.
Même, quand elle n’eut plus rien à lui refuser, elle repoussait Julien loin d’elle, avec une indignation réelle, et ensuite se jetait dans ses bras. Aucun projet ne paraissait dans toute cette conduite. Elle se croyait damnée sans rémission, et cherchait à se cacher la vue de l’enfer, en accablant Julien des plus vives caresses. En un mot, rien n’eût manqué au bonheur de notre héros, pas même une sensibilité brûlante dans la femme qu’il venait d’enlever, s’il eût su en jouir. Le départ de Julien ne fit point cesser les transports qui l’agitaient malgré elle, et ses combats avec les remords qui la déchiraient.
Mon Dieu ! être heureux, être aimé, n’est-ce que ça ? Telle fut la première pensée de Julien, en rentrant dans sa chambre. Il était dans cet état d’étonnement et de trouble inquiet où tombe l’âme qui vient d’obtenir ce qu’elle a longtemps désiré. Elle est habituée à désirer, ne trouve plus quoi désirer, et cependant n’a pas encore de souvenirs. Comme le soldat qui revient de la parade, Julien fut attentivement occupé à repasser tous les détails de sa conduite. N’ai-je manqué à rien de ce que je me dois à moi-même ? Ai-je bien joué mon rôle ?
Et quel rôle ? celui d’un homme accoutumé à être brillant avec les femmes.
L'ordre chronologique n'est pas particulièrement respecté (analepses) mais le texte est en fait une analyse des deux personnages (Julien et Mme de Rênal)
Au lieu de lire, comme on peut s'y attendre, une scène d'amour heureuse, une apothéose amoureuse, on trouve un échec : Julien a remporté une victoire, du type militaire, mais c'est un échec sentimental complet.
L'auteur prend de la distance avec son personnage en maniant l'ironie.
Julien pense qu'il a un rôle à jouer, qu'il se doit d'être parfait, et cela "gâche" leur relation amoureuse, parce que l'idée du devoir est toujours présente chez Julien. Quand à Mme de Rênal, elle a une conduite indécise : elle le repousse puis se jette dans ses bras…
Voilà tout ce que j'ai sur ce texte, c'est bien peu et j'ai l'impression d'oublier pas mal de choses, pourriez-vous m'aider svp !!
Merci d'avance !



