Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 40 / 216

Bonjour,

A mon sens, il s'agit d'un CC de cause, ce type de cc répondant aux questions pourquoi ? à cause de quoi ?
Oui, mais si on pose les questions sur quoi ? sous quel rapport ? on voit que ce n'est pas l'idée de cause qui prime. En grammaire historique des langues anciennes, on parle d'ablatif de point de vue… Mais est-on fondé à parler de "complément circonstanciel de point de vue" dans la grammaire "traditionnelle" (dont je suis d'accord pour dire qu'elle louvoie entre le structurel et le sémantique) ?
Et vous êtes agrégé ?

si l'on veut absolument coller une étiquette, ce qui n'est nullement indispensable ( voir là-dessus Peytard et Genouvrier, Linguistique et enseignement du français, Larousse, 1970)il ne s'agit nullement de cause mais de manière d'être : ils diffèrent sous le rapport de la langue, etc.
Tous ces peuples diffèrent par la langue, les institutions et les lois.
Pourquoi dites vous non déplaçables pour justifier votre réponse ? Les phrases suivantes
Par la langue, les institutions et les lois, tous ces peuples diffèrent.
Tous ces peuples, par la langue, les institutions et les lois, diffèrent.
ne seraient pas correctes.
Oui, mais ces groupes dépendent assez étroitement du verbe malgré tout : ce ne sont pas des compléments de phrases.

Oui, Delia, je suis agrégé, mais, comme vous le savez, il y agrégé et agrégé…
Ce n'est pas à vous que je faisais la remarque, mais à Roméo31 :
A mon sens, il s'agit d'un CC de cause, ce type de cc répondant aux questions pourquoi ? à cause de quoi ?
Vous vous êtes immiscé entre son message et ma réplique, qu'il ne faut surtout pas prendre pour vous.
Mais est-on fondé à parler de "complément circonstanciel de point de vue" dans la grammaire "traditionnelle" (dont je suis d'accord pour dire qu'elle louvoie entre le structurel et le sémantique) ?
J'ai milité trente ans pour ôter de l'esprit des élèves la grammaire traditionnelle (les dix premières années m'ayant servi à m'en désintoxiquer progressivement…), je n'ai donc pas d'opinion sur cette question. Voyez cela avec votre IPR.
Oui, mais ces groupes dépendent assez étroitement du verbe malgré tout : ce ne sont pas des compléments de phrases.

Oui, Delia, je suis agrégé, mais, comme vous le savez, il y agrégé et agrégé…
Pour moi, il n'y a pas les "bons" agrégés", dont vous feriez partie, et les "bien moins bons", auxquels peut-être j'appartiendrais.

Je vous prierais donc d'expliciter les termes de votre "il y a agrégé et agrégé…"
Merci bien.
Bonjour, une question :

Comment analyseriez-vous le second "que" dans "Qu'est-ce que c'est que ça ?"

Merci 🙂
Est-il vraiment utile et nécessaire d’analyser du charabia.
Qu'est-ce que c'est que ça ? = Qu'est-ce que cela ? ou encore Qu'est cela ? (à confirmer)
Difficilement analysable…
Peut-être la même chose que dans : "C'est une histoire compliquée que celle-là.
Une parenté, semble-t-il, avec ce qu'on appelle ici "que inverseur", toujours supprimable. (IV, 3)
[lien invalide]
L'analyse exacte n'est certes pas utile, mais toute recherche grammaticale n'a pas forcément un but utilitaire.
"Qu'est-ce que c'est que ça ?" ne mérite pas pour autant d'être appelé charabia.
C'est d'un registre familier, mais parfaitement correct.
J'en profite pour dire qu'un jour j'ai demandé qu'on m'explique l'origine de
qu'est-ce que c'est que ça,
qu'est-ce que c'est,
il y a,
et que je n'ai guère eu de réponse.

Même sur ce forum, il est difficile d'expliquer ces expressions ?
Oui, Delia, je suis agrégé, mais, comme vous le savez, il y agrégé et agrégé…
Y a-t-il des désagrégés ?
et que je n'ai guère eu de réponse.
Il me semble pourtant que j'avais essayé…
Il me semble bien que ça avait tourné très court.
Pour "Il y a", tu m'avais remercié, en me disant que ça n'était déjà pas mal.
Pour "qu'est-ce que c'est que ça", je ne vois pas trop ce que j'aurais pu rajouter :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/15736/diverses-questions-de-francais (message 3661)
https://forum.lokanova.net/viewtopic.php?f=9&t=25743#p360036
Je vous remercie de vos réponses - ou de l'absence de réponse - qui est tout de même assez révélatrice de la complexité du langage, que ce soit en matière d'origine ou de grammaire 😀
Il est vrai que c'était une question lancée tout à fait par curiosité, je me demandai tout simplement comment vous grammairiens pouvaient expliquer ce "que" qui n'entrait pas vraiment dans la grammaire de base que j'avais apprise.
Paulang a écrit :il faut lire Que ce bruit est énervant, car sinon je ne comprends pas la phrase.
Oui, bien sûr. C'est une coquille…
Hippocampe a écrit :J'en profite pour dire qu'un jour j'ai demandé qu'on m'explique l'origine de
qu'est-ce que c'est que ça,
qu'est-ce que c'est,
il y a,
Pour exprimer une constatation d'existence :
- Le latin classique utilise le verbe être, accordé avec son sujet.
Ex : Sunt lupi in silva
"Il y a des loups dans la forêt".

