Licence de philosophie
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margotonmouton a écrit :Jeanne-Héloïse
Mais la détermination fait parfois des miracles.
Quelqu'un de passionné dans sa matière a autant de culture et de possibilités qui s'offrent à lui que quelqu'un qui le fait par obligation, sans être attiré par ce qu'il étudie. Bref, je crois que vous avez compris l'idée.
Qu'en dites-vous ?
Je dis que ça ne marche pas à tous les coups. Comme les miracles.
Je pense qu'un non passionné, méthodique
et intéressé par son objet d'étude (ce qui n'est pas équivalent à "passionné") peut aussi bien réussir. Sachant que tout cela peut varier au fil du temps, des expériences, des rencontres.
Je dis aussi que des études suivies avec passion à 20 ans peuvent devenir des regrets à 30 ou 40 ans. Je suis frappée d'entendre autant d'adultes dire "si j'avais su".
Le mieux serait sans doute de vous conseiller de faire un compromis. En ce sens , la double formation me semblait pertinente (mais elle peut se faire en deux temps, si vous ne le voulez pas dans l'immédiat).
Pour être plus concret, je me demande si, à Nanterre justement, il n'y a pas en plus la possibilité de se former en Arts du spectacle (mais là encore, ne cédez pas aveuglément à vos passions et "sécurisez" au maximum votre parcours).
Oui mais à Nanterre comme je vous disais, il y a beaucoup d'heures d'Histoire et de langues, même s'il y a un peu d'art du spectacle. Et étant donné que c'est une formation de 26 à 30h par semaine et que c'est à 30km de là ou je résiderai, c'est un peu trop pour moi.
Le compromis oui.. mais que c'est difficile. Si la L1 de philo ne me plaît pas, j'ai toujours la possibilité de changer ! Je m'en apercevrai avant 30 ou 40 ans je pense 🙂. 1 an de philo, ce n'est jamais perdu !
Pas de malentendu : je pense que des études de philosophie bien menées sont très formatrices. Mais comme d'autres vous l'ont dit ici, il faut trouver des garanties à ce parcours, parce qu'en tant que tel, il n'est pas suffisamment reconnu en France, il n'est pas assez sûr.
Comme toutes études bien menées.
Je suis d'accord, il y a des parcours qui offrent plus de garanties que d'autres. Mais certains domaines, et la philo n'en est qu'un parmi beaucoup d'autres, ne sont jamais sûrs. Il y a toujours des doutes à trouver du travail au bout, il n'y a jamais de certitudes. Alors il faut se préparer à ça, mais ne pas reculer devant ces incertitudes. Sinon, on ne se lance jamais où on opte pour quelque chose qui ne nous plaît pas. Ce sont les lois de notre jungle..
Imaginez juste un instant que tout le monde se rue vers les boulots "sûrs". Alors beaucoup de domaines disparaîtraient et je pense notamment à l'art. Si personne ne tente sa chance dans des métiers où il n'y a plus de garanties, ces métiers tomberont dans le néant et manqueront alors… Moi je pense qu'il faut se battre pour sauvegarder à tout prix ces métiers intellectuels, culturels et artistiques, pour qu'ils ne soient pas seulement réservés à une élite. Alors il faut bien se former pour ça.
Vous ai-je dit qu'il fallait renoncer à vos études de philosophie ? Tout abandonner et faire une école de commerce 😉 ? Je ne le crois pas.
Je crois, comme vous qu'il faut préserver ces parcours "culturels, artistiques" comme vous dites. Mais je pense que c'est aussi les défendre que d'aider ceux qui les choisissent, à en vivre un jour, au moins partiellement, et dignement.
Encore une fois, et comme nous ne pouvons pas réformer le système actuel, là tout de suite, à nous deux, je pense qu'il n'y a pas de honte à imaginer une stratégie (certains pensent qu'elle passe par une classe préparatoire comme Artz, d'autres par une double formation comme Varney…) qui puisse vous permettre d'accéder à cet objectif - vivre de ce qui vous plaît (la philosophie, le spectacle ?). C'est un bel objectif, qui mérite bien quelques sacrifices et quelques compromis, au moins pendant un temps.
Les objets de pensée de la philosophie ne sont pas eux-mêmes "philosophiques". Margotonmouton, je ne sais pas si ce qui est en question, c'est réellement les avantages et inconvénients de la classe prépa/ bi-licence/ licence de philo, ou l'image, peut-être un petit peu faussée, que tu te fais de ce qu'est étudier la philosophie 🙂 .
Ce n'est pas un domaine, mais plutôt une forme de réflexion, vide si elle demeure seulement spéculative, qui s'enrichit de tout ce qui n'est pas elle et qui lui fournit un contenu: l'histoire, les sciences, la politique, les langues, etc. Si tu ne t'intéresses pas, un minimum bien sûr, à ce que sont ces matières pour elles-mêmes, aux principes qui en régulent l'étude indépendamment de toute approche "philosophique", tu risques de toute façon de ne rien produire de fondé dans l'ordre de la pensée.
