Justifier le rapprochement entre quatre textes poétiques

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour
Je dois remettre dans quelques jours une question sur corpus qui porte sur la poésie. Je dois justifier le rapprochement entre ces 4 textes.
La bicyclette

Passant dans la rue un dimanche à six heures, soudain,

Au bout d’un corridor fermé de vitres en losange,

On voit un torrent de soleil qui roule entre des branches

Et se pulvérise à travers les feuilles d’un jardin,

Avec des éclats palpitants au milieu du pavage

Et des gouttes d’or — en suspens aux rayons d’un vélo.

C’est un grand vélo noir, de proportions parfaites,

Qui touche à peine au mur. Il a la grâce d’une bête

En éveil dans sa fixité calme : c’est un oiseau.

La rue est vide. Le jardin continue en silence

De déverser à flots ce feu vert et doré qui danse

Pieds nus, à petits pas légers sur le froid du carreau.

Parfois un chien aboie ainsi qu’aux abords d’un village.

On pense à des murs écroulés, à des bois, des étangs.

La bicyclette vibre alors, on dirait qu’elle entend.

Et voudrait-on s’en emparer, puisque rien ne l’entrave,

On devine qu’avant d’avoir effleuré le guidon

Éblouissant, on la verrait s’enlever d’un seul bond

À travers le vitrage à demi noyé qui chancelle,

Et lancer dans le feu du soir les grappes d’étincelles

Qui font à présent de ses roues deux astres en fusion
LXXXV - L'Horloge


Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"

Charles Baudelaire
C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

- C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

- O buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.
A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.
Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.
J'ai pensé faire plusieurs paragraphes :
-un sur la similtude et la différence des structures des poemes
-un second sur la façon dont le poete anime ses objets
-un autre sur le temps (le buffet : un temoin du temps qui passe et l'horloge : l'instrument qui fait défiler le temps)
-et enfin un autre sur le fait que ce sont des objets utilitaires.


Mais je doute car mon ^plan n'est pas tres pertinent à mon avis et de plus d'apres la problématique Justifier le rapprochement entre ces textes j'ai pensé faire un plan points communs-différence.
J'aimerais avoir vos avis. Merci .
Si l'on demande de définir des rapprochements, pour moi il s'agit d'étudier uniquement les ressemblances; laisse les différences de côté.
quant au plan, je ne crois pas que ce soit nécessaire, on te pose simplement une question sur un corpus de textes, il s'agit simplement d'y répondre le plus naturellement du monde, à ta place je listerais simplement les similitudes, dans un ordre préférentiel, à savoir plutot du plus flagrant au moins flagrant (ce qui ressort le plus vers ce qui ressort le moins)
exemple avec la similitude qui m'a frappé d'emblée : il s'agit d'une similitude "de thème" , la nature ; pour cela tu relèves les champs lexicaux dans les 4 textes; tu as en effet beaucoup de références à la nature.

Ensuite interroge toi sur les figures de style, dans un poème elles sont fréquentes, il s'agit par conséquent d'une question essentielle: quelle est la figure de style prédominante dans les 4 poèmes ? perso, je vois des personnifications qui sont présentes dans chaque texte; tu as la bicyclette qui vibre (texte 1), le plaisir qui fuit (texte 2), le buffet qui aimerait partager ses contes (texte 3), texte 4 avec l'"objet sympathique"
ensuite on peut essayer de voir les assonances et allitérations; ya-t-il des similitudes à ce niveau ? et qu'évoquent-elles ?
au niveaux de l'assonance, je trouve le "i" assez souvent (relève quelques mots dans chaque texte) , le "i" représente le cri, de joie le plus souvent.
du côté des allitérations, on trouve le "v" , qui évoque la légèreté (le vent) , la douceur, la fluidité
faire le lien ensuite avec le thème : (littéralement) la nature siffle de joie, autrement dit elle nous transporte, nous berce, c'est du moins ce qu'en ressentent les auteurs.
un dernier point que je constate : c'est la ponctuation, il y a en effet beaucoup de virgules dans chaque texte, mais il ne s'agit pas que de le dire mais d'expliciter la signification de ces virgules, eh bien c'est simple, elles marquent des pauses "non brutales" (contrairement au point), on a donc cette idée que les éléments s'enchainent paisiblement. la virgule traduit ici une forme de fluidité, de calme; un peu comme une rivière, tu vois, qui s'écoule; l'eau passe sans effort, elle n'est pas "brutalisée" ; dans la même idée, les phrases sont globalement assez longues.
donc tu vois, tu as déjà 4 idées de similitudes. il y en a surement d'autres
Bonjour,

Problématique donc : "L'âme des objets". Pense à la citation: "Objets inanimés, avez-vous donc une âme, etc."

OK pour objets plus ou moins quotidiens que je mettrais en 1 en me questionnant (avec la citation). Différences tout de même sur le traitement des objets (structure poétique qui correspond à leur fonction, dirais-je).

OK pour la personnification et autres figures de style (il y a de quoi faire !)

OK pour le temps, scandé par l'hologe + le temps qui dure (buffet) + le temps éphémère (cageot) + un dimanche. Objets soumis au temps comme l'être humain.

Devoir très riche et sujet intéressant mais je n'ai pas le temps de développer davantage. Je te donne mon premier sentiment.