Bonjour à tous et à toutes !
Je vous explique le topo : je fais un exposé sur un passage du célèbre roman de Julien Gracq : Le Rivage des Syrtes, dans le cadre de mon cursus universitaire en deuxième année de Lettres modernes. Je ne viens pas du tout vous demander de faire l'exposé à ma place, comme j'ai vu bon nombre d'étudiants le faire, à la dernière minute. Je souhaiterais simplement avoir votre avis quant à l'interprétation d'un bout de phrase qui me paraît assez obscure.
Je vous mets ici le texte sur lequel je travaille, ainsi que l'élément qui me pose un petit problème :
J'ai établis un plan en trois parties, trois sous-parties (je vous épargne mes titres de sous-partie):
I-) Les figures de l'ombre.
II-) "Remise en route de l'Histoire" (Citation de Gracq).
III-) Des hommes porteurs de lumière.
L'élément souligné apparaîtrait dans la première partie, dans une sous-partie que j'ai consacré aux personnages de l'Histoire corrompus, avec quelques références au diable, "délivrez-nous du diable". Je souhaite démontrer que les personnages, ces traîtres que défend plus ou moins Aldo sont corrompus au sein même de leur corps, leur sang étant grignoté par une fièvre probablement causée par la frénésie engendrée par la fascination de la transgression, du monde merveilleux que promet le Farghestan, mais j'ai des doutes quant à cette interprétation qui m'apparaît quelque peu facile.
Auriez-vous une interprétation tout autre à me suggérer ? Qu'est-ce que cet élément évoque pour vous ?
Je vous explique le topo : je fais un exposé sur un passage du célèbre roman de Julien Gracq : Le Rivage des Syrtes, dans le cadre de mon cursus universitaire en deuxième année de Lettres modernes. Je ne viens pas du tout vous demander de faire l'exposé à ma place, comme j'ai vu bon nombre d'étudiants le faire, à la dernière minute. Je souhaiterais simplement avoir votre avis quant à l'interprétation d'un bout de phrase qui me paraît assez obscure.
Je vous mets ici le texte sur lequel je travaille, ainsi que l'élément qui me pose un petit problème :
"Quand le souvenir me ramène _ en soulevant pour un moment le voile de cauchemar qui monte pour moi du rougeoiement de ma patrie détruite_ à cette veille où tant de choses ont tenu en suspens, la fascination s’exerce encore de l’étonnante, de l’enivrante vitesse mentale qui semblait à ce moment pour moi brûler les secondes et les minutes, et la conviction toujours singulière pour un moment m’est rendu que la grâce m’a été dispensée_ ou plutôt sa caricature grimaçante_ de pénétrer le secret des instants qui révèlent à eux-mêmes les grands inspirés. Encore aujourd’hui, lorsque je cherche dans ma détestable histoire, à défaut d’une justification que tout me refuse, au moins un prétexte à ennoblir un malheur exemplaire, l’idée m’effleure parfois que l’histoire d’un peuple est jalonnée ça et là comme de pierres noires par quelques figures d’ombres, vouées à une exécration particulière, moins pour un excès dans la perfidie ou la trahison que par la faculté que le recul du temps semble leur donner, au contraire, de se fondre jusqu’à faire corps avec le malheur public ou l’acte irréparable qu’ils ont, semble-t-il, au-delà de ce qu’il est donné d’ordinaire à l’homme, dans l’imagination de tous entièrement et pleinement assumé. Envers ces figures vêtues d’ombre, dont le temps plus vite que pour d’autres érodes puissamment les contours et les singularités personnelle, la violence universelle du reniement nous avertit qu’il participe_ bien plus que du blâme civique incolore que dispensent sans chaleur les manuels d’histoire_ du caractère lancinant du remords, et qu’il ravive la plaie ouverte d’une complicité intimement ressentie ; c’est que la force qui repousse vers les marges de l’histoire, où la lumière tombe plus obliquement, ces figures hantées, est celle d’un malade assiégé de mauvais songes qui ressent, non comme une froide obligation morale, mais comme la morsure d’une fièvre qui mange son sang, le besoin de se délivrer du mal. De tels hommes n’ont peut-être été coupables que d’une docilité particulière à ce que tout un peuple, blême après coup d’avoir abandonné à eux sur le terrain l’arme du crime, refuse de s’avouer qu’il a pourtant un instant voulu à travers eux ; le recul spontané qui les isole dénonce moins leur infamie personnelle que la source multiforme de l’énergie qui les a transmués un instant en projectiles. Plus étroitement tissus à la substance même de tout un peuple que s’ils en étaient l’ombre projetée, ils sont vraiment ses âmes damnées ; la terreur à demi religieuse qui les fait plus grands que nature tient à la révélation, dont ils sont le véhicule, qu’à chaque instant un condensateur peut intervenir à travers lequel des millions de désirs épars et inavoués s’objectivent monstrueusement en volonté. Le regard qui traverse ces silhouettes se perd dans une profondeur où l’on craint de lire ; la fascination qu’elles exercent tient au soupçon qui nous vient que la communication privilégiée_ fût-ce pour le pire_ qui leur a été consentie les a haussés, pour quelques secondes qu’il valait la peine d’être, à une instance suprême de la vie : nous dansons comme un bouchon sur un océan de vagues folles qui à chaque instant nous dépassent, mais un instant du monde dans la pleine lumière de la conscience a abouti à eux_ un instant en eux l’angoisse éteinte du possible à fait la nuit_ le monde orageux de millions de charges éparses s’est déchargé en eux dans un immense éclair_ leur univers, refluant de toutes parts sur eux autour d’un passage où nous imaginons que la sécurité profonde se mêle inextricablement à l’angoisse, a été une seconde celui de la balle dans le canon de fusil."J'ai établis un plan, en m'appuyant sur les oeuvres critiques En lisant, en écrisant, les Lettrines 1&2 et La Littérature à l'estomac. Je suis arrivée à cette problématique : En quoi peut-on dire que la décadence d’Orsenna, dans le Rivage des Syrtes se fait Révélation au sens christique pour tout un peuple ?
Chapitre IX "Croisière".
J'ai établis un plan en trois parties, trois sous-parties (je vous épargne mes titres de sous-partie):
I-) Les figures de l'ombre.
II-) "Remise en route de l'Histoire" (Citation de Gracq).
III-) Des hommes porteurs de lumière.
L'élément souligné apparaîtrait dans la première partie, dans une sous-partie que j'ai consacré aux personnages de l'Histoire corrompus, avec quelques références au diable, "délivrez-nous du diable". Je souhaite démontrer que les personnages, ces traîtres que défend plus ou moins Aldo sont corrompus au sein même de leur corps, leur sang étant grignoté par une fièvre probablement causée par la frénésie engendrée par la fascination de la transgression, du monde merveilleux que promet le Farghestan, mais j'ai des doutes quant à cette interprétation qui m'apparaît quelque peu facile.
Auriez-vous une interprétation tout autre à me suggérer ? Qu'est-ce que cet élément évoque pour vous ?



