Analyse grammaticale
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En écrivant :
C'est toi le responsable=le responsable est toi
C'est une catastrophe ce pays=Ce pays est une catastrophe.
tu donnes un équivalent sémantique indiscutable, mais pas un équivalent grammatical. Donc, ça ne nous éclaire pas sur le statut de "le responsable".
En revanche, si on écrit :
C'est toi le responsable=le responsable, c'est toi
C'est une catastrophe ce pays=Ce pays, c'est une catastrophe.
on aurait à la fois une équivalence sémantique et grammaticale.
Cela dit, je ne me prononce pas sur le statut de "le responsable" dans ces deux sortes de clivage.
Ce sont des mises en emphase
- du sujet
Vivre est beau => C'est beau de vivre
Ce pays est une catastrophe => C'est une catastrophe ce pays
ou
- de l'attribut :
Tu es le responsable => C'est toi le responsable
donc analogue à l'analyse de Jehan.
Bonjour,
J'ai des petits soucis concernant les trois phrases dans lesquelles il faut dire ce que remplace ce qui est est gras :
Claire veut acheter une maison. La sienne est trop petite.
La sienne remplace sa maison. Mais peut-on aussi dire que le pronom possessif remplace la maison de claire ?
Claire a choisi un livre. Celui-ci est très cher.
Celui-ci remplace ce livre. Mais peut-on aussi dire que le pronom démonstratif remplace le livre-ci ?
Le livre que Claire a acheté coûte cher.
Que remplace le/ce livre ?
Merci d'avance
On ne peut remplacer que ce qui existe (voir première phrase), c'est pourquoi il me semble, même si je n'entends rien à l'analyse, préférable de dire est mis pour qui laisse plus de latitude.
Si cela est juste, alors au plan grammatical, il me semble que cela ne change rien de pousser si loin le souci du détail :
1ere phrase : sa maison ou la maison de claire. Sa maison = la maison de Claire non évoquée auparavant.
2ème phrase : ce livre ou le livre-ci. Les deux désignent le livre choisi évoqué auparavant.
3ème phrase : le livre ou ce livre. Dans les deux cas, c'est le livre acheté évoqué auparavant.
Ce que j'en dis…
Dans la phrase ci-dessous :
Pourtant, lorsque nous analysons en toute conscience la qualité de tous les services que La Plagne propose, nous pensons que lorsqu'une station est très bonne dans tous les domaines, même si elle n'est pas toujours la première dans chacune d'entre eux, c'est sans doute qu'elle est la meilleure !
comment analyser en soi la partie soulignée ?
=> certes c'est un présentatif, mais ensuite que faire du "que" qui suit : construction complétive ?
comment rapporter cette partie au verbe dont elle dépend en gras ?
=>au fond, la partie "c'est sans doute que" semble superflue.
c'est sans doute qu'elle est la meilleure = elle est sans doute la meilleure.
Structure emphatique.
Mise en relief de la locution adverbiale "sans doute" par c'est…que.
ok, et côté analyse grammaticale, comment analyser la construction emphatique "c'est…que" ?
simple présentatif en ignorant le "que" ou "que" complétive du présentatif ?
Les avis diffèrent, l'analyse de ce gallicisme est délicate.
Riegel semble y voir une sorte de complétive, puisqu'il analyse
que comme une conjonction.
Mais pas de complétive selon Le Goffic, plutôt une sorte de relative, avec un
que relatif "multifonctions".
Voir mon message 11 dans cette autre discussion, avec mention de l'analyse de Le Goffic :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/16159-tournure-emphatique-et-analyse-de-que-dans-cest-que-p2.htmlDans la phrase ci-dessous :
Et pour être sûr que nous comprenions Son amour, que nous n'oubliions pas qu'Il nous a aimés, Il Se fait l'affamé, le nu, le sans-logis.
Y a-t-il une appellation particulière à cette construction imbriquant une subordonnée causale
pour et une locution conjonctive
être sûr que suivi du subjonctif (en raison de la causale) et non de l'indicatif (qui exigerait la certitude exprimé par la locution conjonctive) ?
"Pour" introduit le but.
"être sûr que" n'est pas une locution conjonctive.
"comprenions" n'est pas un subjonctif, mais un imparfait de l'indicatif.
Donc je ne comprends pas la question.
Bonjour.
La préposition pour n'introduit pas un complément de cause, mais un complément de but.
Et pour n'introduit pas une subordonnée de but, mais un simple CC à noyau infinitif (être).
