La littérature est parfaitement inutile ; sa seule utilité est qu’elle aide à vivre.
17 réponses
Bonjour à tous,
Je suis un nouveau membre sur ce forum. Si je fais appelle à vous aujourd'hui c'est pour un devoir de français avec lequel j'ai particulièrement du mal. Nous avons en effet à rédiger l'introduction d'une dissertation pour cette semaine et je n'en ai jamais fait auparavant.
Le sujet de cette dissertation est : "La littérature est parfaitement inutile ; sa seule utilité est qu'elle aide à vivre." C'est une citation de Claude Roy.
Je tiens à souligner que j'ai d'ores et déjà travaillé longuement sur mon devoirs; j'ai une idée de plan mais qui reste cependant un peu vague :
1. La littérature peut en effet s’avérait être inutile pour vivre.
2. La littérature aide à vivre collectivement.
3. La littérature aide à vivre individuellement.
J'ai également quelques idées d’œuvres à inclure dans mon devoirs en fonction de mes arguments (ne réponds pas aux besoins primaires et vitaux, nous fait perdre du temps / historique du passé, instruit / apporte une paie, catharsis.. etc).
Mais j'aimerais si c'est possible que vous m'aiguillez un peu pour la rédaction de mon introduction. Je n'ai aucune idée de la phrase d'accroche qu'il faudrait - bien que je sache qu'il faut qu'elle soit extrêmement précise -, sur comment annoncer le plan, rédiger…
Je vous remercie infiniment de votre aide et vous souhaite une bonne journée,
D.B.S
Bonjour,
Je pense qu'il faut que tu t'attaches davantage au paradoxe de l'énoncé: d'un côté l'on te dit que la littérature ne sert absolument à rien (et le jugement est d'autant plus catégorique du fait de l'utilisation de l'adverbe "parfaitement"), de l'autre on t'indique son utilité, celle d'aider à vivre.
Et vivre, n'est-ce pas important, voire le plus important? Cela n'invite-t-il pas à renverser le sujet et à penser que la littérature est fondamentale puisqu'elle aide à vivre, et donc par là à mieux vivre, ce qui devrait être l'objectif premier de chaque homme? Qu'entendre alors par inutile (essaye de faire varier la question de l'utilité…il y a l'utilité sociale, commerciale, et bien d'autres encore…)
A partir de là tu devrais pouvoir modifier un peu ton plan, pour lui donner plus de mouvement.
Je te remercie d'avoir pris la peine de me répondre. J'avais peur de ne recevoir aucune réponse… J'en ai donc maintenant au moins une !
La nuance et la complexité du mot "inutile" m'avait justement posé problème. Je pense expliquer ce terme donc dans l'introduction mais j'ignore encore pour l'instant la définition que je pourrais lui associer.
Tu abordes justement un autre point qui m'agace : dois-je restée fidèle à l'intitulé du sujet et donc à "aide à vivre" ou dois-je aussi m'interroger sur le fait qu'elle aide à "mieux vivre" ? Voire à "survivre" ?
Merci encore pour ton temps,
DBS
(Et puis-je te demander, puisque tu es en Master, ce que tu comptes faire après comme profession ? Tu n'es nullement obligée de répondre bien sûr. Je comprendrais que ce soit indiscret.)
Le terme "inutile" est en effet complexe. On peut partir de la définition la plus basique: inutile = qui ne sert à rien. De là, l'on peut peut-être dire que la littérature n'a pas d'utilité pratique directe dans la vie: elle n'aide pas au commerce ni à l'industrie, par exemple. Ce sont des jugements très basiques et à approfondir et nuancer bien sûr, mais je pense malgré tout que cela est sous-entendu dans la première partie de ton sujet.
Quant au "elle aide à vivre", je pense que tu peux aller jusqu'au mieux vivre ou au survivre sans aucun problème. Aider à vivre, c'est surtout aider à mieux vivre, à supporter sa condition d'homme, ses éventuelles afflictions, en offrant un divertissement, un exemple etc. Il faut bien sûr t'interroger sur les modalités par lesquelles la littérature peut aider à vivre, mais il me semble que tu l'avais déjà senti.
Pour le reste, après mon master, je compte me diriger vers l'enseignement, si possible dans l'enseignement supérieur pour pouvoir poursuivre dans la "recherche".
Bon courage à toi!
Je vais suivre tes conseils et te remercie de nouveau sincèrement.
J'aimerais juste te demander si une idée de problématique te vient à l'esprit.
