Lautréamont, poète romantique ?
19 réponses
Bonjour.
Ma question va être brève: peut-on considérer que Lautréamont est un poète romantique. Quelles sont les points communs entre le poète et le mouvement? Les points de divergence?
Merci beaucoup de vos informations 🙂
Personne? 😞
Bonjour,
Pour répondre rapidement, Lautréamont pourrait être considéré comme un poète romantique de la 2e génération, celle de la fin du XIXe siècle parce que
- c'est un poète maudit selon Verlaine,
- il se rattache au courant noir, gothique,
- il présente un mal être baudelairien,
- il est visionnaire, onirique,
- il se situe dans la provocation…
Mais il existe chez lui un humour, un sens de la dérision qui contredit certains des aspects cités précédemment, un peu à la manière de Laforgue ou de Cros…
Jean-Luc Steinmetz a montré que Lautréamont tient en effet du romantisme, et qu'il lui est lié par Baudelaire, Borel…
Baudelaire peut être considéré comme un romantique…? 😐
Grande question ! Baudelaire est en partie romantique, oui, mais il marque pour l'histoire littéraire classique la rupture entre romantisme et modernisme. La question est difficile à trancher, mais on peut dire qu'il est post-romantique (au sens historique et esthétique). Après, comme le dit le personnage de Sandoz dans L'OEuvre de Zola, tout le siècle baigne dans le romantisme, Zola lui-même.
Très bien, merci. Et sinon, il est mi romantique, mi…?
Bonjour,
J'ai un exposé de français à faire et je dois savoir comment Lautréamont s'est imposé comme un visionnaire de la fin du XIXème siècle..
Si vous pouvez m'aider ça serait super, sachant qu'il y a très peu d'informations à ce sujet sur internet !
Merci d'avance
Lautréamont est au fondement du "surréalisme". De toute façon, à partir du XIXe siècle, il est très difficile de mettre des auteurs dans un seul courant, il est plus pertinent de parler d'influence romantique ou d'inspiration romantique.
L'oeuvre de Lautréamont est de toute façon à part (comme peut l'être l'oeuvre de Rimbaud dans une certaine mesure).
Je ne considèrerais pas cet auteur comme relevant d'une "deuxième génération de romantisme" (qui mettez-vous d'ailleurs dans cette case?) puisque la seconde génération c'est plutôt celle de petits romantiques (desquels le personnage de Madame Bovary est en partie inspiré).
Par ailleurs, il a été dit que Baudelaire était romantique, dans le fil de cet échange, cette terminologie n'est pour lui non plus pas pertinente: le premier romantique (en poésie) étant Larmartine, comment peut-on rapprocher d'une manière cohérente ces deux auteurs?
J'aime bien ta petite faute de frappe "Larmartine"…
C'est vrai qu'on pleure beaucoup, dans ses poèmes ! 😉
Les pleurs n'ont pas la même couleur dans un poème romantique et dans un poème baudelairien, d'ailleurs.
On ne pleure pas chez Baudelaire.
Crois-tu?
Bien qu'ils soient vils, ils sont là dès le poème liminaire, ces pleurs.
fandixhuit a écrit :On ne pleure pas chez Baudelaire.
C'est très personnel, comme jugement… 🙄
Superbe redondance !
Si c'est mon opinion, je la partage, comme dirait Joseph Prudhomme, et tout jugement ne saurait être que personnel.
Cela dit, vous avez la parade : citez les vers de Baudelaire qui infirment cette conclusion.
Comme je l'ai dit, ils sont là dès "Au Lecteur"
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
Certes, c'est un constat sociétal, mais il ne s'en exclut pas.
Pour Baudelaire, les pleurs sont donc "vils".
Mais bon, on a tout à fait le droit de pleurer en lisant Baudelaire. Personnellement, il m'apporte dignité et courage qui, à mon avis, sacralisent (pardon pour le gros mot) son existence.
Les pleurs dont il est question ici ne sont pas les pleurnicheries romantiques, qui n'ont pas épargné Musset : J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir…
Ce sont les larmes de Pierre, que verse le pécheur repentant… ou non. Baudelaire semble dire que ces pleurs sont pure hypocrisie et n'expriment pas un véritable repentir.
D'où ma remarque sur le fait que les pleurs n'ont pas la même 'couleur' dans un poème romantique et un poème baudelairien. C'est le serpent qui se mange la queue, là.
La question était de savoir si l'on pleure ou pas chez Baudelaire.
D'où ma remarque sur le fait que les pleurs n'ont pas la même 'couleur' dans un poème romantique et un poème baudelairien.
Cette remarque m'a totalement échappé, excusez-m'en. J'en suis restée à
les pleurs sont bien là, qui semblait contredire fandixhuit.