Questions sur le complément direct du verbe

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je sais localiser un C.D.V. (encore heureux me direz-vous) mais pour cette phrase j'ai besoin d'une petite précision. Désolé pour la phrase bizarre mais elle la question m'est venue lorsque je la postais sur un autre forum de discussion.

"Le pilote a pu s'éjecter avant l'explosion de son MiG-25".

Le CDV serait "l'explosion de son MiG-25" mais :

1° On peut bien poser la question après la préposition "avant" ? Ça arrive parfois qu'il faille poser la question non pas tout de suite après le verbe mais après la préposition qui accompagne le verbe.

2° On ne peut pas demander "à pu éjecteur qui" le pilote car il ne s'agit pas d'un CDV mais du sujet, c'est bien ça ? Un sujet ne peut jamais remplir les deux fonctions (sujet et C.D.V.) ?

3° Est-ce que "avant" peut-être considéré comme un complément circonstanciel de temps ? Il donne une précision sur le moment où a été effectuée l'action (l'éjection du pilote). "Avant" est une préposition qui a ici fonction de complément circonstanciel de temps ?

Merci d'avance !
C'est le complément "avant l'explosion de son MIG-25" qui est CC de temps.
Il répond à la question quand ?
Pas CDV, mais complément de phrase, puisque ce complément est déplaçable :
Avant l'explosion de son MIG-25, le pilote a pu s'éjecter.
et supprimable :
Le pilote a pu s'éjecter.

Le CDV, c'est l'infinitif "s'éjecter".
Il répond à la question quoi faire ? posée après le verbe "a pu".
On ne peut pas le déplacer :
S'éjecter le pilote a pu.
On ne peut pas le supprimer :
Le pilote a pu avant l'explosion de son MIG-25.
Simon UA a écrit :Bonjour,

Je sais localiser un C.D.V. (encore heureux me direz-vous)
Personnellement, je ne sais pas localiser un CDV.
D'ailleurs, je ne sais même pas ce que CDV signifie! 😀
Mais rassurez-vous, je m'en porte très bien. 🙂
Savez-vous ce que signifie CIVD? 😜
Un CDV est un complément direct du verbe, non déplaçable… Traditionnellement, un COD.
Tandis que le COI traditionnel, également non déplaçable, est dit CIV.

Le CC (déplaçable et supprimable) est dit maintenant CP (non pas "cours préparatoire", 😜 mais "complément de phrase" ).

Ah, ça vous a une autre allure…

Quant à CIVD : coagulation intravasculaire disséminée…
Bon sang, mais c'est bien sûr !
C'est vrai que toute cette terminologie qui change souvent ne facilite pas la tâche, surtout quand il faut expliquer à d'autres personnes.

Merci Jehan ! 🙂

Encore une chose. Dans "Cette voiture a vraiment une allure très agressive", est ce que l'on pose la question "quoi ?" après le verbe "avoir" ou après son adverbe "vraiment" ? Le CDV serait :

"vraiment une allure très agressive" ou "une allure très agressive" ?

Personnellement je pense que la question se poserait après l'adverbe mais je ne suis pas sûr.

Encore un grand merci !
Le CDV (ou COD comme tu préfères ) se trouve en posant la question qui ? ou quoi ? juste après le verbe… Elle a quoi ?"une allure très agressive".
Ce CDV n'est pas déplaçable :
Cette voiture une allure agressive a vraiment.
ni supprimable :
Cette voiture a vraiment.


