cette lecture les traumatiseTant mieux ! 😜
Conseils de lecture - Littérature classique
198 réponses · Page 4 / 10
Alors que dois-je comprendre… C'est quoi ces boeufs d'élèves … 🙄
ou c'est quoi ce prof qui arrive même pas à faire lire un petit Balzac tout minus…
Le contexte va peut-être vous surprendre : j'enseigne dans le secondaire dans un excellent lycée… Un excellent lycée de province, ce genre de lycée qu'on obtient en fin de carrière et que j'ai obtenu moi par hasard à l'âge de 30 ans. Je vous parle de milieux sociaux hyper favorisés, d'élèves qui visent sciences-po, et les prépas parisiennes…
Quant à l'équipe enseignante elle est plutôt de haut vol, l'établissement étant très élitiste dans tous les sens du terme.
Nous sommes donc a priori entre "esprits éclairés", et pourtant… on rencontre les mêmes difficultés qu'ailleurs ! Les élèves lisent, certainement, car ils sont plutôt bons et formatés, mais parfois difficilement, se noient dans Zola et refusent Balzac ! Et pour que ça passe, il faut comme partout, se creuser la cervelle d'où ma question : quel Balzac est susceptible de marcher ?
Merci pour le témoignage sur le Père Goriot (le problème est que ce roman est un peu trop tristement célèbre dans mon lycée )
ou c'est quoi ce prof qui arrive même pas à faire lire un petit Balzac tout minus…
Le contexte va peut-être vous surprendre : j'enseigne dans le secondaire dans un excellent lycée… Un excellent lycée de province, ce genre de lycée qu'on obtient en fin de carrière et que j'ai obtenu moi par hasard à l'âge de 30 ans. Je vous parle de milieux sociaux hyper favorisés, d'élèves qui visent sciences-po, et les prépas parisiennes…
Quant à l'équipe enseignante elle est plutôt de haut vol, l'établissement étant très élitiste dans tous les sens du terme.
Nous sommes donc a priori entre "esprits éclairés", et pourtant… on rencontre les mêmes difficultés qu'ailleurs ! Les élèves lisent, certainement, car ils sont plutôt bons et formatés, mais parfois difficilement, se noient dans Zola et refusent Balzac ! Et pour que ça passe, il faut comme partout, se creuser la cervelle d'où ma question : quel Balzac est susceptible de marcher ?
Merci pour le témoignage sur le Père Goriot (le problème est que ce roman est un peu trop tristement célèbre dans mon lycée )
Dites-leur qu'en grattant un peu, la gangue d'hermétisme s'évapore… Tatam !
Mon professeur, je m'en souviens maintenant, nous répétait souvent, à propos de Balzac - qui, décidément, semble être une tare dans le monde enseignant - qu'il était bon d'en lire le Père Goriot, dont on avait de droit d'occulter les 40 premières pages ! Je n'ai jamais pu comprendre. L'école à la Pennac, très peu pour moi (et c'est pour cette raison que j'aurai sûrement bien des difficultés l'an prochain).
J'aurais bien conseillé les Illusions Perdues (que je n'ai pas pu finir, puisque mon CDI fermait plus tôt que prévu :mad🙂, mais bon… Je doute que ça puisse passer auprès d'élèves à qui le Père Goriot est un supplice !
Mon professeur, je m'en souviens maintenant, nous répétait souvent, à propos de Balzac - qui, décidément, semble être une tare dans le monde enseignant - qu'il était bon d'en lire le Père Goriot, dont on avait de droit d'occulter les 40 premières pages ! Je n'ai jamais pu comprendre. L'école à la Pennac, très peu pour moi (et c'est pour cette raison que j'aurai sûrement bien des difficultés l'an prochain).
J'aurais bien conseillé les Illusions Perdues (que je n'ai pas pu finir, puisque mon CDI fermait plus tôt que prévu :mad🙂, mais bon… Je doute que ça puisse passer auprès d'élèves à qui le Père Goriot est un supplice !
Kytbn a écrit :Pardonnez moi, l'apparente violence de mon message ne vous était pas destinée. 😀Mes parents n'ont même pas leurs brevets et ne lisent pas du tout. Pourtant je suis passionné de littérature , j'ai lu l'Amant et Hiroshima mon amour en Seconde , ce fût une révélation pour moi et c'est cela qui m'a fait aimer la "vrai" littérature. Ce n'est pas nombriliste de vouloir faire en sorte que les élèves s'intéressent à la litttérature française. Ce n'est pas la mer à boire de leurs demander en première d'avoir lu un balzac , un sartre ou un Racine , c'est quand même notre culture.
C'est simplement que j'en trouve beaucoup tellement nombrilistes, à croire que comme eux il faudrait s'intéresser à Racine, Laclos, Balzac ou Sartre à quinze balais !
