Analyse grammaticale

Langue française

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Perso, je penche pour une ambiguïté de licence poétique… Mais un pronom peut-il, en toute rigueur grammaticale, reprendre simultanément deux compléments complétement disjoints ?

Le texte est amphibologique.

[En parlant d’un tour de phrase]Qui est à double sens, généralement par maladresse, exceptionnellement de manière consciente.

https://www.cnrtl.fr/lexicographie/amphibologique

À mon sens, ça lui donne du charme. Si c’est fait exprès, je dis bravo.

Et évidemment, c’est fait exprès.

Bonjour à tous !

Je travaille sur l’analyse de ces subordonnées, mais je suis un peu perdu, donc merci d’avance pour votre aide !

Un jour vient où les mots à elle perdent leur sens. ?Je ne sais pas quoi dire. complétive (je ne sais pas cela) (ou percontative puisque remplacable par comment ?) On emprunte de temps en temps la serpillère à la propriétaire et c’est lui qui la passe. relative avec antécédent. Qui chercherait un système méthodique, comme on en trouve chez les philosophes, en serait pour ses frais. Qui= relative sans antécédent, comme=relative explicative Il n’a jamais attendu sur un banc que le temps s’écoule. complétiveC’est là qu’avaient lieu les tournois. Les tournois étaient simplement des duels. Relative avec antécédent ?Fais ce qu’on te dira. complétive (fais cela)Pour qui venait de la ville, l’air était frais et passait pour bénéfique. relative déterminative ?Il faut dire qu’il y a eu une coquille dans son mode d’emploi. complétive.

Bonjour.1 - Un jour vient Subordonnée relative déterminative, introduite par le pronom relatif où. (antécédent : jour)2 - Je ne sais pas Percontative. Subordonnée interrogative indirecte, introduite par le pronom interrogatif quoi.3 - …c’est lui qui la passe. relative avec antécédent.Oui. Structure de mise en relief du sujet (c’est lui qui passe = Il passe )4 - Qui chercherait un système méthodique, comme on en trouve chez les philosophes, en serait pour ses frais. Qui= relative sans antécédent, comme=relative explicativeOui pour la relative sans antécédent (relative substantive, sujet de "serait"). Mais "comme on en trouve…" n’est pas une relative : aucun pronom relatif introducteur. C’est une subordonnée comparative. 5 - Il n’a jamais attendu sur un banc que le temps s’écoule. complétiveOui. Elle est COD de "a attendu".6 - C’est là qu’avaient lieu les tournois. Relative avec antécédent ?Oui, si l’on suit l’analyse de Le Goffic, qui voit ici dans qu’ un "relatif omnifonction" , ici complément de lieu représentant l"antécédent là. Structure de mise en relief du complément ( c’est là qu’avaient lieu les tournois = les tournois avaient lieu là).7 - Fais ce qu’on te dira. complétive (fais cela)Non. ce qu’on te dira est une relative périphrastique, quasi nominale, sans véritable antécédent. On considère ce qu’ comme un pronom composé. Cette relative est COD de "fait".8 - Pour qui venait de la ville, l’air était frais et passait pour bénéfique. relative déterminative ?Non, relative substantive, sans antécédent, équivalant à un GN (pour qui venait de la ville = pour un citadin).9 - Il faut dire qu’il y a eu une coquille dans son mode d’emploi. complétive.Oui, COD de "dire".

Merci beaucoup @Jehan !

@Jehan , j’ai deux petites questions concernant les phrases 3 et 7. Sont-elles bien ce que l’on appelle des clivées ? Puis, qu’entendez-vous par relative périphrasique ? Est-ce une relative sans antécédent ?

Les phrases 3 et 6 (pas la 7) sont bien des clivées.ce qu’on te dira est une relative périphrastique, quasi nominale, sans véritable antécédent. On considère ce qu’ comme un pronom composé. Cette relative est COD de "fait".Il y a bien formellement un antécédent à qui ,que, ou dont, mais c’est un pronom démonstratif de sens très vague.Ce qui se conçoit bien / s’énonce clairement. https://uoh.fr/document/5370f34e/7714/42e5/5370f34e-7714-42e5-9f06-515576de57a5/co/05_01_relatives_periphrastiques.html

Bonjour,Dans “la crise a des conséquences sur nous”, “sur nous” est un complément d’objet indirect, un complément circonstanciel ou un complément du nom ? Pourquoi ?Merci 😊

Pour moi, ce ne peut être un "objet". Spontanément, je dirais circonstanciel. Mais attendons la réponse des experts.

