Bernart de Ventadour, La Chanson de l’alouette

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis une élève de première littéraire et La chanson de l'alouette de Bernard de Ventadour est un des textes que je dois présenter à l'épreuve orale du bac de français. Le problème, c'est que nous sommes très en retard sur le programme, en cours, la prof de français passe donc très rapidement sur les textes et nous n'avons que peu d'éléments dans nos études. C'est peut-être exagéré de ma part, mais j'ai l'impression que je n'arriverai jamais à m'en sortir au bac avec le peu d'éléments que je possède ! Je suis en train de relire tous mes cours, toutes mes fiches etc.. et j''aimerai savoir si je n'ai rien oublié d'essentiel sur ce texte ! Merci d'avance !

Voici le texte :
Quand je vois l’alouette agiter de joie ses ailes face aux rayons [du soleil], s'oublier et se laisser choir dans la douceur qui au cœur lui vient, hélas ! une si grande envie me pénètre de ce bonheur que je vois, que je tiens à miracle si mon coeur ne se consume pas de désir.

Hélas ! Je croyais tant savoir sur l'amour et j'en sais si peu ! Car je ne peux me retenir d'aimer celle que je ne peux atteindre. Elle a tout mon coeur, elle m'a tout entier, elle-même et tout l'univers. Elle ne m'a rien laisé, sauf le désir et un coeur fou.

Je n'eus sur moi plus de pouvoir et je ne m'appartins plus, du jour où elle me laissa mirer en ses yeux, miroir qui beaucoup me plaît. Miroir, depuis que je me suis miré en toi, les soupirs profonds m'ont fait mourir. Je suis perdu comme se perdit en la fontaine le beau Narcisse.

Je désespère des femmes , jamais je ne me fierai à leurs paroles; de même que j'avais coutume de les louer, de même je les déprécierai. Pas une pour me défendre auprès de celle qui me détruit et me confond ! Je les hais toutes et les renie, car je sais bien qu'elles sont toutes ainsi.

Bien femme aussi apparaît ma dame, et c'est pourquoi j'enrage, car elle ne veut pas ce qu'on doit vouloir, elle fait ce qu'on lui défen. Je suis tombé en pitoyable fortune. J'ai bien fait le fou sur le pont, et je ne sais pourquoi je m'égare, voulant monter contre mont.

Perdue la pitié vraiment (et de cela je ne me doutai jamais), car celle qui devait en avoir le plus n'en a pas; et où la chercherai-je ? Ah ! Quelle apparence trompeuse ! En la voyant, l'imaginerait-on capable de laisser mourir un passion malheureuse qui jamais ne s'épanouira sous ses lois ?

Puisque plus rien ne peut valoir, ni prière, ni pitié, ni un droit qui fut le mien, puisque nulement ne lui plaît le fait que je l'aime, jamais plus je ne lui parlerai, je me sépare d'elle et je renonce. Elle me tue, et c'est un mort qui parle. Et je m'en vais, puisqu'elle ne me retient, malheureux, en exil, je ne sais où.

ENVOI : Tristan, vous n'aurez rien de moi, car je m'en vais, malheureux, je ne sais où. Je mets un terme à mes chants et y renonce. Loin de la joie et de l'amour je me cache.
Et voici les grands axes, les idées générales que j'ai retenues :

Premièrement, le grand thème de ce texte est l'amour courtois : la femme aimée est exaltée. L'image de l'alouette dans la première strophe renvoie à l'extase amoureuse des deux amants. On trouve le registre lyrique dans ce texte : la vu de l'autre donne des émotions, il y a de nombreuses phrases exclamatives, le champ lexical de l'amour…. Dans la strophe trois, la femme est comparée à un miroir (parallèle avec l'histoire de Narcisse)

Deuxièmement, ce poème est aussi une plainte amoureuse, une élégie. En effet, le poète découvre son inexpérience dans la strophe deux (savoir/pouvoir), il perd tout contrôle de lui-même face à l'amour… De plus, c'est un amour malheureux, l'amour est montré comme une illusion.

Troisièmement, cete souffrancee d'amour se transforme en une déclaration de haine envres les femmes, le poète dénonce leur insensibilité et décide de s'en aller, il renonce même à écrire, donc la signification du poème est en fait que le poète doit lui-même être épris s'il veut écrire sur l'amour (???).

