Bonjour.
J'ai une question à vous poser, s'il vous plait.
Trois choses importantes manquent aujourd’hui à cette façade. D’abord le degré de onze marches qui l’exhaussait jadis au-dessus du sol ; ensuite la série inférieure de statues qui occupait les niches des trois portails, et la série supérieure des vingt-huit plus anciens rois de France, qui garnissait la galerie du premier étage, à partir de Childebert jusqu’à Philippe-Auguste, tenant en main « la pomme impériale ».
Le degré, c’est le temps qui l’a fait disparaître en élevant d’un progrès irrésistible et lent le niveau du sol de la Cité. Mais, tout en faisant dévorer une à une, par cette marée montante du pavé de Paris, les onze marches qui ajoutaient à la hauteur majestueuse de l’édifice, le tempsa rendu à l’église plus peut-être qu’il ne lui a ôté, car c’est le temps qui a répandu sur la façade cette sombre couleur des siècles qui fait de la vieillesse des monuments l’âge de leur beauté.
L'extrait est assez long.
Mais ma question ne concerne que la phrase soulignée.
J'ai pensé que le sujet du gérondif
'tout en faisant dévorer une à une' est
'les onze marches' qui est en même temps le sujet de la principale.
Mais je n'arrive pas à trouver son verbe (sauf 'ajoutaient', verbe de la relative).
Alors, j'ai analysé autrement : le sujet du gérondif
'tout en faisant dévorer une à une' n'est pas
'les onze marches' mais
'le temps' ; et
'les onze marches' n'est que le COD du verbe
'a rendu'.
Mais, cette analyse pose toujours un problème : si c'est ainsi, quelle serait la fonction de la complétive
'plus qu'il ne lui a ôté' ?
Qu'est-ce qui m'échappe ? j'ai la tête qui tourne….
Aidez-moi, s'il vous plait.
Alors, j'ai analysé autrement : le sujet du gérondif 'tout en faisant dévorer une à une' n'est pas 'les onze marches' mais 'le temps' ; et 'les onze marches' n'est que le COD du verbe 'a rendu'.
Parfaitement : le temps a fait dévorer les onze marches.
Mais, cette analyse pose toujours un problème : si c'est ainsi, quelle serait la fonction de la complétive 'plus qu'il ne lui a ôté' ?
En faisant ainsi, le temps a rendu au monument plus qu'il ne lui a ôté. Autrement dit, d'un côté, le temps a ôté onze marches, mais de l'autre il a donné au monument la patine de l'âge.
Bonjour.
Toujours
une phrase de Hugo qui me plait et en même temps me donne de la peine :
Nous le répétons, ces constructions hybrides ne sont pas les moins intéressantes pour l’artiste, pour l’antiquaire, pour l’historien.
Elles font sentirà quel point l’architecture est chose primitive, en ce qu’elles démontrent, ce que démontrent aussi les vestiges cyclopéens, les pyramides d’Égypte, les gigantesques pagodes hindoues, que les plus grands produits de l’architecture sont moins des œuvres individuelles que des œuvres sociales ; plutôt l’enfantement des peuples en travail que le jet des hommes de génie ; le dépôt que laisse une nation ; les entassements que font les siècles ; le résidu des évaporations successives de la société humaine ; en un mot, des espèces de formations.
J'ai analysé comme ceci :
Le verbe 'sentir' a trois COD.
- sentir ① à quel point l’architecture est chose primitive
- sentir ② ce que démontrent les vestiges, les pyramides, les pagodes
- sentir ③ que les produits sont moins des oeuvres… que des oeuvre…
Les mots en gras(l'enfantement, le dépôt, les entassements, le résidu, des espèces de formations) sont tous les appositions de '
des œuvres sociales'.
Cette analyse m'a coûté presque 30 minutes… j'ai besoin de vos aides pour continuer ma lecture.
Ai-je analyé correnctement ou non ?
Éclairez-mois, s'il vous plait.
Le verbe 'sentir' a trois COD.
