Quitter Sciences Po pour une hypokhâgne BL

La filière littéraire

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je suis actuellement en première année à Sciences Po Paris, cursus que j'ai choisi après avoir longtemps hésité entre cela et une CPGE B/L au lycée Janson de Sailly où j'étais également admis.

Je pensais sincèrement avoir fait le bon choix, et bien que je m'en sorte plutôt bien dans chaque matière (je majore dans ma "triplette" (classe) en microéconomie et en institutions politiques, et je suis deuxième en histoire), je ressens un certain malaise dans la mesure où je trouve l'enseignement superficiel (on étudie par exemple presque 150 d'histoire en à peine 12 séances) et parfois dénué d'esprit critique dans la mesure on ne remet jamais en cause une information qui pourrait être sujette à controverse. C'est pour cela que je regrette vraiment de ne pas être allé en hypokhâgne B/L où l'enseignement de l'histoire et des sciences sociales est plus approfondi et où il est encore possible de suivre des cours d e mathématiques et de philosophie, cours qui me manquent vraiment. Je pense avoir fait le mauvais choix et j'aimerais rectifier le tir, afin de bénéficier d'une réelle formation généraliste.

J'ai peur de paraître arrogant en disant que je veux quitter Sciences Po alors que j'ai une "place" en "école", qui me permettrait de bénéficier d'un bel emploi plus tard, mais l'enseignement dispensé ne me plaît vraiment pas, mais je crains en même temps que cela puisse jouer en ma défaveur dans la mesure où un tel changement indiquerait une personne indécise, qui ne peut pas s'engager sur la durée, alors que ce n'est pas le cas.

Voilà, je vous écris sur ce forum pour vous demander s'il était déjà arrivé à des étudiants de l'IEP de Paris d'avoir quitté Sciences Po à la fin de la première année pour se réorienter en première année de prépa, et si, une telle démarche, à savoir passer de la première année du Collège Universitaire de Sciences Po à une Hypokhâgne BL est possible (je veux juste préciser que je viens de terminale S, spé maths).

Je vous remercie d'avance pour vos réponses et conseils et vous souhaite une bonne année.

Drachnos
Je crois que la première question à se poser est la suivante : que veux-tu faire après la prépa BL ? Car la prépa n'est pas une fin en soi… ou plutôt, il vaut mieux éviter d'y voir une fin en soi. Evidemment, il y a quelque chose de louable dans ton désir de suivre des cours de qualité, etc, et je ne voudrais pas passer pour un utilitariste de première classe… Mais il me semble que tu n'as pas préféré l'IEP de Paris par hasard non plus…
Peut être que faire une licence ( de lettres, de philo, d'histoire etc…) à côté de Science Po, pourrait être une bonne alternative.
Bonjour Drachnos,

Les questions que vous vous posez appellent selon moi une réponse mesurée et prudente, un peu comme celle de macbland, et aussi et surtout une réflexion sur vos aspirations profondes.

Vous êtes manifestement déçu par vos premiers mois à Sciences Po Paris, comme bon nombre d'étudiants exigeants et très soucieux du contenu de leurs études. C'est tout à fait louable, et prometteur en ce qui concerne vos études supérieures. Et pourtant, soyez prudent…

Concernant Sciences Po (que vous n'avez pas choisi par hasard, comme le rappelle macbland), j'ai souvent entendu dire que le premier cycle est en effet décevant. Les choses s'amélioreraient par la suite, au niveau du master (donc sous l'effet de la spécialisation, et de l'affirmation de votre part d'un choix). Certains prennent d'emblée Sciences Po comme un cadre, qu'ils "remplissent" à leur manière et selon leurs goûts et aspirations (parcours complémentaire, expériences "professionnelles" telles que stages, activités associatives ou syndicales…). Pensez aussi à l'avantage que présente la 3ème année dite "internationale", et à ce que vous pourriez en faire. Pensez aussi que Sciences Po est un label, un titre, c'est une formation diplômante, au contraire de la classe préparatoire (prestigieuse à l'intérieur de nos frontières, certes, mais inconnue ailleurs, la classe préparatoire est une formation exigeante et dense, mais elle débouche au mieux sur la réussite à des concours, et sinon sur un parcours classique à l'université et parfois aussi… sur un master à Sciences Po 😉 ).

