Interprète de conférence : LLCE, LEA

La filière littéraire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, et merci de porter attention à mon sujet

Voilà, j'ai passé l'année dernière un bac L que j'ai très bien réussi (mention tb) me destinant à une prépa AL car j'ai adoré la filière L au lycée. Sauf que voilà, mon truc à moi c'est les langues, donc sur un coup de tête j'ai refusé toutes les prépa qui m'avaient admis et me suis dirigée, mal renseignée sur une LEA. Gros choc : de l'économie, de la gestion, du droit, et seulement 2 langues; moi qui parle couramment l'anglais, l'arabe et l'italien qui gère très bien l'espagnol et qui fais ses premiers pas en allemand et en russe.
Du coup je ne sais plus quoi faire, j'aimerais intégrer l'ISIT en master d'interprète en sélectionnant l'anglais l'arabe et l'allemand. Mais comment ? LEA ne me plait pas du tout, le niveau en langue est plus bas que le mien, j'ai l'impression de régresser et pire de perdre mes autres langues que je ne pratique plus. LLCE c'est 70% d'une langue et seulement 30% d'une autre… même si je sais que les cours me passionneraient moi qui suis très portée culture, littérature, civilisation.

Qu'en pensez-vous ? Quel diplôme passer en 3 ans, afin d'intégrer l'ISIT avec l'anglais, l'arabe et l'allemand ?

Je vous remercie d'avance de vos réponses, qui me seront croyez moi d'une très grande aide.
Bonsoir,

LLCE allemand ou russe semblerait logique. En France ou à l'étranger bien sûr. Il existe aussi des cursus de traduction & interprétariat dès le niveau licence (à Genève par exemple, si vous voulez une université francophone ; mais vous n'êtes pas obligée d'inclure le français dans vos langues de formation).

Cordialement,
Bonjour,

Il me semble que si l'on vise l'interprétariat, c'est la parfaite maîtrise de trois langues (langues de travail dites A, B, C) qui importe et non la connaissance d'un grand nombre de langues (même si, sur le plan personnel, elle est tout à fait intéressante et valorisante).

Ainsi, sur le site de l'ESIT :
La langue A doit être une langue maternelle cultivée dans laquelle on possède une grande richesse de vocabulaire et que l'on sait manier avec précision et aisance.

La langue B se différencie de la langue A par un vocabulaire moins riche, une trace d'accent et une moindre élégance d'expression. Il faut cependant comprendre les nuances en langue B aussi bien qu'en langue A. L'interprète doit pouvoir, fût-ce moins parfaitement, tout exprimer en langue B. La langue B doit être un moyen d'expression rapide et précis.

La langue C doit être comprise de façon aussi complète et précise que les langues A et B mais les interprètes ne seront pas appelés à travailler activement en langue C. Toutefois, étant donné qu'on ne saurait comprendre parfaitement une langue que l'on ne parle pas, il est indispensable de savoir au moins s'exprimer de façon véhiculaire dans cette langue.

Le français et l'anglais sont obligatoires, en A, B ou C
Evidemment, ceci vaut pour une formation à l'interprétariat en France. Je ne connais pas les formations à l'étranger.

Par ailleurs, la connaissance du droit, de l'économie, des relations internationales, de la politique, de l'actualité sociale, financière, etc, est indispensable aux interprètes de conférence de haut niveau : comment traduire et interpréter ce que l'on ne connaît pas ? Les meilleurs interprètes n'ont pas fait uniquement des études d'interprétariat, me semble-t-il.

Voyez ce document, qui montre les coulisses du G20 et donne une idée du travail des interprètes lors de cet évènement :
https://www.elysee.fr/

Concernant votre formation initiale, celle qui vous permettrait d'intégrer une école d'interprétariat, voyez les conditions d'admission à l'ESIT, qui peuvent donner quelques pistes (et rappellent l'importance de séjours longs à l'étranger) :
Conditions d'admission


- licence ou diplôme équivalent, français ou étranger, quelle qu'en soit la spécialité
- maîtrise de deux, trois ou quatre langues ;
- séjour d'au moins 12 mois consécutifs dans un pays de la langue B ;
- séjour de 6 mois consécutifs dans un pays de chaque langue C fortement conseillé.
L'ISIT est en revanche un établissement que vous pouvez intégrer dès après le bac, ou bien en 2e année avec une L1, quelle que soit la spécialité (et par la suite aussi). Vous ne choisirez l'interprétation de conférence qu'après la validation de la 3e année à l'ISIT (ou bien une licence ou un master ailleurs) et la réussite aux tests d'admission et un séjour à l'étranger :
Conditions d'admission (interprétation de conférence)

- Avoir validé sa 3e année à l’ISIT et pour les autres candidats, être titulaire d’une Licence ou d’un Master, quel qu’en soit le domaine, ou d’un titre ou diplôme équivalent
- Avoir séjourné au moins 1 an dans un pays d’une des langues B ou C présentée
- Posséder une excellente maîtrise des langues présentées
Intuitivement, je dirais donc que si vous ne souhaitez pas rejoindre l'ISIT tout de suite (et c'est peut-être un bon calcul car la formation est coûteuse), une ou deux LLCE (est-ce possible d'en suivre une "à distance" et en examen terminal), dont une bonne partie effectuée à l'étranger seraient adaptées… Je sais aussi que certains ne viennent à l'interprétariat qu'après des études plus générales ou spécialisées dans un domaine (après un IEP, l'ENS, ou après des études de droit et/ou d'économie), pour les raisons que j'indiquais plus haut. La moyenne d'âge à l'ESIT dans la filière "interprétation" est élevée, paraît-il ; c'est une formation qui demande du temps (notamment celui que vous prendrez pour aller étudier à l'étranger), car ce qui importe, c'est bien le niveau que vous finissez par atteindre dans vos langues de travail (ainsi que la maîtrise d'un certain stress).