Pardonnez mon déterminisme mais on n'est pas tous nés dans des familles de profs (je suis sûr que vous êtes beaucoup ici à avoir un père ou une mère prof), et on n'a pas non plus tous eu la chance d'avoir un rapport à la littérature autre que purement scolaire. Ainsi, pour beaucoup (un de mes amis de 22 ans, encore traumatisé par la littérature, m'en parlait hier même !), littérature = lycée = autorité.
Heureusement , on ne fait pas encore passer Lolita Pill , Beigbeder , Twlight et tutti quanti au bac.
Heureusement , on ne fait pas encore passer Lolita Pill , Beigbeder , Twlight et tutti quanti au bac.Ne sois pas si pessimiste, ça viendra 🆒 !
Les Contemplations de Victor Hugo, depuis le temps que je devais les lire…
Sullyvan a écrit :A en écouter certain , c'est ce qu'on devrait faire 😜.Heureusement , on ne fait pas encore passer Lolita Pill , Beigbeder , Twlight et tutti quanti au bac.Ne sois pas si pessimiste, ça viendra 🆒 !
Sinon pour les réécritures , ma prof de première nous avait fait travailler sur la Nuit de Valogne de Eric Emmanuel Schmitt , quelque chose d'assez contemporain quand même.
En ce qui me concerne, certainement pas, mais je ne juge pas leurs lectures. On a tous lu des trucs pas terribles quand on était jeune, ce n'est pas grave.
Ensuite le problème, c'est que l'élève ayant entendu depuis son plus jeune âge que son moi est au centre du monde et que son opinion vaut celle de Descartes, une fois qu'il a jugé le bouquin "chiant", ne reviendra pas sur son jugement, et il y a peu de chance qu'il subisse stoïquement un cours qui ne l'intéresse pas…
En plus souvent ils découvrent la littérature en 2nde, pas dans mes classes issues de la "jet-set" mais dans celles issues du moins bon collège, donc passer de rien à Balzac vous m'accorderez que c'est quand même raide.
C'est d'ailleurs pour ça que je détestais enseigner au collège, la littérature "pour la jeunesse" ne m'intéressait pas du tout. Je ne comprends pas pourquoi il faut servir cette soupe aux élèves (mais cela n'engage que moi)
Ensuite le problème, c'est que l'élève ayant entendu depuis son plus jeune âge que son moi est au centre du monde et que son opinion vaut celle de Descartes, une fois qu'il a jugé le bouquin "chiant", ne reviendra pas sur son jugement, et il y a peu de chance qu'il subisse stoïquement un cours qui ne l'intéresse pas…
En plus souvent ils découvrent la littérature en 2nde, pas dans mes classes issues de la "jet-set" mais dans celles issues du moins bon collège, donc passer de rien à Balzac vous m'accorderez que c'est quand même raide.
C'est d'ailleurs pour ça que je détestais enseigner au collège, la littérature "pour la jeunesse" ne m'intéressait pas du tout. Je ne comprends pas pourquoi il faut servir cette soupe aux élèves (mais cela n'engage que moi)
Au collège , tout dépend des prof , j'avais eu Duras, Kipling,Yasmina Reza , Amélie Nothomb , Victor Hugo , Molière , Racine… C'est assez inégale mais il y avait tout de même des classiques , pourtant je n'étais pas issu d'un excellent collège. La prof de 3ème prétait aussi régulièrement des livres aux élèves qui lui demandaient , elle m'avait fait découvrir l'excellent Neige de Maxence Fermine , et m'avait donné Roméo et Juliette. Le collège , ça peut être bien aussi.
C'est d'un coté aussi aux prof d'arriver à transmettre leurs passion. Mais je suis d'accord , ce n'est pas une mission aisée.
C'est d'un coté aussi aux prof d'arriver à transmettre leurs passion. Mais je suis d'accord , ce n'est pas une mission aisée.
Honnêtement, je me rappelle qu'au collège on ne nous avait fait étudier aucun classique. A part Molière, mais bon, ce n'est pas non plus d'une difficulté transcendante …
La seule lecture scolaire du collège qui m'ait marquée était Antigone d'Anouillh, sinon, je lisais de ma propre initiative ou je demandais des conseils à ma professeur de français.
Et quand on voit le niveau d'orthographe, de grammaire et de syntaxe de la plupart des collégiens et lycéens, pas étonnant que Balzac leur paraisse complètement opaque
La seule lecture scolaire du collège qui m'ait marquée était Antigone d'Anouillh, sinon, je lisais de ma propre initiative ou je demandais des conseils à ma professeur de français.
Et quand on voit le niveau d'orthographe, de grammaire et de syntaxe de la plupart des collégiens et lycéens, pas étonnant que Balzac leur paraisse complètement opaque
+1
Cette année en TL , plusieurs élèves lisaient comme des robots , mais ou va t'on?