- sentir ① à quel point l’architecture est chose primitive
- sentir ② ce que démontrent les vestiges, les pyramides, les pagodes
- sentir ③ que les produits sont moins des oeuvres… que des oeuvre…
Non, un seul COD, le premier.
En ce qu'elles démontrent… vient expliquer le côté primitif de l'architecture.
Cette architecture est primitive en ce que ces constructions démontrent […] que les plus grand produits de l'architecture…
que les produits sont moins des œuvres… est donc COD de "démontrent".
ce que démontrent les vestiges, les pyramides, les pagodes n'est pas COD, mais une autre proposition, qu'on aurait pu écrire ainsi :
-- les vestiges, les pyramides, les pagodes… le montrent aussi -- .
Les mots en gras(l'enfantement, le dépôt, les entassements, le résidu, des espèces de formations) sont tous les appositions de 'des œuvres sociales'.
Je ne sais pas si "apposition" convient. Il s'agit plutôt de dire ce que sont les grands produits de l'architecture. On a dit que ce sont des œuvres sociales. Maintenant on dit que c'est aussi l'enfantement, ou le dépôt, ou les entassements… C'est une succession d'attributs alternatifs.
lamaneur a écrit :que les produits sont moins des œuvres… est donc COD de "démontrent".
Dans la proposition qui suit
"ce que démontrent aussi les vestiges cyclopéens…", le COD du verbe
'démontrent' est le pronom
'ce', n'est-ce pas ?
Alors, j'ai pensé que le COD de
"démontrent" est(était?) le pronom neutre
'ce' (
en ce qu'elles démontrent), l'antécédent du pronon relatif
'que' comme la structure
'en ce qui concerne'.
C'est une succession d'attributs alternatifs.
Cette explication m'est très compréhensible.
Je lirai et relirai ton explication jusqu'à ce que je comprenne.
Grand merci, lamaneur. 🙂
Dans la proposition qui suit "ce que démontrent aussi les vestiges cyclopéens…", le COD du verbe 'démontrent' est le pronom 'ce', n'est-ce pas ?
Disons plutôt que le COD du verbe 'démontrent' est le pronom 'que', qui est mis pour son antécédent 'ce'. C'est ce que tu voulais dire.
Exactement, j'ai pensé ainsi : l'antécédent du pronom relatif 'que' qui fonctionne comme le COD du verbe de la relative.
Bonsoir
-cette vérité est absurde; il n'y a rien qui ne la leur confirme.
* cette: pronom démonstratif ayant une valeur cataphorique introduisant "vérité"
* cette vérité: sujet du verbe d'etat "est"
* absurde: attribut du sujet "cette vérité
* il: sujet grammatical introduisant le présentatif
* n' : adverbe négatif introduisant une négation totale qui porte sur le pronom "rien"
* y: adverbe locatif qui s'est lexicalisé avec le "il" et "avoir" pour former le presentatif
* rien: pronom sujet réel de la phrase
* qui ne la leur confirme: subordonnée relative complément du pronom "rien"
* qui: pronom relatif sujet du verbe "confirmer"
* ne: adverbe négatif introduisant une négation partielle qui porte sur le verbe "confirmer"
* la: pronom conjoint antéposé au verbe ayant la fonction d'un COD
* leur: pronom disjoint antéposé ayant la fonction d'un COI
J'ai aussi une question du côté stylistique: comment peut-on interpréter la prépondérance des prépositions "à" et "de" dans un texte? y a-t-il un nom spécifique à ce phénomène, ou il suffit seulement de parler de leurs valeurs sémantiques?
Bonsoir.
Juste ces remarques :
-Cette vérité est absurde; il n'y a rien qui ne la leur confirme.
* cette: pronom démonstratif ayant une valeur cataphorique introduisantdéterminant démonstratif, déterminant le nom "vérité"
* absurde: adjectif qualificatif, attribut du sujet "cette vérité"
* ne: adverbe négatif introduisant une négation partielle qui porte sur le verbe "confirmer" En fait, ce "ne" est explétif et peut tout à fait être supprimé. La négation est déjà exprimée dans la principale (n'…rien) .
