Vallès, L’Enfant, chapitre 11 - J’ai été puni un jour…

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour j'ai un commentaire à faire sur ce texte:
J’ai été puni un jour : c’est, je crois, pour avoir roulé sous la poussée d’un grand, entre les jambesd’un petit pion qui passait par là, et qui est tombé derrière par-dessus tête ! Il s’est fait une bosse affreuse, et il a cassé une fiole qui était dans sa poche de côté ; c’est une topette de cognac dont il boit – en cachette, à petits coups, en tournant les yeux. On l’a vu : il semblait faire une prière, et il se frottait délicieusement l’estomac. – Je suis cause de la topette cassée, de la bosse qui gonfle… Le pion s’est fâché.
Il m’a mis aux arrêts ; – il m’a enfermé lui-même dans une étude vide, a tourné la clef, et me voilà seul entre les murailles sales, devant une carte de géographie qui a la jaunisse, et un grand tableau noir où il y a des ronds blancs et la binette du censeur.
Je vais d’un pupitre à l’autre : ils sont vides – on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé.
Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d’un lézard, une agate perdue.
Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je m’écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre :

ROBINSON CRUSOÉ

Il est nuit.
Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? – quelle heure est-il ?
Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent ; les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse : je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…
La faim me vient : j’ai très faim.
Vais-je être réduit à manger ces rats que j’entends dans la cale de l’étude ? Comment faire du feu ? J’ai soif aussi. Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des limons frais ! Justement j’adore la limonade !

Clic, clac ! on farfouille dans la serrure.
Est-ce Vendredi ? Sont-ce des sauvages ?

C’est le petit pion qui s’est souvenu, en se levant, qu’il m’avait oublié, et qui vient voir si j’ai été dévoré par les rats, ou si c’est moi qui les ai mangés.
Il a l’air un peu embarrassé, le pauvre homme ! –Il me retrouve gelé, moulu, les cheveux secs, la main fiévreuse ; il s’excuse de son mieux et m’entraîne dans sa chambre, où il me dit d’allumer un bon feu et de me réchauffer.
Il a du thon mariné dans une timbale « et peut-être bien une goutte de je ne sais quoi, par là, dans un coin, qu’un ami a laissée il y a deux mois. »
C’est une topette d’eau-de-vie, son péché mignon, sa marotte humide, son dada jaune.
Il est forcé de repartir, de rejoindre sa division. Il me laisse seul, seul avec du thon, – poisson d’Océan – la goutte, – salut du matelot – et du feu, – phare des naufragés.
Je me rejette dans le livre que j’avais caché entre ma chemise et ma peau, et je le dévore – avec un peu de thon, des larmes de cognac – devant la flamme de la cheminée.
Il me semble que je suis dans une cabine ou une cabane, et qu’il y a dix ans que j’ai quitté le collège ; j’ai peut-être les cheveux gris, en tout cas le teint hâlé. – Que sont devenus mes vieux parents ? Ils sont morts sans avoir eu la joie d’embrasser leur enfant perdu ? (C’était l’occasion pourtant, puisqu’ils ne l’embrassaient jamais auparavant.) Ô ma mère ! ma mère !
Je dis : « ô ma mère ! » sans y penser beaucoup, c’est pour faire comme dans les livres.
Mais malheureusement j'arrive pas du tout à m'en sortir.
Le seul début de plan que j'ai pu trouver est:
I) L'effacement des repères spatio temporels
(j'ai pas trouvé de sous partie)
II)La magie de l'identification
(je ne sais pas du tout d'où ça sort c'est une amie qui m'a donné ce titre et j'ai pas compris son explication)

Pouvez-vous me dire ce que vous en pendez et si c'est possible m'aider à étoffer ce plan.
Merci pour votre aide 🙂
Il ne faut surtout pas utiliser un plan tout fait, à plus forte raison un plan que tu ne comprends pas… Pour l'instant ne cherche pas de plan : essaie de comprendre le texte : qui parle ? Où est-il ? Pourquoi ? Quand ? Que se passe-t-il ? Qu'éprouve-t-il ?… Etudie la struture du texte, c'est-à-dire les différentes étapes, en te basant sur les indicateurs de temps comme "un jour", puis relève les champs lexicaux dans les différentes parties, les verbes employés, les types de phrase… Fais vraiment un travail sur le texte, documente-toi sur ce roman pour mieux comprendre la situation. Ensuite tu y verras plus clair et tu pourras alors te demander quelles parties et sous-parties choisir, ça sera bien plus facile. d'ailleurs si ça se trouve tu comprendras alors les titres qui t'ont été donnés par ton amie…
J'ai déjà commencé même bien avancé cette recherche mais il n'y a que le grand I que j'ai pu dégager.
C'est pour cela que je suis venue demander de l'aide ici. 🙂
Il faut nous le dire dans ce cas, pour que l'on sache où tu en es… Qu'as-tu trouvé pour le I alors ?
Bon, en II, qu'est-ce qui permet au narrateur d'oublier son état misérable ? Qui ou quoi ?… D'où cette "magie de l'identification" que l'on peut appeler tout simplement : "l'évasion".
Merci pour vos réponses.
Mais finalement après m'y être repenché, j'ai réussi à trouver ce plan:
I. Un épisode douloureux
1) L'enfermement
2) L'écoulement du temps qui génère l'angoisse
3) La douleur éprouvé

II. Les effets de la lecture
1) Effets positifs
2) 2 Univers et 2 destins qui fusionnent (Robinson/ Jacques)

Qu'en pensez-vous, vous paraît-il correct?
A première vue il a l'air intéressant…
Bonjour,

Je pense comme Ammy.
Ammy a écrit :A première vue il a l'air intéressant…
Et sur une seconde vue?
Pour un avis plus poussé, il faut voir ce que tu comptes développer exactement dans chaque partie !