Analyse grammaticale
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Bonsoir
Merci 🙂
j'ai quelques questions:
- pour le gallicisme je sais que le "que" est corrélé avec le présentatif "c'est" pour permettre la mise en emphase d'un élément de la phrase, mais quelle est sa nature? est ce que c'est un pronom relatif?
-pour "tant de" ne peut-on pas y voir un déterminant complexe?
-finalement, la dislocation n'est-elle pas une autre forme d'extraction?
En ce qui concerne le que corrélé au présentatif, Riegel estime qu'en dehors du cas d'extraction d'un COD, on peut difficilement voir dans ce que un relatif; en cas d'extraction d'un complément circonstanciel, il préfère le traiter comme une conjonction.
Cependant, le grammairien Le Goffic voit toujours dans ce cas un pronom relatif, qu'il baptise "que multifonctions".
En ce qui concerne tant de, j'ai déjà parlé de "déterminant composé".
La dislocation et l'extraction sont tous deux des procédés de mise en relief, d'emphase, mais leur fonctionnement est différent.
La dislocation procède par déplacement (en début ou en fin de phrase) avec reprise ou annonce par un pronom; l'extraction procède par déplacement en début de phrase avec encadrement.
Excuse moi, j'ai pas fait attention à la partie où tu avais parlé du déterminant
-Toujours pour la première phrase: est-ce que la nuance causale est totalement absente?
j'ai trouvé cette phrase dans le cnrtl:
"Quand c'est qui paye sa place, quand, allez?" ((Musette, Cagayous chauffeur, 1909, p. 8)
* quand: adverbe interrogatif
* c'est qui: je pense qu'il s'agit d'une tournure familière où on n'inverse pas le sujet "qui" qui est un pronom relatif. il s'agit de la locution interrogative "qui est-ce qui"
* sa place: COD du verbe "paye"
* quand: adverbe interrogative mis en apposition (je pense qu'il y a ellipse du sujet)
* allez: l’impératif délibératif
Ce ne serait pas plutôt : " C'est quand qu'il paye sa place ?"
Eh non, j'ai vérifié, c'est bien l'exemple cité par le Tlf à l'entrée
Quand.
− Pop. ou région.
♦ (notamment Anjou, Normandie, Canada). Quand c'est que …? [Les fainéants voyagent gratis]. Voir un roi, hein? Quand c'est qui paye sa place, quand, allez? (Musette, Cagayous chauffeur, 1909, p. 8).Quand c'est que tu vas à la ville ? (Canada1930).
Je pense que l'écrivain a mal retranscrit la prononciation populaire de "
il".
Quand c'est qu'i paye sa place, quand, allez ?Oui, je cite tout le passage dans mon message juste avant le tien.
Pas de pronom relatif dans la phrase.
Comme je viens de le dire, l'écrivain a juste mal retranscrit la prononciation populaire que "qu'll" > qu'i.
Quand paye-t-il ? (inversion du sujet)
Quand est-ce qu'il paie ?
Quand c'est qu'il paie ?Quand c'est qu'i paie ?
(Tournures orales et populaires : renforcement de "quand" par "est-ce que"ou "c'est que", évitant l'inversion du sujet )
Quand c'est qu'i paye sa place, quand, allez ?
Allez a une valeur expressive, c'est quasiment une interjection.
Ce n'est pas vraiment une valeur d'impératif.
Et je ne vois pas ce que signifie en grammaire "impératif délibératif"…
Je ne connais que l'infinitif délibératif, dans une phrase interrogative sans sujet exprimé :
Que faire ? Où aller ? Rien à voir avec ta phrase.
Et je ne vois pas ce que signifie en grammaire "impératif délibératif"…
Une nouvelle valeur de l'impératif 😀 (c'est une sottise de ma part)
Seul l'infinitif, je pense, peut avoir cette valeur délibérative. J'aurais dû dire qu'il avait une valeur exhortative… mais là il se révèle qu'il s'agit plutôt d'une interjection.
Il y a cette petite question à laquelle tu ne m'avais pas répondu:
-
C'est dans un excès de désespoir qu' il décida de mettre fin à sa vie.
Pourquoi tu as opté pour le temps et non pour la cause?
Pour moi la cause était plus évidente que le temps :/
Les deux peuvent bien sûr se défendre : mais avec dans, on semble plutôt indiquer le moment où le suicide a lieu.
Au moment où l'excès de désespoir est à son comble.
J'ai cru que la nuance causale était totalement absente…
Pour ces exemples:
1-quel est le sens de la vie?
* quel: adjectif indéfini (je me demande si on peut utiliser la nomination "déterminant" dans ce cas), attribut du sujet "le sens de la vie"
2-quelle que soit la réponse je l'accepterai
* quelle que: adjectif relatif introduisant une subordonnée périphrastique reprise par le pronom neutre "l'", elle a la fonction d'un COD; Mais n'y a-t-il pas une nuance concessive dans la phrase?
= quel: adjectif indéfini, attribut du sujet "la réponse"?
= que: pronom relatif? vicariant?