Ah , Antigone , ma prof de latin m'avait passé l'Antigone de Henry Bauchaud. Excellent.
Cette année en TL , plusieurs élèves lisaient comme des robots , mais ou va t'on?
Ah , Antigone , ma prof de latin m'avait passé l'Antigone de Henry Bauchaud. Excellent.
Arthur a écrit :Arthur je ne te critiquerai pas, car je pense moi aussi comme cela à propos de pas mal de choses… Mais, avec tout le paradoxe qu'on pourra s'amuser à relever, je trouve ton post représentatif du nombrilisme que je trouve dommage.cette lecture les traumatiseTant mieux ! 😜
BIEN EVIDEMMENT que Sartre, Camus, Céline, Balzac, Maupassant, Laclos valent mieux que Twilight et Marc Lévy (et encore je ne les ai pas lus, mais admettons).
Mais vous ne comprenez pas qu'il soit possible de ne pas être passionné de littérature comme vous dès le jeune âge (famille de profs ou pas). Vous continuez à penser qu'il faut bassiner des ENFANTS avec des livres qu'ils jugent chiants (non que leur opinion vaille celle d'autres plus calés, nina68, je vois bien l'état d'esprit égocentrique que vous dénoncez !), et qui ne leur serviront jamais. Qu'ils ne rouvriront jamais.
Je suis persuadé qu'au lieu de leur mettre du Sartre sous les yeux à 15 balais, il faut leur donner envie de lire, et leur donner des pistes pour s'orienter ensuite vers ces grands auteurs. (Je peux pas être plus clair, là. 🙄 )
Allann a écrit :Cette année en TL , plusieurs élèves lisaient comme des robots , mais ou va t'on?Tu penses que c'est nouveau ? 😉 La Terminale L ça ne veut rien dire. Comme vous le savez tous, beaucoup vont en L par phobie des maths, mais ne sont pas pour autant dingues de littérature (puisque ceux-ci sont rares).
AnneGabrielle a écrit :Et quand on voit le niveau d'orthographe, de grammaire et de syntaxe de la plupart des collégiens et lycéens, pas étonnant que Balzac leur paraisse complètement opaqueIl n'y a pas que cela. Exemple personnel, jusqu'au lycée, j'avais toujours été un élève modèle en français. Toujours 20 en dictée, toujours félicité en rédaction… Et pourtant quand on m'a collé un Balzac… 😉 (J'étais peut être juste trop con. Je faisais mon âge, quoi.)
Je passerai outre les railleries du style ceci :
Allann a écrit :Je ne sais pas si le singulier était voulu, mais "certain" m'a dit de te dire que tu l'avais mal interprété. 😉Sullyvan a écrit :A en écouter certain , c'est ce qu'on devrait faire 😜.Heureusement , on ne fait pas encore passer Lolita Pill , Beigbeder , Twlight et tutti quanti au bac.Ne sois pas si pessimiste, ça viendra 🆒 !
Edit : Et encore à la réflexion… Entre des élèves qui étudient avec passion et planchent sur une épreuve à propos de livres qu'ils ont apprécié comme Twilight ou le dernier Beigbeder… Et des élèves qui se prennent la tronche sur du Montaigne, à ressortir de façon mécanique un cours appris par cœur, et oublié dès le bac fini… Personnellement j'ai vite choisi. 😐
Ce n'est pas le fait d'avoir trois bouquins de Sartre dans leur bibliothèque, quasi jamais ouverts, qui va leur faire une culture générale "louable". Je sais bien qu'on est dans la culture du dos de livre apparent dans la bibliothèque, mais vous savez bien que ça ne fait pas tout.
Bref, je vous trouve bien fiers sur votre petit nuage de lettreux. 😉
Kytbn, l'exemple de Sartre me paraît mal choisi. S'il y a bien un auteur que les lycéens ont tendance à mettre sur un piédestal, c'est bien Sartre. Son théâtre est souvent vécu comme une véritable révélation à un âge où on rêve souvent d'affirmer ses choix et de crier sa liberté.
Je ne parle pas des Mots (que tu as détesté -ce fut aussi mon cas 😉) mais son théâtre me paraît être une bonne ouverture vers ce qu'on appelle la grande littérature. Ensuite, les élèves sont intrigués par Camus etc. etc. et c'est parti.
Je ne parle pas des Mots (que tu as détesté -ce fut aussi mon cas 😉) mais son théâtre me paraît être une bonne ouverture vers ce qu'on appelle la grande littérature. Ensuite, les élèves sont intrigués par Camus etc. etc. et c'est parti.
