Bonjour,
Pour mon sujet d'histoire de l'art, j'ai dû chercher un texte de propagande.
J'ai trouvé le poème "ode à staline" de Paul Eluard.
J'ai beaucoup chercher sur le net, mais je ne sais pas quoi dire sur ce poème (état d'esprit de l'auteurn, procédés littéraires…), à par le contexte historique (guerre froide).
Pourriez-vous m'aider ?
Merci beaucoup
Ode à Staline (1950)
Staline dans le coeur des hommes
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d'un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes.
Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd'hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d'amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite
[…] Et Staline pour nous est présent pour demain
Staline dissipe aujourd’hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d’amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite […]
Staline dans le cœur des hommes est un homme
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir pour la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leur espoir sans bornes.
Voici ce que j'ai fait :
Ce poème a été écrit en 1950, par un Français, Paul Eulard.
A cette époque, le monde est marquée par la guerre froide : les Etats-Unis et l’URSS tentent de démontrer leur puissance au monde entier.
Eulard fait ici l’éloge de Staline, maître de l’URSS.
En France, le parti communiste regroupe un nombre plutôt important de personne.
Ce poème est en alexandrin, il y a une strophe qui revient, comme un "refrein".
Bonsoir, je ne sais pas vraiment en quoi consiste un devoir d'hida mais pour les procédés littéraires tu peux relever quelques figures du style qui montre qu'Eluard est dans l'optique de diviniser le "vojd" (anaphore, répétitions, métaphores) et qu'il participe au culte de sa personnalité.
Il faut en fait replacer le contexte historique.
Là, il serait bien que je donne quelques infos sur l'auteur (pourquoi il a fait ce poème…).
EDIT:
Que penze-vous de cela :
Ce poème a été écrit en 1950, par un Français, Paul Eluard.
Eluard est né en 1985 et est mort en 1952 (il a donc écrit ce poème en fin de vie). C’était un poète surréaliste.
Le surréalisme est un courant artistique apparu après la 1ere guerre mondiale. Il fait appel au rêve, à l’imagination, à la folie de chacun.
A cette époque, le monde est marqué par la guerre froide : les Etats-Unis et l’URSS tentent de démontrer leur puissance au monde entier, dans tous les domaines (économie, astronomie, militaire).
La France fait alors partie du Bloc Ouest, qui regroupe l’ensemble des pays alliés aux Etats-Unis (Europe de l’Ouest, Japon, Corée du Nord…).
En 1926, Paul adhère au partir communiste français. Il y est cependant exclu en 1933 à cause de ses idées prosoviétiques.
Le poète a donc toujours été convaincu des bienfaits du communisme staliniste.
On comprend alors mieux sa ferveur vis-à-vis du dirigeant de l’URSS dans ce poème..
Ce poème est en alexandrin (vers à 12 pieds) ; une strophe revient, comme un refrain.
Ce poème comporte des anaphores (« Et Staline » ; « Car »), des métaphores (« brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes »).
Savez-vous si cette oeuvre a été (beaucoup) diffusée ?
Et si oui, quel a été le sentiment vis-à-vis du poème ?
Pouvez-vous m'aider ?
Il en est cependant exclu en 1933 à cause de ses idées prosoviétiques.
Ou plus exactement à cause de divergences à propos du modèle soviétique.
Car le Parti Communiste Français était bien prosoviétique…
IL faut resituer le parti communiste français de l'époque concernée. Wikipédia parle d'un "parti bolchévique", de "révolutionnaires professionnels… formés à Moscou".
Un éloge d'un dirigeant étranger n''est pas un texte qui peut avoir une grande popularité de façon générale car il ne concerne pas beaucoup de personnes (et dans le cas précis il ne pouvait vraiment intéresser que les communistes de l'époque qui ont rejeté Eluard) . La seconde guerre mondiale a donné une image politique différente du poète qui s'est intégré à la Résistance avec Liberté . Il était évident qu'après la guerre et après la déstalinisation l'image engagée d'Eluard a été celle de son action politique la plus récente et par conséquent le poème sur Staline a été jeté aux oubliettes. Internet l'a fait resurgir.
