Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 56 / 216

Récapitulons.
La phrase à décortiquer est la suivante :
Les à-pied exècrent les en-voiture, et les en-voiture terrorisent les à-pied, les premiers passant instantanément dans le camp des seconds si on leur met un volant entre les mains.
Je vois deux indépendantes coordonnées par et et un complément non essentiel que nous appellerons proposition participiale pour ne fâcher personne.
Donc, bien qu’il y ait un sujet exprimé non différent de celui d’une des deux indépendantes on considère malgré tout ce les premiers passant instantanément dans le camp des seconds comme une proposition participiale
Personnellement, je me refuse à parler de sujet d'un verbe non conjugué. Le participe est un adjectif et les adjectifs n'ont pas de sujet, pas vrai ? Le participe est un prédicat, qui donne des renseignements (langage de tous les jours) à propos d'un thème, ce dont on parle.
Ici, on parle des à-pied, et l'on en dit qu'ils passent dans l'autre camp : thème, prédicat. Je pousse l'iconoclasme jusqu'à réserver le terme proposition aux groupes de mots construits autour d'un verbe conjugué. Ne le répétez pas aux élèves qui passent des examens !
Personnellement, je me refuse à parler de sujet d'un verbe non conjugué. Le participe est un adjectif et les adjectifs n'ont pas de sujet, pas vrai ?
Traditionnellement, il est adjectif quand il s'agit de l'adjectif verbal qui prend la forme du participe présent mais s'accorde en adjectif.
Mais n'est-il pas bien verbe, non conjugué, quand il joue vraiment son rôle de participe présent, comme ici ?
https://w3.restena.lu/amifra/exos/orth/regaccpapr.htm
Et en tant que verbe, on peut parler de sujet.
https://www.cce.umontreal.ca/capsules/2586.htm
Cela dit, tout cela n'est qu'une question de définitions et de descriptions. ll y a mille façons de voir la question.
Jehan a écrit : Oui, c'est cela. COI de "se faire".
Merci, Jehan.
Et, veuille m'excuser de mon retard de remerciements.
J'étais en voyage pendant quelques jours.

Bien amicalement. 🙂
S'il n'y a pas de proposition participiale, de quoi dépend la conditionnelle ?
lamaneur a écrit :
Personnellement, je me refuse à parler de sujet d'un verbe non conjugué. Le participe est un adjectif et les adjectifs n'ont pas de sujet, pas vrai ?
Traditionnellement, il est adjectif quand il s'agit de l'adjectif verbal qui prend la forme du participe présent mais s'accorde en adjectif.
Mais n'est-il pas bien verbe, non conjugué, quand il joue vraiment son rôle de participe présent, comme ici ?
https://w3.restena.lu/amifra/exos/orth/regaccpapr.htm
Et en tant que verbe, on peut parler de sujet.
https://www.cce.umontreal.ca/capsules/2586.htm
Cela dit, tout cela n'est qu'une question de définitions et de descriptions. ll y a mille façons de voir la question.
Question de définition, comme vous dites si bien.
Ma définition du sujet est fonctionnelle et restrictive : le sujet est l'élément qui donne au verbe sa personne et son nombre. Adoncques, une forme non conjuguée, non personnelle ne peut avoir de sujet. Voici pourquoi je préfère le couple thème et prédicat : si tout sujet grammatical est un thème, tout thème n'est pas forcément sujet grammatical ; si tout verbe est un prédicat, tout prédicat ne porte pas des marques de personne et de nombre. A mon usage personnel (et à celui de mes élèves) pour éviter la confusion des jeunes esprits.

Le participe, c'est ce qui fait son charme, est ambigu : c'est un verbe qui prend des marques de genre ET un adjectif qui a des compléments… ou même des sujets. Comment exprimer cela ?
On peut aussi parler d'agent du participe ou d'agent de l'infinitif, sans utiliser le terme de sujet.
Jehan a écrit :On peut aussi parler d'agent du participe ou d'agent de l'infinitif, sans utiliser le terme de sujet.
En analyse grammaticale niveau primaire ou collège ?
Delia a écrit :Voici pourquoi je préfère le couple thème et prédicat : si tout sujet grammatical est un thème, tout thème n'est pas forcément sujet grammatical ;

Ta lettre, je l'ai reçue hier. Le thème est la lettre. Il y aurait donc des phrases avec deux thèmes ?
Anne345 a écrit :S'il n'y a pas de proposition participiale, de quoi dépend la conditionnelle ?
Un expert répond ?
Très bien, merci à tous pour vos interventions.

