L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde et Le Portrait de Dorian Gray, des nouvelles gothiques

Littérature

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je voudrais savoir ce qui fait de "L'étrange cas du docteur Jekyll et M. Hyde" et de "The picture of Dorian Gray" des nouvelles gothiques. Si quelqu'un a une idée… 😞
Merci d'avance 🆒
Hum… Je pense que le mot gothique n'est pas vraiment le terme approprié pour ces deux œuvres…
Il est surtout question de fantastique je pense 😉
Elles ne sont pas 'gothiques'. Il y a des éléments dedans qui sont paranormales (plus le cas avec 'Jekyll and Hyde' que 'Dorian Gray'), mais ce sont des éléments qui sont moins naïfs et plus développés que les Frankenstein et les Dracula.

Dorian Gray et Jekyll and Hyde sont des nouvelles fin-de-sciècle. Ses histoires sont enfluencé par le psycho-analyse et l'intéresse en la nature humaine, qui est sombre et plus animal qu'on voudrai qu'elle soie, mais plus réaliste néanmoins que Frankenstein. Le mystère dans DG et J&H n'est pas si le personnage est humain ou non, c'est qu'est-ce qui se passe avec l'homme. Dans les romans gothiques, le mystère est plutôt le paranormale en soi. Les vampires, les fées, les secrets…

Ce n'est pas que les romans gothique ne découvrent pas 'l'homme' en sa nature, mais c'est plus naïf. C'était avant l'age de Darwin et alors l'humanité était encore mystérieuse et un produit de Dieu. L'idée de la vie éternelle et des créatures de l'autre monde comme les fées, etc. étaient encore réellement vivant. Après Darwin tout cela devenait invraisemblable. Il y avait encore des incidents (la dernière meutre d'une femme dite 'fée' [je ne rigole pas ici] ce passait en Irlande environ 1900 et son mari n'a pas été condamné parce qu'il pensait qu'il agît honêtement envers sa femme), mais le paranormale en soi devenait plus réaliste: il remplace les vampires par les choses plus symboliques (J&H) ou psycho-analytiques (DG: Satan dans la forme de Lord Henry (?), mais seulement une allusion à Faust de Goethe, pas le Satan dans le petit chien comme dans l'original). Il y a du danger et l'obscure dans DG, mais c'est moins le produit du mal en soi que le produit du choix propre d Mr Gray.
Bonjour,

Réponse un peu hors-sujet : le gothique est avant tout d'origine anglaise et rassemble des oeuvres (fin XVIIIe et début XIXe) qu'on pourrait qualifier de "noires" : clair-obscur, cimetières et revenants. Le fantastique est parfois implicite.

Un bon exemple de gothique : Horace Walpole et Le Château d'Otrante.

Et bien sûr, cette fois avec un fantastique souverain, Dracula, de Mary Shelley.

Je dirais que le gothique est avant tout anglais et l'on pourrait se demander pourquoi. Serait-ce les brumes de la lointaine Albion ?
Tu dois parler de Frankenstein pour Shelley et Dracula pour Stoker 😉

Le gothique a été repris en France, que ce soit par le vicomte d'Arlincourt ou les dramaturges post-révolutionnaires : Marsollier de Vivetières, Pixerécourt, La Martelière, Loaisel de Tréogate, Gabiot, Duval… Les Français ont bien perçu l'aspect visuel du registre gothique, qui constituera une partie du fond du mélodrame.
fandixhuit a écrit :Je dirais que le gothique est avant tout anglais et l'on pourrait se demander pourquoi. Serait-ce les brumes de la lointaine Albion ?
Et pour la musique gothique, les leaders sont majoritairement anglais, décidément ! 😀
fandixhuit a écrit :Je dirais que le gothique est avant tout anglais et l'on pourrait se demander pourquoi. Serait-ce les brumes de la lointaine Albion ?
Ca c'est vrai. Comme la littérature Victorienne est 19ième sciècle comme Hugo, mais avec des thèmes différentes.

Je dirais aussi que Dumas dans son Monte Cristo a tenté de faire quelque chose de gothique, bien que Dantès n'est pas assez mystérieux pour le livre d'être vraiment gothique. Mais il est une bonne example de l'héros Byronien (est-ce qu'on dit ça en français?) en français. Pour les autres personnages néanmoins. Josée Dayan a découvri ce côté du personnage dans sa dramatisation du livre.

