Les relations entre les différents temps du passé

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tout le monde,

N'étant pas d'origine française, je suis en train d'apprendre votre magnifique langue et je vous prie de m'aider dans une situation suivante : dans un de mes bouquins de français j'ai rencontré une phrase dont les rapports logico-temporels ne me restent pas tout à fait claires. Voici le contexte : "Lorsque nous nous sommes rencontrés le mois dernier au salon Biotech à Montréal, nous étions convenus que vous m'enverriez des échantillons de vos huiles de massage. Or, je n'ai toujours rien reçu."

Ce qui me gêne dans cette phrase, c'est que, à mon avis, le verbe principal "étions convenus" est au plus-que-parfait (ou c'est de l'imparfait "étions" et "convenus" est juste un adjectif?). En même temps le premier verbe subordonné "nous sommes rencontrés" est au passé composé, ce qui est contradictoire à la concordance des temps; de plus, la conjonction "lorsque" souligne la simultanéité de ces deux actions. Ou faut-il également prendre en compte la phrase suivante : "Or, je n'ai toujours rien reçu", et chercher la réponse en fonction de tout le contexte ?

Malheureusement, je n'ai pas réussi à trouver la réponse dans les grammaires et je m'en remet à votre gentil expertise 🙂. Je m'excuse si ma question est un peu naïve.

Merci par avance !
"Lorsque nous nous sommes rencontrés le mois dernier au salon Biotech à Montréal, nous étions convenus que vous m'enverriez des échantillons de vos huiles de massage. Or, je n'ai toujours rien reçu."

A : étions (imparfait ; "convenus" me semble se comporter comme un adjectif qualificatif = nous étions d'accord))
B : sommes rencontrés (passé par rapport au présent E : passé composé)
C : enverriez (futur par rapport au passé B = futur dans le passé : présent du conditionnel)
D : ai reçu (passé par rapport au présent E : passé composé)
E : (présent)

------ AB ------- C ------- D ------- E →
"étions convenus" est le verbe convenir conjugué au plus-que-parfait.
Sens du verbe : "tomber d'accord sur quelque chose".
Usuellement, dans ce sens, il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Mais dans un registre littéraire, il se conjugue, comme ici, avec l'auxiliaire être.

On aurait certes pu employer le passé composé ("sommes convenus"), mais l'emploi du plus-que-parfait marque mieux la distance d'avec le présent, puisque tout s'est passé comme si l'accord n'avait pas eu lieu… Car, en fait, nous n'avons rien reçu.
Merci beaucoup !!!!!! J'en ai tiré toutes les conclusions nécessaires ce qui confirme encore une fois que la langue française est extrêmement riche en subtilités 🙂
Jehan et moi-même vous ayant donné deux réponses opposées concernant le temps du verbe "étions convenus", fiez-vous davantage à Jehan qu'à moi. Je ne possède pas son degré de maîtrise… 😉
Bonjour Jehan,

J'ai lu sur de nombreux sites internet traitant du sujet que "étions convenus" fonctionne comme tenir => Les verbes en venir se conjuguent avec l'auxiliaire être sur la base de tenir.

https://leconjugueur.lefigaro.fr/conjugaison/verbe/convenir_auxiliaire-etre.html

Ma question est donc la suivante : "être convenu" ne fonctionne-t-il pas comme "être tenu" ?

Pour dire "je suis tenu de te le dire", on ne dira pas "j'ai tenu de te le dire". Quant à "j'ai tenu à te le dire", ça veut bien sûr dire autre chose.

A mon avis, tout comme "être tenu", de par son sens, a un fonctionnement autonome, dira-t-on, par rapport au simple verbe tenir, n'en est-il pas de même pour "être convenu" ?

Un grand merci d'avance pour votre aide !

PS: J'ai quelques jours de vacances. Je vais en profiter pour répondre à certains messages ou en développer d'autres davantage.
Pour dire "je suis tenu de te le dire", on ne dira pas "j'ai tenu de te le dire". Quant à "j'ai tenu à te le dire", ça veut bien sûr dire autre chose.
je suis tenu de te le dire signifie à peu de chose près je suis obligé de te dire.
J'ai tenu de te le dire est incorrect. Il faut dire : j'ai tenu à te le dire, ce qui signifie alors : j'ai voulu te le dire. Ce que dont tu as conscience.

Je ne comprends pas pourquoi tu veux absolument rapprocher le verbe tenir du verbe convenir.
Le verbe convenir se conjugue avec l'auxiliaire avoir (usage courant et prohibé par les puristes) ou l'auxiliaire être (usage recommandé par les puristes) sans changer de sens, ce qui n'est pas le cas du verbe tenir qui se conjugue avec l'auxiliaire avoir, sauf s'il est employé à la forme passive, comme c'est le cas dans ton premier exemple.

