Bonsoir à tous,
Etant en première ES, je passe cette année le bac de français. Le problème c'est que nous n'avons jamais fait d'écrit d'invention et qu'aimant beaucoup écrire, je trouve ça dommage que nous ne nous soyons pas entrainé à cet exercice. Je fais donc ça de mon côté et j'ai essayé de traiter un premier sujet sur la poésie. Pourriez-vous me donner votre avis ? Pour que je puisse savoir si par rapport à mon niveau, c'est trop risqué de prendre l'invention au bac.
Le sujet est : vous adressez une lettre à l'un des auteurs du corpus (j'ai choisi le dormeur du Val) qui lui dire que vous admirez son poème. Vous vous appuyez sur le poème. (c'est à peu près ça, je n'ai pas le sujet sous les yeux).
Je n'ai pas encore terminé mon invention, je voulais d'abord avoir un premier avis pour que vous me disiez si je fais n'importe quoi ou si je suis bien dans le sujet. Merci d'avance ! Le poème :
Monsieur Rimbaud,
Ces quelques mots ne sauraient suffire à décrire l’émotion que j’ai ressentie en lisant votre dernier recueil Poésies. Chacun de vos poèmes montre l’étendue de votre talent, mais c’est votre sonnet « Le Dormeur du Val » qui m’a vraiment touchée. C’est pourquoi je me devais de vous écrire afin de vous témoigner mon admiration. Comment, en effet, ne pas remarquer avec quelle finesse vous avez rendu votre texte lyrique, ou comment cette ambiguïté quant à l’état du soldat arrive à troubler votre lecteur ? Chaque mot semble choisi avec justesse, ce qui vous permet de dénoncer implicitement la guerre.
Un soleil luisant, une montagne fière, les personnifications de la nature donnent un certain lyrisme à votre texte. Le lecteur est, dès les premiers vers, emporté dans un tourbillon d’images. La rivière qui chante donne encore plus de crédibilité à ce lyrisme puisqu’elle rend le poème musical. Lorsque je le lis, un flot de notes résonne en moi, j’entends les arpèges d’une harpe faire écho à la rivière qui chante, et les alexandrins viennent rythmer cette mélodie. Pendant un bref moment, les deux quatrains m’ont fait imaginer ce soldat qui semble dormir paisiblement, réchauffé par la nature et bercé par la musique de l’eau. Cette description m’a donné, au départ, une impression de paix, de quiétude, ce qui a ensuite permis d’accentuer ma surprise lors de la lecture de votre dernier vers. C’est donc un travail très subtile et précis que vous avez accompli et je sens bien qu’aucun mot, aucune phrase n’ont été choisis au hasard.
Mais ce lyrisme, qui donne une dimension musicale à votre poème, n’est en vérité pas ce qui m’a le plus impressionnée, car la façon dont vous vous y prenez pour semer le doute dans nos esprits est davantage surprenant. Dans vos tercets principalement, vous n'utilisez que quelques indices, certes, mais qui sont suffisants pour nous mettre sur la piste. La lectrice attentive que je suis a pu remarquer assez rapidement les mots que vous avez glissés, comme « pâle » qui laisser présager la chute. Par ailleurs, la comparaison avec un enfant malade m’a interpelée et m’a fait frémir. Car c’est cette image qui m’a convaincue que le soldat ne dormait pas paisiblement, et qui, encore aujourd’hui, me fait frissonner. Cette ambiguïté donne une ambiance particulière à votre texte, pesante, qui se prête particulièrement bien au ton de votre poème.
Après il me restera un paragraphe et la conclusion. Qu'en pensez-vous ? (Ca peut vous paraitre court mais une fois que j'aurai terminé le texte je serai dans la taille attendue qui est de deux pages).
Etant en première ES, je passe cette année le bac de français. Le problème c'est que nous n'avons jamais fait d'écrit d'invention et qu'aimant beaucoup écrire, je trouve ça dommage que nous ne nous soyons pas entrainé à cet exercice. Je fais donc ça de mon côté et j'ai essayé de traiter un premier sujet sur la poésie. Pourriez-vous me donner votre avis ? Pour que je puisse savoir si par rapport à mon niveau, c'est trop risqué de prendre l'invention au bac.
Le sujet est : vous adressez une lettre à l'un des auteurs du corpus (j'ai choisi le dormeur du Val) qui lui dire que vous admirez son poème. Vous vous appuyez sur le poème. (c'est à peu près ça, je n'ai pas le sujet sous les yeux).
Je n'ai pas encore terminé mon invention, je voulais d'abord avoir un premier avis pour que vous me disiez si je fais n'importe quoi ou si je suis bien dans le sujet. Merci d'avance ! Le poème :
Le dormeur du valDébut de mon texte (bon je n'ai pas fait la présentation de la lettre je fais ça à la fin en général) :
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Monsieur Rimbaud,
Ces quelques mots ne sauraient suffire à décrire l’émotion que j’ai ressentie en lisant votre dernier recueil Poésies. Chacun de vos poèmes montre l’étendue de votre talent, mais c’est votre sonnet « Le Dormeur du Val » qui m’a vraiment touchée. C’est pourquoi je me devais de vous écrire afin de vous témoigner mon admiration. Comment, en effet, ne pas remarquer avec quelle finesse vous avez rendu votre texte lyrique, ou comment cette ambiguïté quant à l’état du soldat arrive à troubler votre lecteur ? Chaque mot semble choisi avec justesse, ce qui vous permet de dénoncer implicitement la guerre.
Un soleil luisant, une montagne fière, les personnifications de la nature donnent un certain lyrisme à votre texte. Le lecteur est, dès les premiers vers, emporté dans un tourbillon d’images. La rivière qui chante donne encore plus de crédibilité à ce lyrisme puisqu’elle rend le poème musical. Lorsque je le lis, un flot de notes résonne en moi, j’entends les arpèges d’une harpe faire écho à la rivière qui chante, et les alexandrins viennent rythmer cette mélodie. Pendant un bref moment, les deux quatrains m’ont fait imaginer ce soldat qui semble dormir paisiblement, réchauffé par la nature et bercé par la musique de l’eau. Cette description m’a donné, au départ, une impression de paix, de quiétude, ce qui a ensuite permis d’accentuer ma surprise lors de la lecture de votre dernier vers. C’est donc un travail très subtile et précis que vous avez accompli et je sens bien qu’aucun mot, aucune phrase n’ont été choisis au hasard.
Mais ce lyrisme, qui donne une dimension musicale à votre poème, n’est en vérité pas ce qui m’a le plus impressionnée, car la façon dont vous vous y prenez pour semer le doute dans nos esprits est davantage surprenant. Dans vos tercets principalement, vous n'utilisez que quelques indices, certes, mais qui sont suffisants pour nous mettre sur la piste. La lectrice attentive que je suis a pu remarquer assez rapidement les mots que vous avez glissés, comme « pâle » qui laisser présager la chute. Par ailleurs, la comparaison avec un enfant malade m’a interpelée et m’a fait frémir. Car c’est cette image qui m’a convaincue que le soldat ne dormait pas paisiblement, et qui, encore aujourd’hui, me fait frissonner. Cette ambiguïté donne une ambiance particulière à votre texte, pesante, qui se prête particulièrement bien au ton de votre poème.
Après il me restera un paragraphe et la conclusion. Qu'en pensez-vous ? (Ca peut vous paraitre court mais une fois que j'aurai terminé le texte je serai dans la taille attendue qui est de deux pages).