Même s'il est placé ici juste après le verbe, l'adverbe mobile et supprimable "vraiment" n'est pas à inclure dans la réponse à la question, il ne fait pas partie du CDV.
L'adverbe "vraiment" est un CC, un complément de phrase déplaçable :
Cette voiture a vraiment une allure très agressive.
Vraiment, cette voiture a une allure très agressive.
Cette voiture, vraiment, a une allure très agressive.
Cette voiture a une allure très agressive, vraiment.

et supprimable :
Cette voiture a une allure très agressive.
Jehan a écrit :Quant à CIVD : coagulation intravasculaire disséminée…
Bon sang, mais c'est bien sûr !
Tiens donc! Tu sais ce que signifie CIVD mais tu ne connaissais pas prédelle?? (je ne m'en suis toujours pas remis):/
Je ne savais pas ce que signifiait ce sigle…
Mais je me suis documenté.
Ici, nous ne sommes pas sur le fil "Vive les mots", les recherches sur le Net ne sont pas interdites… 🙂
Jehan a écrit :Le CDV (ou COD comme tu préfères ) se trouve en posant la question qui ? ou quoi ? juste après le verbe… Elle a quoi ?"une allure très agressive"
Dans "Elle a une allure agressive", est-ce que "une allure agressive" n'est pas plutôt un attribut, par analogie avec "Elle parait agressive" ou bien "Elle est apparemment agressive" ? Ce ne serait pas en tout cas un COD, par impossibilité de la commutation passive.

Il me semble aussi que les questions "Qui ?" ou "Quoi ?" ne suffisent pas toujours à déterminer s'il s'agit d'un COD. Par exemple, dans "Jacques devient un homme", on pourrait supposer que "un homme" est un COD. L'interrogation "Jacques devient quoi ?" appelle bien en effet la réponse "un homme".

Mais si mes renseignements sont bons, "un homme" est plutôt ici un complément adverbial. Remarquons d'ailleurs que "Jacques devient un homme" ne peut être transposé sur le mode passif en "Un homme est devenu par Jacques" ! Par contre, "Jacques offre un cadeau" commute en "Un cadeau est offert par Jacques".

D'un autre côté, on pourrait aussi dire que "un homme" est un attribut dans "Jacques devient un homme", par analogie avec "Jacques devient hésitant" ou "Jacques reste hésitant".

Grevisse reconnait par ailleurs que les distinctions entre attribut, complément adverbial et complément d'objet (direct, indirect) ne sont pas toujours évidentes.

Que pense Jehan, notre grand maître sur ce forum, de tout cet imbroglio ? 😉
La fonction d’attribut en nouvelle grammaire est la même qu’en grammaire traditionnelle.

"Elle a une allure agressive" = son allure est agressive
Agressive est attribut de l'objet en grammaire traditionnelle, attribut du CDV en nouvelle grammaire.
"Jacques devient un homme" : un homme est atttribut du sujet.
Je vous comprends bien. Mais j'aimerais avoir les réponses de Jehan lui-même sur tous mes exemples… 🙂
J'ai effectivement omis de préciser que les fameuses questions qui ? ou quoi ? ne doivent pas se poser après un verbe d'état, sous peine de remonter un attribut au lieu d'un COD dans son filet.
Dans "Jacques devient un homme", "un homme" est bien attribut du sujet.
La transposition à la voix passive est bien sûr impossible, puisqu'il ne s'agit pas d'un COD.
Complément adverbial ? Je saisis mal… Quelle serait la justification, ici ?

Pour la phrase de SimonUA, au temps pour moi… L'attribut de l'objet m'avait échappé.
L'objet est donc "une allure" et l'attribut de l'objet "agressive".
Mais ce n'est pas tout le groupe "une allure agressive" qui est attribut…
Jehan a écrit :Pour la phrase de SimonUA, autant pour moi… L'attribut de l'objet m'avait échappé.
L'objet est donc "une allure" et l'attribut de l'objet "agressive".
Mais ce n'est pas tout le groupe "une allure agressive" qui est attribut…
Ce qui m'ennuie pour considérer "une allure" comme objet COD (direct) dans "Elle a une allure agressive", c'est que cette phrase ne peut être renversée à la voix passive. Et "une allure" n'est pas non plus objet COI (indirect).

Est-ce qu'on ne pourrait pas en fait supposer que "Elle a une allure agressive" est l'équivalent de "Elle parait agressive" ou "Elle est apparemment agressive" ?