Penses-tu que celle-ci irait : "Quelles sont les réelles et différentes fonctions de la littérature ?"?
C'est la seule que j'ai trouvée mais je n'y adhère pas totalement. Cette problématique semble exclure le fait que la littérature ne pourrait pas ne pas avoir de fonctions justement. Et dans ce cas je ne répondrais qu'à la moitié du sujet.
Enfin, dernière question : me conseillerais-tu d'éviter les questions dans mon introduction, autres que la problématique ?
Je te souhaite une bonne continuation,
D.B.S
Tu pourrais, je pense, te contenter d'une problématique très simple, comme par exemple "A quoi sert (ou peut servir) la littérature?". Celle que tu proposes en est proche d'une certaine façon, mais, effectivement, elle suppose trop vite que la littérature a plusieurs fonctions. Là, tu te ménages la possibilité de répondre "à rien", même si je pense que ce n'est pas vers cela que t'oriente un tel sujet.
Quant aux questions, effectivement, j'éviterais. Fais une amorce simple, définis les termes de ton sujet, explicites-en les présupposés et les enjeux, donne ta problématique et ton plan, et cela suffira.
ton plan n'est pas mal mais saches que les sujets de dissertation impliques généralement ce que l'on appelle une antithèse( partie dans laquelle tu montres ou présentes les insuffisances de la pensée d'un auteur) et c'est le cas de ton sujet.Ainsi, tout ce que je peux faire pour toi c'est t'orienter par rapport au plan
Dans la première partie tu dois montrer que la littérature ne pourrait effectivement servir à rien en illustrant avec des citations telle que:<il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien>
Dans la deuxième partie tu dois montrer que la littérature peut servir à quelle à quelque chose.tu te sert de Victor Hugo dans le dernier jour d'un condamné par exemple.la littérature peut aider à améliorer la condition de l'Homme
Merci Shiva Sweet de ta réponse. Je vais garder ton exemple et ta citation qui pourront bien m'être utiles lorsqu'il me faudra rédiger le développement. Pour l'instant je n'ai que l'introduction à faire.
J'avais bien pensé faire une antithèse. Mais à la suite d'une thèse et d'une antithèse, il faudrait logiquement une synthèse. Or, mon professeur de français ne veut pas de cette méthode, qu'il juge trop "philosophique".
Merci de nouveau d'avoir perdu un peu de ton temps pour me répondre,
D.B.S
Je crois que ton sujet est une manière déguisée de te faire réfléchir sur l'utilité immédiate et différée de la littérature. Ce terme d'utilité renvoie en fait aux attentes explicites, implicites et en devenir du lecteur.
Doit-on attendre une "utilité" immédiate ? plaisir ? information ? connaissance ? réflexion ?
Sur le long terme, la vraie littérature forme le goût, enrichit l'expérience, donne la finesse de l'expression, les mots pour dire ce que l'on ressent, aide à l'analyse des états complexes, nous éduque à la beauté… Par l'imitation du réel, elle donne l'occasion de pénétrer d'autres consciences, de maîtriser une langue, d'accéder à une culture. Certains récits peuvent être qualifiés d'apprentissage… La littérature, du moins la vraie, contribue au raffinement de notre humanité, mais il faut lui laisser le temps d'agir par imprégnation.
si ton professeur ne veut pas d'une synthèse laisse tomber mais soit malin(e) et fait là à la conclusion.
A l'introduction, pour amener ton sujet défini simplement littérature, pour la problématique je pense que tu devrais te poser la question de savoir si elle ne peut servir à rien et pour le plan je t'en ai proposé un très simple.
j'espère que tu trouveras une solution à ton problème.bonne soirée
Merci Jean-Luc pour tes idées. Je n'avais en effet pas réfléchi sur le long et court terme.
Au risque d'en demander trop, aurais-tu également des idées pour ma première partie ? C'est à dire, en quoi la littérature est inutile ?
Shiva ; tu me dis de définir la littérature. Je pensais le faire dans ma première partie. Penses-tu qu'il faille mieux le faire dans l'introduction ?
Bonne soirée à tous les deux,
D.B.S
Pour te permettre de répondre toi-même à cette question, remplace le mot inutile par gratuite.
En quoi la littérature doit-elle être abordée gratuitement, c'est-à-dire sans attente particulière, sans idée préconçue ?
J'avoue que cette idée de gratuité me parait étrange dans le cadre du sujet mais pourquoi ne pas essayer.
Lorsque tu dis que la littérature doit être abordée sans idée préconçue, est-ce par exemple lorsque la littérature est source de distraction ? Mais le divertissement est en soit une utilité à mes yeux.
