"La numéro une"
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Bonjour. Je rencontre assez souvent dans la presse et à la télévision l'expression « numéro une » comme dans cet article du Parisien intitulé : « Bartoli élimine la numéro une mondiale à Miami » (https://www.leparisien.fr/sports/autres/tennis-tsonga-chute-face-a-nadal-29-03-2012-1929400.php lien).
Que pensez-vous de l'emploi de l'adjectif numéral cardinal « un » dans cette phrase ?
Merci.
Je trouve abusif cet accord.
En fait, "un" n'est pas ici un adjectif numéral variable, c'est un nom de chiffre invariable apposé au nom "numéro" pour préciser de quel numéro il s'agit.
Quand à l'expression "la numéro un", c'est un emploi substantivé invariable de la locution adjectivale invariable "numéro un" = "qui occupe la première place".
La numéro un = La (femme qui porte le) numéro un…
Le féminin n'est donc pas justifié.
Merci Jehan pour tes précisions. Donc, si j'ai bien compris ton raisonnement, "un" aurait plutôt ici la valeur d'un adjectif numéral ordinal dans le sens où "numéro un" veut dire "personne qui est la première". L'idée du classement, de la hiérarchie est présente puisqu'il s'agit, dans l'exemple, du classement des joueuses de tennis.
Par ailleurs, que penses-tu du fait de dire "page une" ?
Non : apposé ici au nom "numéro", le mot "un" n'a pas valeur de numéral ordinal à lui tout seul.
C'est toute l'expression invariable "numéro un" qui prend la valeur ordinale :
La ( joueuse) numéro un = la première (joueuse).
Le un seul en emploi ordinal est souvent invariable, mais le féminin s'emploie aussi.
La page un, la page une, la une= La première page.
Mais on ne peut dire que : la page numéro un.
Voilà, c'est ce que j'ai écrit : "numéro un" = "personne qui est la première". Donc, pour résumer, "un" n'est pas un adjectif numéral ordinal, mais c'est toute l'expression "numéro un" qui en est un.
Il me semble qu'un lapsus s'est glissé dans ton message (
numéral cardinal au lieu de
numéral ordinal) :
apposé ici au nom "numéro", le mot "un" n'a pas valeur de numéral cardinal à lui tout seul.
Au temps pour moi, j'ai bien sûr voulu écrire "ordinal". 😜 Je rectifie.
Tu avais bien écrit que c'était "un" tout seul qui était ordinal, et non pas l'ensemble "numéro un"…
"un" aurait plutôt ici la valeur d'un adjectif numéral ordinal
Mais je vois que nous nous sommes compris malgré tout.
C'est toute l'expression "numéro un" qui a la valeur d'un numéral ordinal.
Je pense également nous nous sommes compris. 😉 Je ne dis pas ne pas avoir écrit la phrase que tu as citée. A la fin, j'ai simplement résumé notre discussion. Voilà, c'est tout.
Il me semble qu'il vaut mieux privilégier le masculin au féminin et dire "page un" au lieu de "page une", "ligne un" au lieu de "ligne une", même si les deux tournures sont correctes.
Mais dans le cas où le nom "page" est seulement sous-entendu…
on ne va pas dire "la un du journal".
On dit plus logiquement "la une".
Oui, oui. Donc, on dira "page un" en sous-entendant "page numéro un", n'est-ce pas ?
Bonjour Collins, bonjour Jehan.
De mon point de vue, c'est un cas qui illustre l'évolution de la langue.
Cette évolution me semble motivée par deux choses :
1/la nécessité pour la presse d'exprimer ses messages le plus clairement possible. Or, si dire "le numéro un mondial" pour désigner une femme eut été plus grammaticalement correct, dire "la numéro une mondiale" est plus logique du point de vue cognitif;
2/la contamination de l'ensemble de la grammaire par la féminisation des noms de titres, fonctions et métier. La propension à rendre davantage visibles les femmes dans la langue se renforce (notamment dans la presse mais également à l'oral). D'où une évolution de la langue qui va à l'encontre de certaines règles grammaticales.
On ne dit pas "le numéro un mondial" en parlant d'une femme mais "la numéro un mondiale"
Aucune raison et aucun besoin de féminiser le "un" de l'expression invariable "numéro un".
Le féminin est marqué à l'oral par l'article la, et à l'écrit par ce même article et le e de l'adjectif.
D'ailleurs, on dit clairement "la numéro deux mondiale"… Les noms de chiffres n'ont pas de féminin.
J'entends à la radio ce matin les actualités :
Le chômage est selon les Suisses la préoccupation numéro un.
Il me semble plus juste de dire :
Le chômage est selon les Suisses la préoccupation numéro une.
Je crois que c'est une locution adjectivale qui s'écrit ainsi aussi bien au féminin qu'au masculin !
Regarde
ici.
Si j'en crois l'explication du lien (pardon je ne l'avais pas vu), il ne faudrait pas utiliser "numéro une", mais bien "numéro un". Par contre, il reste l'alternative suivant : Le chômage est selon les Suisses (de toutes) la préoccupation une (ou première - c'est plus clair). Néanmoins, je préfère aussi "Le chômage est selon les Suisses la préoccupation numéro un". Merci pour la correction ++
IL semble en effet que l'usage soit flottant.
Je trouve que le mot contamination est très péjoratif. La société évolue et il est normal que la langue évolue aussi. Si on veut utiliser contamination les règles ont été contaminées par les préjugés d'autrefois : la forme masculine a prééminence sur la forme féminine parce qu'elle est plus noble disait Vaugelas.
Et pour féminiser "la numéro deux", quelle forme féminine de "deux" ?
La deuxième ! 😉
Il existe déjà un et une alors qu'il n'existe rien pour deux mais ce n'est pas parce qu'il n'existe rien pour deux qu'il ne faut pas utiliser une forme féminine si elle est disponible.
L'article féminin est une solution pratique pour marquer le féminin notamment pour les noms épicènes car la féminisation concerne les noms.
La féminisation n'est pas non plus une exception française. D'autres pays pratiquent cette féminisation et parfois vont plus loin en s'intéressant à la syntaxe.
La féminisation n'a pas non plus toujours des solutions et il faut donc changer la phrase :
Un titre d'article de journal commençait par "les ténors de l'activité…" or il y avait deux femmes dans le groupe. Bon le masculin l'emporte mais c'est absolument risible de parler de ténor pour une femme et on ne pourrait pas non plus utiliser sopranos.
L'article féminin est une solution pratique pour marquer le féminin notamment pour les noms épicènes car la féminisation concerne les noms.
Oui :
la numéro un…
Pourquoi féminiser aussi le nom de nombre, qui n'est ici qu'une apposition au nom "numéro" ?
"la numéro un mondiale"
C'est comme une histoire de ténors à l'envers. On féminise l'article, l'adjectif et le un dans la foulée pour donner une sorte d'unité mais pour ma part j'utiliserai un.