Dans ces conditions, le verbe Avoir (a) est une copule neutre comme souvent son homologue Être, "une allure" peut être assimilé à l'adverbe "apparemment", et "agressive" sera considéré comme un attribut.

Maintenant, diverses interprétations sont peut-être possibles… 🙄
Avec le verbe "avoir", l'impossibilité d'une transformation passive n'est peut-être pas un bon critère pour éliminer l'option COD.

"Avoir" est transitif direct.
Elle a une belle maison (COD)
Et pourtant, on ne peut dire :
Une belle maison est eue par elle…
C'est en effet un argument défendable. Mais on peut aussi considérer que "Sophie (elle) a une belle maison" est l'équivalent de "Sophie (elle) possède une belle maison", pouvant être transformé à la voix passive : "Une belle maison est possédée par Sophie (elle)". Mais "Sophie a une allure agressive" peut difficilement être renversé en "Une allure agressive est possédée par Sophie" ! Enfin, admettons et ne chicanons pas trop… 😉


Je reviens à "Jacques devient un homme". Ce qui me gêne pour considérer "un homme" comme attribut, c'est que "devient" n'est plus alors qu'une copule neutre.

Pourtant, "devient" implique une transformation dans cette phrase, une action au sens générique. Ce n'est pas l'équivalent de "Jacques est un homme". Dans ces conditions, ne serait-il pas judicieux de considérer plutôt "un homme" comme complément adverbial ? 🙄
Notons que Riegel range aussi le verbe "posséder", au sens de "avoir en sa possession", parmi les verbes non passivables.
La phrase "Une belle maison est possédée par Sophie" ne se dit donc pas…

Le verbe "devenir" est classé dans les verbes-copules :
être, sembler, devenir, paraître, rester…
Il n'exprime pas une action, mais un changement d'état…

Je n'ai toujours pas compris ce que tu appelles "complément adverbial".
As-tu une définition, et des exemples reconnus et indubitables de "complément adverbial", que nous puissions comparer ?
Les compléments adverbiaux des verbes sont encore appelés circonstanciels. Ce sont des adverbes ou des syntagmes faisant office d'adverbes. Voici des exemples pris dans mon manuel Grevisse :

A) Elle a travaillé pendant toute sa vie (préposition + syntagme nominal)

B) C'est pour cela qu'elle a été condamnée (préposition + pronom)

C) Elle l'a salué avant de partir (préposition + infinitif)

D) Elle se lève tôt (adverbe)

E) Nous partirons quand il fera jour (proposition)

F) Elle est tombée en courant (gérondif)

G) Le soir venu, nous sommes rentrés (proposition absolue)

La proposition absolue (complément absolu) est un syntagme constitué d'un sujet et d'un prédicat sans verbe conjugué, n'ayant pas non plus de mot introducteur. L'épithète "absolu" signifie "qui n'a pas de liaison explicite avec un terme de la phrase".
Par quel adverbe ou locution adverbiale remplaceriez-vous "un homme" dans "Jacques devient un homme" ?
Dans mon esprit, "un homme" pourrait être considéré comme un syntagme nominal faisant office de complément adverbial.

Cela correspondrait à l'exemple A de Grevisse, sans la préposition "pendant" (superflue).

Mais pour Jehan, "devient" implique un changement d'état, pas une action générique. Admettons, bien que ce soit discutable. On ne va pas trop s'attarder là-dessus… 🙄
Spalding a écrit :Dans mon esprit, "un homme" pourrait être considéré comme un syntagme nominal faisant office de complément adverbial.

Cela correspondrait à l'exemple A de Grevisse, sans la préposition "pendant" (superflue).
Si vous supprimez pendant, il reste sous-entendu. Et on peut remplacer (pendant) toute sa vie par un adverbe (C'est la définition du complément adverbial de Grevisse) : elle a travaillé longtemps.
C'est impossible pour Jacques devient un homme.

Cherchez devenir dans Grevisse. Dans Verbes unissant l'attribut au sujet, b) D'autres verbes ajoutent à la notion d'état une nuance, un aspect : c'est l'un des premiers cités.