Je tente de récapituler également.
S’il y a une proposition participiale, il y a donc une subordonnée (les propositions participiales sont bien des propositions subordonnées ?).
S’il y a une proposition subordonnée, c’est qu’il y a une proposition principale.
Quelle est la proposition principale de cette phrase ?
Anne345 a écrit :
Jehan a écrit :On peut aussi parler d'agent du participe ou d'agent de l'infinitif, sans utiliser le terme de sujet
En analyse grammaticale niveau primaire ou collège ?
Je n'ai pas dit cela. Mais le terme est pratique. On utilise bien déjà le terme "complément d'agent". Un agent qui n'est pas sujet, vu qu'il ne commande pas l'accord du verbe…
Alors, que chacun invente son propre vocabulaire…
Mais le terme est déjà utilisé dans ce sens par des grammairiens, ce n'est pas une invention personnelle.
Anne345 a écrit :
Delia a écrit :Voici pourquoi je préfère le couple thème et prédicat : si tout sujet grammatical est un thème, tout thème n'est pas forcément sujet grammatical ;

Ta lettre, je l'ai reçue hier. Le thème est la lettre. Il y aurait donc des phrases avec deux thèmes ?
Trouvé sur Wikipédia (on ne frappe pas…) :
Le thème n'est pas forcément exprimé par le sujet grammatical de la phrase : dans « Ta grand-mère, je la connais bien », « ta grand-mère » reste le thème mais il occupe la place du complément d'objet direct (ou, plus précisément, de l'objet patient).
Ta lettre, ta grand-mère sont des prolepses.
Oui, merci. Mais vous dites que le sujet grammatical est toujours thème, ce qui en fait donc deux pour ces phrases. Est-ce possible ? C'est ça ma question.
Cette fois, j'ai vu le piège.
Vous avez raison, mais je me dispenserai d'aller à Canossa.
Pourquoi voir un piège, et non pas un point que j'ignore ? Pourquoi reconnaitre une erreur serait une défaite humiliante ? Pourquoi ne pas se dispenser de répondre plutôt que laisser penser qu'on n'a pas compris la question ?
Le conseil est bon : je me dispense de répondre.
J'ai passé l'âge des querelles de bac à sable.
Katioucha a écrit :Très bien, merci à tous pour vos interventions.

Je tente de récapituler également.
S’il y a une proposition participiale, il y a donc une subordonnée (les propositions participiales sont bien des propositions subordonnées ?).
S’il y a une proposition subordonnée, c’est qu’il y a une proposition principale.
Quelle est la proposition principale de cette phrase ?
Et si vous répondiez à Katioucha ? 😀
Les à-pied exècrent les en-voiture, et les en-voiture terrorisent les à-pied, les premiers passant instantanément dans le camp des seconds si on leur met un volant entre les mains.

Je dirais qu'il y a ici deux principales coordonnées : "Les à-pied exècrent les en-voiture" "et les en-voiture terrorisent les à-pied"
… si l'on analyse le groupe participe comme une subordonnée de plein exercice.
Si l'on y voit un simple complément de phrase (ou circonstant, ou complément non essentiel), il n'y a que deux indépendantes.
Merci Jacques, merci Jehan et Delia.

D’accord, d’accord, mais alors on continue d’achopper sur le problème soulevé par la question de départ de iétudeslittéraires.

Comment peut-on qualifier de proposition participiale une « chose » qui a un sujet exprimé (ce n’est en principe pas le cas des participes épithètes, si j’ai tout bien suivi), mais dont le sujet est identique à celui de l’une des deux principales ? (En principe pour former une proposition participiale, il faut que le participe ait un sujet (ou comme il plaira à chacun de le dénommer) différent de celui de la principale, n'est-ce pas ?)

Cette proposition participiale le serait-elle uniquement au regard de Les en-voiture terrorisent les à-pied ?

Le problème, c’est que si on supprimait la première indépendante-principale, on aurait :

Les en-voiture terrorisent les à-pied, les premiers passant instantanément dans le camp des seconds si on leur met un volant entre les mains.

Où en effet le sujet de « passant » serait différent de celui de la principale, mais où la phrase n’aurait plus de sens.


Si on supprimait la seconde principale-indépendant, on aurait :

Les à-pied exècrent les en-voiture, les premiers passant instantanément dans le camp des seconds si on leur met un volant entre les mains.

Ce qui donne une phrase sensée, mais du coup ôte son statut de participiale à les premiers passant…, si on applique le critère de la non identité des deux sujets.