Le problème de la création.

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voici ma question : en matière de création artistique, faut-il dissocier conception et exécution ? Faut-il défendre l'idée selon laquelle il existe une "oeuvre mentale" qui précède l'oeuvre réelle (le produit fini) ou l'idée d'une simultanéité de la conception et de l'exécution ? Pour appuyer les deux hypothèses (radicalement opposées), je dispose de deux exemples de "témoignages" d'auteurs (j'ai quelque répugnance à employer ce terme mais c'est le seul qui me vienne à l'esprit). Racine disait que le plus dur dans l'élaboration d'une tragédie était la mise en place de la structure, du "réceptacle" de ses vers ; la mise en vers était beaucoup plus aisée. La conception précède l'exécution proprement dite ; le plan précède l'écriture. Bernanos au contraire écrivait que l'écriture d'une oeuvre était comme la reviviscence d'un rêve, un tâtonnement permanent qu'aucune structure préalable n'est en mesure de circonscrire. Alors ?
Je n'attends nulle "réponse" au sens littéral du terme, juste des avis, des contradictions, des exemples. Ou bien, libre à vous d'envisager ma question sous un angle purement méthodologique. S'il me fallait placer ces deux thèses dans le cadre d'une dissertation, à laquelle me faudrait-il accorder la préférence ?
Merci de m'aider !
Une question toute bête : peut-on comparer d'un point de vue de la création littéraire deux esthétiques littéraires si éloignées, la première ne reposant pas sur une invention totale loin de là même si géniale, l'autre mettant en avant la spontanéité de la création, c'est-à-dire le génie !!!

Je crois que cela est discutable et demanderait recontextualisation…
tout d'abord merci de ton intervention, même si elle me donne l'impression que je me suis fait mal comprendre !
pour revenir sur ton propos, qui jugeait irrecevable ma première hypothèse sous prétexte qu'elle privait le génie de son caractère nécessairement spontané, je pense que ce serait une erreur de penser que génie rime avec spontanéité authentique. l'oeuvre géniale donne le sentiment de la spontanéité, ce qui ne signifie que dans les faits elle l'est ! je crois que c'est valéry qui disait que l'authenticité, la spontanéité se conquièrent au prix de douloureux efforts. les plus grandes oeuvres, qui témoignent du génie artistique, ne se sont pas faites en une nuit. Le premier jet est rarement celui qui sera retenu par l'auteur. et je doute que les monuments du génie littéraire soient sortis tout armés du crâne de leur génial créateur !

Pour clarifier mon propos initial, il s'agit d'opposer d'une part une hypothèse qui voudrait que l'oeuvre définitive soit précédée d'une "oeuvre mentale", d'autre part une hypothèse qui voudrait que conception et exécution soient des opérations rigoureusement contemporaines. C'est la première hypothèse qui semble te heurter, poilue. Et pourtant, elle n'est pas si incongrue. Qui te dit qu'une oeuvre que tu aurais lue et trouvée "géniale", follement "spontanée", n'est pas le pâle reflet de l'oeuvre mentale qu'aurait élaborée l'auteur ?
Mais, je n'ai jamais dit que je pensais que la création était avant tout génie spontané (ce qui serait totalement stupide), c'est ta paraphrase de Bernarnos qui induit cela, pas moi…

c'est une évidence que n'importe quelle oeuvre est le fruit d'un travail et pas que mental, un travail de notes, de reprises, de correction (cf. Flaubert, Proust et Céline)… heureusement que les perspectives romantiques en termes de critique générique ont été depassées…

mais tu opposes deux auteurs, donc je reprends les deux auteurs, c'est tout.

Pour clarifier mon propos initial, il s'agit d'opposer d'une part une hypothèse qui voudrait que l'œuvre définitive soit précédée d'une "œuvre mentale", d'autre part une hypothèse qui voudrait que conception et exécution soient des opérations rigoureusement contemporaines
j'avais bien compris, mais ceci peut tout simplement se résoudre en prenant deux esthétiques littéraires différentes… c'est pour cela que peut-être cette question demande recontextualisation d'un point de vue de l'histoire littéraire afin de ne pas opposer ou mettre en rapport des poétiques trop différentes…

mais si on réfléchit en terme plus général (si cela est faisable), il apparaît évident que malgré une projection mentale, ou même une construction rigoureuse, dans l'acte d'écrire tout n'est pas calculé sinon la littératue deviendrait une technique et serait reproductible à l'infini…