Et "être sûr que" n'est pas une locution conjonctive.
que nous comprenions Son amour : proposition subordonnée complétive, complément de l'adjectif "sûr". Normalement, après "sûr que", ce devrait être au présent de l'indicatif. Mais ici, cette certitude n'est pas effective, puisque la certitude est un simple but à atteindre (pour être sûr…)
Vu le présent ultérieur "Il se fait" je doute que ce soit un imparfait de l'indicatif.
C'est un subjonctif, comme dans "Pour que nous comprenions".
que nous n'oubliions pas : proposition subordonnée complétive, complément de l'adjectif "sûr", juxtaposée à la précédente.
qu'Il nous a aimés : proposition subordonnée conjonctive, COD du verbe "oublions".
Oui, selon le contexte, on peut avoir "pour être sûr qu'il comprenne bien" et "pour être sûr qu'il comprend bien". Le premier me semble plus naturel dans la plupart des circonstances.
@Jehan
que nous comprenions Son amour : proposition subordonnée complétive, complément de l'adjectif "sûr"
dans le cas d'un impersonnel du genre :
Il est sûr qu'il viendra demain.
analyse-t-on toujours
qu'il viendra demain comme complétive et complément de l'adjectif
sûr ?
Dans ce cas-là, où est le sujet ?
J'aurais pensé :
Il : sujet apparent
qu'il viendra demain : sujet réel (dans ce cas quelle est la fonction de "que")
sûr : attribut
Oui, ton analyse est exacte.
Dans le cas d'une tournure impersonnelle, "qu'il viendra demain" n'est pas complément de "sûr", mais sujet réel.
Quant à la conjonction qu', elle n'a pas plus de fonction que dans ton exemple précédent.
Elle sert simplement à introduire la complétive.
C'est la complétive qui a une fonction, pas la conjonction qui l'introduit.
Bonjour,
Pourriez-vous m'aider pour l'analyse grammaticale de ces premiers vers de Les Yeux d'Elsa d'Aragon ? Une aide serait la bienvenue, je commence à revoir mes bases de grammaire et j'ai quelques difficultés.
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
Quels sont les statuts de "qu'en me penchant pour boire…", "y venir se mirer" et la fonction de "à mourir" ?
Existe-t-il des ressources d'analyse grammaticale et logique appliquée à des textes entiers ?
Merci d'avance
Bonsoir.
Pour ce qui est de l'analyse logique :
Tes yeux sont si profonds : proposition principale
qu'en me penchant pour boire J'ai vu : proposition subordonnée conjonctive de conséquence
tous les soleils y venir se mirer : proposition infinitive, COD de "ai vu".
S'y jeter à mourir tous les désespérés : proposition infinitive, COD de "ai vu", juxtaposée à la précédente.
Tes yeux sont si profonds : proposition principale
que j'y perds la mémoire : proposition subordonnée conjonctive de conséquence.
Les éléments dont tu demandes l'analyse, eux, ne sont pas des propositions.
"en me penchant pour boire" est un gérondif CC de temps (alors que je me penchais…) de "ai vu".
"à mourir" est un CC de conséquence à noyau infinitif, un CC du verbe "se jeter".
Les textes entiers sont composés de phrases, il n'y a donc pas de procédés d'analyse spécifiques.
On analyse chaque phrase…
Merci beaucoup pour cette explication on ne peut plus claire !
Bonjour,
J'ai quelques hésitations pour le début d'un poème de Saint-John-Perse, j'aurais aimé votre avis. Je crois ne pas être très au clair sur les appositions.
"Amants, ô tard venus parmi les marbres et les bronzes, dans l'allongement des premiers feux du soir,
Amants qui vous taisiez au sein des foules étrangères,
Vous témoignerez aussi ce soir en l'honneur de la Mer :"
(début de Etroits sont les vaisseaux)
Amants (celui de la première phrase) est-il bien une apposition de "Vous" ?
ô tard venu parmi les marbres et les bronzes est-elle bien une participiale CC de temps juxtaposé à "Amants" ?
dans l'allongement des premiers feux du soir un groupe CC de lieux lié à la participiale en apposition ?
Bonsoir.
Amants et ô tard venus (…) soir sont deux apostrophes en apposition l'une à l'autre, servant à interpeller les destinataires de l'énoncé.
Les apostrophes n'ont pas vraiment de fonction syntaxique par rapport au reste de la phrase.
Pas de participiale. Pour qu'il y ait participiale, il faudrait un sujet propre à venus qui soit distinct du sujet du verbe conjugué (témoignerez).
dans l'allongement des premiers feux du soir est un CC de lieu du participe venus.
Un adjectif ou un participe utilise comme adjectif est plutôt qualifié d'épithète détachée que d'apposition.