Ancien français - Le Moniage Guillaume
58 réponses · Page 3 / 3
Quand je l'ai proposé, vous l'avez repoussé d'un pied négligent.
Sous réserve que l'examinateur sache que ce sens du mot s'est perpétué à l'époque moderne.
C'était une élégante façon de rejeter ma suggestion, je l'ai fort bien compris. D'où le petit jeu de synonymes qui a suivi et dont Jehan a sifflé la fin sans que nous ayons pu en épuiser tous les charmes.
Tenez, pour achever mon auto-critique, je vous dirai que jusqu'à présent, je rattachais intuitivement le mot "mue" dans le sens de "prison" au verbe musser, "cacher" : j'étais loin de la vérité.
Je dois dire que votre réaction me surprend extrêmement.
je vous répète que je trouvais votre suggestion très bonne.C'est la première fois que vous me le dites en ces termes !
Mais il reste à m'éclairer sur votre allusion aux universitaires.
…
J'ai compris ! Mais vous tirez une trop grande conclusion d'une fort petite chose.
Très judicieux, si l'examinateur sait ce qu'est une mue à l'époque moderne !J'en conclus que vous doutez fortement des connaissances de l'examinateur. Les jurys de licence sont formés de professeurs d'Université, c'est donc à eux que vous taillez ce costard comme on dit…
Je comprends aussi que ma suggestion n'est bonne qu'à cette expresse condition des compétences de l'examinateur et qu'en conclusion vous la rejetez comme farfelue et inutilisable.
Très judicieux, si l'examinateur sait ce qu'est une mue à l'époque moderne !J'ai compris de travers, soit. Quel est le bon sens ?
- très judicieux -> cela signifie que vous avez fait preuve de perspicacité, que votre jugement est sûr.
- si l'examinateur… - > trait d'humour faisant allusion à la rareté du mot sans l'intention de déprécier quiconque (il m'a fallu tout l'après-midi pour réaliser que j'avais commis un crime de lèse-faculté).
Bonjour, je travaille également sur le Moniage Guillaume, et si quelqu’un qui passe sur ce vieux post pourrait m’aider ce serait vraiment chouette 😀525 Et s’il me fierent, ne m’oserai vengier, Ne me ferai fors que merci proier. Mais par les sains que requierent paumier,Ains en seroit tous li ordenes brisiés, Se il me fierent, que jou nes face iriés. »=> Pour le vers 527, paumier = pèlerins et sains = signes, insignes ? J’éprouve vraiment des difficultés à comprendre la signification de ce vers…------------------------------------------ 540 C’est li abis qui tos les autres garde,Quant jou le porte au vent et à l’orage ;=> J’ai traduit " C’est l’habit qui préserve tous les autres, lorsque je le porte face au vent et à l’orage" mais ne faudrait-il mieux pas traduire par "me préserve de tous les autres …" ?-----------------------------------------« Non l’avrés, voir ! » ce li respont li abes, « Onques por chou ne commenciés bataille : 545 Por une seule vous en renderai quatre. »=> J’ai traduit par : "Vous ne l’aurez plus, vraiment", lui répond l’abbé,Pour ça vous ne commencez jamais la bataille :Pour une seule je vous en rendrai quatre." => Je pense qu’il y a un couac dans cette traduction, j’ai du mal à donner du sens aux deux derniers vers.------------------------------------------Voilà mes questions 😀 Si quelqu’un peut m’aider je lui serai vraiment très reconnaissant !
525 Et s’il me fierent, ne m’oserai vengier,
Ne me ferai fors que merci proier.
Mais par les sains que requierent paumier,
Ains en seroit tous li ordenes brisiés,
Se il me fierent, que jou nes face iriés. »
=> Pour le vers 527, paumier = pèlerins et sains = signes, insignes ? J’éprouve vraiment des difficultés à comprendre la signification de ce vers…
Qui les paumier peuvent-ils bien requerir ? Pas des insignes (seins) à coup sûr !