Le texte que nous avons étant une traduction, nous ne pouvons pas faire de remarques sur le style, les rimes etc, c'est pourquoi notre prof a joint à ce texte la première strophe de la version originale, écrite en langue d'oc. Les remarques stylistiques sur cette strophe, je devrais les mettre dans mon intro je pense, mais je n'en suis pas très sûre…

Merci pour votre aide !
Ton travail semble tout à fait satisfaisant, à condition bien sûr de t'appuyer sur des citations du texte et de ne jamais consacrer une partie aux remarques stylistique ou même prosodiques (risque de dissociation du fond et de la forme).
Merci beaucoup ! Mais juste une question : des remarques prosodiques, qu'est-ce que c'est ?
Mille excuses : je voulais parler de la versification.
Pour commencer, ce que vous avez mis en ligne n'est pas le texte.

Le texte, le voici :
Can vei la lauzeta mover
De joi sas alas contra’l rai,
Que s’oblid’ e’s laissa chazer
Per la doussor c’al cor li vai,
Ai! Tan grans enveya m’en ve
De cui qu’eu veya jauzion!
Meravilhas ai, car desse
Lo cor de dezirer no’m fon

Ailas! Tan cuidava saber
D’amor, e tan petit en sai,
Car eu d’amar no’m posc tener
Celeis don ja pro non aurai.
Tout m’a mon cor, e tout m’a me,
E se mezeis e tot lo mon;
E can se’m tolc, no’m laisset re
Mas dezirer e cor volon.

Anc non agui de me poder
Ni no fui meus de l’or’ en sai
Que’m laisset en sos olhs vezer
En un miralh que mout me plai.
Miralhs, pus me mirei en te,
M’an mort li sospir de preon,
C’aissi’m perdei com perdet se
Lo bels Narcisus en la fon.

De las domnas me dezesper;
Ja mais en lor no’m fiarai;
C’aissi com las solh chaptener,
Enaissi las deschaptenrai.
Pois vei c’una pro no m’en te
Vas leis que’m destrui e’m cofon,
Totas las dopt’ e las mescre,
Car be sai c’atretals se son.

D’aisso’s fa be femna parer
Ma domna, per qu’eu’lh’ o retrai,
Car no vol so c’om voler,
E so c’om li deveda, fai.
Chazutz sui en mala merce,
Et ai be faih co’l fols en pon;
E no sai per que m’esdeve,
Mas car trop puyei contra mon.

Merces es perduda, per ver,
Et eu non o saubi anc mai,
Car cilh qui plus en degr’aver,
Non a ges, et on la querrai ?
A ! Can mal sembla, qui la ve,
Qued aquest chaitiu deziron
Que ja ses leis non aura be,
Laisse morrir, que no l’aon.

Pus ab midons no’m pot valer
Precs ni merces ni’l dreihz qu’eu ai,
Ni a leis no ven a plazer
Qu’eu l’am, ja mais no’lh o dirai.
Aissi’m part de leis e’m recre;
Mort m’a, e per mort li respon,
E vau m’en, pus ilh no’m rete,
Chaitius, en issilh, no sai on.

Tristans, ges non auretz de me,
Qu’eu m’en vau, chaitius, no sai on.
De chantar me gic e’m recre,
E de joi e d’amor m’escon.
Comme vous le constatez, c'est de l'occitan.
C'est sur ce texte original, et non sur l'adaptation moderne, que vous devez faire les remarques de versification. Mais pour cela, il faudrait savoir l'occitan, ce qui n'est pas mon cas…
Merci Jacques !!

Delia, effectivement, le texte que j'ai mis en ligne n'est pas l'original, c'est une traduction. Mais c'est cette traduction que nous présentons au bac oral, notre prof ne pouvant évidemment pas nous faire étudier un texte en occitan ! Il est vrai que, du coup, les remarques stylistiques sont à éviter, mais notre prof a rajouté, sur la photocopie que nous amènerons au bac, à côté de la traduction, la première strophe du texte original. Ainsi, nous pourrons quand même "prouver", dire que le texte est un poème, en vers, avec des rimes etc..