Comme l'a dit quelqu'un ici - je pense que c'était Arthur -, si les champs disciplinaires de Sciences Po et d'une classe B/L sont proches (et séduisent d'ailleurs un peu les mêmes étudiants, d'un bon niveau, intéressés par les sciences sociales et à la recherche d'une formation pluridisciplinaire "reconnue"), l'esprit, la nature et les objectifs de ces deux formations sont différents. C'est encore plus vrai avec les récentes évolutions des études à Sciences Po (voir notamment les changements pour le concours d'entrée à venir - la personnalité du candidat étant particulièrement prise en compte désormais, autant que ses résultats académiques). Mais cela n'empêche pas que certains réussissent parfaitement à combiner les deux : par exemple avec un parcours du type "3 années de classe préparatoire + (éventuellement ENS, mais pas du tout obligatoirement) + master à sciences Po".

D'ailleurs, dans les faits, les frontières ne sont pas aussi étanches qu'on le pense, au moins pour un certain temps encore. Les interconnexions existent entre le "monde de Sciences Po" et celui de la classe préparatoire, me semble-t-il : par exemple, des professeurs des grands lycées parisiens à CPGE corrigent les épreuves du concours d’entrée à Sciences Po, certains sont présents même dans l’une et l’autre structure, des étudiants déçus de la prépa partent à Sciences Po (dont ils avaient réussi le concours d’entrée), d’autres ayant été admis à Sciences po et en prépa choisissent la prépa (remettant éventuellement au master la possibilité de retenter leur chance), d’autres encore sont en prépa parce qu’ils ont « raté Sc. Po », des khûbes et/ou des normaliens entrent en master à Sciences Po comme je l'ai dit plus haut, quand d’autres finissent par y faire de la recherche (notamment en histoire), y préparent le concours d'entrée à l'ENA, enfin il arrive que des étudiants de Sciences Po soient admis sur dossier à l’ENS, etc.

La réponse à votre question passe par l'examen de vos motivations profondes, par la prise de conscience que la formation idéale n'existe pas (vous pourriez être déçu par la classe préparatoire aussi, pour d'autres raisons) et que c'est vous qui vous formez, au delà de la structure dans laquelle vous vous trouvez, au delà même des examens que vous préparez, au delà des enseignements que vous recevez…. Vous vous formez par le contact avec les livres, mais aussi avec les gens (professeurs, professionnels du secteur qui vous intéresse, autres étudiants…). Mon expérience (j'ai l'âge de vos parents) me fait dire aussi que les titres comptent encore beaucoup en France, mais la personnalité et l'expérience aussi (et plus le temps passe et plus ces denières sont importantes). La connaissance, l'érudition sont déterminantes dans certains domaines (recherche, enseignement, activité à fort contenu "scientifique") mais pas dans tous (malheureusement).

Bonne réflexion !
Je vous remercie pour tous vos commentaires, qui me sont réellement très utiles et me poussent à reconsidérer et élargir ma réflexion, tout en incluant le fait que je suis assez indécis.
Néanmoins, comme vous l'avez tous dit, je n'ai pas choisi Sciences Po pour rien, pensant bénéficier d'une solide formation en sciences sociales. Mais je ne peux, au regard du premier semestre, dissimuler une certaine déception. Cependant, à Sciences Po, j'ai assez peu d'heures de cours (vingt), et la charge de travail est loin d'être assommante, et je pense que je ne dois pas négliger le fait que j'ai un temps libre que je pourrais utiliser plus intelligemment.

En tout cas, je vous réitère mes remerciements pour vos conseils et avis, qui alimenteront ma réflexion sur le cursus que je dois réellement suivre, et je suis sûr que vos commentaires me seront profitables.

