Dostoïevski, Crime et Châtiment - Raskolnikov fait un rêve effrayant…

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bon voila j'ai un commentaire à faire sur crime et chatiment, il s'agit du passage où raskolnikov se voit enfant avec son père et assiste a une scène terrifiante où une jument se fait tuer… je voulais savoir si je pouvais faire une partie sur la figure du père, une partie sur le rêve en lui même et baser ma problèmatique sur ce dernier(le rêve) car il me semble que ce rêve reflète la personnalité, l'inconscient de raskolnikov….cependant j'aurais besoin d'un peu d'aide, je me demande si je ne passe pas à côté d'un thème important ou tout simplement du texte…merci si vous avez étudié auparavant ce texte de m'aider!!!
BOnjour Fripouille,

Il faut que tu nous mettes le texte en ligne si tu veux de l'aide. Ce serait déjà un bon début !

😀
oui bon voilà le texte… il est très long, mais assez rapide à lire…

"Raskolnikov fait un rêve effrayant. Il se revoit enfant dans la petite ville qu’il habitait alors avec sa famille. Il a sept ans et se promène un soir de fête avec son père, aux portes de la ville, en pleine campagne. Le temps est gris, l’air étouffant, les lieux exactement pareils au souvenir qu’il en a gardé. Au contraire, il retrouve en songe plus d’un détail qui s’était effacé de sa mémoire. La petite ville apparaît tout entière, à découvert. Pas un seul arbre, pas même un saule blanc, aux environs ; au loin seulement, à l’horizon, aux confins du ciel, dirait-on, un petit bois fait une tache sombre.

À quelques pas du dernier jardin de la ville s’élève un cabaret, un grand cabaret, qui impressionnait toujours désagréablement l’enfant et l’effrayait même quand il passait par là en se promenant avec son père. Il était toujours plein d’une foule de gens qui braillaient, ricanaient, s’injuriaient et chantaient d’une façon si horrible avec des voix éraillées et se battaient si souvent. Autour du cabaret erraient toujours des ivrognes aux figures affreuses. Quand le garçonnet les rencontrait, il se serrait convulsivement contre son père et tremblait tout entier. Près du cabaret, un chemin de traverse toujours poussiéreux, et dont la poussière semblait si noire ! Il était sinueux ; à trois cents pas environ du cabaret, il obliquait à droite et contournait le cimetière.

Au milieu du cimetière s’élève une église de pierre à la coupole verte. L’enfant y allait deux fois par an avec son père et sa mère entendre célébrer la messe pour le repos de l’âme de sa grand’mère morte depuis longtemps et qu’il n’avait pas connue. À ces occasions, ils emportaient toujours sur un plat enveloppé d’une serviette le gâteau des morts où la croix était figurée par des raisins secs. Il aimait cette église, ses vieilles images saintes presque toutes sans cadres et aussi son vieux prêtre à la tête branlante. Près de la pierre tombale de sa grand’mère se trouvait une toute petite tombe, celle de son frère cadet, mort à six mois, qu’il n’avait pas connu non plus et dont il ne pouvait pas se souvenir. On lui avait seulement dit qu’il avait eu un petit frère et, chaque fois qu’il venait au cimetière, il se signait pieusement devant la petite tombe, puis s’inclinait avec respect et la baisait.

Voici maintenant son rêve. Il suit avec son père le chemin qui mène au cimetière ; ils passent devant le cabaret. Il tient son père par la main et y jette un regard effrayé. Or, un fait particulier attire son attention : il semble qu’il s’y passe une fête aujourd’hui. On y voit une foule de bourgeoises endimanchées, de paysannes avec leurs maris, puis tout un ramassis d’individus louches. Tous sont ivres et chantent des chansons ; devant la porte stationne une charrette des plus bizarres, une de ces énormes charrettes attelées généralement de lourds chevaux de trait et qui servent à transporter des marchandises et des fûts de vin. Raskolnikov aimait toujours contempler ces grandes bêtes à la longue crinière, aux jarrets épais, qui avancent d’un pas mesuré et tranquille et traînent sans fatigue de véritables montagnes (on dirait même au contraire qu’elles marchent mieux attelées à des chargements que libres). Mais, à présent, chose étrange, à cette lourde charrette est attelé un petit cheval rouan d’une maigreur pitoyable, une de ces rosses qu’il avait vues bien souvent tirer avec peine une haute charretée de bois ou de foin, que les paysans accablent de coups, allant jusqu’à les frapper en plein museau et sur les yeux quand les pauvres bêtes s’épuisent vainement à essayer de dégager le véhicule embourbé. Ce spectacle lui faisait toujours venir les larmes aux yeux quand il était enfant, et sa maman alors se hâtait de l’éloigner de la fenêtre.