- Le latin tardif tend à utiliser le verbe avoir dans un emploi impersonnel, l'élément dont on constate l'existence étant bien sûr COD du verbe et non plus sujet.
Ex : Habet in bibliotheca Ulpia librum elephantinum. (Vopisque de Syracuse, IVème siècle)
"Dans la bibliothèque ulpienne, il y a un livre en ivoire".

- Durant le haut Moyen-Age, habere se généralise. Comme très souvent la constatation de l'existence se double d'une localisation, on va prendre l'habitude de faire figurer un nom ou un adverbe de lieu à côté du verbe habere.
Ex :Avis illa bona est, sed puto hic non habere. (Anthime, médecin du 6ème siècle)
"Cet oiseau est bon (à manger), mais je crois qu'il n'y en a pas ici".
hic habere préfigure le français moderne "il y a", mais hic a ici un sens plein, il n'est pas encore "explétif" comme le montre la traduction française, où l'on doit exprimer à la fois y et ici.

- Par la suite, le i explétif va apparaître, sans devenir pour autant obligatoire.
Ex : En Rencevals ad un'ewe curant (Chanson de Roland)
"A Roncevaux, il y a un cours d'eau".
Ex : Ensum un tertre, desuz dous arbres bels,
Quatre perruns i ad de marbre faiz.

"En haut d'un tertre, sous deux beaux arbres,
Il y a quatre blocs faits de marbre".
Ici, le i n'était pas nécessaire pour rappeler la localisation. Il est nettement explétif.

- Au XVème siècle, même situation :
Ex : Humains, ici n'a point de moquerie. (pas de y explétif). (Villon)
"Hommes, ici, il n'y a pas (matière à) à moquerie".
Ex : Mais adoncques, il y a grand deshet
Quant sans argent s'en vient coucher Margot
(Villon)
"Mais alors, il y a grande colère
Quand Margot s'en vient coucher sans (exiger d')argent".
Ici, le y n'était pas nécessaire, il ne renvoie à aucun lieu précisé immédiatement avant (on est au début d’une strophe).

- Eh français moderne, le y explétif se généralise, mais il y a des survivance du verbe avoir employé seul jusqu'au XVIIIème siècle. Montaigne l’utilise toujours, mais La Fontaine écrit encore : «n’a pas longtemps »
Je crois que dans le cas d’un complément de temps, le y s’est instauré plus difficilement.
Cf : Je respondy que par Fortune estoye
Mis en exil en ce bois long temps a
(Ch d’Orléans)

Note : le pronom il, sujet grammatical du verbe avoir, n'apparaît pas couramment avant le français moderne. D'une manière générale, les pronoms sujets ne sont jamais obligatoires en AF.
Merci beaucoup, Jacques.
Bonsoir
je fais l'analyse grammaticale de certaines phrases (nature et fonction de tous les éléments de chaque phrase) et j'aimerai bien avoir votre avis sur certains éléments qui sèment le doute dans mon esprit.
bon voilà:
1-un arbre noueux, une borne, une ombre, un rien l'effraie.
un arbre: article indéfini+nom= sujet de la phrase
noueux: adjectif épithète
une borne, une ombre= sujets
un rien: article indéfini+pronom indéfini= sujet
l'= pronom personnel= COD
effraie= verbe au présent noyau de la phrase
2- allons, doucement! hue! dia! tout va bien: la brave bête a repris son allure tranquille de serviteur docile et soumis
allons: verbe à l’impératif exprimant l'ordre
doucement: adverbe de manière (pas sure!)
hue! dia! = interjections
tout= pronom indéfini/ sujet
va: verbe au présent
bien= adjectif attribut
la brave bête: article défini+ adjectif épithète+ nom= sujet
a repris: verbe
[son allure/ tranquille (adjectif épithète)]=COD
de serviteur: Complément du nom "allure"
docile et soumis: adjs épithètes