Ponge, Le verre d’eau

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je voudrais vous sollicité pour une aide sur un extrait du verre d'eau de ponge :
Le mot VERRE D'EAU serait en quelque sorte adéquat à l'objet qu'il désigne… Commençant par un V, finissant par un U, les deux seules lettres en forme de vase ou de verre. Par ailleurs, j'aime assez que dans VERRE, après la forme (donnée par V), soit donnée la matière par les deux syllabes ER RE, parfaitement symétriques comme si, placées de part et d'autre de la paroi du verre, l'une à l'intérieur, l'autre à l'extérieur, elles se reflétaient l'une en l'autre.
Je dois retrouver Ponge et dire en quoi l'œuvre de ponge est poétique.

Pour la première partie de la question je pensé dire que avec ponge L'évocation d'un objet n'est Qu'un prétexte à la création poétique et de jouer avec le language.

Malheureusement avec cet auteur j'ai vraiment du mal à dire en quoi cette œuvre ci est poétique et de retrouver ponge dans cette œuvre.
Espérant avoir une aide. Je vous remercie d'avance.
Ines
Bonjour,

Ce texte est poétique parce que, comme tu l'as dit, Ponge joue avec le langage.
En effet il cherche l'adéquation entre le sens et la forme dans une sorte de calligramme textuel.
Habituellement, les poètes renforcent le sens par la musicalité du langage.
Ici Ponge explore l'univers des formes pour sa création esthétique.
Ainsi nous livre-t-il une vision originale d'un objet banal qui ne nous étonnait plus.
Ce regard nouveau repoétise un élément qui était devenu simplement utilitaire et sans surprise par la force de l'habitude.
Bonjour,
Parmi les textes que je dois réviser pour l'oral de français, j'ai Le verre d'eau de Francis Ponge.
Voici l'extrait:
Le mot VERRE D’EAU serait en quelque façon adéquat à l’objet qu’il désigne… Commençant par un v, finissant par un u, les deux seules lettres en forme de vase ou de verre. Par ailleurs, j’aime assez que dans VERRE, après la forme (donnée par le V), soit donnée la matière par les deux syllabes E R R E, parfaitement symétriques comme si, placées de part et d’autre de la paroi du verre, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, elles se reflétaient l’une en l’autre. Le fait que la voyelle utilisée soit la plus muette, la plus grise, le E, fait également très adéquat. Enfin, quant à la consonne utilisée, le R, le roulement produit par son redoublement est excellent aussi, car il semble qu’il suffirait de prononcer très fort ou très intensément le mot VERRE en présence de l’objet qu’il désigne pour que, la matière de l’objet violemment secouée par les vibrations de la voix prononçant son nom, l’objet lui-même vole en éclats. (Ce qui rendrait bien compte d’une des principales propriétés du verre : sa fragilité.)
Ce n’est pas tout. Dans VERRE D’EAU, après VERRE (et ce que je viens d’en dire) il y a EAU. Eh bien, EAU à cette place est très bien aussi : à cause d’abord des voyelles qui le forment. Dont la première, le E, venant après celui répété qui est dans VERRE, rend bien compte de la parenté de matière entre le contenant et le contenu, – et la seconde, le A (le fait aussi que comme dans ŒIL il y ait là diphtongue suivie d’une troisième voyelle) – rend compte de l’œil que la présence de l’eau donne au verre qu’elle emplit (l’œil, ici, au sens de lustre mouvant, de poli mouvant). Enfin, après le côté suspendu du mot VERRE (convenant bien au verre vide), le côté lourd, pesant sur le sol, du mot EAU fait s’asseoir le verre et rend compte de l’accroissement de poids (et d’intérêt) du verre empli d’eau. J’ai donné mes louanges à la forme du u.
La lecture analytique donnée par ma professeure de français ne me permet pas de tenir dix minutes.
J'ai des procédés que je rajouterai dans le plan, mais même avec eux je ne tiens pas assez de temps. De plus, je ne trouve rien sur internet au sujet de ce texte.
Voici ce qu'on a fait en classe et ce que j'ai rajouté:
procédés
ER/RE: symétrie des parois. E: rapport contenant/contenu
E: voyelle la plus utilisée, neutre > transparence.
EAU (diphtongue): comme dans OEIL: les reflets sur l'eau, le brillant.
R: vibrations> brise > fragilité.
EAU: mot lourd qui s'oppose à la légereté de VERRE.
Texte qui semble explicatif, informatif, donne l'impression d'un texte sérieux.
Structure forte (connecteurs logiques), mais en même temps saccadé à cause des parenthèses: il n'oublie aucun détail.
Présent de vérité générale> définition. Mais en même temps jeu: "est très bien aussi".
"louanges": texte épidictique. Mais également tonalité ludique. Met à distance" ce qu'il dit en utilisant le conditionnel.

I-La description du verre d'eau semble sérieuse

1-l'auteur procède de façon structurée
les connecteurs logiques permettent de bien structurer le texte. Mais le texte est saccadé à cause des parenthèses: Ponge n'oublie aucun détail.

2-le texte se présente comme un texte informatif ou explicatif
L'auteur utilise des définitions telles que la définition du mot "oeil" afin de préciser dans quel sens il utilise ce mot qui a plusieurs significations. Présent de vérité générale, comme dans une définition de dictionnaire: "rend bien compte", "est très bien" qui montre que ses arguments sont incontestables. On a l'impression que l'auteur a vécu ce qu'il raconte, avec le verre d'eau qui se brise. Le modèle de francis Ponge est Lucrèce, auteur de De natura rerum, une poésie scientifique. En effet, ici il n'y a pas de lyrisme. L'auteur utilise également le vocabulaire de l'analyse, avec la répétition du verbe "rendre compte". Tonalité didactique.


II-Cette description est fantaisiste et la fantaisie est assumée

1-l'auteur laisse paraître des marques de sa subjectivité
Conditionnel, "je", modalisateurs et utilisation du registre épidictique qu'on ne devrait pas trouver dans une texte informatif

2-le texte est non pas simplement informatif, mais ludique
personnification du verre, phrases longues: le lecteur se sent perdu. Vers blancs (alexandrins). Ton ludique.
Ponge joue avec le langage.
En effet il cherche l'adéquation entre le sens et la forme dans une sorte de calligramme textuel.
Habituellement, les poètes renforcent le sens par la musicalité du langage.
Ici Ponge explore l'univers des formes pour sa création esthétique.
Ainsi nous livre-t-il une vision originale d'un objet banal qui ne nous étonnait plus.
Ce regard nouveau repoétise un élément qui était devenu simplement utilitaire et sans surprise par la force de l'habitude.
Auriez-vous quelques procédés en plus que je puisse ajuoter à cette lecture analytique, ou des liens vers des sites qui proposent une analyse de ce texte (je n'en ai pas trouvé)?

Merci beaucoup
Et si j'étais l'examinatrice … et si je te demandais pour ton oral :

Comment Ponge s'y prend -il pour "prendre le parti" des choses et ici du verre d'eau ?

Intro : le nom du recueil? Sa signification. Sa date de parution.


Tu as beaucoup d'éléments trouvés par l'analyse. A toi de les organiser pour répondre à la question et je suis sûre que tu tiens 10 mn. 🙂
merci, je vais essayer