Analyse grammaticale
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Mais la dislocation ici, ce devrait plutôt être :
À ta secrétaire qui parle anglais, je lui ai demandé…
Sauf si l'on tient à rajouter l'anacoluthe à la dislocation.
Cela dit : Ta secrétaire parlant anglais, je lui ai demandé de traduire…
sera plus spontanément interprété comme une participiale que comme une dislocation à gauche mâtinée d'anacoluthe.
La terminologie est malheureusement assez floue et les frontières imprécises entre anacoluthe, dislocation à gauche, prolepse, sans parler de topicalisation et de thémisation !
Certains auteurs précisent que pour la dislocation à gauche, la "marque de la rection verbale ne présente aucun
caractère de nécessité", contrairement à la dislocation à droite. Cf. par exemple, https://denis.apotheloz.perso.sfr.fr/articles/JBG_Article.pdfLes dislocations à gauche et à droite dans la construction des schématisations, page 7 en bas.
Vous êtes bien enquiquinants !
Pourquoi enquiquinants ?
Tu dis ça, toi :
Ta secrétaire qui parle anglais, je lui ai demandé…?
Moi, je parle plus simplement :
J'ai demandé à ta secrétaire qui parle anglais de passer un coup de fil pour moi. (par exemple 🙂 )
Quant à Pascal, il est certes admirable, mais cette anacoluthe ne me met pas en transe quand même.
Elle a le mérite de mettre en parallèle le nez de Cléopâtre et la face du monde.
Mais pour ce qui est de la secrétaire qui parle anglais…
Laoshi a écrit :Tu dis ça, toi : Ta secrétaire qui parle anglais, je lui ai demandé…?.
Je le dis, oui, pourquoi pas, et je l'entends. En général, ce sera dans un dialogue informel qui justifie mieux ce tour. Par exemple :
-Tu sais, ta secrétaire qui parle anglais, je lui ai demandé de me traduire une notice de montage, elle a été infoutue de le faire.
Ça me semble assez courant dans la langue familière.
(Désolé pour la secrétaire, elle vient d'être mutée à un autre poste plus en rapport avec ses compétences ! 😂 )
P.-S. : Je trouve par hasard dans
un autre forum un passage d'une discussion qui apporte un autre exemple de phrase semblable et réelle :
C'est en effet, une bonne idée puisque la dislocation à gauche "oblige" le locuteur à réutiliser dans sa phrase le pronom "en" remplaçant le COI déplacé.
Problème, souvent lors de dislocations à gauche (où le locuteur cherche à "souligner" le thème de la phrase, à montrer à son interlocuteur de quoi ou de qui il parle), les compléments normalement construits avec une préposition la perdent… comme dans l'exemple suivant: "Cette histoire de lentilles je m’en souviens encore."
Cet exemple avait été donné par Claire Blanche-Benveniste et est un exemple réel, issu d'une vraie production d'un locuteur (Oral, Corpus GARS ; Simonet 1, 1, BLANCHE-BENVENISTE C., (1990) Le Français parlé, études grammaticales, Paris, Editions du CNRS, page 81)
Bonjour,
Je bute sur l'analyse de deux phrases, qui semblent poser le même problème:
1-Ce serait bien de faire du sport.
de faire du sport: s'agit-il d'un complément de l'attribut du sujet bien, d'un attribut du sujet ou d'un complément du sujet ce?
2-Ça m'amuse de chanter sous la douche.
de chanter sous la douche: COI du verbe amuser, ou complément du sujet ça?
Merci pour votre aide!
Ce et ça sont ici des pronoms démonstratifs neutres sujets apparents.
Faire du sport et chanter sous la douche sont les sujets réels.
1-Ce serait bien de faire du sport = Faire du sport serait bien
2-Ça m'amuse de chanter sous la douche = chanter sous la douche m'amuse.
Merci.
Je viens par ailleurs de lire une phrase peu évidente à analyser:
La vue de certains Dragons du 6e ,[…] qui revenaient d'Italie, et que Julien vit attacher leurs chevaux à la fenêtre grillagée de la maison, le rendit fou de l'état militaire (Stendhal).
Ne dirait-on pas actuellement desquels Julien vit attacher leurs chevaux à la place de que Julien vit…?
Pouvez- vous m'éclairer ?
Julien vit les dragons attacher..
Que est le relatif, COD. C'est la construction normale.
Oui, c'est la construction normale, avec le relatif que COD de "vit" :
que Julien vit attacher leurs chevaux = Julien vit les dragons attacher leurs chevaux.
desquels Julien vit attacher leurs chevaux ne conviendrait pas.
Cela équivaudrait en effet à : "Julien vit attacher leurs chevaux des dragons"
desquels Julien vit attacher les chevaux ne conviendrait pas non plus au sens :
Cela équivaudrait à "Julien vit attacher les chevaux des dragons."
On ne comprendrait pas forcément que ce sont les dragons qui attachent leurs propres chevaux.
Merci beaucoup pour votre aide!
Il s'agit en fait du sujet de la proposition infinitive, d'où ce que "accusatif" si je comprends bien!
Même s'il n'était pas sujet d'une infinitive, on utiliserait "que" :
Les dragons que Julien vit à la grille l'impressionnèrent.
On n'est plus en latin !
Je parle d'accusatif car j'ai l'impression que dans le cas d'une proposition infinitive, le "que" n'est en fait qu'une partie d'un COD placé en partie après le verbe. Je trouve que la présence d'éléments COD de part et d'autre du verbe donne dans ce cas bien précis une sorte de légitimité à la notion d'accusatif, puisqu'elle permet de rassembler les éléments éparpillés du complément!
Bonjour, comment faire s.v.p. avec la phrase ci-dessous :
On sait ce que sont les inondations des grands fleuves chinois, catastrophe périodique dont l'Europe n'a aucune expérience.
Comment analyser la partie soulignée par rapport à ce qui précède?
Merci.
C'est bien sûr une apposition au GN "les inondations des grands fleuves chinois".
D'ailleurs, c'est tout le GN (nom-noyau + adjectif + proposition relative )"catastrophe périodique dont l'Europe n'a aucune expérience" qui est en apposition
Un groupe nominal attribut détaché en fin de phrase ?
On sait que les inondations des grands fleuves chinois sont une catastrophe périodique dont l'Europe n'a aucune expérience.
Un attribut détaché qui serait apposé au que attribut représentant l'antécédent ce, alors ?
Et pourquoi pas une périphrase ?
Je me rends compte que j'ai d'ailleurs du mal à faire la distinction entre une périphrase et une apposition. L première serait figure et la seconde fonction ?
La périphrase est seulement une figure, effectivement.
Un GN constituant une périphrase ne nécessite pas un autre terme qui lui serait apposé.
Oui. Ici, je ne vois pas de périphrase, mais une apposition, comme Jehan.
En tant que figure, la périphrase est exclue puisque le mot et son développement figurent conjointement.