Je dois faire l'écriture d'invention,je ne sais pas comment démarrer, pouvez-vous m'aider et m'expliquer ? Merci d'avance.
Texte - Jean Anouilh, Antigone (1944), extrait.
Invention
Un metteur en scène s'adresse à l'ensemble de son équipe (acteurs, scénographe, costumiers, éclairagistes…) pour définir ses choix d'interprétation de l'extrait d'Antigone et donner ses consignes pour en faire, lors du spectacle, une grande scène d'affrontement.
Vous rédigerez son intervention
Texte - Jean Anouilh, Antigone (1944), extrait.
Invention
Un metteur en scène s'adresse à l'ensemble de son équipe (acteurs, scénographe, costumiers, éclairagistes…) pour définir ses choix d'interprétation de l'extrait d'Antigone et donner ses consignes pour en faire, lors du spectacle, une grande scène d'affrontement.
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Oedipe a eu deux fils, Etéocle et Polynice, ainsi que deux filles, Antigone et Ismène. A sa mort ses deux fils se sont entretués pour prendre le pouvoir. Leur oncle, Créon, refuse d'enterrer Polynice qu'il considère comme un traître. Antigone décide de lui rendre malgré tout les honneurs funèbres. Ismène tente de l'en dissuader.
ISMÈNE – Tu sais, j'ai bien pensé, Antigone.
ANTIGONE – Oui.
ISMÈNE – J'ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle.
ANTIGONE – Oui.
ISMÈNE – Nous ne pouvons pas.
ANTIGONE, après un silence, de sa petite voix. – Pourquoi ?
ISMÈNE – Il1 nous ferait mourir.
ANTIGONE – Bien sûr. A chacun son rôle. Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller enterrer notre frère. C'est comme cela que ç'a été distribué. Qu'est-ce que tu veux que nous y fassions ?
ISMÈNE – Je ne veux pas mourir.
ANTIGONE, doucement – Moi aussi j'aurais bien voulu ne pas mourir.
ISMÈNE – Écoute, j'ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l'aînée. Je réfléchis plus que toi. Toi, c'est ce qui te passe par la tête tout de suite, et tant pis si c'est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée. Je réfléchis.
ANTIGONE – II y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.
ISMÈNE – Si, Antigone. D'abord c'est horrible, bien sûr, et j'ai pitié moi aussi de mon frère, mais je comprends un peu notre oncle.
ANTIGONE – Moi je ne veux pas comprendre un peu.
ISMÈNE – II est le roi, il faut qu'il donne l'exemple.
ANTIGONE – Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l'exemple, moi… Ce qui lui passe par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l'entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou dans un trou. Et c'est bien fait pour elle. Elle n'avait qu'à ne pas désobéir !
ISMÈNE – Allez ! Allez !… Tes sourcils joints, ton regard droit devant toi et te voilà lancée sans écouter personne. Écoute-moi. J'ai raison plus souvent que toi.
ANTIGONE – Je ne veux pas avoir raison.
ISMÈNE – Essaie de comprendre au moins !
ANTIGONE – Comprendre… Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant.
l.1*il:créon



