"C’est qui qui…"

Langue française

16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir. Ces derniers jours, j'entends beaucoup de mes proches utilisés l’expression "c'est qui qui….", Ex : c'est qui qui a pris le dernier leadammer. Et même dans certaines publicités. J'aimerai savoir si cette expression existe dans la langue française. merci
C'est une façon conversationnelle d'exprimer une question.
C'est qui qui a appelé les secours ? == Qui est-ce qui a appelé les secours ? en français standard.
Le premier qui est pronom intérrogatif, le deuxième est pronom relatif.
BillM a écrit :C'est qui qui a appelé les secours ? == Qui est-ce qui a appelé les secours ? en français standard.
et simplement Qui a appelé les secours ? en français classique.
Je crois qu'il s'agit clairement d'une erreur de construction encore reconnue comme telle aujourd'hui, non?

Voici mon analyse:

C'est qui qui: construction fautive de l'interrogation directe et doublement du pronom relatif

Correction: qui est-ce qui…..

qui: pronom relatif sujet du verbe "est"
est: verbe être au présent de l'indicatif troisième personne du singulier voix active forme affirmatif, verbe d'état
ce: pronom démonstratif
qui: pronom relatif sujet


J'y pense est-ce que "malgré que" qui horrifie mes grands-parents est bien attesté par l'académie française?

Voici un copier-coller du TLF:
B. Malgré que, loc. conj. [Marque la concession; loc. considérée comme incertaine par les puristes, même suivie du subj.; se rencontre except. avec l'ind. dans l'usage oral] Synon. de bien que, encore que, quoique.
1. [Avec le subj.] […]
Illiade a écrit :C'est qui qui: construction fautive de l'interrogation directe et doublement du pronom relatif
Le premier qui n'est pas un pronom relatif.
Comme dit plus haut, c'est un pronom interrogatif.
D'ailleurs il s'agit d'une interrogation directe, tu le dis toi-même.
D'autre part, la construction n'est pas fautive : elle relève simplement du registre familier.
Illiade a écrit :J'y pense, est-ce que "malgré que" qui horrifie mes grands-parents est bien attesté par l'Académie française ?
Voici l'avis de l'Académie, dans la 9[sup]e[/sup] édition de son dictionnaire :
Même si de nombreux écrivains ont employé Malgré que dans le sens de Bien que, quoique, il est recommandé d'éviter cet emploi.
Peut-être accepté pleinement dans la 10[sup]e[/sup]… L'Académie traîne toujours un peu les pieds ! 😉
Cette construction n'a rien de choquant, elle est tout à fait dans la ligne des nombreuses locutions conjonctives de subordination construites sur le modèle "préposition + que", comme après que, avant que, sans que, pour que, dès que, etc.
Quand j'étais petit et que je disais "c'est qui qui", ma mère répondait "c'est quiquette" pour me faire comprendre que c'était du français moche même si, grammaticalement, c'était juste.
Oh, même le français hypercorrect peut paraître moche.
Certains imparfaits du subjonctif, par exemple.
Je ne doutais pas que vous le sussiez…
Je le susse très bien.
Un jour surtout je l'ai bien sussé : j'étais à un entretien d'embauche avec deux dames, deux fois j'ai sorti un imparf du subj, j'ai senti que j'avais perdu des points.
Merci Jehan pour cette explication claire, comme d'habitude 🙂 Merci également à Hippocampe. 🙂

Dans le même registre, je dois répondre que "je ne sais pas c'est où" est une construction familière et non erronée.

Correction:
c'est une phrase interrogative indirecte donc pas d'inversion du sujet, on dira plus rigoureusement: "je ne sais pas où c'est"

Analyse:
où: pronom interrogatif
ce: pronom démonstratif
est: verbe être cf analyse précédente.

Même chose pour
je ne sais pas c'est qui / je ne sais pas c'est quoi

Lien: https://www.academie-francaise.fr/interrogative-indirecte-avec-inversion-du-sujet
illiade a écrit :Dans le même registre, je dois répondre que "je ne sais pas c'est où" est une construction familière et non erronée.
Je la trouve tout à fait fautive, même si bien sûr on peut l'entendre.

C'est comme si, dans les trois exemples donnés sur le lien de l'Académie française que vous citez, au lieu de :
Expliquez-nous comment vous faites
Je ne sais pas pourquoi il part
Dites-nous quand vous reviendrez

on disait :
Expliquez-nous vous faites comment
Je ne sais pas il part pourquoi
Dites-nous vous reviendrez quand
Dans le même registre, je dois répondre que "je ne sais pas c'est où" est une construction familière et non erronée.
Même chose pour
je ne sais pas c'est qui / je ne sais pas c'est quoi
Erroné.
On ne doit pas dire cela, même à l'oral.
"Je ne sais pas où c'est" / " je ne sais pas comment faire" / "je ne sais pas qui a…"/ "je ne sais pas qui c'est."

Ce sont des phrases interrogatives indirectes donc sans inversion du sujet…pourquoi s'agirait-il d'un emploi erroné, il est admis bien que familier, non?

Je vous remercie pour vos précisions.
Non, il n'est pas admis, sauf erreur de ma part de dire je ne sais pas c'est quoi.
On dit : je ne sais pas ce que c'est. J'avoue que sur l'heure, je n'ai aucun élément d'explication à te fournir.
Est-ce fautif si on rétablit la ponctuation ? Je ne sais pas. C'est où ?
Pour le coup, c'est familier (et même très courant) sans être fautif (qu'est-ce que la faute, vaste programme). Mais naturellement, ce n'était pas la question posée, et ce n'est d'ailleurs pas une formulation strictement équivalente. Elle peut même être carrément très différente.
Il n'a pas pu nous rejoindre au cinéma parce qu'il ne savait pas où c'était.
n'équivaut pas à
Il n'a pas pu nous rejoindre au cinéma parce qu'il ne savait pas. C'était où ?
"Je ne sais pas où c'est" / " je ne sais pas comment faire" / "je ne sais pas qui a…"/ "je ne sais pas qui c'est."
Ce sont des phrases interrogatives indirectes donc sans inversion du sujet…
Celles-là sont parfaitement correctes. Ce qui ne va pas, c'est quand tu déplaces la position du pronom interrogatif.
"Je ne sais pas c'est où" / " je ne sais pas faire comment" / "je ne sais pas c'est qui" sont incorrectes.
Merci à Lamaneur pour ses précisions et merci à tous pour cet échange. Tout est clair. 🙂