La littérature est inutile par exemple aux personnes illettrées (exemple, le Père Sorel dans le Rouge et le Noir de Stendhal). Je remplace. La littérature est "gratuite" aux personnes illettrées ?
Je crois avoir mal compris. Si cela t'ennuyait d'éclairer ma lanterne…
Reste simple.
Pourquoi lis-tu tel ou tel livre ? lecture imposée par un programme ? publicité ? distraction ?…
Nous avons des attentes et des contraintes.
Le plaisir de lire survient lorsque nos attentes sont satisfaites et que les contraintes sont dépassées. Lire devient alors plus gratuit, le plaisir (ou l'émotion esthétique) se suffit à lui-même pour tenter de nouvelles expériences…
Dire que la littérature est inutile à ceux qui ne savent pas lire ou aux personnes incultes est une fausse piste : pense aux enfants qui savourent les histoires que leur lisent les adultes…
Si tu ne te sens pas à l'aise avec cette idée de la gratuité, abandonne-là.
Je comprends mieux maintenant que tu as réfuté mon exemple. Mais plus que de m'aider j'ai l'impression que cela me perturbe davantage. Je suis intimement persuadée, voire convaincue que la littérature est parfaitement utile. Les arguments que j'ai trouvé pour ma première partie me semblent faux. J'essaye de remplacer "inutile" par "gratuite" mais le terme m'apparait comme abstrait, dans le sens où j'ai l'impression de passer outre la difficulté que m'impose le sujet.
Je ne dis pas que tes arguments sont faux, au contraire. Mais cela répondra-t-il aux attentes de mon professeur ? Pour un tout premier devoir j'aimerais autant resté dans la simplicité, même si c'est en contradiction avec mon perfectionnisme.
Le plan n'est pas imposé bien sur, mais après avoir proposé un thèse-antithèse-synthèse, il ne m'est resté que celui-ci ; travailler dans un premier temps l'inutilité, pour ensuite s'interroger sur l'utilité de la littérature sur la communauté puis sur l'individu, à chaque fois en tant que lecteur et écrivain. Cela me fait donc trois parties. Là où je me rends compte que ce plan est mauvais, c'est qu'il m'est impossible de trouver des sous parties.
Je tiens à préciser que c'est un devoirs de français et non de philosophie.
Je comprendrais que tout cela t'ennuie ; merci en tous les cas pour ton aide.
D.B.S
Revenons au point de départ.
Claude Roy énonce un paradoxe, une vérité ironique.
Voilà ce qu'il faut comprendre !
L'utilité de la littérature est une utilité supérieure qui ne peut être atteinte que dans la durée et sans la rechercher pour elle-même.
La littérature nous permet d'accéder à une culture, une connaissance de soi et du monde, par essence gratuite parce qu'elle ne vise pas un résultat immédiat. La littérature ne nous propose pas en principe des manuels. Elle est comme l'abeille qui butine librement pour élaborer son miel nourrissant, produit de l'environnement à sa disposition.
Nous lui assignons des utilités immédiates ce qui conditionne nos choix : formation, scolarité, snobisme, mode…
Mais le vrai lecteur en devenir doit retrouver une certaine gratuité dans le choix de ses lectures en se laissant guider par le principe de plaisir et un beau matin (c'est une formule) il se réveillera lecteur cultivé, critique, attentif, ayant besoin de la lecture pour vivre pleinement et consciemment…
Ce devoir fait appel à ta propre expérience. Tu dois être vraie.
Si je dois être vraie, l'inutilité n'est pas à traiter. Car même à court terme la littérature apporte, et ce même si l'on est forcé par une raison ou une autre à s'y abandonner.
Mais l'inutilité est à analyser, que je le veuille ou non. Ce n'est pas un devoir qui fait appel à ma propre expérience. Si c'était le cas il ne serait pas aussi conditionné, aussi formaté. Il y a bon nombre de règles que je dois prendre en compte. Certes je dois apporter ma "touche personnelle", mais je ne peux baser le devoir entier là dessus puisque on attend de moi que j'inscrive dans ma copie des choses précises.
Que ce serait aisé de dire ce qu'est pour moi la littérature. Mais on ne me demande pas d'être, seulement de paraitre, au grand damne d'Alceste !
Merci encore pour ta contribution et pour ton temps. J'utiliserai tes conseils et explications précieusement dans le développement de cette dissertation.
Sur ce bonne soirée,
D.B.S