Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 28 / 216

Bonjour,

Dans la phrase:
Je veux continuer à construire ma maison,
doit-on considérer qu'il n'y a qu'un seul COD principal, continuer à construire ma maison, ou peut-on choisir dans l'analyse globale de la phrase un autre COD selon le thème sur lequel on souhaite insister (exemples: à construire ma maison, ou ma maison)?
Bonsoir.

Il y a des CO emboîtés, voilà tout.

continuer à construire ma maison, COD de "veux"
à construire ma maison, COI de l'infinitif "continuer"
ma maison, COD de l'infinitif "construire"
Continuer à construire = continuer la construction
à construire la maison est COD.
Mais le "à" ? "construire ma maison" ne serait pas plutôt un COI ?
Non. La préposition ajoutée devant l'infinitif ne fait pas devenir le verbe transitif indirect.
De plus, si on considère "continuer à" comme un semi-auxiliaire, on n'analyse pas construire comme un complément d'objet.
Anne345 a écrit :Non. La préposition ajoutée devant l'infinitif ne fait pas devenir le verbe transitif indirect.
Très juste !
Ah oui, au temps pour moi. Mais il faudra le dire au Petit Robert… 😉
Comment analyser le tronçon de phrase ci-dessous :
… le chauvinisme reproché à chaque pays par ses voisins.
d'une part, reproché est noyau d'un groupe adjectival, mais d'autre part est complété par la préposition par, d'où ma question s'il faut considérer le participe passé comme adjectif épithète ou comme participe?
Bonjour.

C'est un participe passé épithète…
Et comment fait-on pour trancher entre épithète et participe dans un tel cas ?
Est-ce en remplaçant par un autre mot ne se terminant par "é", par exemple : "… le chauvinisme propre à chaque pays par ses voisins."
Il ne s'agit pas de trancher entre "épithète" (qui est une fonction) et "participe" (qui est la nature du mot).
Un adjectif peut être épithète, un participe peut être épithète aussi.

Il s'agit ici de trancher entre deux natures : "adjectif" ou "participe".
On peut effectivement essayer de remplacer le mot par un adjectif sans rapport avec un verbe, comme vous avez fait.
Un adjectif ne pourrait avoir un complément d'agent introduit par "par", comme c'est le cas dans la phrase.
le chauvinisme propre à chaque pays par ses voisins serait incorrect.
C'est donc bien un participe.
Oui, mais ce qui me gêne, c'est que le participe soit tout de même le noyau de ce qui me semble être un groupe adjectival, puisque introduite par la préposition à

Cela ressort plus clairement si on changeait l'ordre de la phrase :
le chauvinisme reproché par ses voisins à chaque pays
On dirait que le participe fasse double emploi : une fois comme participe, puis comme adjectif…
C'est ce qu'on appelle un participe employé comme adjectif !
Pourquoi le participe ferait-il double emploi ? Si tu le supprimes, l'expression n'a plus aucun sens.
Et "à chaque pays" est COI du participe.
Bonsoir,

Je vois que le verbe "plaider" est considéré comme intransitif dans un emploi tel que plaider pour quelqu'un.

Mais alors, comment analyser le groupe pour quelqu'un?

Merci d'avance!
C'est le complément défendu.
On peut considérer effectivement qu'il s'agit d'un COI, et que le verbe dans cet emploi est bien transitif indirect.
Car un COI n'est pas uniquement introduit par les prépositions à ou de.
Avec la même préposition, dans les exemples de COI, Riegel cite voter pour.
Bayard a écrit :Bonsoir,

Je vois que le verbe "plaider" est considéré comme intransitif dans un emploi tel que plaider pour quelqu'un.

Mais alors, comment analyser le groupe pour quelqu'un?

Merci d'avance!


Complément circonstanciel d'intérêt : la personne ou la chose dans l'intérêt de qui ou au profit de quoi est fait quelque chose.

Edit : s'il s'agissait d'un COI, le verbe serait transitif indirect et non intransitif…
Mais ce "complément circonstanciel" n'est pas très mobile, en l'occurrence.
Et de nombreux COI reconnus habituellement comme tels expriment également en faveur de qui ou au profit de qui se fait l'action. Par exemple le "complément d'attribution" traditionnel.