Encore merci,
Drachnos
Ce que je vais te dire ne va pas forcément beaucoup t'éclairer, mais bon je le dis quand même 😜 Aujourd'hui dans mon lycée nous avons eu un forum des formations, plusieurs professeurs de différentes écoles sont venus pour présenter leurs écoles. l'IEP Grenoble était là, et le professeur nous a dit que Sciences Po devenait vraiment intéressant à partir de la troisième année je crois, et que beaucoup étaient déçus la première année.
Donc peut-être que ça te plaira mieux l'année prochaine ou dans deux ans ?
Voilà, c'est le seul moyen que j'ai pour t'éclairer un peu 😉
le professeur nous a dit que Sciences Po devenait vraiment intéressant à partir de la troisième année

d'ou l'intérêt de passer par deux ans de prépa B/L
(trois si l'on vise Paris).
Un prof de la prépa ou est mon fils est également à sciences po Paris et il a annoncé à la journée parents/profs
que les B/L arrivant en troisième année en sciences po, ont un bagage vraiement solide.
Bonjour !
Je comprends tout à fait ton indécision par rapport à ton cursus, pour voir vécu à peu près la même chose…
J'ai quitté Sciences Po Paris au bout de la première année (que j'avais obtenue avec d'assez bons résultats) pour intégrer une L3 de lettres modernes (j'avais déjà fait une première année avant Sciences Po, ce qui m'a permis de faire une validation d'acquis pour entrer directement en L3). L'enseignement à Sciences Po ne correspondait pas à mes aspirations, comme tu le témoignes toi aussi.
A mon avis, il faut suivre ce que tu ressens. Il est très difficile de suivre des études (difficiles en plus…) qui contrarient ton tempérament ou déçoivent tes attentes. Il est vrai que ce genre de choix est toujours difficile à prendre (et à assumer après) étant donné qu'il s'agit de quitter une "grande école" qui t'assure travail et salaire conséquent.

Pour être sur de prendre la bonne décision et de ne pas avoir de regrets, ne peux-tu pas terminer l'année et choisir à la fin ? ainsi tu auras validé ton année, ce qui est toujours très bon à prendre pour un CV. Et surtout tu auras un peu plus de recul pour choisir…
Bonsoir,

Je suis d'accord sur le fait que je doive finir l'année et je compte le faire, car sinon, ce n'est en quelque sorte "pas sérieux" sur un CV. Néanmoins, j'espère sincèrement que le deuxième semestre sera plus intéressant que le premier. Mais ma plus grande crainte est : si les enseignements du deuxième semestre ne me conviennent vraiment pas, bien que je m'en sorte très bien au niveau des résultats, est-ce que je pourrais me réorienter efficacement ?
En effet, dans ce cas, je pense que je me réorienterai plutôt en prépa BL, mais j'ai surtout peur que des prépas qui m'avaient accepté l'an dernier sur APB (Janson, Lakanal et Le Parc) puissent me rejeter cette année…

Mais j'espère que les enseignements du deuxième semestre vont m'intéresser, et de toute façon, d'une certaine manière, ce sont nous même, à travers notre volonté de s'ouvrir au monde, nous appétit intellectuel, qui nous construisons, comme l'a dit Jeanne-Héloise.

Bonne soirée 🙂
Bonsoir!
En lisant ton message je me suis tout de suite reconnue dans ta situation. Je suis aussi en 1A à Sciences Po Paris et j'ai également été déçue et sérieusement envisagé de me réorienter en cours d'année. Mon profil est différent du tien dans la mesure où je suis très littéraire et j'éprouve une aversion profonde pour les mathématiques et les sciences en général.
Mais je voulais quand même t'exprimer mon soutien, même si je ne peux pas te conseiller puisque moi même je me retrouve dans l'incertitude.En tous cas je pense qu'on est quelques uns à être déçus par la méthodologie science piste. Voir énormément de sujets, d'auteurs, en peu de temps…dans ces conditions il n'est humainement pas possible d'approfondir, et c'est bien dommage.
L'avantage du bachelor, c'est que depuis quelques années vous n'êtes plus engagés à Sciences Po jusqu'au M2. Ce qui vous permet d'envisager un master dans un autre établissement qui correspondra peut-être davantage à vos intérêts. Avec la troisième année à l'étranger, cela ne vous fait que deux ans rue Saint-Guillaume, ce qui ne me semble pas insoutenable, surtout en faisant d'autres choses à côté. Je ne vous conseillerais donc pas de postuler en prépa, de plus vous risqueriez d'y être déçu (ne croyez pas qu'on y a tant que ça le temps d'"approfondir" ; pour ça, qu'on soit en prépa ou pas, il y a les livres), ou au contraire d'y ressentir un décalage inverse.