Mais je laisse ceux qui connaissent tout cela mieux que moi compléter…
Je rappelle qu'une nouvelle filière LLCE va ouvrir à la rentrée prochaine à Aix-en-Provence. Il s'agit d'une LLCE Trilangue (en plus du Français) où l'on choisit les langues de l'aire géographique qui nous intéresse. Je pense qu'une réorientation vers cette licence exigeante vous permettra ensuite d'intégrer soit une école de Traduction/Interprétariat soit un Master en langue. Je vous mets ma réponse sur un autre post à ce sujet et les liens vers les pages d'informations:



"Pour ces nouvelles licences à Aix, c'est normal que tu ne trouves pas. Apparemment, c'est tout nouveau pour la rentrée prochaine et ça correspond à la récente fusion entre les deux universités Aix-Marseille. Vu que c'est devenu une des premières universités de France au niveau de sa taille/capacité d'accueil, ils souhaitent concurrencer les autres grands pôles universitaires en proposant de nouvelles licences inédites, et plus au fait des souhaits des étudiants. Une bonne nouvelle, donc. (Par contre, ils se bougent pas pour le nombre de places en résidence universitaire…)

Tu trouveras ces informations sur le portail des recherches sur les formation d'admission post-Bac.

Pour la licence "LLCE trilangue" à Aix, ils en proposent 4 sur différentes aires géographiques (Asie, Amérique, Europe, Europe de l'Est et Moyen/Proche Orient). Egalement très intéressant. (A ce que j'en ai compris, il s'agit bien de 3 langues, en plus du Français.)"


https://formations.univ-amu.fr/ME3HLC.html
Le français et l'anglais sont obligatoires, en A, B ou C
Cette clause est particulièrement dommageable.

Bon, après, ce sont les compétences réelles plutôt que la mention du diplôme qui font la différence à mon avis… c'est un métier sur lequel on peut difficilement tricher.

Dès qu'on veut sortir un peu des sentiers battus (ce n'est pas obligatoire), il est bon de cultiver plusieurs langues d'une aire politique ou économique. Parmi mes connaissances (pas interprètes, mais qui se sont vus ou pourraient tout à fait se voir proposer des emplois non strictement littéraires) : russe-ukrainien-qazaq, russe-géorgien, japonais-coréen, persan-turc, allemand-tchèque… Je signale aussi que le bilinguisme français-néerlandais (et éventuellement anglais et/ou allemand) est assez recherché, et de plus en plus en dehors des frontières du Bénélux (la connaissance active du français se perdant chez les Flamands et plus encore chez les Néerlandais).
Ann,

Je suis moi-même interprète de conférence (pour nous, ce n'est pas de l'interprétariat, mais de l'interprétation) et je pense pouvoir te donner deux ou trois pistes.
Tout d'abord, je suis tout à fait d'accord avec Jeanne-Héloïse. Ses conseils sont tout à fait pertinents, tu peux tout à fait les suivre (répétition et emphase utilisées à dessein).
Comme elle le disait, c'est ton niveau en langues, au final, qui sera déterminant. Le reste, c'est de la littérature, si j'ose cette petite provocation sur un site littéraire…
Donc oui, prépa, LEA, LLCE, peu importe. Du moment que tu aies le niveau requis pour entrer dans une école d'interprétation. Je suis moi-même passé par une LEA, jusqu'à un master de traduction et je n'ai pas trouvé que cette formation était lacunaire (peut-être pas assez de civilisation, mais bon, on peut rattraper ça tout seul). Si tu estimes que le niveau est trop faible, ne laisse pas tomber tout de suite. Compense à l'extérieur. Écoute la radio, lis de la littérature, des journaux, des magazines, regarde des films, essaie de trouver des correspondants (avec Internet, c'est assez facile) et surtout, profite des accords de ta fac pour partir à l'étranger. Si le niveau est trop faible pour toi en LEA, je suis sûr que tu trouveras le temps pour toutes ces activités connexes. De plus, tu réussiras ton diplôme sans trop te forcer, ce qui est toujours positif pour son amour propre.
Maintenant, un petit bémol, concernant ta combinaison linguistique. Je ne vois pas la cohérence dans ton choix de l'anglais, de l'allemand et de l'arabe. Sache que pour un interprète, si ton arabe n'est pas une langue A, point de salut. C'est vrai pour l'ONU, mais aussi très largement pour le marché privé. Si ton arabe n'est qu'une langue passive, ça risque donc d'être difficile. Par ailleurs, l'apprentissage de l'arabe est long et ardu et il faut également réfléchir au temps (aux larmes, à la sueur) que tu auras investi pour finalement un rendement quasi-nul. À méditer.
Les langues en demande, elles sont multiples, mais il faut s'assurer d'une certaine cohérence dans sa combinaison. À ce sujet, tu peux lire mes autres posts à l'adresse suivante https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/18984-quelles-etudes-pour-devenir-interprete-p14.html

Voilà, si tu as d'autres questions, n'hésite pas (mais prends quand même le temps de lire mon lien)