Le poème n'est pas vraiment une réussite non plus. Parler de cerveau d'amour pour un dirigeant politique c'est risible. On voit la propagande à l'oeuvre.
Oh quand même, les communistes, même après la guerre, ont mis du temps à comprendre que le régime soviétique était un autre totalitarisme… Jorge Semprun l'a bien confessé. Et j'espère qu'on reconnaît aujourd'hui que des figures comme Eluard, Aragon ou Triolet ont eu aussi de gros moments d'égarement. Quelqu'un comme David Rousset a jeté un pavé dans la mare au début des années 50 quand il se mit à parler du Goulag après le procès Kravtchenko (en 1947).
En guise d'ouverture à la présentation du mauvais poème d'Eluard, mxm, tu peux renvoyer à l'épigramme critique et satirique à l'égard de Staline écrite par un autre poète, Ossip Mandelstam :
Le Montagnard du Kremlin (novembre 1933)
Nous vivons, sans sentir sous nos pieds le pays.
A dix pas, nos voix ne sont plus audibles.
Mais un demi-mot suffit
Pour évoquer le montagnard du Kremlin.
Le montagnard du Kremlin,
Le corrupteur des âmes, l'équarrisseur des paysans.
Ses doigts épais sont gras comme des vers,
Il assène ses mots comme des poids de cent kilos.
Il rit dans sa moustache de gros cafard,
Et ses bottes étincellent.
Un ramassis de chefs au cou mince l'entoure,
Il s'amuse des services des demi-humains.
L'un siffle, l'autre miaule, un troisième geint,
Lui seul frappe du poing, tutoie et tonne.
Il forge oukase sur oukase, en forgeron,
Atteignant tel à l'aine, tel à l'oeil, tel au front ou au sourcil.
Chaque exécution est un régal,
Dont se pourlèche l'Ossète au large poitrail.
Pour Aragon il y a un peu le même phénomène. Les poèmes engagés que l'on connait concernent la Résistance et non le poème qui chante les bienfaits du Guépéou . D'un côté il y a un poète comme Eluard qui voudrait être réintégré par les communistes, de l'autre Aragon qui ne quittera jamais les communistes et se taira très longtemps.lorsque les communistes seront mis face à la réalité des crimes de Staline. Il n'y a pas que quelques moments d'égarement chez Aragon mais une fidélité tenace et un aveuglement persistant.
bonjour, je dois présenter un travail sur Eluard. Je dois dire pourquoi selon moi, c'est un artiste exceptionnel, mais après avoir lu ce poème Ode à Staline, je ne sais plus quoi penser. Eluard était il vraiment conscient des vrais intentions de Staline ?
Bonjour Sandrine,
Les poètes sont des hommes et par conséquent ils ne sont pas parfaits. C'est peut-être un peu cliché ce que je dis là mais c'est pourtant la seule façon de le dire. Même si leur voix est mise à nu et qu'elle est entendue de tous, elle n'est pas la porte-parole de la vérité et de la justice. Tout ça pour dire que si Eluard a écrit une "Ode à Staline" (dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent), qu'il a mal jugé les événements qui lui étaient contemporains, cela ne remet pas en cause tout son travail. Comme les précédents post le disent, Eluard a su se positionner ensuite en tant qu'un poète de la Résistance avec des poèmes bien plus importants, marquants et beaux que cette Ode qui fait si peu Eluard. Je ne pense pas que cette Ode change quoi que ce soit si ce n'est qu'elle nous indique une erreur de jugement du poète vis-à-vis du régime soviétique, une erreur que d'ailleurs énormément de personnes ont faite.
Enfin, j'espère que ce poème ne te détournera pas d'Eluard.
Euphé.
La valeur d'un artiste ne se juge pas à son engagement politique (s'il est sincère).
La propagande communiste a subverti nombre d'auteurs qui ont fait un "bout de chemin" avec le Parti.
Aragon, Sartre, Camus, Vercors en font partie… Certains ont fermé les yeux, d'autres se sont éloignés…
L'Ode à Staline s'inscrit dans une période troublée de guerre froide. Le personnage restait auréolé de son opposition à Hitler…
Et un artiste s'égare toujours quand il écrit l'éloge d'un puissant de ce monde encore sur son trône.
Ce fut pire ensuite avec Mao…