"La numéro une"

Langue française

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Moi aussi… C'est bien ce que je veux dire !
Portia a écrit :Un titre d'article de journal commençait par "les ténors de l'activité…" or il y avait deux femmes dans le groupe. Bon le masculin l'emporte mais c'est absolument risible de parler de ténor pour une femme et on ne pourrait pas non plus utiliser sopranos.
Dans de nombreuses chorales, il y a des femmes dans les ténors, compte tenu de la pénurie en choristes dûment estampillés masculins. Ce n'est donc pas si risible que ça !
Cela dit, je ne vois rien de choquant à employer ténor de la politique ou ténor du barreau pour une femme. Plus il y aura de femmes en mesure de recevoir cette qualification, moins on en sera choqué. On sait très bien que les noms et surtout les fonctions n'ont pas toujours de rapport direct avec le genre. Par exemple dans ce titre La pop star tombe le top model, il faut se méfier du genre grammatical.
https://www.george-michael-my-friend.com/article-la-pop-star-tombe-le-top-model-110273963.html
Ceci me rappelle un échange que nous avions eu sur le féminin des noms de métiers. Ma thèse était la suivante : en allemand, pas de problème, on rajoute le suffixe in et le tour est joué. En français, plus difficile… Et on a mis plus de temps. Et encore, ce n'est pas toujours l'idéal. Que dites-vous d'auteure ? C'est d'une laideur absolue. Ecrivaine n'existe pas, professeuse (ou professeure) non plus… C'est bien triste. 😉
Ecrivaine n'existe pas
Mais si, mais si…
rem. La forme féminine une écrivaine est peu usuelle en français; elle est courante au Québec.
« une chaîne invisible où se côtoient des artistes, des écrivaines, des héroïnes de roman
» (A. Ernaux).
(Petit Robert 2007)
fandixhuit a écrit : Que dites-vous d'auteure ?
Il y a une très belle étude sur https://www.siefar.org/docsiefar/file/Histoire%20d%27autrice%20-%20A_%20Evain.pdf autrice.
Bonjour Lamaneur,

Au Québec, d'accord. De toute manière, ils sont beaucoup plus inventifs que nous (et surtout plus libres !) pour ce qui est de la langue française.

Merci pour le lien. Autrice me plaît bien, écrivaine aussi d'ailleurs.
Nous aussi, nous sommes tout à fait libres d'utiliser autrice et écrivaine si cela nous chante. En faisant un pied de nez à Jules Renard, cité par le Tlf :
Péj. Les femmes cherchent un féminin à « auteur » : il y a « bas-bleu ». C'est joli, et ça dit tout. À moins qu'elles n'aiment mieux « plagiaire » ou « écrivaine »
Au sujet de l'expression "bas-bleu", j'ai lu (je ne sais plus où) qu'elle provient de l'anglais "blue xxx ???", car les premières Anglaises faisant salon se démarquaient en portant des "bas bleus" précisément (au début du XVIIIe).

Je renvoie Jules Renard et bon nombre de ses confrères à leur misogynie.
Tlfi :
Calque de l'angl. blue-stocking (Barb. Infl., p. 28; Bonn., op. cit.; Brunot t. 6, p. 1235; Mack t. 1, p. 195, 204), attesté au même sens dep. 1757 (Mrs Montague, Let. in Doran Lady of Last C. dans NED) où il désigne les membres du club littéraire qui se réunissait chez Mrs Montague et dont un des principaux tenants Mr Benjamin Stillingfleet portait, en réaction contre la tenue habillée habituelle dans ce genre de réunion des bas de laine bleue; d'où l'appellation de « The Blue Stocking Society »; des membres de cette société le nom passa aux femmes de cette coterie (1790-1807) puis à n'importe quelle femme affectant des prétentions littér. (1804 dans NED). Le fr. bas bleu est certainement attesté bien av. 1821 car il est empl. dans un cont. angl. en 1786 (Hannah More, Bas bleu, Advertisement cité par Mack. t. 2, p. 37 et 198), 1801, 1808, 1821 (NED)
Voilà, voilà, encore merci !
Pour ma part je m'attends bien à écouter une voix masculine si on parle de ténors. IL n'est pas question que de tessiture d'ailleurs. Les ténors ce sont aussi les premiers rôles masculins dans les opéras d'où l'expression dérivée pour les rôles de premier plan. Pour faire bref s'il y a femmes et hommes dans un rôle de premier plan c'est le travail du journaliste de trouver l'expression qui va convenir à tous.

Pour l'expression bas-bleu wikipédia a une page en français mais en anglais il y a non seulement l'équivalent de cette page (avec une explication détaillée sur ce que signifiait porter des bas de laine dans un salon et évidemment des remarques misogynes bien communes chez les écrivains) mais aussi une autre page qui présente la society of blue-stockings dans des termes plutôt flatteurs. Le mot club ne me parait pas le plus approprié, je parlerai plutôt de salons littéraires avec des invités prestigieux et ces salons se sont tenus pendant toute la deuxième partie du XVIIIe siècle.