3- quelle belle attitude!
* quelle: adjectif/ déterminant exclamatif
4- "Quelque caillou qu’on lui présentât, il en situait toujours et sans erreur l’emplacement exact"
*quelque: adjectif/ déterminant indéfini référant à la quantité indéterminée
Pour en revenir un instant à :
C'est dans un excès de désespoir qu' il décida de mettre fin à sa vie…
Effectivement, aucune des deux nuances circonstancielles n'est à exclure.
Notons toutefois que le sens causal aurait été plus patent avec par excès de désespoir, et le sens temporel plus patent avec lors d'un accès (plutôt qu' "excès") de désespoir.
c'est plus clair maintenant.
Je devais substituer " dans un excès de colère", par " dans un moment de désespoir/ colère" pour voir la nuance temporelle. D'ailleurs, comme l'a indiqué Laoshi, la préposition "dans" peut avoir un emploi spatial et aussi un emploi temporel.
Vemissa a écrit :1-quel est le sens de la vie?
* quel: adjectif indéfiniinterrogatif, attribut du sujet "le sens de la vie"
2-quelle que soit la réponse je l'accepterai
* quelle que: adjectif relatif introduisant une subordonnée périphrastique reprise par le pronom neutre "l'", elle a la fonction d'un COD; Mais n'y a-t-il pas une nuance concessive dans la phrase?
= quel: adjectif indéfini, attribut du sujet "la réponse"?
= que: pronom relatif? vicariant?
quelle : adjectif indéfini, antécédent du pronom relatif que
que : pronom relatif, attribut du sujet "la réponse".
l' n'est pas un pronom neutre, il représente "la réponse".
D'ailleurs on dirait : Quelle que soit la réponse, je la refuserai.
La relative "que soit la réponse" et son antécédent "quelle" ont effectivement ensemble un sens concessif.
3- quelle belle attitude!
* quelle: adjectif/ déterminant exclamatif Oui.
4- "Quelque caillou qu’on lui présentât, il en situait toujours et sans erreur l’emplacement exact"
*quelque: adjectif/ déterminant indéfini référant à la quantité indéterminée. Oui.
Et le GN "Quelque caillou" est l'antécédent du pronom relatif "que", COD du verbe "présentât".
Nous avons là également un ensemble "antécédent + relative" à sens concessif.
Le pronom "en" dans la principale renvoie au nom "caillou", il est complément du nom "emplacement".
Il en situait l'emplacement = Il situait l'emplacement du caillou.
Merci pour cette réponse complète et détaillée. Mais, j'ai quelques questions 😀
1- Quel: adjectif interrogatif/ si je remplace "adjectif" par déterminant, est-ce que cela serait acceptable dans ce cas précis? j'ai l'impression que ce mot n'a pas toutes les caractéristiques du déterminant, mais je ne suis pas très sûre de cela.
2-Pour cette phrase: "quelle que soit la réponse, je l'accepterai", j'ai hésité entre le futur et conditionnel présent. Ai-je raison de penser que le futur souligne la valeur réelle du procès qui est projeté dans l'avenir et le conditionnel le rend hypothétique?
3- finalement, pour une relative à sens concessif, est-ce qu'on peut la rapprocher du complément circonstanciel intégré?
Il me semble évident que lorsque quel est attribut, on ne peut pas le qualifier de déterminant.
Je l'accepterai. (Il y aura une réponse quelconque; pour moi, c'est sûr)
Je l'accepterais. (Dans le cas où il y aurait une réponse… Ce qui pour moi n'est pas sûr.)
L'ensemble à sens concessif "antécédent + relative au subjonctif" n'est pas vraiment l'équivalent d'un complément intégré, puisque cet ensemble est mobile. Plutôt un complément circonstanciel adjoint.
Quelque chemin que l'on prenne, on arrive à Rome.
On arrive à Rome, quelque chemin que l'on prenne.
Merci beaucoup Jehan
Je ne cesse de te remercier…cette fois, je te dédie cette citation que j'aime beaucoup:
"la bonté d'un seul homme est plus puissante que la méchanceté de mille."
=>Merci d'avoir corrigé mon erreur 🙂
Bonjour,
Je suis un peu honteuse mais je vous avoue que je bloque un peu sur la fonction des mots en gras. Sont-ils COD? Sinon que sont-ils?
Merci pour votre aide 🙂
Il s'écarta pour lui asséner sur le mufle un coup suffisant pour assommer un bœuf…. mais pas assez violent pour tuer un minotaure!
Bonsoir,
3 COD
- asséner un coup
- assommer un bœuf
- tuer un minotaure
Et le COD complet du verbe asséner est bien le GN
"un coup suffisant pour assommer un bœuf".
Jean-Luc a écrit :Bonsoir,
3 COD
- asséner un coup
- assommer un bœuf
- tuer un minotaure
Merci beaucoup!
C'est bien ce que je me disais mais dans la correction du manuel ce n'est pas mentionné, du coup j'ai eu un doute :-/
A bientôt!
Édit: Merci Jehan je suis rassurée!