Le public aime les romans faux
17 réponses
Bonjour à tous,
J'ai pour ce vendredi une dissertation à accomplir…
quelqun pourrait-il m'aider, je suis dans l'angoisse totale de ne pouvoir répondre au sujet.
Mon sujet étant:
"Le public aime les romans faux déclarent les frêres Goncourt dans la préface de Germinie Lacerteux, êtes-vous d'accord avec cette affirmation ? Vous fonderez votre refléxion sur des exemples précis."
Si quelqun est dans la capacité de m'aider, ce serait magnifique (et le mot est faible)…
Merci d'avance à tous
Je compte sur vous.
🙂
Bonsoir Anne-Lou,
Pour te mettre sur la voie, pense que les Goncourt étaient des écrivains réalistes. Que veut dire alors "faux" dans leur bouche ? Ne s'agirait-il pas de ce que le public appellerait le romanesque ?…
Bonsoir Jean-luc,
Dans un premier temps merci beaucoup de m'avoir mise sur la voie.
juste une petite question, le roman "faux" (ou romanesque) est donc un roman tiré de la fiction? dont l'invention est total?
c'est déja un gros progrès pour moi 🙂 !
Mais je ne vois pas très bien quel plan établir ni quel idées je peux apporter pour contribuer à mon sujet…
ce n'est pas facil..
Merci d'avance
Il est difficile de savoir ce qu’est un roman faux, pour ma part je comprends qu’il s’agit de quelque chose de non crédible.
Par exemple, « La recherche de l’absolu » est absolument non crédible mais Balzac est tellement talentueux dans sa description et dans sa foi en cette situation impossible qu’on y croit, et qu’on veut y croire, eu égard au plaisir de l’incroyable.
La vérité est assez peu crédible dans un roman, seul l’invraisemblable a quelque chance de survie mais il faut avoir l’inspiration très soutenue pour pouvoir tenir le lecteur en haleine.
Souvenez-vous d’Hamlet (même si c’est du théâtre) qui dit à la fin « O, I could tell you », Oh, je pourrais vous dire : je pourrais vous dire la vérité mais elle serait peu crédible au regard du mensonge agréable facilement gobé.
C’est ainsi que je percevrais la chose.
À bientôt
Gilles
Bonsoir,
J'ai la conviction que les romans "faux" sont des romans entièrement tirés de la fiction, de l'imagintation total de l'écrivains… Mais quel argument pourrais-je donner?
Mais la vérité est-elle crédible dans un roman? Cela fairait-il de celui-ci un roman faux, alors que le registre est réaliste?
Le mensonge est donc plus crédible que la vérité?
Mais puisque les Frêres Goncourt se trouvaient être des écrivains à titre réaliste et que ceux-ci explique dans la préface de Germinie Lacerteux que "Le public aime les romans faux" et c'est pour cela que ce roman sera "vrai", qu'il sera "grave".
c'est gentil à vous de m'aider.
Merci beaucoup (et d'avance).
à bientôt
Il faudrait en fait lire en intégralité la préface de Germinie Lacerteux qui présente d'ailleurs nombre de points communs avec celle de Thérèse raquin chez Zola, notamment dans la manière dont le travail du romancier est comparé à celui du médecin qui dissèque et qui analyse…
De mémoire, cette phrase est une véritable provocation pour l'époque car elle interpelle le public bien-pensant bourgeois, et, sauf erreur, elle se termine par "ce roman est un roman vrai", scellant en quelque sorte l'acte de naissance du naturalisme et une rupture complète.
L'idée est donc qu'un roman doit présenter la réalité dans toute sa vérité, le romancier (l'artiste, en général, chez Zola) est celui qui fait oeuvre de vérité. Il ne s'agit pas de masquer ou de biaiser pour ne pas choquer, il faut montrer ce qui est avéré… Il faut chercher déjà tout ça chez Balzac (l'avant-propos de la Comédie humaine), chez Stendhal qui fait du roman un "miroir" et aussi chez Hugo avec l'épigraphe des Misérables "des livres de la nature de cleui-ci… etc." Et, évidemment, chez Zola qui ne manquait jamais de se défendre dans ses préfaces ou ses articles rassemblés de nos jours dans diverses anthologies. Tout ça, c'est un sujet vraiment palpitant…
Séb
Merci beaucoup,
vous m'êtes d'un grand secour…
Je vous annonce mon plan, et vous me donnez votre avis? et s'il y a des remarques ou des améliorations notables, je suis preneuse!
tout d'abord je vais constituer un intro:
-Phrase d'accroche
-Auteur
-Lectures
-Problématique
-Annoce du plan
puis, un liaison.
et je vais commencer par faire une premiere paragraphe sur ce qu'est en fait le roman "faux", en disant que celui-ci est issu de la fiction etc etc… (en fin de compte un roman qui donne ceux que les gens veulent entendre)
et pourquoi les romans faux plairaient-ils…
Puis je vais constituer un deuxième paragraphe sur qu'est-ce qu'en fait un roman "vrai". C'est à dire un roman grave, déclarant la simple vérité pure et dure.
De nombreux auteurs utilisent le réalisme, ne machant pas leurs mots, montrant un fait un sorte de provocation pour l'époque (un peu comme Th. Gautier dans un tout autre contexte).
Enfin, je finirais par donner mon avis sur cela, dire ce que je pense et qu'elle est pour moi le point de vue sur ces auteurs.
Et puis pour finir, une petite conclusion qui répondras à la conclusion…
Merci encore !
et surtout dîtes-moi si cela est corect ?!