Je ne sais pas pourquoi la littérature gothique est plutôt un mouvement anglais. Peut-être la reason se trouve dans le paranormale dans leur société. Depuis le Christianisme s'est installé sur le continent, les choses paranormales comme les fées, les esprits, et tout ça qui étaient là depuis les temps ancients (les Romains, mais aussi les Celtes et les peuples nordiques avaient toutes sortes de créatures de l'autre monde) devenaient des anges, des démons ou bien n'existaient plus. En Angleterre, ceci est passé, mais en modération. Pas toutes ces créatures ont disparu. Les fées, par examples, des créatures reliées aux déesses naturelles ou les nymphes de Pan, étaient encores vraiment 'vivantes' tout au cours du 19ième sciècle et encore maintenant il y a ceux qui croient en eux. Ce ne sont pas les fées comme la fée de Cendrillon. Bien sûr, ce ne veut pas dire qu'ils croient encore que les fées viennent pour 'posséder' leur bébé, comme dans le passé, mais ils croient en eux comme des créatures marants, rigolos, bonnes et innocentes. Des 'will-o' the whisp's, des étincelles qui seraient des esprit d'enfants morts qui essaient de faire perdre le chemins aux voyageurs, les hommes verts qui s'occupent des arbres et des jardins (affiliés aux trolles nordiques).

Je pense qu'il y avait plutôt un culture qui nourissait le paranormale. Sur le continent catholique, il n'y avait que Dieu, Satan, les anges et les saints. C'était tout. En Angleterre il y avait tout ça, mais le peuple encore croyait aux traditions celtiques. C'est cette combinaison, je pense, qui a assuré qu'il y avait une domaine plus obscure et dangereuse que l'enfer de Satan. On connaissait l'enfer (la place avec les démons et le feu), mais on ne connaissait pas le monde des fées et des esprits, parce que c'est bien le même monde, que nous peuplons, mais dans une autre dimension, c'était un monde parallèle. L'enfer était pour les motts, le monde des fées était pour les vivants. On ne devrait craindre l'enfer que quand on mourait. On pourrait rencontrer le monde des fées et des esprits là où on était: dans sa propre maison, jardin, ou quand on était allé faire une promenade. C'est plus dangereux et mystérieux.
Wikipédia anglais (plus que le wikipédia français) donne une bonne présentation de la "gothic fiction" et en particulier des archétypes. Pas question de fées ou de lutins comme on en trouve chez Shakespeare. Wikipédia fait une liste d'éléments caractéristiques : héroîne virginale au passé mystérieux, vieille femme bornée, servante stupide, tyran ou autre méchant, personnage religieux malfaisant souvent catholique, voyageur errant etc. Le décor est aussi essentiel et il est influencé par le goût de l'époque pour les ruines et l'architecture médiévale et religieuse qui offre caves sombres et souterrains.


Pour la réponse à la question posée, il faut je pense chercher les éléments du fantastique.
Tu as raison, Portia, il ne faut pas confondre merveilleux et gothique. Les fées et les lutins font partie du merveilleux folklorique et n'entrent pas dans le gothique. Ta liste montre bien à quel point le mélodrame a tiré ses types du "gothic novel".
76man a écrit :Tu dois parler de Frankenstein pour Shelley et Dracula pour Stoker 😉

Le gothique a été repris en France, que ce soit par le vicomte d'Arlincourt ou les dramaturges post-révolutionnaires : Marsollier de Vivetières, Pixerécourt, La Martelière, Loaisel de Tréogate, Gabiot, Duval… Les Français ont bien perçu l'aspect visuel du registre gothique, qui constituera une partie du fond du mélodrame.
Hello !

Allez, encore une étourderie de ma part… 🙄 Merci de me corriger.

J'ignorais tout à fait ces dramaturges post-révolutionnaires.
Portia a écrit :Wikipédia anglais (plus que le wikipédia français) donne une bonne présentation de la "gothic fiction" et en particulier des archétypes. Pas question de fées ou de lutins comme on en trouve chez Shakespeare. Wikipédia fait une liste d'éléments caractéristiques : héroîne virginale au passé mystérieux, vieille femme bornée, servante stupide, tyran ou autre méchant, personnage religieux malfaisant souvent catholique, voyageur errant etc. Le décor est aussi essentiel et il est influencé par le goût de l'époque pour les ruines et l'architecture médiévale et religieuse qui offre caves sombres et souterrains.


Pour la réponse à la question posée, il faut je pense chercher les éléments du fantastique.
Je ne parle pas des fées du Midsummer Night's Dream, je parle de la sensation du mal entre nous. Dans le roman gothique il y a toujouts un sens de malheur, du mal derrière la façade. Ce sens s'est développé du désir à écrire des histoires médiévales, avec toutes les choses paranormales qui se passent dans ces histoires, mais un peu plus réaliste… Comme Walpole a voulu le faire. Ceci a développé vers les choses que Wikipédia anglais liste, mais les jeunes femmes angéliques, les héros, les tirans, et tous les autres personnages là sont aussi présents en toute histoire. Il ne sont pas uniquement gothique.

Ce qui désigne une histoire 'gothique', c'est, dans la 18ième sciècle, les choses comme les esprits et les secrets sinistres. Dans la 19ième sciècle plutôt la menace générale du malheur, comme Emily Brontë le faisait et comme Dickens aussi.