Bonsoir.
D’une manière ou d’une autre, personne n’échappe au doute : on ne peut pas ne pas être sceptique.
D’une manière ou d’une autre : locution adverbiale de manière.
personne : pronom indéfini, sujet du verbe échappe.
au doute : COI du verbe échappe.
on ne peut pas ne pas être sceptique : proposition juxtaposée à la précédente.
ne pas être sceptique : groupe infinitif, COD du verbe peut.
sceptique : adjectif attribut de l'agent implicite de l'infinitif (on).
Bonjour,
Ma question porte sur la pronominalisation du COD et le pronom adverbial "en".
Normalement, le pronom COD conjoint prend l'une de ces formes : le, la, les.
Toutefois, voici quelques phrases où j'utiliserais plutôt le pronom "en" :
Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune.
Leur en demander est une maladie commune.
Aujourd’hui, on invente des arbres qui poussent vite.
Aujourd'hui, on en invente.
Il a offert des fleurs à la femme qu'il aime.
Il lui en a offert.
Elle rend souvent des services à sa voisine âgée.
Elle lui en rend souvent.
Tous avaient apporté des cadeaux et on les lui remit.
Tous en avaient apporté.
La grammaire Denis Sancier (p.32) précise que le pronom "en" peut représenter un groupe nominal déterminé par l'article partitif. Mais il ne me semble pas que ce soit le cas ici. Elles poursuivent en disant que ce pronom peut :
rendre compte d'un mécanisme d'extraction que l'on observe encore lorsqu'il représente des éléments comptables prélevés sur un ensemble désigné : en renvoie alors à cet ensemble et marque l'opération de prélèvement qui s'y joue. Ex. : Les enfants jouent dans la cour. J'en vois qui se battent.
La définition peut correspondre à certaines des phrases ci-dessus, mais l'exemple s'en éloigne.
La GMF évoque (p.370)
des antécédents nominaux dont la substance notionnelle est requantifiée.
Finalement, En peut-il pronominaliser un GN COD simplement introduit par un article indéfini ? Y a-t-il une règle ?
Merci d'avance et bonne journée.
Personnellement et spontanément, je dirais oui (on pourra, comme d'habitude, sûrement, trouver des exceptions)… Mais attendons les réponses des spécialistes.
On observera que dans "Tous avaient apporté des cadeaux et on les lui remit." que l'on n'écrit pas en qui laisserait à entendre que tous ne lui on pas été remis.
L'emploi de en n'exprime peut-être pas tout à fait la même chose
EXEMPLE
Aujourd’hui, on invente des arbres qui poussent vite.
Aujourd'hui, on en invente. Invention limitée.
Aujourd'hui, on les invente. On ne peut le nier.
ne me semble pas exprimer la même chose même si je ne parviens pas à expliquer ce ressenti.
@Johndoo La grammaire Denis Sancier (p.32) précise que le pronom "en" peut représenter un groupe nominal déterminé par l'article partitif. Mais il ne me semble pas que ce soit le cas ici.
Il me semble que si. en prenant "article partitif" au sens étendu, pas seulement limité à du, de la...
Comme Riegel le précise, l'article indéfini, par rapport à l'article défini, peut prendre un sens partitif.
Les enfants jouent dans la cour. (tous les enfants considérés)
Des enfants se battent. (certains enfants, une partie des enfants considérés)
J'en vois qui se battent.
@Johndoo Finalement, en peut-il pronominaliser un GN COD simplement introduit par un article indéfini ?
Oui, du moment que l'article indéfini peut avoir un sens partitif (évoquer une partie d'ensemble et non la totalité de l'ensemble).
Bonjour,
Merci à tous pour vos réponses rapides et excusez-moi du délai.
Il semble effectivement que l'article indéfini, en particulier au pluriel, ait un sens proche de l'article partitif.
J'ai trouvé aussi ce passage dans la grammaire Denis Sancier :
Le mode de formation (de l'article indéfini pluriel) est analogue à celui du partitif de+la, du. Le nombre indéterminé d'objet est perçu comme prélevé sur un ensemble d'objets identiques.
Cela m'a fait remarquer que dans tous mes exemples, le GN pronominalisé est déterminé par un article indéfini pluriel. Je ne crois pas que le pronom en puisse représenter un GN introduit par l'article indéfini au singulier.
L'article indéfini pluriel des détermine un groupe nominal pronominalisé par en (pronom spécifique du régime indirect : COI). C'est la preuve que des incorpore dans sa forme même de+les, de n'étant plus perçu comme préposition.
La nuance, c'est que dans cette grammaire on parle de COI, alors que mes exemples renvoient à des COD.
