Le théâtre, dont l’existence est un scandale, puisque le poète et les spectateurs usurpent le regard

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour,
je suis en deuxième année de licence de lettre moderne et j'ai une dissertation à faire sur Racine notamment sur Phèdre et Britannicus. mon sujet est

Analyser et discutez cette définition du théâtre pour Jean Starobinsky en vous appuyant sur des exemples précis tirés de Britannicus et Phédre
" le théâtre, dont l'existence est un scandale, puisque le poète et les spectateurs usurpent le regard surplombant du Juge et prétendent à leur tour dominer et juger"

jean starobinski, "Racine et la poétique du regard" (1954), repris dans l'œil vivant.

je me demande qui est le Juge dont parle Starobonski ici.
j'ai déjà trouvé quelques idées que je vais vous énumérer ici:

→ le théâtre n'est pas très bien perçut à cette époque car le spectateur et le poète en savent plus que le Juge (donc peut être les personnages eux même) et de ce fait ils peuvent forger leur opinion, s'enrichir et donc en ce fait domine.
importance du regard:
→ pièces de Racine faites pour être jouées et vues
→ personnages qui se voient et racontent ce qu'ils ont vu = faisceaux multiples de regards qui se croisent et s'entrecroisent
→ regard ramené dans des espaces clos comme le palais de Néron ou sur des espace plus ouvert comme la mer et le port
→ personnages s'affrontent sur un plateau de théâtre presque nu dont le vide "semble exister que pour être traverser par le regard" dit Starobonski
→ on voit et on se voit dans le théâtre de Racine
→ le regard est un vecteur de multiples passions tels que la haine, l'amour ou la souffrance, ce qui est au service de l'intensité tragique
→ Le juge pourrait aussi être le destin. Dans les pièces de Racine, le destin tragique est toujours présent, donc ça serait vraiment possible que ce soit ça. En plus, le destin est le juge de notre vie puisque c'est lui qui nous guide.

voila dans l'attente de vos réponse je vais creuser les idées, j'espère être dans la bonne voix
je vous remercie d'avance à très bientôt
Hello, réponse rapide :

Le "Juge" : le destin oui, c'est-à-dire - dans le contexte de l'époque - Dieu. Théâtre considéré comme une perversion en ce temps-là. Acteurs et actrices excommuniés et enterrés non religieusement. Légère exception pour Molière.
Bonjour,

Le Juge avec une majuscule ne peut désigner que Dieu qui domine et qui juge.
Il faut examiner cette formule dans un contexte janséniste d'un Dieu craint qui punit le pécheur, conception d'ailleurs condamnée par Rome.
Phèdre baigne dans cette aura du jugement, de ce regard accusateur qui pèse sur l'héroïne, de cette conscience intime chez elle de faire horreur à son père Minos…
Le regard ainsi porté sur le personnage est-il dominateur et inquisitorial quand on sait que Racine, à la suite d'Aristote, entendait fonder sa pièce sur la terreur et la pitié, qu'il affirmait que Phèdre "était ni tout à fait innocente, ni tout à fait coupable" ?