Bonjour à tous,
j'aimerais savoir quelle différence y a-t-il entre une critique littéraire et un commentaire composé?
C'est assez urgent, merci de m'aider!
Pour moi un commentaire composé est une étude de texte : un relevé d'information, de citations, d'expressions, de mots, de procédés…que tu organise ensuite en plusieurs parties. Il s'agit de savoir ce que montre, ce que dit l'auteur du texte qui n'est pas explicitement visible (critique de la société, émotions personnelles, vision du monde…). C'est une sorte de décryptage…
Une critique littéraire c'est plutôt un avis. Un avis personnel, qui peut certes s'appuyer sur des éléments précis du texte, mais une critique est forcément de parti pris, totalement subjective.
On peut tous trouver la même chose dans un commentaire. Personne ne peut dire la même chose dans une critique.
Après, ce n'est que ce que je pense, et comme je ne suis pas une experte, il vaudrait mieux attendre une réponse peut-être plus pertinente, du moins autre que la mienne. en tout cas moi c'est ainsi que je comprends ces deux termes.
Merci de votre réponse!
C'est parfait!
Est-ce qu'on peut dire aussi que dans un commentaire composé on n'est donc jamais censé de parler des points négatifs alors que dans une critique littéraire on est plus libre à juger de l’œuvre?
Il me semble aussi qu'un commentaire composé n'est jamais fait sur une œuvre mais plutôt sur un extrait ou un texte, n'est-ce pas?
Merci d'avance!
A mon avis c'est vrai qu'il est difficile de faire un commentaire composé sur une oeuvre complête, voire impossible, tu as raison.
En ce qui concerne les points négatifs, tu ne peux en effet pas faire de jugement de valeur dans un commentaire composé. Le commentaire doit rendre compte de ce que l'auteur a écrit, de ce que lui pensait, même si tu n'es pas d'accord avec lui. Par contre la critique sert au contraire à donner ton point de vue, à condition qu'il soit pertinent et fondé.
Mais si c'est l'auteur lui même qui critique quelque chose dans son texte, tu dois en rendre compte dans ton commentaire.
J'espère que je suis claire dans mes explications… J'ai parfois tendance à m'embrouiller 😉
Un grand merci!
C'est parfait!
A bientôt 🙂
🙂
Contente d'avoir pu t'aider !
Un philosophe et critique littéraire allemand, Walter Benjamin, a défini ainsi la différence entre le critique et le commentateur (peu importe que son commentaire soit composé, linéaire ou plus libre) :
« Dans une oeuvre d'art, la critique cherche la teneur de vérité, le commentaire le contenu concret. Ce qui détermine le rapport entre les deux est cette loi fondamentale de toute oeuvre littéraire : plus la teneur de vérité est significative, plus son lien au contenu concret est discret et intime. Par conséquent, si les oeuvres qui se révèlent durables sont celles justement dont la vérité est plus profondément immergée dans leur contenu concret, au cours de cette durée les éléments réels frappent d'autant plus l'observateur qu'ils dépérissent dans le monde. Teneur de vérité et contenu concret, initialement unis, apparaissent donc, à mesure que l'oeuvre dure, comme toujours plus divergents, car, si le second reste toujours aussi caché, la première perce. Plus le temps passe, plus l'exégèse de ce qui dans l'oeuvre frappe et déconcerte, c'est-à-dire son contenu concret, devient pour tout critique ultérieur une condition préalable. On peut le comparer au paléographe devant un parchemin dont le texte pâli est recouvert par les traits d'un écrit plus visible qui se rapporte à lui. De même que le paléographe ne peut que commencer par lire ce dernier écrit, le critique ne peut que commencer par le commentaire. Et d'emblée il y puise un critère inappréciable de son jugement : alors seulement il peut poser la question critique fondamentale : l'apparence de la teneur de vérité tient-elle au contenu concret, ou la vie du contenu concret tient-elle à la teneur de vérité ? Car, en se dissociant dans l'oeuvre, ils décident de son immortalité. En ce sens l'histoire des oeuvres prépare leur critique et ainsi la distance historique en augmente la puissance. Si, en guise de métaphore, on compare l'oeuvre qui grandit à un bûcher enflammé, le commentateur se tient devant elle comme le chimiste, le critique comme l'alchimiste. Alors que pour celui-là bois et cendres restent les seuls objets de son analyse, pour celui-ci seule la flamme est une énigme, celle du vivant. Ainsi le critique s'interroge sur la vérité, dont la flamme vivante continue de brûler au-dessus des lourdes bûches du passé et de la cendre légère du vécu. » (début de son étude sur Les Affinités électives de Goethe)
C'est sans doute assez difficile à la première lecture, mais la distinction très subtile entre les deux activités, l'une précédant souvent l'autre, donne à penser.
Merci beaucoup cher Polo de cette réponse si juste et subtile!
Il est vrai que c'est un peu difficile mais je la lis et relis avec attention pour bien comprendre le sens! 🙂