Salut à tous! J´ai un sujet de dissertation mais je n´arrive pas à voir quel type de plan appliquer. Si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, ce me serait d´une aide précieuse, merci. Voici le sujet :
Quand vous abordez une œuvre, cherchez-vous plutôt la nouveauté et l’originalité ou appréciez-vous les œuvres qui s’inspirent des situations, de thèmes ou de personnages connus ?
Vous proposerez une réflexion organisée sur cette question en veillant à développer des arguments pertinents, soutenus par des exemples variés, empruntés à tous les domaines artistiques si vous le souhaitez et sans vous limiter aux textes du corpus"
J'ai pensé faire une première partie en disant qu'il faut prévilégier l'originalité et pourquoi =► arguments….
Et dans une deuxième partie, que les oeuvres s'inspirant de faits, personnages connus sont plus intéressants….
Bref thèse, antithèse, synthèse. Qu'en pensez-vous? Merci
Bonjour.
Alors voici mon sujet de dissertation : "Quand vous abordez une œuvre cherchez-vous plutôt la nouveauté et l'originalité ou appréciez-vous les œuvres qui s'inspirent de situations, de thèmes ou de personnages connus?"
J'ai pensé à reformuler ça de la façon suivante : "Que recherche-t-on lorsqu'on aborde une œuvre?" Mais il me semble que c'est trop "large" comme problématique.
Pour ce qui est du plan je sais qu'il faut absolument parler des réécritures. Donc j'ai fais une partie sur ça. J'ai fais un plan dialectique (thèse antithèse, synthèse)
I. Le nouveau
a)L'originalité, la découverte
b)la surprise
c) le refus du la monotonie
II. Situations, thèmes, personnages connus
a)un cadre réaliste rassurant
b)les réécritures
…
J'ai du mal avec les exemples. Si vous pouviez m'aider. Merci d'avance 🙂
Le sujet t'incite à t'interroger sur la fonction d'une œuvre littéraire.
Dans le I, tu peux parler du nouveau roman, qui brise clairement les codes du genre établis jusque-là (Rupture de la chronologie par exemple).
Tu peux effectivement axer ton II sur les réécritures, en trouvant trois exemples appartenant à celles-ci - crois-moi, il en existe bien assez. (: Pense aussi à des thèmes intemporels qui reviennent sans cesse : l'amour, la mort…
Quand à ton III, tu peux peut-être explorer la piste des réécritures qui intègrent une dimension nouvelle à l'œuvre originale, par exemple Antigone d'Anouilh par rapport à celle de Sophocle.
Ton sujet est très intéressant, et tu as de multiples possibilités pour l'exploiter 😀
Je pensais aussi à La cigale de Anouilh.
Pour la IIIème partie, je pense aussi à certaines oeuvres (en particulier les romans réalistes et naturalistes) qui s'inscrivent bien dans leur contexte, tout en s'en détachant : ainsi, l'oeuvre est vraisemblable mais pas réelle. Elle transfigure le réel. Par exemple dans le Père Goriot de Balzac, il y a une description précise de la capitale, de certains quartiers et de certaines rues, pour arriver jusqu'à la rue de la pension Vauquier, pension qui fait l'objet d'une longue description. Ainsi, le lecteur est plongé dans un univers qu'il connaît bien. Or, cette pension est une pure invention de Balzac. Ainsi il mélange la réalité à l'originalité. Dans le Rouge et le Noir de Stendhal, si le cadre est bien vraisemblable, Verrières, la petite ville (le village ?) d'où est originaire Julien Sorel, est une pure invention. On pourrait trouver des tas d'exemples de ce genre.
Je pense aussi à Thérèse Raquin, de Zola.
jeremy67 a écrit :Ainsi, le lecteur est plongé dans un univers qu'il connaît bien. Or, cette pension est une pure invention de Balzac.
Attention à ne pas glisser d'un concept à l'autre et à ne pas confondre fiction et originalité. Evaluer le degré de réalisme fait s'interroger sur le rapport de l'œuvre au monde, tandis qu'évaluer l'originalité fait s'interroger sur le rapport de l'œuvre avec d'autres œuvres (d'où la pertinence de la mention des réécritures).
Donc la 3eme partie qu'il a proposé n'est pas bonne?