* leur: pronom disjoint (non: un pronom disjoint est introduit par une préposition); conjoint antéposé ayant la fonction d'un COICOS (puisqu'il y a aussi un COD)
Je ne pense pas qu'il y ait une valeur stylistique attachée à l'abondance des "à" ou des "de" dans un texte.
Ah je voulais écrire "déterminant"!
Pour cet exemple (je pense que je l'ai tiré soit de sancier et chateau, soit de Reigel, je ne me rappelle pas)
* ils restent eux-mêmes
on a considéré "eux-mêmes" comme un pronom disjoint alors qu'il n'y a pas de préposition; pourquoi?
puis pour cet exemple:
- elle travaille mais sans aucune motivation.
peut-on parler d'une triple négation:
1- avec l'adversatif "mais" qui marque une rupture avec ce qui est dit au début
2- sans: la préposition négative
3- aucune: déterminant indéfini marquant la quantité nulle
Enfin qu'elle est la formulation correcte:
je me demande "s'il n'ait" ou bien "je me demande "s'il n' y a"
je sais que: si+présent= soit présent soit futur, mais moi je veux savoir si l'emploi du subjonctif est aussi acceptable dans cette tournure
Merci beaucoup Jehan
Une dernière question:
-"Qu’ils apprennent au moinsquelle est la religion qu’ils combattent avant que de la combattre" .
*avant que de: Cette locution prépositive, me parait un peut bizarre, est-ce qu'elle est toujours d'usage? en cherchant, j'ai découvert qu'elle fut introduite par le pédantisme (source wikipedia), mais en quoi est-elle pédante?
* au moins: locution adverbiale exprimant le degré minimal
* quelle: pronom indéfini COD du verbe "apprennent"
Quelle est un pronom interrogatif attribut du sujet religion. Le COD de apprennent est la subordonnée interrogative.
*avant que de: Cette locution prépositive, me parait un peut bizarre, est-ce qu'elle est toujours d'usage? en cherchant, j'ai découvert qu'elle fut introduite par le pédantisme (source wikipedia), mais en quoi est-elle pédante?
Disons qu'elle est redondante.
Il suffit de dire
avant de. Le sens est le même.
Pour
quelle, je dirais plutôt adjectif interrogatif attribut du sujet
religion."Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion qu’ils combattent avant que de la combattre"
Comparons avec :
"Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion qu’ils combattent avant de la combattre"
Je ne sais pas pourquoi, je préfère la première, bien que, objectivement, les deux aient le même sens et la première formule puisse être sentie comme plus alambiquée et pédante.
Pour moi, il y a un nuance : "avant que de" indique mieux un choix intellectuel entre deux options, l'une étant préférable à l'autre ; "avant de" indique mieux la stricte succession dans le temps.
Mais cette nuance peut m'être personnelle, et elle n'est pas applicable en toute circonstance ni dans tout registre de langue.
Bonjour à tous,
"Avant que de" est une locution que l'on trouve assez fréquemment dans les textes du XVIIème siècle. Il n'y a qu'à regarder la liste d'exemples donnés par le Littré pour s'en convaincre. Cela dit, la locution n'est plus utilisée aujourd'hui.
Je n'ai pas la Grammaire du français classique de Nathalie Fournier chez moi, mais je crois qu'elle consacre quelques lignes à cette locution et je crois aussi me souvenir qu'elle l'interprète comme une sorte de confusion entre la construction "avant de + infinitif" et la construction "avant que + proposition". Si quelqu'un possède l'ouvrage, il pourrait peut-être nous dire ce qu'on y trouve.
Au plaisir,
FC.
Oui, moi aussi je préfère la première, sans raison objective, mais parce qu'elle me paraît plus harmonieuse.
Peut-être sommes-nous pédants.
Merci à vous toutes et tous
Je ne me plains pas de la locution, au contraire, c'est juste que je ne l'ai jamais rencontrée avant 🙂
petitleceir a écrit :"Avant que de" est une locution que l'on trouve assez fréquemment dans les textes du XVIIème siècle. Il n'y a qu'à regarder la liste d'exemples donnés par le Littré pour s'en convaincre. Cela dit, la locution n'est plus utilisée aujourd'hui.
