Bonjour,
Pour la rentrée, je dois rédiger un corpus sur l'Ingénu de Voltaire. Mais, le corpus n'est pas mon fort. Avez-vous quelques conseils pour me guider ? La question est : "Que dénoncent ces extraits ?"
Pour le début, j'ai trouvé le champ lexical de la chrétienté. J'ai mis cette phrase au brouillon :
"Dans l’extrait 1, Les Kerkabon veulent baptiser l’Ingénu, qui demande d’abord à être circoncis, puis c’est la question du baptême qui se pose. Ce passage constitue une critique de la confession.
Dans l’extrait 2, on assiste à un baptême grivois. En effet, l’Ingénu est nu dans le fleuve. Cette scène correspond au registre du comique."
j'ai fait quelques recherches et je trouve que dans chaque extrait, Voltaire critique. Par exemple, dans le premier et deuxième extrait, il critique la marche à suivre pour se baptiser et dans le dernier extrait, il critique la monarchie.
Suis-je dans la bonne voie ?
Voici 3 extraits :
Extrait 1 :
Pour la rentrée, je dois rédiger un corpus sur l'Ingénu de Voltaire. Mais, le corpus n'est pas mon fort. Avez-vous quelques conseils pour me guider ? La question est : "Que dénoncent ces extraits ?"
Pour le début, j'ai trouvé le champ lexical de la chrétienté. J'ai mis cette phrase au brouillon :
"Dans l’extrait 1, Les Kerkabon veulent baptiser l’Ingénu, qui demande d’abord à être circoncis, puis c’est la question du baptême qui se pose. Ce passage constitue une critique de la confession.
Dans l’extrait 2, on assiste à un baptême grivois. En effet, l’Ingénu est nu dans le fleuve. Cette scène correspond au registre du comique."
j'ai fait quelques recherches et je trouve que dans chaque extrait, Voltaire critique. Par exemple, dans le premier et deuxième extrait, il critique la marche à suivre pour se baptiser et dans le dernier extrait, il critique la monarchie.
Suis-je dans la bonne voie ?
Voici 3 extraits :
Extrait 1 :
Enfin la grâce opéra; l'Ingénu promit de se faire chrétien; il ne douta pas qu'il ne dût commencer par être circoncis; "car, disait-il, je ne vois pas dans le livre qu'on m'a fait lire un seul personnage qui ne l'ait été; il est donc évident que je dois faire le sacrifice de mon prépuce: le plus tôt c'est le mieux." Il ne délibéra point: il envoya chercher le chirurgien du village, et le pria de lui faire l'opération, comptant réjouir infiniment mademoiselle de Kerkabon et toute la compagnie quand une fois la chose serait faite. Le frater, qui n'avait point encore fait cette opération, en avertit la famille, qui jeta les hauts cris. La bonne Kerkabon trembla que son neveu, qui paraissait résolu et expéditif, ne se fît lui-même l'opération très maladroitement, et qu'il n'en résultât de tristes effets auxquels les dames s'intéressent toujours par bonté d'âme.Extrait 2 :
Le prieur redressa les idées du Huron; il lui remontra que la circoncision n'était plus de mode; que le baptême était beaucoup plus doux et plus salutaire; que la loi de grâce n'était pas comme la loi de rigueur. L'Ingénu, qui avait beaucoup de bon sens et de droiture, disputa, mais reconnut son erreur, ce qui est assez rare en Europe aux gens qui disputent; enfin il promit de se faire baptiser quand on voudrait.
Il fallait auparavant se confesser; et c'était là le plus difficile. L'Ingénu avait toujours en poche le livre que son oncle lui avait donné. Il n'y trouvait pas qu'un seul apôtre se fût confessé, et cela le rendait très rétif. Le prieur lui ferma la bouche en lui montrant, dans l'épître de saint Jacques le Mineur, ces mots qui font tant de peine aux hérétiques: Confessez vos péchés les uns aux autres. Le Huron se tut, et se confessa à un récollet. Quand il eut fini, il tira le récollet du confessionnal, et, saisissant son homme d'un bras vigoureux, il se mit à sa place, et le fit mettre à genoux devant lui: "Allons, mon ami, il est dit: Confessez-vous les uns aux autres; je t'ai conté mes péchés, tu ne sortiras pas d'ici que tu ne m'aies conté les tiens." En parlant ainsi, il appuyait son large genou contre la poitrine de son adverse partie. Le récollet pousse des hurlements qui font retentir l'église. On accourt au bruit, on voit le catéchumène qui gourmait le moine au nom de saint Jacques le Mineur. La joie de baptiser un Bas-Breton huron et anglais était si grande qu'on passa par-dessus ces singularités
Le prieur et l’abbé, étant accourus, demandèrent à l’Ingénu ce qu’il faisait là. "Eh parbleu ! Messieurs, j’attends le baptême : il y a une heure que je suis dans l’eau jusqu’au cou, et il n’est pas honnête de me laisser morfondre.Extrait 3 :
- Mon cher neveu, lui dit tendrement le prieur, ce n’est pas ainsi qu’on baptise en Basse-Bretagne ; reprenez vos habits et venez avec nous." Mademoiselle de Saint-Yves, en entendant ce discours, disait tout bas à sa compagne : "Mademoiselle, croyez-vous qu’il reprenne si tôt ses habits ?"