L'Antigone d'Anouilh est aujourd'hui plus connue que celle de Sophocle. Cela prouve d'une certaine façon qu'il n'y a pas que les œuvres originales qui nous marquent. En effet, certains préfèreront l'originalité de l'histoire et des personnages tandis que d'autres s'intéresseront aux points de vues de différents auteurs. Mais la question qu'on peut alors se poser est la suivante: Qu'est ce que le lecteur recherche lorsqu'il aborde une œuvre? Bien sûr la nouveauté dans un livre est quelque chose d'appréciable. D'une part parce que le lecteur cherche à découvrir de nouvelles choses et d'une autre part parce que le lecteur cherche à être surpris et enfin il refuse la monotonie. Pourtant la réécriture peut non seulement, intégrer un cadre réaliste rassurant mais elle peut être agréable et tellement bien écrite qu'elle en devient une nouvelle histoire que beaucoup apprécient tout autant que de nouvelles œuvres. Cela permet également de créer une suite à l'œuvre originale. En effet, l'Antigone d'Anouilh, comme bien d'autres, intègre bien ces deux points de vue.
La découverte du nouveau donne une autre perspective d'action et de réflexion au lecteur. Cela permet bien sûr de découvrir de nouvelles choses comme des sentiments auxquels nous n'aurions jamais goûté ou des situations auxquelles nous n'aurions jamais pensé. Par exemple dans L'étranger de Camus nous sommes plongés dans un livre écrit à la première personne. Le narrateur nous fait part de ses sentiments qui sont pour le peu "étranges" et hors normes. Cela nous fait sans aucun doute entrer dans une nouvelle perspective de la vie à laquelle nous n'aurions sans doute jamais pensé. Cela nous aide ainsi à faire face à de nombreuses situations de la vie qui nous arriveront ou qui nous sont déjà arrivé mais aussi à aider les autres et à s'instruire.
Seulement n'étant pas habitué à certaines circonstances le lecteur peut être surpris et prendre du plaisir à cela. Il peut même chercher la surprise dans le livre qu'il lit. De cette façon on peut parler de Thérèse Raquin (Zola) et de la manière subite dont Thérèse et son amant décident de se débarrasser du mari de Thérèse qui les empêche de vivre ouvertement leur amour. Bien entendu le lecteur ne s'attend pas à une telle mesure prise par les deux amants car elle est en opposition au caractère doux et docile de Thérèse. Le lecteur est fatigué de lire les mêmes thèmes comme l'amour, la mort ou le temps qui passe.
Par ce désir de surprise le lecteur exprime une autre envie plus importante. C'est un autre point important à ne pas négliger; le lecteur refuse la monotonie qui lui rappelle souvent sa propre vie, ou tout simplement la réalité dont fréquemment il veut se détacher. Ce désir s'exprime non seulement chez le lecteur mais aussi chez les auteurs. En effet, marqués par le traumatisme de la seconde guerre mondiale, les écrivains ont remis en question les genres traditionnels. Est né ainsi un nouveau mouvement littéraire: Le nouveau Roman. On peut prendre pour exemple le roman de Marguerite Duras: Le ravissement de Lol V Stein; il brise clairement les codes du genre établit jusque-là. Le lecteur peut par exemple lire des livres d'aventures comme: Le comte de Monte-Christo de Dumas qui nous raconte les aventures d'Edmond Dantès qui va s'évader de la prison où ils l'ont emprisonné sans raison. Mais la monotonie peut également rappeler la littérature classique, où il y a des règles à respecter à défaut d'être censuré. Ainsi Tartuffe de Molière est une pièce de théâtre interdite dès sa première représentation. En effet, cela montre un emprisonnement dans un genre bien précis. Cela donne donc un sentiment de régression au lecteur qui se sent emprisonné dans un seul genre et qui voudrait en découvrir plus.