Soudain, un grand tapage s’élève dans le cabaret. Il en sort, avec des cris, des chants, un tas de grands paysans avinés, en chemises bleues et rouges, la balalaïka à la main, la souquenille jetée négligemment sur l’épaule. « Montez, montez tous, crie un homme encore jeune, au cou épais, à la face charnue d’un rouge carotte. Je vous emmène tous, montez. » Ces paroles provoquent des exclamations et des rires.

– Une rosse pareille faire le chemin ?

– Mais il faut que tu aies perdu l’esprit, Mikolka, pour atteler une pauvre bête comme ça à cette charrette !

– Dites donc, les amis, elle a au moins vingt ans cette jument rouanne !

– Montez, j’emmène tout le monde ! se remet à crier Mikolka, en sautant le premier dans la charrette.

Il saisit les rênes et se dresse de toute sa taille sur le siège.

– Le cheval bai est parti tantôt avec Mathieu, crie-t-il de sa place, et cette jument-là, les amis, est un vrai crève-cœur pour moi. J’ai envie de l’abattre, parole d’honneur, elle n’est même pas capable de gagner sa nourriture. Montez, vous dis-je. Je la ferai bien galoper ; je vous dis que je la ferai galoper.

Il prend son fouet et se prépare avec délice à fouetter la jument rouanne.

– Mais montez donc, voyons, ricane-t-on dans la foule, puisqu’on vous dit qu’elle va galoper !

– Il y a au moins dix ans qu’elle n’a pas galopé !

– Oh ! elle vous ira bon train !

– Ne la ménagez pas, les amis, prenez chacun un fouet ; allez-y. C’est cela. Fouettez-la.

Tous grimpent dans la charrette de Mikolka avec des rires et des plaisanteries. Ils s’y sont fourrés à six et il reste encore de la place. Ils prennent avec eux une grosse paysanne à la face rubiconde, vêtue d’un sarafane, la coiffure garnie de verroterie ; elle croque des noisettes et ricane.

La foule qui entoure l’équipage rit aussi et, en vérité, comment ne pas rire à l’idée qu’une pareille rosse devra emporter au galop tout ce monde ! Deux gars qui se trouvent dans la charrette prennent aussitôt des fouets pour aider Mikolka. On crie : « Allez ! » Le cheval tire de toutes ses forces, il est non seulement incapable de galoper, mais c’est à peine s’il réussit à marcher au pas. Il piétine, gémit, plie le dos sous les coups que tous les fouets font pleuvoir sur lui dru comme grêle. Les rires redoublent dans la charrette et parmi la foule ; mais Mikolka se fâche et, dans sa colère, frappe de plus belle la petite jument comme s’il espérait la faire galoper.

– Frères, laissez-moi monter moi aussi, fait un gars alléché par ce joyeux tintamarre.

– Monte ! Montez tous, crie Mikolka ; elle nous emmènera tous ; je la ferai bien marcher à force de coups. Et de fouetter, de fouetter la bête. Dans sa fureur, il ne sait même plus avec quoi la frapper pour la faire souffrir davantage.

– Papa, petit père, crie Rodia, petit père, que font-ils ? Ils battent le pauvre petit cheval.

– Allons, viens, viens, dit le père. Ce sont des ivrognes, ils s’amusent, les imbéciles. Allons-nous-en, ne regarde pas.

Il veut l’emmener, mais l’enfant lui échappe et se précipite hors de lui vers la pauvre bête. Le malheureux animal est déjà à bout de forces. Il s’arrête tout haletant, puis se remet à tirer ; peu s’en faut qu’il ne s’abatte.

– Fouettez-la, qu’elle en crève, hurle Mikolka. Il n’y a que ça ; je vais m’y mettre.

– Pour sûr, tu n’es pas un chrétien, espèce de démon, crie un vieillard dans la foule.

