Doit-on dire : "j'ai été agressé" ou "je me suis fait agresser". Merci.
J’ai été agressé / je me suis fait agresser
9 réponses
Les deux formulations sont correctes avec cette nuance, me semble-t-il, que la première insiste sur l'état, la seconde sur l'action.
Je ne vois aucune différence sémantique entre ces deux phrases. Ce ne sont pas des phrases descriptives, car on est forcément agressé par quelqu'un. Avec l'auxiliaire Être, elles indiquent toutes deux le résultat d'une action ; pas une action en soi comme avec l'auxiliaire Avoir. Celui-ci n'est qu'un indicateur de temps composé dans "J'ai été agressé".
Et ces phrases sont aussi à la voix passive, avec un complément d'agent implicite (par untel). Le patient de l'action (sujet) est donc privilégié par rapport à l'agent de cette action.
La deuxième phrase est simplement pronominale, le pronom conjoint "me" ne désignant toutefois rien de précis.
Je me suis fait agresser (passif) = J'ai été agressé par untel (passif)
= On m'a agressé (actif)
Et ces phrases sont aussi à la voix passive, avec un complément d'agent implicite (par untel). Le patient de l'action (sujet) est donc privilégié par rapport à l'agent de cette action.
La deuxième phrase est simplement pronominale, le pronom conjoint "me" ne désignant toutefois rien de précis.
Je me suis fait agresser (passif) = J'ai été agressé par untel (passif)
= On m'a agressé (actif)
A la réflexion et à la lecture des arguments de Spalding, il me semble que l'on saisit mieux la différence entre les deux constructions dans un exemple où le verbe a une valeur positive, par exemple :
Il a été soigné par un médecin vs Il s'est fait soigner par un médecin.
Dans la première phrase (construction passive), le sujet est "passif", il subit l'action, alors que, dans la seconde (construction pronominale), il est supposé "actif".
Il a été soigné par un médecin vs Il s'est fait soigner par un médecin.
Dans la première phrase (construction passive), le sujet est "passif", il subit l'action, alors que, dans la seconde (construction pronominale), il est supposé "actif".
Marc81 a écrit :Il a été soigné par un médecin vs Il s'est fait soigner par un médecin.Pour moi, ces deux phrases sont passives. En effet, dans un cas comme dans l'autre, le sujet "Il" est patient de l'action. Et l'agent de l'action "un médecin" est complément d'agent.
Dans la première phrase (construction passive), le sujet est "passif", il subit l'action, alors que, dans la seconde (construction pronominale), il est supposé "actif".
Certaines constructions pronominales sont également passives, comme l'a signalé Grevisse.
Voir cette analyse https://www.uni-stuttgart.de/lingrom/martin/pdf/csfetvp.pdf (intéressante quoique ardue).
Page 3 : "La CSF [construction pronominale se faire+infinitif ] partage donc certains traits avec les constructions actives, du moins lorsque sont impliqués des prédicats positifs."
Page 3 : "La CSF [construction pronominale se faire+infinitif ] partage donc certains traits avec les constructions actives, du moins lorsque sont impliqués des prédicats positifs."
À première vue, j'ai l'impression que l'autrice (féminin adéquat) de ce document envisage le point de vue sémantique. Grevisse traite pour sa part uniquement l'aspect syntaxique.
Cela dit, il faudrait que je lise ce travail d'un bout à l'autre. Pour le moment, je n'en ai pas le temps. À bientôt ! 😉
Cela dit, il faudrait que je lise ce travail d'un bout à l'autre. Pour le moment, je n'en ai pas le temps. À bientôt ! 😉
Se faire + infinitif est une construction hybride qui permet aux énonciateurs de véhiculer au moins deux sens supplémentaires par rapport au passif en être. Lorsqu’elle est employée avec un sujet animé au passé composé, l’énonciateur peut brouiller les rôles thématiques d’Agent et de Patient qui deviennent ainsi imbriqués et il peut attribuer un degré inhabituel d’agentivité à son sujet autrement « passif ». Ce nouveau mode agentif ou participatif du dit sujet distingue principalement la construction du passif canonique en(Candace Veecock-Boisédu, Université de Bordeaux)
être où le sujet animé se voit attribuer un degré d’implication qui dépasse le cadre d'une simple passivité.
L'article à charger ici https://www.linguistiquefrancaise.org/index.php?option=com_article&access=standard&Itemid=129&url=/articles/cmlf/pdf/2008/01/cmlf08103.pdf devrait vous intéresser.
Et il est plus facile à lire…
Merci Anne pour ce complément.



