C’est parce que ces verbes sont seulement occasionnellement attributifs (presque tous les verbes de mouvement, notamment) qu’ils peuvent se construire seuls, comme on l’a fait observer plus haut. C’est en cela que s’oppose ici "marcher" (occasionnellement attributif) à "passer la nuit" qui me semble d’un degré attributif plus grand, plus nécessaire.Grammaire du français, Delphine Denis, Anne Sancier-Chateau, p. 68 :[upl-image-preview url=https://imgbb.com//87mTht8/20200613-173037.jpg]
Analyse grammaticale
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Cela dit, ici, l’on pourrait supprimer l’ attribut "seul" pour les deux verbes :
Il passe la nuit (seul) dans la forêt.
Il marche (seul) dans la forêt.
Cela dit, si on supprime dans la foret non évoqué dans la question, je marche seul reste une information pour tout un chacun alors que je passe la nuit seul n’évoque pas grand chose contrairement à Bébé fait son rot seul. 😉
Bébé fait mon rot... Vous faites faire votre rot par un bébé ? 😉
Bourde bien sûr, mais quoi qu’il en soit ça ne devrait pas être un exploit insurmontable pour bébé. 😀
Avec un complément comme "dans la forêt" bien sûr. La chose s’entendait sans autre complément.
Avez-vous une chambre, s’il vous plaît ? C’est pour passer la nuit.
Je ne comprends rien à l’attributif ou l’apposition, mais qu’en reste-il dans C’est pour passer la nuit. ? il me semble qu’ici la nuit est clairement un COD, non ?,
et quel rapport avec les égalités ci-dessous que l’on retrouve c’est vrai dans je passe la nuit seul = (je passe la nuit, je suis seul). Reste à savoir ce que bien véhiculer comme information je passe la nuit.
Pierre est rentré ivre. ( = Il est rentré, il était ivre.)
Jacques sort furieux de son bureau. (Il sort de son bureau, il est furieux.)
Ils ont vécu heureux. (Ils ont été heureux durant leur vie).
`Elle est née riche. (Elle était riche à sa naissance).
J’observe au passage que Je dors la nuit seul demeure une information (je dors la nuit, je suis seul). J’observe également que dormir est un verbe d’inaction et non d’action. 😊
> @""#p549749 Avez-vous une chambre, s'il vous plaît ? C'est pour passer la nuit.On peut en faire autant avec un verbe d’état : Avez-vous une chambre, s’il vous plaît. Pour une nuit ? Non, c’est pour rester.Normal, ce sont des constructions de nature différente de celle envisagée pour le critère (peut-être imparfait, ce n’est pas pas moi qui l’ai créé !) évoqué plus haut.
Pour Paulang : oui, bien sûr, dans "passer la nuit", la nuit est COD.J’ai juste voulu montrer que "passer la nuit" pouvait s’employer sans autre complément et sans attribut.
Bien sûr que je peux dire à l’hôtelier je veux une chambre, c’est pour passer la nuit mais ça ce n’est plus de la grammaire, c’est du Bigard. 😊
Il y a tout de même une acception possible de je passe la nuit seul ou pas : Arsène qui informe sa victime du moment de la journée ou il fait ses visites. Ayez l’amabilité de dormir ailleurs ce soir, je passe la nuit. C’est dire qu’il ne dort pas le Lupin.
Mais on peut faire aussi de la grammaire sur les phrases de Bigard.😛
Et dans la phrase de Lupin, "la nuit" n’est plus COD, mais complément de temps. Et il aurait mieux dit "cette nuit".
On peut également dire : "le meurtrier m’a tué avant même le petit matin, je n’ai pas passé la nuit". Mais ça a un tout autre sens…
En effet, mais alors on ne peut ajouter seul sauf à dire autre chose. Entre nous, je doute que je puisse, dans son état, dire.cela au petit matin. …
Il est à noter qu’en espéranto, en préfixant la préposition tra (= à travers; idée de traverser d’un bout à l’autre), l’on peut composer des verbes exprimant l’idée en un seul mot.
vintro = hiver; travintri = passer l’hiver, hiverner.
somero = été; trasomeri = passer l’été, "estiver".
nokto = nuit; tranokti = passer la nuit.
Bonjour,
Comment analyser la proposition en gras ci-dessous, dans cette complexe phrase de Proust ?
Que vers le matin après quelques insomnies, le sommeil le prenne en train de lire, dans une posture très différente de celle où il dort habituellement, il suffit de son bras soulevé pour arrêter et faire reculer le soleil, et à la première minute de son réveil, il ne saura plus l’heure, il estimera qu’il vient à peine de se coucher.
Bonjour Hapo,
Pour ma part, j’analyserais la proposition en gras comme une subordonnée hypothétique, le que initial pouvant aisément être remplacé par à supposer que.
Merci Laoshi. Je suis totalement en phase avec cette interprétation, ça me paraît plausible.
Ici, le "que" serait donc une conjonction de subordination ?
Oui. Quoi d’autre ?
J’avais pensé à une simple béquille du subjonctif.
Mais comme on peut le substituer par "à supposer que", en effet, ça semble plutôt être une conjonction de subordination.