Camus, La Chute - Tiens, la pluie tombe de nouveau…

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Ça fait 4 jour que je travail sur ce commentaire je dois le rendre demain et j'arrive pas développer mon premier axe:
I- La définition de l'homme moderne
II- Une stratégie argumentative
S'il vous plaît pouvez-vous m'aider pour mon grand I, merci beaucoup.
"Tiens, la pluie tombe de nouveau. Arrêtons nous, voulez-vous, sous ce porche. Bon. Où en étais-je ? Ah ! oui, l’honneur ! Eh bien, quand je retrouvai le souvenir de cette aventure, je compris ce qu’elle signifiait. En somme, mon rêve n’avait pas résisté à l’épreuve des faits. J’avais rêvé, cela était clair maintenant, d’être un homme complet, qui se serait fait respecter dans sa personne comme dans son métier. Moitié Cerdan, moitié de Gaulle, si vous voulez. Bref, je voulais dominer en toutes choses. C’est pourquoi je prenais des airs, je mettais mes coquetteries à montrer mon habileté physique plutôt que mes dons intellectuels. Mais, après avoir été frappé en public sans réagir, il ne m’était plus possible de caresser cette belle image de moi-même. Si j’avais été l’ami de la vérité et de l’intelligence que je prétendais être, que m’eût fait cette aventure déjà oubliée de ceux qui en avaient été les spectateurs ? À peine me serais-je accusé de m’être fâché pour rien, et aussi, étant fâché, de n’avoir pas su faire face aux conséquences de ma colère, faute de présence d’esprit. Au lieu de cela, je brûlais de prendre ma revanche, de frapper et de vaincre. Comme si mon véritable désir n’était pas d’être la créature la plus intelligente ou la plus généreuse de la terre, mais seulement de battre qui je voudrais, d’être le plus fort enfin, et de la façon la plus élémentaire. La vérité est que tout homme intelligent, vous le savez bien, rêve d’être un gangster et de régner sur la société par la seule violence. Comme ce n’est pas aussi facile que peut le faire croire la lecture des romans spécialisés, on s’en remet généralement à la politique et l’on court au parti le plus cruel. Qu’importe, n’est-ce pas, d’humilier son esprit si l’on arrive par là à dominer tout le monde ? Je découvrais en moi de doux rêves d’oppression."
Bonsoir,

Je ne sais pas si Camus entend nous donner une définition de l'homme moderne, mais le narrateur analyse très bien son modèle d'homme, le gangster :
- l'efficacité
- la préférence donnée à la force physique, à la violence
- la volonté de puissance…
L'homme applique son intelligence à dominer brutalement ses semblables.
Bonjour
je suis en première et j'ai du mal à réaliser des plans dans mes commentaires et lectures analytiques. L'une d'entre elles porte sur un extrait de "La Chute" de Camu. notre professeur étant absent nous devons continuer le texte seuls. Pourriez vous me conseillez sur un plan que je pourrais adopter ? j'avais pensé parler de la violence dans une première partie et du récit d'une prise de conscience en deuxième partie …
merci d'avance pour vos conseils
"Tiens, la pluie tombe de nouveau. Arrêtons-nous, voulez-vous, sous ce porche. Bon. Où en étais-je ? Ah ! oui, l’honneur ! Eh bien, quand je retrouvai le souvenir de cette aventure, je compris ce qu’elle signifiait. En somme, mon rêve n’avait pas résisté à l’épreuve des faits. J’avais rêvé, cela était clair maintenant, d’être un homme complet, qui se serait fait respecter dans sa personne comme dans son métier. Moitié Cerdan, moitié de Gaulle, si vous voulez. Bref, je voulais dominer en toutes choses. C’est pourquoi je prenais des airs, je mettais mes coquetteries à montrer mon habileté physique plutôt que mes dons intellectuels. Mais, après avoir été frappé en public sans réagir, il ne m’était plus possible de caresser cette belle image de moi-même. Si j’avais été l’ami de la vérité et de l’intelligence que je prétendais être, que m’eût fait cette aventure déjà oubliée de ceux qui en avaient été les spectateurs ? À peine me serais-je accusé de m’être fâché pour rien, et aussi, étant fâché, de n’avoir pas su faire face aux conséquences de ma colère, faute de présence d’esprit. Au lieu de cela, je brûlais de prendre ma revanche, de frapper et de vaincre. Comme si mon véritable désir n’était pas d’être la créature la plus intelligente ou la plus généreuse de la terre, mais seulement de battre qui je voudrais, d’être le plus fort enfin, et de la façon la plus élémentaire. La vérité est que tout homme intelligent, vous le savez bien, rêve d’être un gangster et de régner sur la société par la seule violence. Comme ce n’est pas aussi facile que peut le faire croire la lecture des romans spécialisés, on s’en remet généralement à la politique et l’on court au parti le plus cruel. Qu’importe, n’est-ce pas, d’humilier son esprit si l’on arrive par là à dominer tout le monde ? Je découvrais en moi de doux rêves d’oppression.

J’apprenais du moins que je n’étais du côté des coupables, des accusés, que dans la mesure exacte où leur faute ne me causait aucun dommage. Leur culpabilité me rendait éloquent parce que je n’en étais pas la victime. Quand j’étais menacé, je ne devenais pas seulement un juge à mon tour, mais plus encore : un maître irascible qui voulait, hors de toute loi, assommer le délinquant et le mettre à genoux. Après cela, mon cher compatriote, il est bien difficile de continuer sérieuse-ment à se croire une vocation de justice et le défenseur prédestiné de la veuve et de l’orphelin."

Albert Camus, LA CHUTE (1956)
je n'ai plus accès régulièrement à internet alors j'espère recevoir vos conseils rapidement 🙂
Extrait du site des Etudes camusiennes.
« Monologue dramatique » et « dialogue implicite », selon Camus, La Chute donne le vertige parce qu’on y est d’un bout à l’autre prisonnier de la parole de Clamence, sans savoir s’il récite son passé ou s’il mystifie son interlocuteur. Au vrai, quelle preuve avons-nous qu’il s’adresse à quelqu’un ? On ne trahit ni la lettre ni l’esprit du récit si on suppose que, enfermé dans sa solitude, il se contente d’imaginer le discours qu’il tiendrait s’il croisait un compagnon de fortune qui lui servirait de miroir. Au moins est-on sûr que son repentir n’est pas sincère : « juge-pénitent », Clamence ne confesse ses fautes que pour mieux persuader qu’elles sont celles de l’humanité entière. https://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/1956/01/26/la-chute-1956/