– A-t-on jamais vu une petite jument comme celle-là traîner une charge pareille ? ajoute un autre.

– Tu la feras crever, crie un troisième.

– Ne m’embêtez pas, elle est à moi, j’en fais ce que je veux. Venez, montez tous ! Je veux absolument qu’elle galope…

Soudain, une bordée d’éclats de rire retentit dans la foule et couvre la voix de Mikolka. La jument, accablée de coups redoublés, avait perdu patience et s’était mise à ruer malgré sa faiblesse. Le vieux n’y peut tenir et partage l’hilarité générale. Il y avait de quoi rire en effet : un cheval qui tient à peine sur ses pattes et qui rue !

Deux gars se détachent de la foule, s’arment de fouets et courent cingler la bête des deux côtés, l’un à droite, l’autre à gauche.

– Fouettez-la sur le museau, dans les yeux, en plein dans les yeux, vocifère Mikolka.

– Frères, une chanson, crie quelqu’un dans la charrette, et tous de reprendre le refrain ; la chanson grossière retentit, le tambourin résonne, on siffle la ritournelle ; la paysanne croque ses noisettes et ricane.

Rodia s’approche du petit cheval ; il s’avance devant lui ; il le voit frappé sur les yeux, oui sur les yeux ! Il pleure. Son cœur se gonfle ; ses larmes coulent. L’un des bourreaux lui effleure le visage de son fouet ; il ne le sent pas, il se tord les mains, il crie, il se précipite vers le vieillard à la barbe blanche qui hoche la tête et semble condamner cette scène. Une femme le prend par la main et veut l’emmener ; il lui échappe et court au cheval, qui à bout de forces tente encore de ruer.

– Le diable t’emporte, maudit ! vocifère Mikolka dans sa fureur. Il jette le fouet, se penche, tire du fond de la carriole un long et lourd brancard et, le tenant à deux mains par un bout, il le brandit péniblement au-dessus de la jument rouanne.

– Il va l’assommer, crie-t-on autour de lui.

– La tuer.

– Elle est à moi, hurle Mikolka ; il frappe la bête à bras raccourcis. On entend un fracas sec.

– Fouette-la, fouette-la, pourquoi t’arrêtes-tu ? crient des voix dans la foule. Mikolka soulève encore le brancard, un second coup s’abat sur l’échine de la pauvre haridelle. Elle se tasse ; son arrière-train semble s’aplatir sous la violence du coup, puis elle sursaute et se met à tirer avec tout ce qui lui reste de forces, afin de démarrer, mais elle ne rencontre de tous côtés que les six fouets de ses persécuteurs ; le brancard se lève de nouveau, retombe pour la troisième fois, puis pour la quatrième, d’une façon régulière. Mikolka est furieux de ne pouvoir l’achever d’un seul coup.

– Elle a la vie dure, crie-t-on autour de lui.

– Elle va tomber, vous verrez, les amis, sa dernière heure est venue, observe un amateur, dans la foule.

– Prends une hache, il faut en finir d’un coup, suggère quelqu’un.

– Qu’avez-vous à bayer aux corneilles ? place ! hurle Mikolka. Il jette le brancard, se penche, fouille de nouveau dans la charrette et en retire cette fois un levier de fer.

– Gare, crie-t-il ; il assène de toutes ses forces un grand coup à la pauvre bête. La jument chancelle, s’affaisse, tente un dernier effort pour tirer, mais le levier lui retombe de nouveau pesamment sur l’échine ; elle s’abat sur le sol, comme si on lui avait tranché les quatre pattes d’un seul coup.

– Achevons-la, hurle Mikolka ; il bondit, pris d’une sorte de folie, hors de la charrette. Quelques gars, aussi ivres et cramoisis que lui, saisissent ce qui leur tombe sous la main : des fouets, des bâtons, ou un brancard, et ils courent sur la petite jument expirante. Mikolka, debout près d’elle, continue à frapper de son levier, sans relâche. La pauvre haridelle allonge la tête, pousse un profond soupir et crève.

– Il l’a achevée ! crie-t-on dans la foule.

– Et pourquoi ne voulait-elle pas galoper ?

– Elle est à moi, crie Mikolka, son levier à la main. Il a les yeux injectés de sang et semble regretter de n’avoir plus personne à frapper.