Cordialement.
Bonjour Arthur,

Le problème est que le "bachelor" est quasi-inconnu, car très récent, et cela peut être un handicap… de surcroît si l'enseignement ne correspond pas à nos attentes et à nos perspectives…
Arthur a écrit : Je ne vous conseillerais donc pas de postuler en prépa, de plus vous risqueriez d'y être déçu (ne croyez pas qu'on y a tant que ça le temps d'"approfondir" ; pour ça, qu'on soit en prépa ou pas, il y a les livres)

Cordialement.
Je suis tout à fait d'accord sur ce point. Je suis actuellement en master à Sciences Po après trois ans de prépa, ainsi qu'à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) en philosophie (M1) et je me rends bien compte que je n'ai pas eu le temps de réellement approfondir les auteurs ou les thèmes (excepté en spécialité, et encore) contrairement à certains de mes camarades qui ont ont suivi un cursus depuis la L1. Le choix du mémoire est par exemple moins évident pour moi que pour des amis qui ont déjà une bonne connaissance d'un auteur ou d'un thème.

Cela est dû à la spécificité du travail en classe préparatoire : respect des bornes du programme, nécessité de choisir ses lectures judicieusement pour être efficace en vue du concours, pluridisciplinarité qui oblige à consacrer du temps à des matières qu'on n'apprécie pas toujours et dont on ne poursuivra pas l'étude (géographie en ce qui me concerne).

Dans votre cas Drachnos, je pense que la meilleure chose à faire serait de vous inscrire en licence pour étudier une matière qui vous tient à coeur. Par ailleurs, Jeanne-Héloïse a souligné des éléments importants concernant Sciences Po et la classe préparatoire :
Jeanne-Héloïse a écrit :Certains prennent d'emblée Sciences Po comme un cadre, qu'ils "remplissent" à leur manière et selon leurs goûts et aspirations (parcours complémentaire, expériences "professionnelles" telles que stages, activités associatives ou syndicales…). Pensez aussi à l'avantage que présente la 3ème année dite "internationale", et à ce que vous pourriez en faire. Pensez aussi que Sciences Po est un label, un titre, c'est une formation diplômante, au contraire de la classe préparatoire (prestigieuse à l'intérieur de nos frontières, certes, mais inconnue ailleurs, la classe préparatoire est une formation exigeante et dense, mais elle débouche au mieux sur la réussite à des concours, et sinon sur un parcours classique à l'université et parfois aussi… sur un master à Sciences Po 😉 ).
Je confirme tout ce qui est dit ici, il est vrai que certains camarades ont été déçus par les enseignements de première année, mais ils en ont profité pour exercer différentes activités (sportives, culturelles) ou réaliser des stages.
Sachez qu'en troisième année vous aurez la plupart du temps la possibilité d'accéder à différents départements de l'université partenaire (pas seulement droit ou science politique). Je sais que les élèves partis à Cambridge ou à Oxford y ont étudié les lettres et les langues. Enfin si vous avez de bons résultats, vous pourrez sans doute briguer une place dans une des universités de l'Ivy League (Harvard, Columbia), ce qui vous procurera une expérience bien plus enrichissante que la classe préparatoire (et plus reconnue sans doute)
Drachnos a écrit : Le problème est que le "bachelor" est quasi-inconnu, car très récent, et cela peut être un handicap…
Malheureux ! N'allez pas dire cela à Richard (D.), qui a pour objectif d'inscrire Sciences Po dans le paysage universitaire international 🙂. Son ambition est bien de faire de Sciences Po une université internationale, sélective, et c'est d'ailleurs ce qui séduit les élèves qui passent le concours d'entrée, que ce soit à bac + 0 ou à bac + 3.

@Jb69 : entièrement d'accord avec vous…
Enfin si vous avez de bons résultats, vous pourrez sans doute briguer une place dans une des universités de l'Ivy League (Harvard, Columbia), ce qui vous procurera une expérience bien plus enrichissante que la classe préparatoire (et plus reconnue sans doute)
… ou au contraire jouer l'originalité en choisissant d'étudier un an dans des universités d'Europe centrale ou de l'Est, ou en Amérique du sud, etc. Sciences Po a conclu des partenariats avec des universités reconnues, dans le monde entier.