à bientôt
Vous pourrez citer le très fameux « all is true » au début du Père Goriot. Balzac cherche évidemment à convaincre son lecteur qu’il n’a rien inventé, ce qui est manifestement impossible, et choisit de le dire en anglais comme si ça avait plus de poids !
Pensez aussi éventuellement aux romans basés sur un fait divers à leur point de départ comme « Le Rouge et le Noir ».
À bientôt
Gilles
D'accord je le fairais, encore merci beaucoup, je crois voir beaucoups plus clair.
Et si d'autres idées vous vienne je suis preneuse, j'ai jusqu'à vendredi.
Merci Beaucoup
à bientôt
Anne-laure.
Anne.Lou a écrit :D'accord je le ferai, encore merci beaucoup, je crois voir beaucoups plus clair.
Et si d'autres idées vous viennent je suis preneuse, j'ai jusqu'à vendredi.
Merci Beaucoup
à bientôt
Anne-laure.
Je n'y manquerai pas.
Merci à vous et à bientôt
Gilles
Bonjour Anne-Lou,
Le roman faux ou romanesque n'est pas celui qui est tiré de la fiction pas plus que le roman réaliste n'est tiré de la réalité.
L'auteur transforme les données du réel pour créer son oeuvre, lui donner un sens, et donc ne décalque plus la réalité, même dans le roman réaliste. Regarde Zola et son animation des objets inertes, Balzac et ses accumulations ou sa physiognomonie…
Alors comment comprendre roman faux et roman réaliste ?
Madame Bovary me semble convenir parfaitement pour approcher ces notions.
Emma s'empoisonne avec des romans faux, dégoulinant de sentimentalisme. A l'opposé son créateur cherche à désamorcer ce rêve destructeur par une ironie toute "réaliste". Il est conduit à en rajouter du côté de la grisaille, de la bêtise, des lieux communs, de la bourgeoisie étriquée…
Faux tirerait vers l'idéalisme alors que réaliste se situerait du côté du pessimisme…
Va voir sur le site la fiche consacrée à
Madame Bovaryici.En fin de compte le roman vrai, est un roman qui utilise la fiction afin de dénoncer la réalité, cela avec un soupçon de péssimisme qui donne au roman un coté grave.
Et le roman faux, n'est en fait qu'un roman qui donne a son lecteur, ce qu'il veut entendre.
Oui, de l'idéalisme. En réalité je ne l'avais pas perçue sous ce jour.
C'est notre première dissertation et je ne sais pas très bien comment m'y prendre…
J'ai surtout du mal à trouver les bons arguments, encore plus pour défendre les romans faux.
Est-ce que si je met que:
-Les romans faux sont des "lectures annodines et consolantes", des "aventures qui finissent bien", ne dérangeant "ni la digestion, ni la sérénité" de son lecteur.
à vrai dire je ne trouve que ça, et encore, je ne sais pas si celui-ci est bien… Qu'en pensez-vous?
Merci d'avance.
Et dîtes-moi,
Rélaisme = Naturalisme ?
Si non, quels sont les différences?
Bonjour Anne-Laure,
Tu es sur la bonne voie.
Pour rester simple, le naturalisme est un prolongement du réalisme avec des prétentions scientifiques.
Non, réalisme n'est pas égal à naturalisme…
Pour schématiser, le naturalisme en est le prolongement naturel mené par Zola, notamment, mais aussi les Goncourt. Maupassant se positionne lui-même hors-jeu.
Le réalisme, c'est rendre compte du réel en appliquant une méthode très stricte d'observation. Le romancier réaliste fait oeuvre de fiction dans un cadre donné comme vrai.
Avec le naturalisme, cette dimension est poussée à bout car le romancier naturaliste entend appliquer à la littérature l'étude médicale (à noter que Flaubert, sans être naturaliste, est le fils du médecin-chef de l'hôpital de Rouen) de l'époque selon laquelle un individu est le fruit de plusieurs éléments / facteurs externes ou internes. C'est la double loi de l'hérédité et du milieu que l'on trouve chez Zola dont les personnages sont marquées par un tare originelle héréditaire (alcoolisme, névrose, comportement violent, etc.) que Zola précise d'ailleurs d'entrée sur l'arbre généalogique des Rougon-Macquart. De plus, Zola est convaincu que le personnage est tributaire du milieu dans lequel il évolue (héritier ici de Balzac, par exemple), d'où la variété des milieux dans lesquels les personnages zoliens évoluent.
Avec cela, Zola entend plonger le personnage dans un milieu donné avec son hérédité propre et observer comment il va évoluer. C'est une des limites du naturalisme car, malgré tout, c'est le romancier qui tire les ficelles et qui fait évoluer son personnage comme il le souhaite. La ré-création des conditions expérimentales en littérature est assez vaine, en fait.
A ce sujet, un très bon Que sais-je? de H. Mitterrand, spécialiste de Zola qui a édité l'auteur dans la Pleiade, intitulé Zola et le naturalisme. Sinon, il existe des anthologies des grands paratextes réalistes et naturalistes. C'est assez passionnant - enfin, il faut aimer le sujet, évidemment.
Bonjour Anne-Lou,
Le roman faux n'est pas seulement celui qui convient au lecteur conformiste, c'est aussi, dans la pensée implicite des Goncourt, celui qui recourt aux excès et aux effets.
Bonsoir à tous,
Eh bien, j'ai finit et j'ai fait ce que j'ai pu, votre aide m'a été d'un précieux soutien, alors je vous remercie beaucoup, beaucoup, beaucoup.
à bientôt et encore Merci
Anne-lou.