C'est pour cela que je te conseille de varier, en prépa ou en fac (peu importe), parce qu'il est de toute façon essentiel d'explorer des champs de savoir "autonomes" par rapport à l'activité philosophique avant de pouvoir en dire quelque chose de vrai, sinon de fécond. Rechigner un peu à cette idée, c'est bien normal l'année où l'on passe le bac, mais tu n'y couperas pas donc autant s'y mettre le plus tôt possible. En plus de te sécuriser, multiplier les perspectives est de toute façon une condition nécessaire à des études de philosophie bien menées, et à "philosopher" de manière un peu attrayante et crédible 😜 . En te centrant tout de suite sur Aristote et tous les autres dès la L1, tu risques de verser un peu trop vite dans les dérives spéculatives, avant même de disposer des assises théoriques qui constituent les objets sur lesquels tu vas penser (ce qui est irrespectueux 🙂 ), et de tourner assez vite à vide.
En très bref, faire seulement de la philosophie à 18 ans, c'est risqué, et ça risque de ne pas faire de bons philosophes 😂
Je rejoins Jeanne-Héloïse sur son propos (et même si je pense qu'il vaut mieux une classe préparatoire, la double filière constitue effectivement une solution, en tout cas, c'est probablement préférable à la seule philosophie et pour une question de sécurité comme l'écrit Varney et pour une question de formation intellectuelle, je suis absolument d'accord avec NE).
J'ajoute, par ailleurs, qu'il faut se méfier du fait de faire une année de L1 "pour voir". Je m'explique. On a tout à fait le droit de faire des essais, des tentatives (j'en suis convaincu pour changer régulièrement mon champ disciplinaire), et une année n'est jamais "perdue". Cela dit, passer de la L1 à la L2 n'est pas du tout impossible… Donc on peut se retrouver en L3 assez rapidement, sans forcément se poser des questions de fond, en se laissant porter. Sauf qu'à un moment, on ne peut plus se laisser porter, puisqu'il faut construire un projet professionnel. Et nous retombons dans les questions précédentes.
Le tout est donc de trouver un équilibre entre la légèreté (je ne donne aucun sens péjoratif à ce terme) et la passion qui vous conduisent et notre propos, un peu frileux, cynique… et réaliste.
Artz a écrit :Je rejoins Jeanne-Héloïse sur son propos (et même si je pense qu'il vaut mieux une classe préparatoire (…).
Vous m'étonnez beaucoup Artz 😀 !
Je vous rejoins entièrement Jeanne-Héloïse 🙂 Merci d'ailleurs de prendre ce temps pour me répondre.
NE
Ce n'est pas un domaine, mais plutôt une forme de réflexion, vide si elle demeure seulement spéculative, qui s'enrichit de tout ce qui n'est pas elle et qui lui fournit un contenu: l'histoire, les sciences, la politique, les langues, etc
C'est entièrement vrai et je suis peut-être aller trop vite dans mes avances sur ce qu'on peut nous enseigner en philosophie. Je n'ai pas encore un regard assez juste et aiguisée sur ce qu'est la philosophie, simplement un aperçu de terminale. Mais je sais que j'aime cet aperçu que j'en ai au point de vouloir approfondir. Je sais aussi ce que je n'aime pas et je suis peut-être un peu capricieuse sur ce que je ne veux pas faire, sur ce dont je veux me débarrasser au plus vite (les matières dans lesquelles je ne suis pas à l'aise).
Mais la philo est un domaine si vaste ! Comment faire pour "embrasser", toucher du doigt tout ce qu'elle comporte ?
Le cursus pluridisciplinaire, quel qu'il soit, me fournira des outils qu'il ne faut pas négliger et qui seront sans doute enrichissants pour la matière dans laquelle je décide de me spécialiser… Mais ils sont très nombreux.
Vous avez sans doute raison, je ne dois pas exclure trop vite ce qui peut être favorable et fermer trop étroitement mon regard, trop rapidement. Mais c'est difficile parce que j'ai à la fois une idée trop précise de ce que je veux faire (ma passion), soit une idée bien floue des métiers que je voudrais exercer.
faire seulement de la philosophie à 18 ans, c'est risqué, et ça risque de ne pas faire de bons philosophes lol
Je préfère bâtir une réflexion sur des connaissances bien fondées, c'est sur. Mais la licence de philosophie n'offre-t-elle pas la possibilité d'aller voir ailleurs ? D'explorer différents horizons ?