Bonjour,
Dans la phrase :
Si j’avais un fils, il serait beau, il serait brave, il devinerait l’énigme, il tuerait le Sphinx. - Cocteau
Je me demande si toutes les indépendantes forment une principale?
Pouvez-vous m'éclairer ?
Merci !
Bonsoir.
Il n'y a pas d'indépendantes dans ta phrase.
Il y a une subordonnée de condition (Si j’avais un fils,), et quatre principales juxtaposées (il serait beau, il serait brave, il devinerait l’énigme, il tuerait le Sphinx.)
Bonsoir
Dans cette phrase
Oui, il faut que je me venge, à quelque prix que ce soit.
à quelque prix que ce soit est complément circonstanciel de concession du verbe venge ou faut ?
Je vous remercie
@Jehan Merci, je n'ai jamais su que des principales pouvaient être juxtaposées. La fonction de la subordonnée est donc : complément circonstanciel de condition des verbes serait, serait, devinerait, tuerait.
Bien sûr que les principales peuvent être juxtaposées :
Va, cours, vole [et] nous venge !
Ici, pour moi, ce sont 4 principales juxtaposées. Le "et" n'est là que pour la métrique du vers.
Oui, mais là, puisqu'il n'y a pas de subordonnée, ce ne sont pas des principales, ce sont des indépendantes.
Trois indépendantes juxtaposées, et une coordonnée.
Ah… mince… le piège ! Distinction entre principales (donc celles qui introduisent qq chose) et indépendantes (qui n'introduisent rien).
Dura lex, sed lex.
Techniquement, la dernière est effectivement coordonnée. Mais la coordination n'est là que pour la métrique, pas pour le sens.
Prose d'aujourd'hui : Va, cours, vole, et venge-nous !
Ne me dis pas que l'indépendante coordonnée n'ajoute rien au sens de la phrase injonctive, qu'elle soit en prose ou en vers… Un et sert bien à ajouter quelque chose, et pas forcément quelque chose d'accessoire.
Essaie un peu de la supprimer. L'injonction deviendrait manifestement incomplète.
Ce n'est pas ce que je dis.
Pour moi, ce "et" n'a pas vraiment valeur de coordination. Il est indispensable pour la métrique du vers. Si on l'enlève, il manque un pieds à l'alexandrin. On aurait pu écrire :
Ah, va, cours, vole, nous venge
Le sens est exactement le même, mais c'est moins dynamique.
Ce "et" a, pour moi, une valeur sylleptique prépositionnelle : "pour". Un but. Donc, il se retrouve indispensable au niveau du sens, mais pas au niveau de la grammaire.
Il est indispensable pour la métrique du vers. Si on l'enlève, il manque un pied à l'alexandrin
Non, il n'est pas indispensable à la métrique..
Je vais les déplorer : va, cours, vole, et nous venge. : 12 syllabes.
Je vais les déplorer : va, cours, vole, nous venge. : 12 syllabes aussi.
Quant au rajout de "ah" :
Je vais les déplorer : ah, va, cours, vole, nous venge. : 13 syllabes.
Selon tes dires, qu'il soit là ou pas là, le sens est exactement le même.
Pourtant, tu dis aussi un peu plus loin qu'il est indispensable au niveau du sens.
Là, j'ai du mal à comprendre ta logique.
Pour moi, ce "et" n'a pas vraiment valeur de coordination.
Quelque nuance sémantique qu'elle puisse exprimer, il s'agit toujours d'une coordination.
Et des valeurs sémantiques, elle peut en avoir des tas.
B.− Spéc. (effets de sens, valeurs sém. de la coordination)
https://www.cnrtl.fr/definition/et
Et oui… je ne sais plus combien j'ai de doigts ;-)
Ceci dit, ton exemple (pertinent : les deux dernières lignes) montre que le "et" ne serait pas indispensable, en fait ? Donc qu'il n'y aurait finalement pas besoin de coordination explicite ?
Tout comme, parfois, on peut aussi se passer de subordination explicite.
Je te le dirais, tu ne me croirais pas. (au lieu Si je te le disais...)
Dans cette phrase :
Oui, il faut que je me venge, à quelque prix que ce soit.
à quelque prix que ce soit est complément circonstanciel de concession du verbe venge ou faut ?
D'où la question : une subordonnée peut-elle dépendre d'une autre subordonnée ?
Bonjour.
Je dirais complément circonstanciel de concession de la complétive "que je me venge".
Rien ne s'oppose à ce qu'une subordonnée dépende d'une autre subordonnée (qui joue alors le rôle de principale par rapport à elle). C'est même très courant.
https://dictionnaire.lerobert.com/guide/proposition-subordonnee