– Eh bien, vrai, tu es un mécréant, crient plusieurs assistants dans la foule.

Mais le pauvre garçonnet est hors de lui. Il se fraye un chemin, avec un grand cri, et s’approche de la jument rouanne. Il enlace son museau immobile et sanglant, l’embrasse ; il embrasse ses yeux, ses lèvres, puis il bondit soudain et se précipite, les poings en avant, sur Mikolka. Au même instant, son père qui le cherchait depuis un moment, le découvre enfin, l’emporte hors de la foule…

– Allons, allons, lui dit-il, allons-nous-en à la maison.

– Petit père, pourquoi ont-ils tué… le pauvre petit cheval ? sanglote l’enfant. Mais il a la respiration coupée et les mots s’échappent de sa gorge contractée en cris rauques.

– Ce sont des ivrognes, ils s’amusent ; ce n’est pas notre affaire, viens ! dit le père. Rodion l’entoure de ses bras, mais sa poitrine est serrée dans un étau de feu ; il essaie de reprendre son souffle, de crier – et s’éveille.

Raskolnikov s’éveilla, le corps moite, les cheveux trempés de sueur, tout haletant et se souleva plein d’épouvante."
La figure du père est peu présente, difficile de faire une partie entière avec
oui il est vrai que l'on parle peu du père dans cet extrait mais il est possible de dire que le père a un rôle important dans la disctinction du bien et du mal….?il n'aide pas son fils a se faire un jugement, il ne lui dit pas que ce mùeurtre est une mauvaise action mais juste : "ils s'amusent".onpeut alirs penser que le père vaprovoquer la Chute de raskolnikov par la suite, puisque ce père sera absent !et donc par son absence raskolnikov n'aura plus de modéle.
il faut dire quee le père apparait pour la première fois dans ce rêve.J'ai regardé un peu le texte et moi j'ai repéré l'idée d'une volonté de sauver l'humanité que l'enfant a vis à vis de ce qu'il ressent face au mauvais traitement de la jument.
sinon je suis aussi d'accord sur le fait ke le père va provoquer le meurtre et la chute de Raskolnikov par son absence ms je sais pas ce ken pensent les autres.Mais dans ce rêve ,il est bien en train de préméditer son meurte c'est bien ça?quand nous on lit ce passage la, on sait d'avance que ce qui va suivre, c'est la répétition de cette scene de crime?De même, il me semble que dans son rêve il divague un peu comme il le fait dans la réalité puiqu'on dit "voici maintenant son rêve".et j'ai senti une confusion par rapport au présent employé.on ne sait plus si on est dans le rêve ou dans la réalité de l'action.dites moi ce que vous pensez de mes analyses.
bonjour:
raskolnikov se prend pour un dieu, un surhumain, quand il a tué l'usuriere pour lui c'etait pas un crime mais un bien pour l'humanité, c'est a dire tuer une créature minable pour sauver d'autres vies(la fin justifie le moyen), et dans ce reve c'est un peu pres la meme chose la jument se fait abattre( la creature minable qui servait a rien dans le reve)juste pour le plaisir des autre( les aplaudissements et les cris de joies des spectateurs).
pour moi c'est l'orgueuil de ralskonikov qui lui a poussé a faire ca ses idées extremiste il s'est pris par le serviteur du dieu( dans le passage ou il demande a la petite soeur de sonia pour prier pour le serviteur du dieu raskolnikov) surtout sa misere, et le sentiment d'être le responsable du malheur de sa soeur Dounia (qui veut epouser un homme pour sauver son frere)

Bonjour,

La scène n’a pas pour cause le châtiment lié au meurtre de l’usurière. Par contre elle est un bon exemple du talent de Dostoievski pour dépeindre le problème sociétale de l’humiliation (cf "Offensés et Humiliés"). La brute Mikolka établit un rapport de force avec la faible jument (qui me fait penser au personnage Sonia). La morale de l’histoire est que les individus faibles qui sont soumis (la jument) se font maltraiter à cause de leur faiblesse. Que faut-il faire lorsque, admettons, vous ordonnez à quelqu’un de vous obéir et que cette personne n’y parvient pas, malgré toute sa volonté à bien faire? Certaines personnes n’hésitent pas à frapper avec un levier de fer…