Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 151 / 216

Merci. 🙂
HarolDts a écrit :
Une fois alité, il s'endormit immédiatement.
Dans cette phrase, le participe passé est-il verbe ou adjectif ?

Cochez d'une croix la case correspondante.
Dans cette phrase, la participe présent est-il verbe ou adjectif ?
Je risque de paraître insistant mais je ne crois pas avoir reçu de réponse concernant ces questions. Ou alors je suis passé à côté.
Bonsoir.

Je te renvoie à ces deux anciennes discussions.
Il est des cas où il est difficile de trancher.

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/23444-distinction-participe-passe-adjectif.html
Si par "alité" on a plutôt en vue une action achevée, on dira que c'est un participe en emploi verbal.
Si par "alité" on a plutôt en vue l'état qui résulte de l'action, on dira que le participe est est en emploi adjectival. Sans toutefois, selon moi, pouvoir le considérer pleinement comme un adjectif.

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/19400-adjectif-verbal-ou-participe-present.html
Pour "correspondante", comme le participe présent en emploi verbal est invariable, on dira, puisqu'ici il s'accorde, qu'il est ici en emploi adjectival.
Dans la première phrase, en mettant le sujet au féminin, le participe passé s'accorderait :
Une fois alitée, elle s'endormit immédiatement.

Le participe est ici en emploi adjectival.
Cela dit, pour le participe passé, l'accord en genre et en nombre n'est pas un critère décisif.
En emploi verbal, avec un auxiliaire, il est également susceptible de s'accorder.

Dans le cas qui nous occupe, il est certes en fonction adjectivale (apposition au sujet "il"), mais sa nature n'est pas forcément "adjectif".
Tout est affaire de nuance.

Si l'on a à l'esprit une action accomplie, achevée, on peut le considérer comme un élément de verbe à un temps composé, sans son auxiliaire.
Une fois qu'on eut achevé de l'aliter, une fois qu'il fut alité, une fois alité, il s'endormit.
Si l'on a plutôt à l'esprit l'état résultant de l'action, on peut le considérer comme un adjectif.
Une fois qu'il fut alité, une fois qu'il fut dans cet état, il s'endormit.

Difficile parfois de trancher.
Bonsoir,

Je sèche un peu sur la fonction de "vif, souple, aux joues vermeilles, aux cheveux roux et frisés" dans la phrase : L’homme vif, souple, aux joues vermeilles, aux cheveux roux et frisés, portait un collant composé d’une mosaïque de petits losanges bariolés.

Je dirai que l'ensemble est apposé à "l'homme". Qu'en pensez-vous ?

Merci pour votre aide,
Flora.
Bonsoir,

Je dirais plutôt épithètes.
Bonsoir.

Moi aussi, je dirais "épithète".
En effet, le premier élément du groupe, l'adjectif vif, n'est pas séparé du nom qu'il qualifie par une virgule. Ce premier élément est donc épithète du nom. Les autres éléments du groupe sont certes séparés les uns des autres par des virgules, mais ils constituent plutôt une série d'épithètes juxtaposées à la première épithète.
Bonsoir,

Dans le texte suivant je devais relever les mots invariables et préciser leurs classes grammaticales:

La traversée s’annonçait fort belle. On détacha vivement les amarres et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire. Les roues tournèrent d’abord quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement puis elles se mirent tout de suite à battre la mer avec rapidité. Nous filions lentement le long de la jetée couverte de monde.

Fort est un adjectif ? (donc pas un mot invariable)
vivement: adverbe de manière ?
aussitôt: adverbe de temps ?
d'abord: adverbe de temps ?
doucement: adverbe de manière ?
tout de suite: je ne sais pas…
lentement: avd de manière

En ai je oublié ?
Bonsoir.


