Exposé sur la condition des Juifs après la Seconde Guerre mondiale

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Salut tout le monde ! Voilà, je suis en 3ième et je prépare un exposé sur la condition des juifs APRES la seconde guerre mondiale. Il faut que je me base sur un livre. Hélas je n'en trouve pas. Il faut absolument que ce livre raconte une histoire qui se déroule après la seconde guerre ! Pourriez vous m'indiquez des titres et auteurs qui correspondent à ma recherche, s'il vous plait ?
Merci d'avance 🙂
Regardez du côté de Primo Levi…
Merci beaucoup. Mais j'ai l'impression que ce livre parle surtout de la condition pendant la guerre, non ?
lolorigodelac a écrit :j'ai l'impression que ce livre parle surtout de la condition pendant la guerre, non ?
Primo Levi n'a pas écrit seulement Si c'est un homme… Il a aussi écrit une suite, La Trêve (le récit de son retour en Italie) - il a également écrit des essais, des poèmes, des articles…

Mais vous pouvez choisir L'impossible retour. Une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 d'Olivier Guez, paru en 2007.
Je conseillerais plutôt d'aller voir du côté d'Aharon Appelfeld et d'Elie Wiesel si lolorigodelac cherche des récits.
Tu peux aussi le programme du FDLP (front de libération de la Palestine) rédigé en 1975 qui fait un rappel historique de certains faits.
Polo a écrit :Je conseillerais plutôt d'aller voir du côté d'Aharon Appelfeld et d'Elie Wiesel si lolorigodelac cherche des récits.
Ces deux auteurs sont passionnants, toutefois les œuvres d'Appelfeld se déroulent avant ou pendant la seconde guerre il me semble - à vérifier, je n'ai pas tout lu. D'une manière générale choisir un auteur de la littérature dite de la Shoah n'est pas nécessairement le parti pris le plus pertinent (au moins parce qu'il est le plus attendu ou convenu) : on risque de ne pas sortir de l'expérience concentrationnaire, donc d'en rester à la seconde guerre mondiale (même si, j'imagine, l'exercice est aussi fait pour ça : devoir de mémoire et "deuil" impossible, il y a un avant et un après de la Shoah). Il peut être intéressant de choisir un auteur critique (comme pouvait l'être Hannah Arendt), et choisir une thématique orientée sur la formation et les problèmes de l'État d'Israël, qui divise les juifs - quoique le thème soit plus que difficile, en raison de la longue et tortueuse évolution du sionisme. Enfin, la condition des juifs en Europe après la guerre, c'est une question qui n'a pas fait l'objet de beaucoup d'ouvrages ou d'œuvres.
Ça dépend s'il recherche de la littérature ou pas, si c'est pour un exposé d'histoire. Il est en troisième quand même, les auteurs critiques lui paraitront sans doute difficiles, même s'il peut en effet aller voir les Ecrits juifs d'Arendt édités récemment. Mais ça suppose, il me semble, d'avoir en tête beaucoup d'autres problèmes (sionisme et ses multiples "branches", diaspora avec la Seconde Guerre Mondiale, assimilation ou non, juifs qui ne s'assument pas comme juifs etc.) que de nombreuses autres lectures permettraient de cerner plus facilement mais qu'un élève de troisième ne peut pas encore bien comprendre.
Pour Appelfeld, qui refuse le statut d'écrivain de la Shoah et n'a d'ailleurs que peu à voir avec l'expérience concentrationnaire, voir Le Temps des prodiges (2e partie), Le garçon qui voulait dormir (sur un gamin rescapé arrivant en Israël après la guerre et se confrontant à un autre monde juif) et L'héritage nu, un ensemble de conférences qui questionne justement la judéité et ce qui a basculé avec la Seconde Guerre Mondiale ainsi que la compréhension et la représentation de la Shoah dans la civilisation de l'après. Levi ne me paraît pas pertinent : au fond, il s'en fichait du monde juif et, bien que juif lui-même, d'autres questions le hantaient bien plus (la "zone grise" à la fin de sa vie) ; La Trêve me paraît être "fantaisiste", folklorique, je ne sais pas comment dire, disons que Levi avait envie d'écrire un vrai roman après l'épreuve de Si c'est un homme.
Polo a écrit :Il est en troisième quand même, les auteurs critiques lui paraîtront sans doute difficiles, même s'il peut en effet aller voir les Ecrits juifs d'Arendt édités récemment. Mais ça suppose, il me semble, d'avoir en tête beaucoup d'autres problèmes (sionisme et ses multiples "branches", diaspora avec la Seconde Guerre Mondiale, assimilation ou non, juifs qui ne s'assument pas comme juifs, etc.)
En effet. Mais un Avraham Burg me paraît accessible à un élève de 3e - pour Arendt, je la citais en exemple parmi les juifs critiques envers le sionisme et les risques d'un nationalisme israélien. Burg, très critique lui aussi, est moins polémique, a beaucoup d'humour, et surtout, il ne suppose pas un bagage conceptuel aussi affiné que celui de Arendt, qui reste difficilement compréhensible même pour les étudiants en philosophie.
Polo a écrit :Levi ne me paraît pas pertinent : au fond, il s'en fichait du monde juif
C'est en cela qu'il est justement pertinent, comme tant d'autres juifs sécularisés qu'on trouvait en Allemagne. Levi est un monument et un mystère d'objectivité.
Polo a écrit :La Trêve me paraît être "fantaisiste", folklorique, je ne sais pas comment dire, disons que Levi avait envie d'écrire un vrai roman après l'épreuve de Si c'est un homme.
Levi n'a jamais aimé l'autobiographie (telle qu'on l'entend communément) : ce n'est pas un subjectiviste. Après avoir écrit un "documentaire" (Si c'est un homme), il voulait une œuvre littéraire effectivement, mais pas comme un divertissement. La Trêve est une littérature du retour.
Après avoir écrit un "documentaire" (Si c'est un homme)
Il me semble que Si c'est un homme est l'envers de l'écrit documentaire - et la question de savoir s'il est possible de produire un écrit "documentaire" est elle-même assez problématique.

Il y a un effort dans l'ensemble de se livre pour ingérer, remâcher, reprendre, réintégrer, questionner, prendre un certain recul, etc. qui ne relève pas du document. Il s'échappe totalement du "fait", de toute volonté de "coller au réel", de laisser son écriture se poser sur le camp, sans y toucher. Au contraire, il y a une forme de torsion complexe, problématique, difficile, un effort je dirais - mais je parle sous la direction de Satan ici. Ce qui peut sembler, lu rapidement, comme une ethnographie du camp de concentration se révèle, je crois, en lisant plus précisément, comme une espèce d'explication, ou plutôt, d'expression trouble d'un "souvenir", d'un "vécu". Je n'irais pas, comme le ferais Agamben, jusqu'à trop souligner l'importance du "musulman" pour justifier ce que je dis, mais si tu as le passage en tête, je crois qu'il est un parfait exemple du fait que ce livre n'est en rien un documentaire, mais se heurte à un souvenir par les mots, tombe, avec l'écriture, sur des résistances, qui n'existeraient pas, ne se poseraient pas si il s'agissait d'un documentaire.
Merci beaucoup de vos réponses, je vais pousser dans ces directions. Effectivement, il n'y a pas beaucoup oeuvres datant d'après guerre. Mais je n'ai pas choisi le thème, et je ne peux pas m'orienter vers quelque chose de différent. Merci à vous tous.

PS : Je suis une fille ! 🙂