Nous avons convenu d'un rendez-vous n'est plus perçu comme une énormité, même par Grévisse =>
« Cette distinction est “subtile et franchement arbitraire”, dit l’Office de la langue française (cf. revue Université, févr. 1938, p. 127). — Il n’est pas douteux, en effet, que le bon usage actuel n’autorise l’emploi de l’auxiliaire avoir avec convenir […] dans le cas où la règle officielle demande l’auxiliaire être. »
Laoshi a écrit :Le verbe convenir se conjugue avec l'auxiliaire avoir (usage courant et prohibé par les puristes) ou l'auxiliaire être (usage recommandé par les puristes) sans changer de sens
Si je peux me permettre, même les puristes conjuguent "convenir" avec "avoir", selon le contexte : votre proposition m'a convenu. 😉
Oui, bien sûr !!!
J'ai omis de dire que je considérais le verbe convenir dans le sens particulier de s'accorder, être d'accord car je crois que c'est ce qui faisait l'objet de la question.
Désolée pour la réponse trop hâtive.
Merci à vous deux pour vos réponses.

Je n'ai que dix minutes pour écrire cette réponse alors il me faut être concis. Désolé ! Je développerai mon propos un peu plus tard.

Je veux rapprocher tenir de convenir parce que de nombreuses références disent que convenir se conjugue comme tenir.

Oui, je sais que "j'ai tenu de te le dire" est incorrect et c'est bien pour cela que je l'ai laissé ainsi, pour bien faire remarquer que si tenir et convenir fonctionnent sur le même modèle, pourquoi "nous avons tenu de" nous choque-t-il alors que "nous avons convenu de" ne nous choque pas ? Dans "nous sommes convenus", convenu est dit être un adjectif, tout comme tenu, je pense, dans "nous sommes tenus" (la distinction est autant dans la différence d'acception*, à mon avis, que dans les règles de grammaire devant s'appliquer à l'un ou l'autre cas). Pourquoi accepter l'emploi de l'auxiliaire avoir dans un cas et pas dans l'autre, si la règle de grammaire qui gouverne les deux est la même ?

Ça ne va pas m’empêcher de dormir si les gens continuent d'employer "avoir convenu" au lieu de "être convenus", mais je recherche la raison profonde qui pousse l'Académie à prêcher dans le désert au sujet de cette règle. Je ne l'ai pas trouvée.

A plus tard ! Désolé !

* Nous avons convenu = Nous avons fait l'affaire
Nous sommes convenus que = Nous sommes tombés d'accord sur
Je veux rapprocher tenir de convenir parce que de nombreuses références disent que convenir se conjugue comme tenir.
Si tenir et convenir fonctionnent sur le même modèle, pourquoi "nous avons tenu de" nous choque-t-il alors que "nous avons convenu de" ne nous choque pas ?
Se conjuguer de la même façon n'implique absolument pas que le complément se construise avec la même préposition.
Absolument ! J'en conviens. 😀

Merci Jehan pour votre réponse ! 🙂

En fait, le caractère choquant, pour ainsi dire, sur lequel je veux attirer l'attention est la différence de sens en fonction de l'emploi d'un auxiliaire ou de l'autre. Le rôle de la préposition est secondaire dans mon raisonnement. "Je suis tenu de" ne veut absolument pas dire la même chose que "j'ai tenu"; alors en est-il de même, abstraction faite de l'usage, entre "être convenu" et "avoir convenu" ?

Concernant l'entêtement de l'Académie à préférer "être convenu" pour signifier "être d'accord", j'ai pensé à deux causes. Soit c'est le sens qui fait loi, tout comme "être tenu de" a un sens qui lui est propre et nécessite que l'on respecte cette formulation précise pour que ce soit ce sens-là qui soit exprimé, soit c'est une règle du même genre que celle différenciant, par exemple, "le coup est parti" et "le coup a parti".

=> https://books.google.fr/books?id=19cSAAAAYAAJ&pg=PA238&lpg=PA238&dq=%22coup+a+parti%22&source=bl&ots=bWe2l-Mevr&sig=eiCQI-cD7VTqr2SG4QqhzeA4KbE&hl=fr&sa=X&ei=NrvHU4HGLqir0QWhxIDgDg&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q=%22coup%20a%20parti%22&f=false

Il doit bien y avoir une raison… une règle grammaticale ou une nuance qui rend l'autre formulation rédhibitoire…
Lucky19 a écrit :En fait, le caractère choquant, pour ainsi dire, sur lequel je veux attirer l'attention est la différence de sens en fonction de l'emploi d'un auxiliaire ou de l'autre. Le rôle de la préposition est secondaire dans mon raisonnement. "Je suis tenu de" ne veut pas dire "j'ai tenu";
Dans "Je suis tenu de", on n'a pas un passé composé mais un vrai présent suivi d'un adjectif attribut (sous forme de participe passé). Je suis tenu de, je suis contraint de, je suis forcé à, je suis obligé de = je suis dans l'obligation de …
Bien sûr, tout cela n'empêche pas qu'on utilise "avoir" au passé composé : j'ai tenu, j'ai contraint, j'ai forcé, j'ai obligé …
Lucky19 a écrit : alors en est-il de même, abstraction faite de l'usage, entre "être convenu" et "avoir convenu" ?
Je ne crois pas, car il me semble bien sentir un passé composé dans "nous sommes convenus de" qui n'est pas exactement "nous sommes d'accord pour", mais bien "nous nous sommes mis d'accord pour". Je crois que "l'entêtement de l'Académie" est plus fondé sur un certain usage, conforté par l'auxiliaire requis pour le verbe racine "venir" (mais cette dernière raison est bien insuffisante en soi car il y a des exceptions).