Je ne voudrais pas que l'on pense que je fais systématiquement l'apologie de Sciences Po - aucun des mes enfants d'ailleurs n'y est (mais il est vrai que certains membres de ma famille et amis y sont passés, et d'autres plus lointains y sont, en première année, tout comme beaucoup d'enfants d'amis proches, ce qui me permet d'être assez informée). Mais, et j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici, dans une perspective de réforme (ou d'évolution, puisque le mot "réforme" fait toujours peur en France) de l'enseignement supérieur, je pense que l'on ne pourra faire l'impasse sur le cas de cet établissement qui est en évolution permanente (et heureusement, car personnellemnt, je n'appréciais pas vraiment la vieille institution, antichambre de l'ENA, où finissaient tous les fils de bonne famille), et qui est de plus en plus attractif, sans qu'une dégradation de la qualité de son enseignement ait été observée - au contraire. Je n'ignore pas les critiques concernant les méthodes enseignées à Sciences Po, et la déception que partagent les étudiants comme Drachnos - du reste, ce n'est pas nouveau, et à mon époque, dans les années 80, on raillait déjà "Sciences Pipeau" ou "Pipo" (je rappelle au passage que Pipo désigne aussi l'Ecole polytechnique en argot "scolaire") mais l'enseignement de Sciences Po, notamment dans certains masters, est actuellement très reconnu, ne serait-ce qu'en histoire ou en affaires européennes, et certains professeurs sont tout de même des sommités dans leur domaine.
D'ailleurs, la constitution de Super-Universités, dans cette mouvance, est déjà à l'oeuvre, les cursus d'excellence pluridisciplinaires dans les universités - et à cheval sur plusieurs universités aussi - se multiplient, etc, et l'ENS, autre institution dont il est souvent question sur ce forum n'y échappe(ra) pas - nous avons déjà eu l'occasion de "débattre" ou du moins d'évoquer ces changements (remise en cause du statut, ouverture large de son recrutement, passerelles organisées avec d'autres établissements…). La question qui reste en suspens est à mon avis celle des classes préparatoires. Je parierais volontiers sur une intégration progressive de ces classes dans les universités, à long terme seulement (car les résistances seront fortes), mais je peux me tromper…
J'avais les mêmes hésitations que vous et ai quitté mon hypokhâgne BL après avoir été admise à Sciences Po. Effectivement, on peut trouver l'enseignement de Sciences Po superficiel, surtout dans la mesure où les professeurs ou maîtres de conférence ne font pas un "cours" au sens où on le comprend au lycée : ils vous apportent peu de nouveau savoir. C'est à l'étudiant d'acquérir celui-ci par lui-même. Et la "conf'" est un lieu où chacun tente de "briller" pour "épater" le prof par tout ce qu'il sait déjà… J'ai trouvé ma première année très frustrante, et l'enseignement assez peu convaincant dans son ensemble, à l'exception des amphis de quelques sommités.
L'ampleur des programmes ne permet par ailleurs que de "balayer" un certain nombre de sujets sans s'en faire une idée très précise. Mais on se rend finalement compte, après quelques années, que le puzzle formé par tous ces petits "morceaux de mosaïque" mis bout à bout contribue à former l'esprit et à mieux comprendre le monde. L'atout Sciences Po est peut-être là : effleurer beaucoup de sujets sans bien les connaître, mais profiter d'une meilleure vision globale.
Néanmoins, je dois dire que je n'avais pas été particulièrement séduite non plus par mes 3 semaines d'hypokhâgne, où j'avais trouvé les professeurs peu humains et ouverts au dialogue.

Mais à mon avis, le contenu des cours n'est pas l'aspect décisif. Rien ne vous empêche d'enrichir par vous-même et selon vos goûts (ce qui est sans doute préférable aux matières obligatoires) le contenu des enseignements. Vous pouvez tirer partie intelligemment de votre temps libre - comme l'ont souligné de nombreux autres usagers du forum - et aurez une qualité de vie que vous envierait certainement tout étudiant de prépa 😉

Ce qui importe à mon avis, c'est votre type de projet professionnel.
Si les deux formations peuvent déboucher sur des types de métiers sans doute similaires (les compétences en math mises à part), les orientations sont un peu différentes.

