Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 81 / 216

Bonjour
Merci pour vos efforts et vos explications. 🙂
Si pour changer un peu de nos deux précédentes phrases on prend celle de l’ouvrage ci-dessus cité, comment tu l'analyserais en analysant la locution et sans l'analyser ?
Max mène Marie en bateau.
analyse 1: sens propre il s'agit d'une phrase ordinaire :
-Max: sujet/ agent ou prime actant
-mène: verbe noyau de la phrase/ procès
-Marie: COD/ second actant-ou bénéficiaire
-en bateau: complément circonstanciel de lieu- ou de moyen / circonstant locatif

analyse 2: locution verbale qui n'est pas transparente sémantiquement
-Max: sujet/ prime actant
-mène en bateau: (au sens de "tromper") locution verbale, procès de la phrase
-Marie: COD/ second actant
=> mais pourquoi le COD est intercalé à l’intérieur de cette locution figée? cela ne devrait pas influencer l'analyser?
Cela veut simplement dire que la locution est moyennement figée, comme c'était le cas avec "marcher sur les pas de quelqu'un".
Est-ce que Reigel parle de ce problème des locutions? si oui, dans quelle partie de son ouvrage?

j'ai pas commis, par hasard, une bévue dans l'analyse grammaticale 😀 surtout en analysant le complément circonstanciel?
aussi:
-le poids pesant de son mensonge la rendait triste.
*le poids pesant de son mensonge: GN sujet du verbe "rendait"
-pesant: adjectif épithète
-de son mensonge: complément de l'adjectif "pesant"
-la: pronom personnel clitique adjoint COD du verbe "rendait"
-triste: adjectif attribut du COD "la"
Je n'entends rien à l'analyse et ne m'aventurerais pas sur ce terrain, mais le poids pesant n'est-il pas trop pesant. 😉
de son mensonge se rattache logiquement à quoi dans la phrase ?
C'est redondant, mais j'ai estimé que cette forme serait plus expressive, surtout que ce qui m’intéresse le plus dans l'analyse est ce "pesant" 😂 .
Si c'est lourd ou incorrect, veuillez me le dire 🙂
de son mensonge se rattache logiquement à quoi dans la phrase ?
au "poids pesant" je pense
Est-ce que Reigel parle de ce problème des locutions? si oui, dans quelle partie de son ouvrage?
Je ne crois pas que Riegel en parle vraiment.
Il semble n'évoquer les locutions verbales qu'au chapitre des GN dépourvus de déterminants, de tels GN étant souvent des éléments de locutions verbales.
À propos de ces dernières, au lieu de parler de "figées", il préfère dire "lexicalisées", mais cela recouvre la même réalité. Il y a des locutions verbales plus ou moins lexicalisées.

Pour ce qui est de ton analyse de Max mène Marie en bateau, non, je ne vois pas de bévue.

Dans ta phrase Le poids pesant de son mensonge la rendait triste.
l'association "poids pesant" me semble assez peu heureuse et "pesant" me semble superflu.
Mais bon..

L'analyse est juste, sauf ceci : "de son mensonge" n'est pas complément de l'adjectif "pesant", mais complément du nom-noyau "poids", qui a ainsi deux extensions : l'adjectif et le complément de nom.
Merci beaucoup
pour rectifier la phrase: "ce mensonge pesant plus que jamais sur son cœur, la rendait triste",
Mais je pense que "pesant" ne sera pas ici un adjectif 🙂
C'est nettement mieux, mais tu dois rajouter une autre virgule après mensonge, pour encadrer "pesant plus que jamais sur son cœur".
C'est un syntagme dont le noyau est le participe présent pesant et sa fonction est "épithète détachée du nom mensonge".

Ce mensonge, pesant plus que jamais sur son cœur, la rendait triste.

Cette épithète détachée est déplaçable :
Pesant plus que jamais sur son cœur, ce mensonge la rendait triste.
Max mène Marie en bateau.

En tant que syntagme libre la phrase me parait bancale, voire franchement agrammaticale.

On mène quelqu’un quelque part : deux compléments essentiels.
Avec un moyen de transport : complément accessoire

Max mène Marie à Ouessant (en bateau, en voiture, en avion, etc.)

On oublie la possibilité d'un syntagme libre et on prend la locution pour ce qu'elle est, que fait-on avec une analyse classique ?

Max = sujet
Mène = verbe
Marie = COD
En bateau = CMoyen (pour moi ça ne peut en aucun cas être un lieu, il faudrait la préposition « au » pour ce faire.)

Indique-t-on qu’il manque le CLieu ?
Ou bien analyse-t-on en bateau plutôt comme un CManière ? (Je ne sais pas trop pourquoi, parce que mener de telle façon me parait mieux passer que mener au moyen de ? Pour être tout à fait honnête, aucune des deux options ne me satisfait vraiment.)