On peut toute fois essayer de faire disparaître ce sentiment de régression par la réécriture d'un texte. En effet, certaines histoires sont tellement connues qu'elles n'intéressent plus personne,ou presque. Nous pouvons, par le moyen des réécritures, redécouvrir aisément des mythes ou des contes. Effectivement, aujourd'hui l'Antigone d'Anouilh ou La cigale et la fourmi de La Fontaine sont plus connues que leur texte d'origine. Mais ils sont quand même rédigés dans un style traditionnel et familier ce qui rassure le lecteur qui ne serait pas attiré par le désir d'être surpris. La même idée de cadre rassurant -car familier- peut être reprise par des écrivains comme dans Le père Goriot de Balzac. Il y a une description précise de la capitale, de certains quartiers et de certaines rues, pour arriver jusqu'à la rue de la pension Vauquier (pension qui fait l'objet d'une longue description) Ainsi, le lecteur est plongé dans un univers qu'il connaît bien. Or, cette pension est une pure invention de Balzac. Les réécritures empruntent à peu près la même démarche en reprenant souvent les mêmes thèmes ou les mêmes personnages que leur prédécesseurs. On le voit notamment dans Les Stances à Marquise de Corneille, où Corneille reprend le thème du carpe diem de Ronsard dans Ode à Cassandre ou Sonnets pour Hélène.
Les nombreux succès des réécritures montrent qu'elles peuvent être agréables. Cela est dû à la prise de recule de l'auteur par rapport au texte originel et à sa possibilité d'interagir sur le cours des évènements dans celui-ci. Tout le monde connait les mythes (Œdipe, Antigone, etc.) mais il est intéressant de voir comment tel ou tel auteur perçoit le mythe. Dans Si tu t'imagines de Queneau, qui est une réécriture, dite légère -parodique-, d'un poème de Ronsard; Queneau arrive tout à fait à garder le thème du carpe diem en modernisant et en adaptant le poème à son époque en utilisant par exemple un vocabulaire familier.
C'est là que la réécriture peut devenir une suite logique. Une suite qui remet le poème au goût du jour pour ne pas qu'on l'oublie. Il peut aussi changer sa signification, encore une fois pour l'adapter à son époque. Par exemple dans La Cigale d'Anouilh, la morale est totalement changée. Les auteurs sont influencés par la situation politique et sociale de leur époque. La Fontaine dénonce les bourgeois égoïstes, tandis qu'Anouilh dénonce les artistes intéressés.
Cependant beaucoup de réécritures deviennent des œuvres indépendantes de leur exemple originel. On peut aisément prendre l'Antigone d'Anouilh comme exemple pour illustrer une parfaite réussite de cet art. Elle est aujourd'hui plus connue que la version originelle de Sophocle. Mais dans cette optique on peut aussi parler de la fable intitulée La cigale et la fourmi de La Fontaine. C'est une réécriture d'Esope mais elle est beaucoup plus connue que celle-ci. La fourmi et le hanneton d'Esope a également été reprit par Anouilh qui l'a modernisé et en a fait une toute autre version. Il est notable de voir que les morales et les significations des trois textes sont différentes. Ainsi que la façon dont ils sont écrits et dont ils sont présentés. Cela crée effectivement trois différents textes qui visiblement parlent de la même chose mais qui sont en tous points -à part les personnages qui sont repris quasiment dans tous- différents. Par ces exemples on prouve que les réécritures peuvent être des œuvres nouvelles et originales en faisant références à des situations, des genres ou des personnages connus.
Malgré le fait que le lecteur cherche de la nouveauté et du changement dans une œuvre il peut également apprécier cette nouveauté dans la réécriture d'un texte. Ainsi le lecteur peut trouver cette notion du nouveau dans une réécriture et en ce sens l'apprécier, la réécriture perd donc ce côté "copiage" et prend une autre dimension. Indépendante des textes d'origine la réécriture devient donc un genre à elle toute seule.
Voilà ce que j'ai fais. Pourriez-vous me dire si vous voyez des choses qui ne vont pas, ou des fautes d'orthographe svp? Désolé certains passages sont vraiment juste copié de vos réponses, mais j'ai trop trimé pour trouver des exemples…
Bah en cours souvent quand on parle d'Antigone, on parle de celle d'Anouilh.
Les romantiques ont aussi contribué un désir de nouveauté et d'originalité. Ils refusent de respecter les règles de la métrique classique. (ex. Les fameux Trimètres Romantique)
En ce sens, l'originalité d'une œuvre permet la liberté, car elle s'affranchit des contraintes qui pouvaient la faire reculer.
Un argument de plus !
Oui, enfin je pense que la direction de la dissertation ne va pas dans le sens de nouveauté " technique " , mais, comme le précise le sujet , " thématique " .
Freeze a écrit :Oui, enfin je pense que la direction de la dissertation ne va pas dans le sens de nouveauté " technique " , mais, comme le précise le sujet , " thématique " .
Peut-être que j'ai un peu mélangé les deux justement :s ..