Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 167 / 216

Bonjour kazache,,

Je m’intéresserai d’abord à "sinon que" que l’on pourrait remplacer par "si ce n’est.".

B. − [Dans une prop. nég., sinon signifie que qqc. est excepté de la portée de la nég.]1. [La nég. porte sur un groupe nom. ou pronom.; sinon est suivi d’un groupe nom. ou pronom. désignant ce qui est excepté] Point de femmes, sinon quelques paysannes qui viennent vendre leurs denrées (Mérimée,Colomba, 1840, p. 26).Dès le lendemain matin il n’y coulait plus d’eau [aux robinets], sinon un maigre filet spasmodique (Ambrière,Gdes vac., 1946, p. 305).Le rire décroissait, mais je l’entendais encore distinctement derrière moi, venu de nulle part, sinon des eaux (Camus,Chute, 1956, p. 1493).

− [Opposé à un pron. nég.] Rien n’interrompait le silence de ce cloître, sinon les cris d’un triangle de cigognes qui labouraient la nue (Bertrand,Gaspard, 1841, p. 158).Nul, sinon moi, n’y pénètre (Barrès,Cahiers, t. 1, 1896, p. 120).

− [Sinon est suivi d’une complét.] Les deux femmes n’obtinrent rien de lui, sinon qu’il s’en allât (Boylesve,Leçon d’amour, 1902, p. 104).Mais je n’ai pu me souvenir de ce que je venais de rêver, sinon que j’étais mort et que j’errais dans une région obscure et froide (Green,Journal, 1934, p. 245).

Le TLFI permet d’expliquer l’assertion de Montaigne dans les "Cannibales" : une négation absolue (ces sauvages ne sont vraiment pas barbares) corrigée par une exclusion qui la vide de son sens puisqu’elle est contredite par une appréciation subjective de confort. La dernière négation est bien totale : ce qui n’est pas de son usage = dont il n’a pas l’habitude.

Je trouve le lien suivant très éclairant

https://www.ralentirtravaux.com/lettres/lycee/premiere/grammaire/negation.php

Pour la première bien d’accord avec toi, c’est une négation totale : tu n’es pas un démon (c’est ta nature d’être un homme). Ce serait une négation partielle dans la formule suivante : tu n’es pas un démon quand…

Bonsoir les mes amis

Le triomphe de la Révolution cubaine, en 1959, constitue l’avènement d’une ère nouvelle pour tous les Cubains. Les ayant libérés de la dictature du président Fulgencio Batista

pourquoi l auteur a utilise le participe présent ? et est ce que on peut réécrire la phrase avec un autre mode?

respectueusement

Bonsoir mohammedKamal,

"Les ayant libérés" est un participe passé composé.

Bonsoir.Une nouvelle fois, tu n’as pas recopié la deuxième phrase en entier. Voici le texte complet :Le triomphe de la Révolution cubaine, en 1959, constitue l’avènement d’une ère nouvelle pour tous les Cubains. Les ayant libérés de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais, pour les nouvelles autorités de l’île, de créer une société idéale, débarrassée de tous « les vices et les tares » d’une société capitaliste corrompue.Il ne s’agit pas d’un participe présent, mais d’un participe passé. Au participe présent, cela aurait été : Les libérant…Le participe passé marque une action accomplie, achevée, alors que le participe présent aurait marqué une action en train de se faire.On aurait pu écrire aussi :Après les avoir libérés de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais, pour les nouvelles autorités de l’île, de créer une société idéale…

merci bcp mes amis t inquiete pas mon cher Jehan la prochaine fois je vais recopier toute le paragraphe et avec le lien du site inchalah, c est la première fois que je connais qu il y a un participe passe compose

Texte incomplet et ce faisant incompréhensible.

Le triomphe de la Révolution cubaine, en 1959, constitue l’avènement d’une ère nouvelle pour tous les Cubains. Les ayant libérés de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais, pour les nouvelles autorités de l’île, de créer une société idéale, débarrassée de tous « les vices et les tares » d’une société capitaliste corrompue.

D’abord, il faut avoir la phrase complète pour tenter de comprendre la structure. Je suppose qu’il s’agit de cette phrase-ci :

Le triomphe de la Révolution cubaine, en 1959, constitue l’avènement d’une ère nouvelle pour tous les Cubains. Les ayant libérés de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais, pour les nouvelles autorités de l’île, de créer une société idéale, débarrassée de tous « les vices et les tares » d’une société capitaliste corrompue. 

https://journals.openedition.org/insaniyat/13926

Ayant libéré n’est pas un participe présent mais un participe passé. Il a le sens de "après avoir libéré" et l’agent est ici "les nouvelles autorités de l’île" qui se trouve plus loin dans la phrase. On peut réécrire la phrase ainsi :

Après les avoir libérés de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais, pour les nouvelles autorités de l’île, de créer une société idéale, débarrassée de tous « les vices et les tares » d’une société capitaliste corrompue. 

Ou

Après que les nouvelles autorités de l’île ont libéré les Cubains de la dictature du président Fulgencio Batista, il s’agit désormais pour elles de créer une société idéale, débarrassée de tous « les vices et les tares » d’une société capitaliste corrompue. 

C’est bien ce que je disais, la phrase citée est incorrecte, et il faut la reformuler, comme tu l’as fait.

Au moment où j’ai rédigé mon message, je n’avais pas lu le tien, ni aucun de cette page 103, que je découvre seulement maintenant. Avec la nouvelle formule du forum, ce n’est pas la première que je me fais surprendre par une page "cachée" derrière celle que je crois la dernière ! J’ai donc l’impression d’avoir réinventé la roue !La construction est-elle incorrecte ? Il y a en fait une belle anacoluthe, avec l’agent du participe passé qui se réfère non au sujet de la phrase comme c’est l’usage (du moins l’usage recommandé à l’école), mais à un autre élément de la phrase. Ce n’est pas très différent de ce bon La Fontaine :Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre Ce que je viens de raconter.https://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/anacoluthe

 Il y a en fait une belle anacoluthe

Belle, je n’irais pas jusque là, Lamaneur.😉..