Dans un cas comme celui-là tout comme dans celui de casser sa pipe, je trouve que l’analyse traditionnelle manque de « sens », elle en vient à s’apparenter plus à une mécanique qu’on appliquerait bêtement, en oubliant le sens de la phrase.
!! Attention !! j’exprime ce que je ressens, sans mépris, même si les mots pourront sembler forts à certains. Je trouve le chou-fleur parfaitement imbouffable (terme fort, péjoratif, de nature à exprimer la force de mon sentiment), mais je n’ai aucun mépris ni pour ce pauvre chou-fleur, ni pour les amateurs qui s’en délectent !).
vemissa a écrit :
de son mensonge se rattache logiquement à quoi dans la phrase ?
au "poids pesant" je pense
Donc, qu'en déduis-tu sur la fonction de ce groupe ?
Mais inutile de réfléchir puisqu'on t'a déjà donné la réponse…
Dans l'article mener du Tlf, il y a aussi l'option B :
B. − [ Sans complément locatif; l'idée principale est celle de direction donnée par qqn/qqc. dans un déplacement]
1.
a) [Le suj. désigne une pers.] Diriger dans un déplacement. Synon. conduire.
α) [Le compl. d'obj. désigne une pers., un animal] Mener un cheval en main, par la bride; mener qqn par la main. Un petit garçon, menant une vieille aveugle, demandait l'aumône (Michelet,Journal, 1834, p. 161).Un jouvenceau (…) mène en laisse un lévrier (Bertrand,Gaspard, 1841, p.54).
Dans cette optique, "en bateau" serait, je pense, un complément de moyen.
Donc, qu'en déduis-tu sur la fonction de ce groupe ?
En fait, j'ai vu que c’était un complément du nom, mais comme je doute toujours de mes remarques et vu qu'il était placé après l'adjectif, je me suis dis que peut-être c’était un complément de l'adjectif… 🙂
pour moi ça ne peut en aucun cas être un lieu
les compléments circonstanciels ne sont pas aussi faciles comme ils paraissent :/
@Jehan
Certes, mais trouves-tu sincèrement que cette option B. l'idée principale est celle de direction donnée par qqn/qqc. dans un déplacement a du sens ici ?
Pour moi, pas plus sinon moins que le sens A.
vemissa a écrit :les compléments circonstanciels ne sont pas aussi faciles comme ils paraissent
Oui, mais là le lieu me semble difficilement défendable, tu ne trouves pas ?
@Jehan
Certes, mais trouves-tu sincèrement que cette option B. l'idée principale est celle de direction donnée par qqn/qqc. dans un déplacement a du sens ici ?
Hors contexte, il est difficile d'être catégorique et de rejeter absolument cette option.
Si tu veux, mais autant mener (diriger/conduire) une personne / un animal par la main, par la bride, par la manche, par la laisse, à la cravache, à coup de trique, à coup d'éperons, par le bout du nez ( 😉 locution, locution !), oui, autant mener quelqu’un par le bateau???

Mais bon, comme tu dis hors contexte, et en plus quand le contexte est une locution, on doit pouvoir arriver à "défendre" (😜 😀) pas mal de positions. 🙂
Oui, mais là le lieu me semble difficilement défendable, tu ne trouves pas ?
Vu le nombre d'erreurs que je commets, je ne pourrai donner mon avis 🙂 . Et puis, il y a toujours des cas particuliers dans la grammaire… 😀
Je ne suis qu'une curieuse qui profite de vos échanges et qui trouve beaucoup de plaisir à vous lire 😂
Pour ce qui est de l'option A, ne pourrait-on jamais omettre par ellipse le complément de lieu ?
Une tournure elliptique ne rend pas forcément telle ou telle phrase bancale et agrammaticale…
vemissa a écrit :Je ne suis qu'une curieuse qui profite de vos échanges et qui trouve beaucoup de plaisir à vous lire 😂
Eh ben tant mieux alors !! 😀


@Jehan
Si je te dis Au fait Jehan, d'ici cinq minutes je vais mener vemissa en voiture.
Ton visage ne va-t-il pas horriblement se déformer, ne vas-tu pas hoqueter de stupeur, ne vas-tu pas me regarder avec des yeux arrondis d’égarement, une écume rageuse ne va-t-elle pas perler à tes commissures ?
Sans doute pas, car tu es certainement un homme sobre, mesuré, maître de tes émotions en toutes circonstances, mais surtout parce que le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Toutefois, tu risques tout de même de trouver ma formulation un peu étrange (oui ? non ?) et ne pas résister à me faire préciser en me questionnant par exemple ainsi Ah, d’accord, mais où ?
Affaire de contexte, encore une fois.
Tu pourrais très bien m'avoir dit auparavant où Vemissa devait urgemment aller…
Et dans ce cas, je n'aurais pas à te demander de préciser le lieu.
Et dès lors, non, la phrase ne me semblerait pas étrange.