Le Huron cependant répartit au prieur : "Vous ne m’en ferez pas accroire cette fois-ci comme l’autre ; j’ai bien étudié depuis ce temps-là, et je suis très certain qu’on ne se baptise pas autrement. L’eunuque de la reine Candace fut baptisé dans un ruisseau ; je vous défie de me montrer dans le livre que vous m’avez donné qu’on s’y soit jamais pris d’une autre façon. Je ne serai point baptisé du tout, ou je le serai dans la rivière." On eut beau lui remontrer que les usages avaient changé, l’Ingénu était têtu, car il était Breton et Huron. Il revenait toujours à l’eunuque de la reine Candace ; et quoique mademoiselle sa tante et mademoiselle de Saint-Yves, qui l’avaient observé entre les saules, fussent en droit de lui dire qu’il ne lui appartenait pas de citer un pareil homme, elles n’en firent pourtant rien, tant était grande leur discrétion. L’évêque vint lui-même lui parler, ce qui est beaucoup ; mais il ne gagna rien : le Huron disputa contre l’évêque.
"Montrez-moi, lui dit-il, dans le livre que m’a donné mon oncle, un seul homme qui n’ait pas été baptisé dans la rivière, et je ferai tout ce que vous voudrez."
La tante, désespérée, avait remarqué que la première fois que son neveu avait fait la révérence, il en avait fait une plus profonde à mademoiselle de Saint-Yves qu’à aucune autre personne de la compagnie, qu’il n’avait pas même salué monsieur l’évêque avec ce respect mêlé de cordialité qu’il avait témoigné à cette belle demoiselle. Elle prit le parti de s’adresser à elle dans ce grand embarras ; elle la pria d’interposer son crédit pour engager le Huron à se faire baptiser de la même manière que les Bretons, ne croyant pas que son neveu pût jamais être chrétien s’il persistait à vouloir être baptisé dans l’eau courante.
Mademoiselle de Saint-Yves rougit du plaisir secret qu’elle sentait d’être chargée d’une si importante commission. Elle s’approcha modestement de l’Ingénu, et, lui serrant la main d’une manière tout à fait noble : "Est-ce que vous ne ferez rien pour moi ?" lui dit-elle ; et en prononçant ces mots elle baissait les yeux, et les relevait avec une grâce attendrissante. "Ah ! tout ce que vous voudrez, mademoiselle, tout ce que vous me commanderez : baptême d’eau, baptême de feu, baptême de sang, il n’y a rien que je vous refuse." Mademoiselle de Saint-Yves eut la gloire de faire en deux paroles ce que si les empressements du prieur, ni les interrogations réitérées du bailli, ni les raisonnements même de monsieur l’évêque, n’avaient pu faire. Elle sentit son triomphe ; mais elle n’en sentait pas encore toute l’étendue.
L’Ingénu, qui ne savait pas le latin, se fit expliquerMerci beaucoup de votre aide
ces paroles, qui signifient : « Nous abandonnons nos
douces campagnes, nous fuyons notre patrie. »
« Et pourquoi fuyez-vous votre patrie, messieurs? — C’est
qu’on veut que nous reconnaissions le pape. — Et pourquoi ne le
reconnaîtriez-vous pas? Vous n’avez donc point de marraines
que vous vouliez épouser? Car on m’a dit que c’était lui qui en
donnait la permission. — Ah! Monsieur, ce pape dit qu’il est le
maître du domaine des rois. — Mais, Messieurs, de quelle profession
êtes-vous? — Monsieur, nous sommes pour la plupart
des drapiers et des fabricants. — Si votre pape dit qu’il est le
maître de vos draps et de vos fabriques, vous faites très bien de
ne pas le reconnaître; mais pour les rois, c’est leur affaire ; de
quoi vous mêlez-vous? » Alors un petit homme noir prit la
parole, et exposa très savamment les griefs de la compagnie. Il
parla de la révocation de l’édit de Nantes avec tant d’énergie, il
déplora d’une manière si pathétique le sort de cinquante mille
familles fugitives et de cinquante mille autres converties par les
dragons, que l’Ingénu à son tour versa des larmes. « D’où vient
donc, disait-il, qu’un si grand roi, dont la gloire s’étend jusque
chez les Hurons, se prive ainsi de tant de coeurs qui l’auraient
aimé, et de tant de bras qui l’auraient servi?
— C’est qu’on l’a trompé comme les autres grands rois,
répondit l’homme noir. On lui a fait croire que dès qu’il aurait dit
un mot, tous les hommes penseraient comme lui ; et qu’il nous
ferait changer de religion comme son musicien Lulli fait changer
en un moment les décorations de ses opéras. Non seulement il
perd déjà cinq à six cents mille sujets très utiles, mais il s’en fait
des ennemis; et le roi Guillaume, qui est actuellement maître de
l’Angleterre, a composé plusieurs régiments de ces mêmes Français
qui auraient combattu pour leur monarque.
« Un tel désastre est d’autant plus étonnant que le pape
régnant, à qui Louis XIV sacrifie une partie de son peuple, est
son ennemi déclaré. Ils ont encore tous deux, depuis neuf ans,
une querelle violente. Elle a été poussée si loin que la France a
espéré enfin de voir briser le joug qui la soumet depuis tant de
siècles à cet étranger et surtout de ne lui plus donner d’argent, ce
qui est le premier mobile des affaires de ce monde. Il paraît donc
évident qu’on a trompé ce grand roi sur ses intérêts comme sur
l’étendue de son pouvoir, et qu’on a donné atteinte à la magnanimité
de son coeur