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540 C’est li abis qui tos les autres garde,
Quant jou le porte au vent et à l’orage ;
=> J’ai traduit " C’est l’habit qui préserve tous les autres, lorsque je le porte face au vent et à l’orage" mais ne faudrait-il mieux pas traduire par "me préserve de tous les autres …" ?
Ce vers se comprend d’après celui qui le précède : vous faites comme si les passages n’avaient pas de contexte…
Vers précédent :
Que ferai jou s’il me tolent ma cape ?
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« Non l’avrés, voir ! » ce li respont li abes,
« Onques por chou ne commenciés bataille :
545 Por une seule vous en renderai quatre. »
=> J’ai traduit par : "Vous ne l’aurez plus, vraiment", lui répond l’abbé,
Pour ça vous ne commencez jamais la bataille :
Pour une seule je vous en rendrai quatre."
=> Je pense qu’il y a un couac dans cette traduction, j’ai du mal à donner du sens aux deux derniers vers.
Pour comprendre non l’avrés, il faut se reporter au vers précédent.
Dans quel sens prenez-vous « bataille » ? Quel est le mode de comenciés ?
Le dernier vers se comprend d’après le contexte !!!! De quoi était-il question juste avant ?
Je suis revenu sur le texte à tête reposée, après une bonne nuit de sommeil, et en effet ces erreurs sont facilement évitables et corrigeables 😅
Néanmoins, je vous remercie grandement pour le temps que vous m’avez consacré 😄
Bonjour, Je dois traduire un extrait de cinquante vers et j’aurai besoin d’une petite aide. Voici les vers à traduire ainsi que la traduction que je propose pour chacun d’entre eux, j’aimerais avoir vos avis et corrections si possible, en sachant que certaines parties me paraissent très louches (notamment là où j’ai mis des points d’interrogation, le sens m’y échappe).Merci d’avance!!344 Guillaumes fu moines tout voirement,Guillaume fut véritablement moine, 345 Si prie Dieu et menu souventIl prie Dieu si souvent et à des intervalles si courts346 Que il le gart par son commandement.Qu’il [Dieu] le garde par son autorité347 Un jor avint, saciés certainement,Il arriva un jour, vous le savez (subj. à sachez-le ?) certainement,348 Que uns haus hom qui manoit la parentQu’un homme important qui séjournait dans les environs349 I vint mangier par esbanoiement.Y vint manger par divertissement.350 Li ceneliers le servi povrement ;Le cellérier le servit chichement ;351 Voi le Guillaumes, a poi d’ire ne fent,Guillaume le voit, peu s’en faut qu’il n’éclate de courroux,352 Au cenelier a dit par mautalent :Il dit au cellérier avec colère :353 « Aportés vin, li cors Dieu vous cravent,Apportez du vin, que Dieu vous abatte le corps,354 Char et viande et blanc pain de froment,De la viande et du pain blanc de froment,355 Tant c’on en ait assés a remanant !Autant qu’on en ait une grande abondance !356 Trop servent moine tos tans escarsement,Les moines servent toujours trop chichement,357 Mal ait li reule qui a moines apent,Malheur à la règle qui est propre aux moines,358 Car enfrun sont certes sour toute gent. »Car ils sont certes plus avares que toute personne. »359 Li ceneliers respont ireement :Le cellérier répond avec fureur :360 « Taisiés vous, dans, ne parlés folement !Taisez-vous, monsieur, ne parlez pas follement !361 On n’en feroit certes por vous noient.On ne ferait certes rien pour vous.362 Ne sont pas tout de vo contenement ;Ce n’est pas tout de votre conduite ;363 Vous mangiés plus que cinc bouvier sullent. »Vous mangez plus que cinq bouviers suants. »364 Od le Guillaumes, si li saut erraument,Guillaume l’entend, et se jette aussitôt sur lui,365 Les clés li taut tost et delivrement,(Lui) vole les clés vite et promptement,366 Cuert au