J'ose imaginer que l'enseignement en licence ne se limite pas à la philosophie.. et en regardant les programmes, les emplois du temps de certaines universités, on peut choisir différentes matières que la philo (histoire de l'art, langues vivantes, sociologie, histoire-géo à raison d'1h30/semaine). Serait-ce donc insuffisant ?
Jeanne Héloïse, vous avez l'art de la citation sélective ! Moi qui vous soutenais… 🙄
C'était pour rire ! 😉 - je souscris à votre propos, je pense avoir été claire sur ce sujet. (Merci de votre soutien. 🙂)
(arrivera-t-on à convaincre Margoton ?)
Dans un sens vous m'avez convaincu !!
Quels choix s'offrent maintenant à moi ? Philosophie - Lettres…
As-tu déjà au moins quelques idées de métiers qui te plairaient ? Ça peut être une bonne base…
Prenez connaissance de toute l'offre, de toutes les possibilités.
Pour ma part, c'est sur le principe (éviter la licence de philosophie seule) que je vous ai conseillée. Je pense que vous devriez demander conseil à ceux qui, plus âgés que vous, ont fait/font des études de philosophie (Artz, NE ?) ou l'enseignent (Varney) et ne vous privez pas d'élargir votre "enquête" au delà de ce forum… 🙂
Bonne chance 🙂
Dès la rentrée, je vais demander conseil à ma prof de philo. En attendant il y a les sites des universités mais ils ne me parlent pas beaucoup, moins que vous en tout cas.
Je me destine avant tout à être comédienne. L'école de théâtre est mon premier choix mais comme je ne suis pas sûr d'être prise, je préfère assurer mes arrières.
En passant par une université eh bien.. comme disait Spartacus au début de cette discussion, j'aurais le temps de réfléchir en 1 an, 2 ans, 3 ans de licence pour un métier précis. Parce que pour l'instant, je n'en ai aucune idée 😀
Mais cette discussion fut très constructive et me laisse de quoi réfléchir sur mon avenir d'étudiante !
Merci beaucoup
Margoton, la question se complique parce que vous avez en vue deux domaines particulièrement incertains (la comédie, et la philosophie) alors que la sagesse recommanderait d' "assurer ses arrières" en doublant l'une par une formation plus "sécurisante".
La fille d'une amie est devenue cantatrice, mais sa mère lui avait imposé de suivre des études autres (prépa commerciale en l'occurence), et l'unique comédien de la famille a fait HEC (pas jusqu'au bout) 😉. Ah non, une autre est scénariste, elle a intégré la FEMIS après une prépa littéraire (et des études de philosophie par la suite à l'université) ! On peut imaginer d'autres combinaisons, peut-être un peu moins sélectives…
En résumé, il est toutefois possible d'associer ces deux domaines si vous y tenez, mais alors je conseillerais de viser très haut, quitte à ne pas y arriver, car vous retomberez plus facilement sur vos pattes (des normaliens par exemple ont ce type de formation, mais nous retombons sur l'idée de la classe préparatoire, défendue par Artz).
Eh beh, il y a décidément de sacrés parcours dans votre famille et votre entourage. 😜
Je vous l'ai déjà dit : j'ai une quinzaine de neveux et nièces qui ont de 20 à 30 ans (tout ça parce que mon compagnon est d'une famille nombreuse). Si l'on élargit le cercle aux cousins plus éloignés, c'est… effrayant 🙂 (et ça peut-être lourd, en ce moment : 3 sont à Sciences Po avec le même nom - 1 master, 1 en 2e année, 1 en 1ère année, et en prépa, 3 aussi, mais pas le même nom !)
Edit : et il y a un biais - je ne mets ici que des exemples de littéraires qui ont bien "réussi" (pour les besoins du forum). C'est pourquoi vous avez cette impression de parcours "prestigieux" ou au moins "réussis", mais il y des parcours très variés (dans ma famille, et chez mes amis) évidemment.
Oui j'avoue 🙂.
Mais vous avez raison, cela m'encourage à aller loin dans mes études parce que je vais vous confier une chose : dans ma famille tout le monde préfère que je fasse des études avant mes écoles de théâtre.
La classe prépa je le sais, ce n'est pas pour moi mais une formation à l'université, si elle peut m'amener le plus loin possible, pourquoi pas.. C'est vrai que la plupart des comédiens ou artistes ont un solide bagage avant leur entrée à l'Ecole. Je vais revoir mes choix et peut-être ajouter des formations dans admission postbac tant que ce n'est pas trop tard 😀
C'est idiot mais maintenant que vs me donnez des exemples de vos proches et de leurs études, je repense à la licence Humanités de Nanterre…
L'important est que vous réfléchissiez bien à tout cela, sans vous jeter à corps perdu dans tous les domaines qui vous attirent spontanément. Les adultes (en partculier les parents) n'ont pas toujours tort 😉 .