Si vous voulez faire de l'enseignement ou de la recherche, la voie des classes préparatoires est, à mon avis, clairement la meilleure (éventuellement en complétant votre formation par un master de Sciences Po, par un passage par l'EHESS, dans une université étrangère, etc.).

Si vous voulez plutôt travailler en entreprise, c'est Sciences Po qu'il faut privilégier. Vous aurez, en 5 ans (la voie par les classes prépa risque d'être plus longue), une formation prisée et reconnue (en France), avec un passage par l'étranger (enrichissant professionnellement et linguistiquement, mais aussi et surtout personnellement). En entreprise, la qualité des connaissances acquises pendant les études est (souvent) presque secondaire (je regrette d'être cynique), sauf peut-être dans des domaines pointus de l'ingénierie ou de la finance. C'est plutôt votre personnalité, votre aisance dans les relations humaines, votre capacité à vous faire entendre et à vous imposer, qui sont déterminantes.
Sciences Po est sans doute également préférable si vous voulez travailler dans des institutions internationales (notamment grâce aux partenariats avec certaines universités étrangères réputées) ou des ONG (stages à l'étranger).
Pour travailler en administration, Sciences Po est sans doute la voie la plus directe, mais celle des classes prépa (surtout si vous parvenez à intégrer l'ENS) est sûrement tout aussi intéressante.

Je vous souhaite de trouver une formation qui vous intéresse. Mais réfléchissez surtout au type de vie que vous voulez mener plus tard : où, avec qui, quantité de travail, payé combien, prestige, vie familiale, etc.
Ce sont, à mon avis, les éléments auxquels on ne pense pas assez quand on est étudiant et qu'on "subit" ensuite si on a fait les mauvais choix (carrière prestigieuse qui ne vous laisse pas de temps pour vos amis, vos loisirs, votre famille, etc.)… On peut toujours rectifier le tir, mais c'est compliqué…
Je suis étonné de ta réaction, qu'est ce qui t'empêche de travailler par toi-même? de solliciter auprès des enseignants du travail supplémentaire? de prendre le temps de lire dans les textes? d'approfondir, de prendre des cours supplémentaires à la fac, de récupérer des cours de prépas pour les travailler toii-même?

Faut-il comme en prépa qu'on te prenne par la main? qu'on te menace de t'évincer de l'établissement? qu'on te fasse croire que tu vas rater ta vie si tu ne réussis pas tes épreuves?

La prépa n'est pas une fin en soi, ce n'est pas diplômant, ni épanouissant, c'est un cadre de travail intensif qui cherche à sélectionner les candidats les plus résistants, les plus rigoureux, et scolaires sur leur capacité de travail, de réflexion et de mémoire aux fins d' intégrer des grandes écoles où ils auront le temps d'approfondir par eux mêmes, s'ils le souhaitent, certains domaines de compétences et d'avoir une vie extra-académique plus riche.

A Sciences Po, tu es à l'étape d'après, celle de la grande école. Si tu as le sentiment qu'elle est venue trop tôt, va en prépa, mais rien de mieux t'attendra par la suite. Il y a à Sciences Po ce qu'il y a de meilleurs en termes de professeurs, des professeurs d'université qui enseignent à l'ENS, au collège de France, à la fac, à l'ENA et dirigent des recherches. Ils dispensent plus ou moins les mêmes cours dans les différents établissements où ils enseignent. Il y en a plus des praticiens qui ont des postes à hautes responsabilités.

Méfie toi de la jalousie des étudiants de prépas recalés à Sciences Po qui envient ta place au chaud pendant qu'ils trimment sans savoir où tout cela va les emmener…souvent à la fac ou au mieux dans une école de communication, ou à Sciences Po ultérieurement…
Bonjour,
J'aurai bien aimé savoir quelle a été ta décision, Drachnos.
Moi aussi…
Bonjour,

Personnellement, j'ai fait une hypokhâgne à Henri IV et une khâgne ailleurs (catégorie 2) car je ne savais pas synthétiser. Il est important de souligner que l'esprit de synthèse est la première qualité à avoir et non l'approfondissement/érudition (très grande lectrice j'avais lu avant l'entrée en hypokhâgne tout Balzac, Zola, Kant etc. … en version complète).