celier, ne le fait mie lent,Court au cellier non lentement,367 Tant en aporte com li vient a talent,En apporte autant qu’il lui plait,368 Et le haut home en servi ricement.Et en servit vigoureusement l’homme important.369 Puis a parlé oiant tout hautementPuis il a parlé d’un ton élevé370 Au cenelier et a tout le couvent :Au cellérier et à tout le couvent :371 « Fil a putain, Dieus vous doinst mal torment !Fils de putain, que Dieu vous donne du malheur !372 De mon mangier parlés trop laidement.Vous parlez très outrageusement de mon repas.373 Or sai jou bien, vous me m’amés noient,Or je sais bien (que ?) vous ne m’aimez nullement,374 Quant devant moi parlés sifaitement.Quand vous parlez ainsi devant moi.375 Mais par cel Dieu ou li moie ame apent,Mais par ce Dieu à qui appartient mon âme,376 N’i a si cointe, tant soit de haute gent, Il n’est pas une personne, si brave, si importante soit-elle377 S’il en parole, ne le face dolent ;Qu’il ne fasse souffrir lorsqu’il s’adresse à elle ; (sujet=le cellérier?)378 Fil a putain, malvais gloton pullent, Fils de putain, malheureux bougre puant,379 Bien est honis hom qui a vous s’atent. »L’homme qui vous porte attention est bien honteux. »380 Li moine l’oent parler si ruistement,Les moines l’entendent parler si rudement,381 N’i a celui qui ne s’en espaent.Tous sans exception s’en épouvantent.382 Ensus de lui s’en fuient erraument,S’enfuient immédiatement loin de lui,383 L’abes meismes vausist estre a Clarvent,Même l’abbé eut voulu se trouver à Clarvent, ?384 Mais il parole au conte nequedent :Mais il s’adresse néanmoins au conte :385 « Sire, » dist il, « parlés plus doucement,« Seigneur », dit-il, parlez plus doucement,386 Tout somes frere cha dedens voirementNous sommes véritablement tous frères ici au dedans387 Ne vous corciés ne torblés por noient,Ne vous courroucez ni ne vous troublez en vain388 Que nous ferons tot vo commandement.Que nous ferons toute votre volonté. ?389 Vés nous tous ci devant vous en present,Voyez-nous tous devant vous à l’instant, ?390 Que del mesdit ferons l’amendement,Que de la calomnie nous ferons réparation, ?391 Et jou meismes, s’il vous vient a talent. »Et moi-même si vous le désirez »392 Od le Guillaumes, maintenant s’en repent.Guillaumes l’entend et s’en repent immédiatement.393 Lors respondi a l’abé simplement :Il répondit alors simplement à l’abbé :394 « Maistres, » dist il, « grans mercis vous en rench.« Maitre » dit-il, je vous en rends grande grâce.395 Jou li pardoins mout deboinairement ;Je le pardonne très débonnairement ;396 Se j’ai fait cose que li ordenes desfent,Si j’ai fait une chose que l’ordre défend,397 Bien en voel faire penitance griement. »Je veux bien en faire pénitence grièvement"
353 « Aportés vin, li cors Dieu vous craventApportez du vin, que Dieu vous abatte le corps,
Ici, li cors Dieu = le coeur/corps de Dieu = Dieu. Ici, que Dieu vous écrase.
https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Joseph_Anglade_-_Grammaire_%C3%A9l%C3%A9mentaire_de_l%27ancien_fran%C3%A7ais.djvu/189
Les deux mots sont très souvent associés, au point d’avoir formé le juron corbleu.
https://www.cnrtl.fr/definition/corbleuTrès présent dans toutes sortes d’imprécations :
E ! couars rois, li cors Dieu mal te face !
https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Langlois_-_Le_couronnement_de_Louis.djvu/346
Bonjour
Merci beaucoup pour votre réponse, je corrige ça tout de suite! Ce vers me posait en effet un problème au niveau du sens et j’y vois beaucoup plus clair à présent!
Puis-je vous demander si le reste de ma correction vous semble correct? J’ai vraiment du mal à comprendre le sens des vers 387 à 390 notamment.
Je vous remercie d’avance.