Tu as sûrement raison, mais la vérité est que je n'ai jamais lu une seule pièce de théâtre de Sartre. Je voulais lire Huis-clos depuis un moment, je m'y mettrai quand la motivation l'emportera. 🙂 Je pensais davantage à des choses comme La nausée, ou Les mots. (ça va me suivre longtemps, ça, ou bien ? 😂 )
Mais prenez l'exemple de Sartre comme un autre exemple de ce que qu'on appelle très relativement la "grande littérature".
Mais si ce que tu dis est vrai, ce de quoi je ne doute pas…
Mais prenez l'exemple de Sartre comme un autre exemple de ce que qu'on appelle très relativement la "grande littérature".
Mais si ce que tu dis est vrai, ce de quoi je ne doute pas…
Ensuite, les élèves sont intrigués par Camus etc. etc. et c'est parti.…Alors parfait.
Il suffit parfois de pas grand-chose, d'un déclic, pour adorer un livre et se mettre à dévorer l'intégrale de l'auteur. Et ah, tiens, l'auteur parle d'un autre bouquin, donc pourquoi pas essayer .. Et bim, on se lance =)
Camus marche assez bien, Sartre aussi, et par expérience j'ai connu des gens ayant un vrai coup de foudre pour Racine ou Musset.
Les ados ne sont pas si compliqués à intéresser. Mettez-leur un peu de passion, avec quelques envolées lyriques, du tragique ou de l'absurde et un discours marqué "liberté" et "absolu" et ils tombent dedans. 😀
Camus marche assez bien, Sartre aussi, et par expérience j'ai connu des gens ayant un vrai coup de foudre pour Racine ou Musset.
Les ados ne sont pas si compliqués à intéresser. Mettez-leur un peu de passion, avec quelques envolées lyriques, du tragique ou de l'absurde et un discours marqué "liberté" et "absolu" et ils tombent dedans. 😀
Oui , mais on ne peut pas enseigner simplement ce que les élèves aiment , c'est ça le problème. Justement , la plupart après le bac n'auront plus aucun cours de français , alors on essaie durant les années lycée de leurs donner un tant soit peu de culture littéraire. A coté rien ne leur empêche de lire Marc Lévy ou autre. Je fus un grand fan de l'heroic fantasy pendant une periode , ça ne m'empêchait pas d'avoir des lectures plus élevées à coté.
Et , pour Sartre , je te conseille plutôt les mouches 🙂.
Et , pour Sartre , je te conseille plutôt les mouches 🙂.
Je suis d'accord. Mais au moins pour les faire accrocher, il est peut-être plus judicieux de commencer par Les Mouches que par Thérèse Raquin, malgré toute mon admiration pour Zola. Ce qui n'empêche pas, une fois qu'ils y ont pris goût, d'embrayer sur des oeuvres différentes 🙂
EDIT : Ouh là, mille excuses. Il se fait tard --'
EDIT : Ouh là, mille excuses. Il se fait tard --'
AnneGabrielle a écrit :Je suis d'accord. Mais au moins pour les faire accrocher, il est peut-être plus judicieux de commencer par Les Mouches que par Thérèse Raquin, malgré toute mon admiration pour Balzac. Ce qui n'empêche pas, une fois qu'ils y ont pris goût, d'embrayer sur des oeuvres différentes 🙂Bah alors on n'a pas bien suivi le cours ?! 😀
Personne n'a tort, et personne n'a raison.
Ici, chacun juge selon son propre point de vue, son propre vécu.
Malheureusement c'est souvent comme ça quand on parle de l'école, chacun pense détenir la solution à partir de son propre vécu.
Il y a quand même 2 réalités à prendre en compte :
- d'une part il y a les programmes, on ne peut pas faire n'importe quoi.
- d'autre part il y a les élèves, on ne peut pas faire comme s'ils n'étaient pas là. On ne peut pas faire cours sans les élèves, ou contre les élèves, sinon on ne tient pas 15 jours.
Ici, chacun juge selon son propre point de vue, son propre vécu.
Malheureusement c'est souvent comme ça quand on parle de l'école, chacun pense détenir la solution à partir de son propre vécu.
Il y a quand même 2 réalités à prendre en compte :
- d'une part il y a les programmes, on ne peut pas faire n'importe quoi.
- d'autre part il y a les élèves, on ne peut pas faire comme s'ils n'étaient pas là. On ne peut pas faire cours sans les élèves, ou contre les élèves, sinon on ne tient pas 15 jours.
AnneGabrielle a écrit :Je suis d'accord. Mais au moins pour les faire accrocher, il est peut-être plus judicieux de commencer par Les Mouches que par Thérèse Raquin, malgré toute mon admiration pour Zola. Ce qui n'empêche pas, une fois qu'ils y ont pris goût, d'embrayer sur des oeuvres différentes 🙂Merci d'avoir pointé mon ignoble .. heu .. à ce niveau, c'est même plus une erreur
EDIT : Ouh là, mille excuses. Il se fait tard --'