C'est là que tu comprends, que l'important est de penser à toi : les prépas ne sont pas là pour te "former", elles t'utilisent afin de répondre à leur statistique : leur richesse n'est pas l'enseignement qu'ils prodiguent (en général très brouillon et qui part dans tous les sens comme j'ai pu le constater pour certains des professeurs qui sont loin d'être des pédagogues). Leur but, avoir le plus d'admis et un taux le plus élevé quitte à te laisser en plan entre la première et la seconde année.

Ensuite, en licence de Lettres (je n'ai pas cubé), j'ai tenté Sciences-Po Paris : j'ai eu les écrits mais avec un beau 0 à l'oral (malgré des réponses exactes aux questions techniques, mon projet professionnel n'étant pas probant : je voulais faire trop de chose).

C'est alors que j'ai décidé de n'en faire qu'à ma tête et de m'épanouir à l'Université où je me suis inscrite à divers cursus sans plus tenter les "Grandes Ecoles" durant quelques temps. A 24 ans : j'avais deux licences, deux maîtrises, deux masters à chaque fois sur l'un d'entre eux avec mention :
- Maîtrise de Lettres modernes
- Licence d'Administration Publique (Paris I)
- Maîtrise de Droit européen / Certificat d'Anglais juridique
- Master pro de contentieux européens (Assas)
- Master recherche de droit fiscal (Paris I)

A 25 ans, je me suis dit, qu'un label grande école vu l'esprit français, serait bon pour moi, j'ai donc fait un Mastère spé HEC Droit et Management international (obtenu sur concours). C'est le seul diplôme que j'ai fait à temps plein.

Depuis lors, j'ai travaillé dans le Conseil, la banque, l'édition et l'enseignement.
J'ai eu les concours de la fonction publique que je voulais, passé des certifications etc. … et malgré mes déménagements et autres voyages : j'ai toujours trouvé du travail. J'ai gagné en liberté.

A mon avis, tu as eu Sciences-Po : c'est un fait, il ne faut pas en partir car ils te gardent du début à la fin : ils ont mis leur confiance en toi.

Si tu as du temps, que tu penses pouvoir faire autre chose à côté pour "appuyer" (il faut toujours avoir des liens entre ses cursus) inscris toi en droit à Paris I, ou en LAP, ou en Lettres, philosophie. Bref, fais toi plaisir. L'objectif de toutes ces années d'étude c'est de trouver un emploi mais comme la spécialisation a lieue, en général la cinquième année, en attendant, je considère que le plus important est d'être heureux et que ta soif d'apprendre soit comblée. Il y a des aménagements pour les doubles "cursus" et aussi des programmes par correspondance (notamment en droit). Et cela marche ! Les éléments se répondent entre eux.

Personnellement, ce n'est qu'à partir du moment où je me suis mise à m'inscrire à deux filières, que j'ai réussi, n'ayant le temps que d'aller à l'essentiel et vivant pleinement mon bonheur d'apprendre avec une spécialisation accrue répondant à ma soif d'érudition dans les matières qui m'intéressaient le plus.

La prépa, c'est une prépa : ce qui compte, ce sont les diplômes (licence/bachelor, maîtrise, Master). La CPGE tombe dans un oubli et n'apporte aucun emploi. Sciences Po donne des diplômes qui se monnayent sur le marché du travail.

Ce n'est pas la peine de faire des prépas quand tu as déjà une grande école : la prépa vise à te permettre d'accéder à une grande école : pourquoi aller en prépa quand déjà tu es dans une grande école ? La prépa est un attrape nigaud si tu n'as pas l'esprit "prépa".

Sache que si tu le souhaites, tu peux demander un report d'étude à Sciences Po pour faire ta prépa si elle est si chère à ton coeur. Je connais quelqu'un qui l'a fait. Mais le mieux est de t'inscrire en philo, philo-droit ou autres diplômes. Mais ce n'est qu'un avis. Après Sciences Po, tu peux aussi utiliser la passerelle pour une Ecole de Commerce ou autres. …Bref, tout est possible.
As-tu vu la date du message auquel tu réponds ? P