Imparfait du subjonctif dans un texte de Koltès

Langue française

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Dans sa pièce "Dans la solitude des champs de coton", Koltès écrit :
Il aurait d'ailleurs fallu que l'obscurité fût plus épaisse encore, et que je ne puisse rien apercevoir de votre visage; alors j'aurais, peut-être, pu me tromper sur la légitimité de votre présence et de l'écart qui s'accommodât au vôtre; mais quelle obscurité serait assez épaisse pour pour vous faire paraître moins obscur qu'elle?
Je m'étonne du subjonctif présent coincé dans la même phrase entre deux imparfaits du subjonctif.

Patrice Pavis, dans son ouvrage sur le théâtre contemporain, explique que l'auteur a peut-être voulu éviter l'homophonie avec "puce". L'explication ne me semble pas convaincante : qui s'aventure dans l'imparfait du subjonctif doit s'attendre à ce type d'homophonie, c'est même l'une de ses caractéristiques.

J'aurais donc deux questions:
1) Comment interprétez-vous ce changement de temps dans la même phrase?
2) Est-il donc autorisé de changer ainsi de temps dans une même phrase? J'aurais en effet pensé qu'il fallait, une fois un choix fait, se tenir à la forme courante ou à la vieillotte.

Merci.
Il me semble pourtant que c'est la bonne raison.
Les formes de la troisième personne (fût, s'accommodât) n'ont rien d'incongru à l'oreille et ne sont homonymes que d'autres formes verbales.
Même en registre soutenu, l'on peut être vigilant quant aux homonymies parfois cocasses des autres personnes, et les éviter en usant du présent, puisqu'il est permis de l'utiliser.
Soit. Merci pour votre réponse. Je trouve néanmoins ces changements (imparf.+prés. +imparf.) au sein d'une même phrase un peu déroutants. J'aurais tendance à y chercher un sens.
Dans le cas présent, je ne pense pas qu'il faille y chercher un sens particulier.
Si le sens changeait, l'on n'aurait pas licence, dans le registre courant, d'employer le présent du subjonctif au lieu de l'imparfait du même mode.
Oui, bien sûr. Je ne pensais pas à un changement de sens dû à la grammaire en soi, mais dû à une intention particulière de l'auteur. Les raisons de ce basculement vers le subjonctif présent m'étonnent, et même me déçoivent un peu. Le texte de cette pièce est si dense, il traite entre autres de la peur. Alors, lorsque je me dis que l'auteur a reculé devant une "puce", je reste perplexe.

Pour ceux que cela intéresse, le passage se situe page 14 (Éditions de Minuit).