Eh quoi, je n'existe pas ? Il m'arrive de l'utiliser (par écrit).
petitleceir a écrit :Je n'ai pas la Grammaire du français classique de Nathalie Fournier chez moi, mais je crois qu'elle consacre quelques lignes à cette locution et je crois aussi me souvenir qu'elle l'interprète comme une sorte de confusion entre la construction "avant de + infinitif" et la construction "avant que + proposition". Si quelqu'un possède l'ouvrage, il pourrait peut-être nous dire ce qu'on y trouve.
Je n'ai pas ce livre, mais j'en ai d'autres sur le français classique, où l'on rappelle que quatre infinitifs prépositionnels étaient en concurrence pour "avant" :
avant + infinitif : avant mourir, condamné par Vaugelas et devenu rare.
avant de + infinitif : toujours bien vivant.
avant que + infinitif : Avant que nous lier, il faut nous mieux connaître (Molière, Misanthrope)
avant que de + infinitif : Moi, renoncer au monde avant que de vieillir (Molière, Misanthrope)
Bonsoir
- "Il croit avoir fait de grands efforts pour s’instruire, lorsqu’il a employé quelques heures à la lecture de quelque livre de la littérature, et qu'il a survolé quelques pages sur la philosophie de Platon."
* avoir fait: infinitif passé COD du verbe "croit"
* de grands efforts: groupe prépositionnel COD du verbe "avoir fait"
* pour s'instruire: groupe prépositionnel complément circonstanciel de but
* lorsque: adverbe de liaison marquant le temps
* quelques: adjectif/ déterminant indéfini quantifiant référent à la pluralité indéterminée
* quelques heures: COD du verbe "a employé"
* à la lecture de quelque livre de la littérature: nous avons le phénomène de récursivité (une succession de compléments de nom (mais quel est l'effet produit/recherché?)
=> à la lecture: complément déterminatif du nom " heures"
=> de quelques livre: complément déterminatif du nom "livre"
=> de la litterature: complément déterminatif de "livre"
*et: conjonction de coordination copulative liant les deux propositions
*que: est-ce un "que vicariant"? 😀
*quelques pages: "quelques" adjectif indéfini quantifiant renvoyant à la pluralité indéterminée
*sur la philosophie de Platon: phénomène de récursivité
- "Il faudrait pour la convaincre qu’ils disent qu’ils ont fait tous leurs efforts pour chercher partout et même dans ce que les sciences occultes proposent pour s’en instruire, mais sans aucun résultat."
*il faudrait: tournure impersonnel: sujet grammatical+ verbe impersonnel au conditionnel
*pour la convaincre: complément circonstanciel de but
*qu'ils disent: subordonnée complétive COD du verbe "faudrait"
*qu'ils ont fait tous leurs efforts….partout: subordonnée complétive COD du verbe "disent" (nous sommes face à l’emboîtement de plusieurs subordonnées)
* tous: adjectif indéfini quantifiant renvoyant à la totalité absolue. Il se combine avec le déterminant possessif "leurs"
* tous leurs efforts: COD du verbe "ont fait"
*pour chercher: complément circonstanciel de but
* partout: adverbe ayant la fonction d'un C. de lieu
* et: copulative liant deux propositions
* même: adverbe d'insistance?
* dans ce que les sciences occultes proposent pour s'en instruire: complément circonstanciel de lieu
* ce que: locution relative introduisant une subordonnée périphrastique qui n'a pas d'antécédent?
* pour s'en instruire: complément circonstanciel de but
* en: pronom adverbiale COS du verbe. le pronom réfléchi "s'" a la fonction d'un COD
*Mais: adversatif marquant une rupture avec ce qui est dit
* sans: préposition marquant la négation
* aucun: déterminant indéfini quantifiant marquant la quantité nulle
*sans aucun resultat: apposition?