Il s’agit pour moi d’un complément du nom conséquences, une expansion comme le serait une relative.des conséquences sur nous = des conséquences qui nous affectentLes compléments de nom peuvent être introduits par des prépositions très variées, et exprimer des nuances très diverses.

De mon temps on appelait cela complément d’objet second ou complément d’attribution.

Mais aujourd’hui, je ne réponds de rien.

Dans tous les cas, il ne peut s’agir d’un COI, puisque le verbe a un COD.

Oui, "COS" est une autre analyse possible. Un COS est un cas particulier de COI…

J’entends bien les argumentations, mais reste perplexe quant à un complément de nom. En fait, à mon sens, la question est de savoir à quoi se rattache "sur nous" : à "conséquences" ? ou au verbe ?

On pourrait très bien écrire : "la crise, sur/pour nous, a des conséquences" : on disjoint alors de "conséquences".

La notion de complément d’attribution (on reconnaît la latiniste ;-) : oui, pourquoi pas. On serait alors en COI, non ?

En fait, à mon sens, la question est de savoir à quoi se rattache "sur nous" : à "conséquences" ? ou au verbe ?Effectivement.Et il est difficile de trancher.Si l’on ne considère que le verbe avoir, sur nous peut apparaître comme un COS :La crise a des conséquences (COD) sur nous (COS).ou bien comme un complément du nom conséquences, nom-noyau d’un GN COD "des conséquences sur nous".Si l’on considère a des conséquences comme une sorte de locution verbale, sur nous peut apparaître comme un COI de ladite locution :La crise a des conséquences sur nous= La crise influe sur nous.

En fait, à mon sens, la question est de savoir à quoi se rattache "sur nous" : à "conséquences" ? ou au verbe ?

À mon humble avis, il vaut mieux le rattacher au verbe.

Perso, je rattacherais au verbe, effectivement, et en ferais un complément d’attribution (donc COI/COS) [lequel passerait immédiatement au datif en latin]. Mais d’un autre côté, effectivement, il est possible de disjoindre un complément de nom… du nom auquel il se raccroche. Mais effectivement, le choix de la préposition utilisée, s’il en est, peut induire un questionnement. Poussons à l’extrême en réinventant : Et du pont Mirabeau coulent la Seine et notre amour.On fait quoi "du pont Mirabeau" ? Un circonstanciel ou un complément de nom de "amour" ? C’est indécidable, je pense.

Je suis contente de voir que l’analyse grammaticale peut, finalement très souvent, ne pas être si évidente que cela. C’est souvent le sentiment que j’en ai. Alors que pendant toute ma scolarité "de" base" cela ne me posait aucun problème. Ne nous donnait-on à analyser que des cas simples ? Je me pose vraiment la question !

Je ne pense pas que l’on ne donnait que des cas "simples". Ce qui s’est complexifié, c’est la description que l’on en fait. Etant scientifique, je sais bien que chaque chose a un nom et qu’il faut un nom pour chaque chose de manière à ce que tout le monde se comprenne immédiatement (pour autant que les définitions soient communes et exactement connues, ce qui… même en chimie n’est pas toujours le cas). Je ne vois donc pas pourquoi on ferait différemment en grammaire, ou plus généralement en linguistique. Mais le génie humain fait qu’il y aura toujours des choses qui ne tombent dans aucune case.

Je prends toujours l’exemple des cartons de déménagement ou de l’archivistique : en gros, tout se passe bien pour 90% des items. Mais quelles galères pour les 10% restant !

@perluète Oui, les cas qu’on nous donnait étaient des cas qui avaient des solutions simples. Un peu comme en arithmétique où on s’arrangeait presque toujours pour que les calculs soient faciles et que "ça tombe juste".

@dudule J’ai un doute. Les 10% restant ou restants ?

J’ai le même doute. On est dans ces 10 % !!! 🤣

les 10% restant [à classer]les 10% restants [non classés ou inclassables]

🧐😱