Henri Michaux, Épreuves, exorcismes, La Lettre

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !

J'ai besoin de votre aide pour un commentaire sur Henri Michaux, "Épreuves Exorcistes" La Lettre.
Il me dit :
Commentez le poème en prose de Henri Michaux. Vous ferez ressortir les moyens que le poète met en oeuvre pour argumenter en même temps que vous définirez en vous appuyant sur ce poème ce que l'on entend par " poésie engagée"
J'ai donc ce plan simple :
  • Un poème à visée argumentatif
    a)
    b)
  • La fonction du poète engagé
    a)Susciter l'émotion, Dénoncer
    b)Transmettre la connaissance
Ce que j'aimerai savoir c'est quand il dise "les moyens mis en oeuvre pour argumenter" qu'est ce que je dois chercher ?


La Lettre :
Je vous écris d'un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l'ombre. Nous vivons depuis des années, nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Oh! Été empoisonné! Et depuis c'est jours le même jour, le jour au souvenir incrusté…

Le poisson pêché pense à l'eau tant qu'il le peut. Tant qu'il le peut, n'est-ce pas naturel? Au sommet d'une pente de montagne, on reçoit un coup de pique. C'est ensuite toute une vie qui change. Un instant enfonce la porte du Temple.

Nous nous consultons. Nous ne savons plus. Nous n'en savons pas plus l'une que l'autre. Celui-ci est affolé. Celui-là confondu. Tous sont désemparés. La calme n'est plus. La sagese ne dure pas le temps d'une inspiration. Dites-moi.

Qui ayant reçu trois flèches dans la joue se présentera d'un air dégagé?
La mort prit les uns. La prison, l'exil, la faim, la misère prirent les autres. Des grand sabres de frisson nous ont traversés, l'abject et le sournois ensuite nous ont traversés.

Qui sur notre sol reçoit encore le baiser de la joie jusqu'au fond du coeur?
L'union du moi et du vin est un poème. L'union du moi et de la femme est un poème. L'union du ciel et de la terre est un poème. Mais le poème que nous avons entendu a paralysé notre entendement.

Notre chant dans la peine trop grande n'a pu être proféré. L'art à la trace de jade s'arrête. les nuages passent, les nuages aux contours de roches, les nuages aux contours de pâeches, et nous, pareils à des nuages nous passons, bourrés des vaines puissances de la douleur.

On n'aime plus le jour. Il hurle. On n'aime plus la nuit, hautée des soucis. Mille voix pur s'enfoncer. Nulle voix pour s'appuyer. Notre peau se fatigue de notre pâle visage.

L'événement est grand. La nuit aussi est grand, mais que peut-elle? Mille astres de la nuit n'éclairent pas un seul lit. ceux qui savaient ne savent plus. Ils sautent avec le train, ils roulent avec la roue.

"Se garder soi dans le sien?" Vous n'y songez pas! La maison solitaire n'existe pas dans l'île aux perroquets. Dans la chute s'est montrée la scéleratesse. Le pur n'est pas pur.

Il montre son obstiné, son rancunier. Certains se manifestent dans les glapissements. D'autres se manifestent dans l'esquive.
Mais la grandeur ne se manifeste pas.

L'ardeur en secret, l'adieu à la vérité,le silence de la dalle, le cri du poignardé, l'ensemble du repos glacé et des sentiments qui brûlent a été notre ensemble, et la route du chien perplexe notre route.

Nous ne nous sommes pas reconnus dans le silence, nous ne nous sommes pas reconnus dans les hurlements, ni dans nos grotte, ni dans les gestes des étrangeres. Autour de nous la campagne est indifférente et le ciel sans intentions.
Nous nous sommes regardés dans le miroir de la mort.

Nous nous sommes regardés dans le miroir du sceau insulté, du sang qui coule, de l'élan décapité, dans le miroir charbonneux des avanies.
Nous sommes retournés aux sources glauques.
Cordialement.
Bonsoir,

Les moyens utilisés par le poète sont-ils rationnels ou émotionnels ?
Il s'agit pour lui plus de persuader que de convaincre.
Étudie les images, les alliances de mots, les évocations par association d'idées, les symboles.
Le poète produit des impressions plus que des idées.
D'accord merci je vois mieux mais je ne comprend pas ta phrase
Étudie les images, les alliances de mots, les évocations par association d'idées, les symboles.
Sinon je te remercie je vois mieux de quoi je vais parler.
Je te répondrais par un exemple : "pays du manteau et de l'ombre".
Cette formule est poétique parce qu'elle est fortement connotée et imprécise, elle est à la fois une image, un symbole qui cherche à évoquer une atmosphère particulière par une alliance de mots…
excusez moi mais je ne comprends pas l'image ''tour du pavillon en berne''si vous pouviez quelque peux m'eclairer sur le sujet. merci
Bonjour,

Il s'agit d'un drapeau en berne, c'est-à-dire hissé à moitié du mât qui le supporte, en signe de deuil.

A+
Je m'en excuse mais j'ai vraiment du mal avec le français et je vous remercie de l'aide que vous me fournissez 🙂.
J'ai décidé de finir par ma question préliminaire mais je bloque …
Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

Robert Desnos (État de veille, 1942)
Les dents serrées
Je hais. Ne me demandez pas ce que je hais
Il y a des mondes de mutisme entre les hommes
Et le ciel veule sur l’abîme, et le mépris
Des morts. Il y a des mots entrechoqués, des lèvres
Sans visage, se parjurant dans les ténèbres
Il y a l’air prostitué au mensonge, et la Voix
Souillant jusqu’au secret de l’âme
mais il y a
le feu sanglant, la soif rageuse d’être libre
il y a des millions de sourds les dents serrées
il y a le sang qui commence à peine à couler
il y a la haine et c’est assez pour espérer.
Aillant fait pas mal de recherche pour me débrouiller seul et en plus d'avoir acheter un annale bac et bien je ne trouve pas.J'ai une piste mais je suppose qu'elle n'est pas juste.

J'ai donc dans ce corpus, les deux poèmes ci-dessus, une peinture ("Le poète emprisonné 1957") et celui de Henri Michaux
La question est :
Quels moyens d'expression privilégie les poètes ?
J'ai réfléchie avec ce que j'avais déjà, j'ai pensé à la prose mais ce n'est pas le cas des deux autres textes et vu que j'essaye de faire une réponse plutôt général la prose n'est pas la solution à la question.
Il y a aussi la présence du Registre Lyrique mais je ne sais pas si c'est un moyen d'expression.

Enfaîte je n'arrive pas à saisir ces moyens d'expression, je n'arrive pas à les trouver et à les distinguer, j'ai une difficulté à analyser.
Si vous avez une astuce pour m'améliorer dans une analyse comme celle-ci je suis preneur !

Merci.