L’anacoluthe se justifie lorsqu’elle correspond à un effet de style voulu. Ce n’est pas le cas ici…me semble-t-il…

On n’est ni chez Pascal, ni chez La Fontaine.

Pour moi, ce n’est qu’une erreur fort banale.

On n’a plus le droit non plus à l’antiphrase ? 😏

☆2. Par antiphrase et souvent ironique. Il a reçu une belle correction. Ce fut un beau tapage ! Ce n’est pas un simple rhume, c’est une belle grippe. Son bureau est dans un beau désordre ! Il s’est mis dans de beaux draps ! De beaux semblants, de belles promesses, de beaux discours, de belles paroles, des apparences, des promesses, des paroles propres à séduire, mais auxquelles on ne doit pas se fier. C’est un beau gredin, un bel escroc, une belle canaille. Se démener comme un beau diable. Tancer quelqu’un de belle manière, sans aucun ménagement. Tout cela est bel et bon, je veux bien le croire, mais… La belle affaire ! c’est sans importance. Ellipt. et fam. En faire de belles, commettre de grosses sottises. Il vous en fera voir de belles, il vous donnera bien du souci. En conter, en dire de belles, raconter des choses incongrues. En dire de belles sur quelqu’un, dire de lui pis que pendre, dire des énormités à son sujet.

https://www.cnrtl.fr/definition/academie9/beau

Ah 😌 c’était une antiphrase !!!

Bonjour,

En travaillant mes cours de grammaire, je lis une indication de ma professeure qui m’étonne (ça ne constitue pas le centre de son cours, donc ce peut être une simple erreur).

La construction pronominale "je me suis exilée" est présentée comme réflexive. J’aurais plutôt dit qu’elle est neutre/auto-causative, comme "je me suis couché" ou "je me suis promené". Non ?

Je me suis levée, je me suis couchée, je me suis promenée, je me suis confinée, pour moi, grammaticalement parlant, c’est tout un.

Mais si ton professeur et toi-même faites la différence entre tournure réflexive et neutre /auto causative, et si tu as un doute à ce sujet, il faut réclamer des justifications.

En fait, normalement, la différence est entre, par exemple "je me suis rasé" et "je me suis couché".

Dans le premier cas, il s’agit d’une construction réflexive, car l’on peut vraiment dire que le sujet agit sur lui-même (il rasé son corps).

Dans le second cas, le sujet n’agit pas vraiment sur lui-même (en tout cas, c’est plus surprenant de dire que l’on couche son corps, ou que l’on promène son corps). Dans ce cas, cette structure indique simplement que le procès reste dans la sphère du sujet.

Enfin, je suis d’accord, la limite est ténue. Mais je vais demander directement à ma professeure pour avoir son avis. Merci. 😉

Je n’y connais rien mais si je me fie à la définition de la construction neutre du §2 pièce ci-jointe, je vois mal comment je me suis exilé peut être qualifié de neutre. Outre qu’il n’est pas essentiellement pronominal, le signifié ne change pas non plus me semble-t-il.

https://elliadd.univ-fcomte.fr/archives_laseldi/document/colloque/constructions_verbales_2006/preactes/CV_Chazarain.pdf

Eh bien merci pour les explications. M’en voilà plus savante !😉

> @""#p547646 Je n'y connais rien mais si je me fie à la définition de la construction neutre du §2 pièce ci-jointe, je vois mal comment je me suis exilé peut être qualifié de neutre. Outre qu'il n'est pas essentiellement pronominal, le signifié ne change pas non plus me semble t'il.https://elliadd.univ-fcomte.fr/archives_laseldi/document/colloque/constructions_verbales_2006/preactes/CV_Chazarain.pdfTrès intéressant, mais voilà encore une autre catégorisation que celle donnée par le Grevisse de l’étudiant !En effet, ce dernier classe les constructions pronominales comme suit :Les constructions où le pronom est analysableLes construction réciproques (chacun exerce une action sur l’autre : Ils se regardent)Les constructions réfléchies/réflexives (le sujet exerce une action sur lui-même : je me rase)Les constructions où le pronom n’est pas analysableLes constructions de sens passif (les feuilles mortes se ramassent à la pelle)Les constructions neutres/auto subjectives (Le procès reste confiné à la sphère du sujet : je me lève)Les verbes essentiellement pronominaux (ils ne connaissent que cette construction : Il s’évanouit)Les verbes pronominaux autonomes (ils ont un sens différent selon qu’ils soient ou nous en construction pronominale : Il se joue de moi)

Oui, c’est grosso modo la même classification que dans la Grammaire méthodique de Riegel et al. Le paragraphe du document cité par Paulang concerne une classification du XVIIIe siècle, un peu moins fine, mais finalement pas si différente. Les quatre catégories observées correspondent à tes catégories 1b, 1a, 2a, 2c+d. Seule la catégorie 2b n’est pas illustrée, mais c’est normal car il s’agit d’une classe un peu difficile à saisir, comme l’expliquent Wagner & Pinchon :[upl-image-preview url=https://imgbb.com//GC7dzVh/Capture.png] https://books.google.fr/books?id=cDE7zuf17iQC&pg=PT365#v=onepage&q&f=falsePour revenir à la forme "je me suis exilée", je la vois comme clairement réflexive, plus manifestement encore que "je me suis levée" (que pour ma propre gouverne, je considère quand même comme réflexive, ou réflexive étendue comme vu plus haut ).