Pour répondre à ta demande, je vois au moins :
- une subordonnée de comparaison avec ellipse du verbe.
- vers la fin, une subordonnée circonstancielle de conséquence.
Mais pourquoi maintenant avoir effacé ton message, sans avoir attendu ma réponse ? 😞
Bonsoir,

Merci Jehan, mais j'ai abandonné cet exercice…

Dans le texte suivant je devais relever les mots invariables et préciser leurs classes grammaticales:

La traversée s’annonçait fort belle. On détacha vivement les amarres et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire. Les roues tournèrent d’abord quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement puis elles se mirent tout de suite à battre la mer avec rapidité. Nous filions lentement le long de la jetée couverte de monde.

Fort est un adjectif ? (donc pas un mot invariable)
vivement: adverbe de manière ?
aussitôt: adverbe de temps ?
d'abord: adverbe de temps ?
doucement: adverbe de manière ?
tout de suite: je ne sais pas…
lentement: avd de manière

En ai je oublié ?


Dans le texte suivant je dois indiquer la classe grammaticale précise des mots invariables
Aujourd’hui, en ce plein août, parce que la chaleur les accable, ils s’étendent et s’endorment paisiblement au bord d’un épais taillis face à une clairière où les chênes, les bouleaux et les sapins vivent en bon voisinage. Ils l’aiment cette clairière dont tous les arbres avec les fleurs leurs sont familiers. Il n’en est pas un sur lequel ils n’aient pas grimpé autrefois. Peut-être, dans leur léger sommeil, rêvent-ils qu’ils sont redevenus enfants et qu’ils jouent à cache-cache dans les plus hautes branches.
D’après Marguerite Audoux, Douce lumière, 1937
Aujourd’hui: adv de temps ?
parce que: conjonction de subordination
face à: adv de lieu ? préposition de lieu ?
dont: Je crois que c'est un pronom relatif mais ce n'est pas un mot invariable …??
avec: conjonction de coordination ?
Peut-être: adverbe de manière ?
à: préposition
dans: préposition
Pour le premier exercice (mots invariables).
Fort est un adjectif ? Pas ici. C'est un adverbe invariable, on pourrait le remplacer par "très".
tout de suite: je ne sais pas… locution adverbiale de temps.
Tu as oublié un adverbe de temps, et quatre prépositions.
Tu as oublié vers la fin une locution prépositive introduisant un complément de lieu.
Les autres réponses sont justes.
Pour le deuxième exercice
parce que: conjonctionlocution conjonctive de subordination(cause)
face à: adv de lieu ? préposition de lieu ? locution prépositive introduisant un complément de lieu.
dont: Je crois que c'est un pronom relatif mais ce n'est pas un mot invariable ...?? eh non, ce n'est pas un mot invariable, c'est bien un pronom relatif.
avec: conjonction de coordination ? non, préposition.
Peut-être: adverbe de manière ? adverbe de doute
à: préposition oui
dans: préposition oui
Mais tu as oublié d'autres prépositions, une locution adverbiale de négation, un adverbe de degré, deux conjonctions de subordination introduisant deux complétives.
Merci Jehan, je vais corriger !

2. Relevez les adverbes et précisez s’ils expriment la manière, le temps ou le degré.
La traversée s’annonçait fort belle. On détacha vivement les amarres et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire. Les roues tournèrent d’abord quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement puis elles se mirent tout de suite à battre la mer avec rapidité. Nous filions lentement le long de la jetée couverte de monde.

Fort adverbe de degré : remplaçable par « très »
vivement: adverbe de manière
aussitôt: adverbe de temps
d'abord: adverbe de temps
doucement: adverbe de manière
tout de suite: locution adv de temps
à préposition
Avec : préposition
lentement: avd de manière

Je ne trouve pas l’adverbe de temps qu’il me manque…

3. Dans le texte suivant, indiquez la classe grammaticale précise des mots invariables en gras :
Aujourd’hui, en ce plein août, parce que la chaleur les accable, ils s’étendent et s’endorment paisiblement au bord d’un épais taillis face à une clairière où les chênes, les bouleaux et les sapins vivent en bon voisinage. Ils l’aiment cette clairière dont tous les arbres avec les fleurs leurs sont familiers. Il n’en est pas un sur lequel ils n’aient pas grimpé autrefois. Peut-être, dans leur léger sommeil, rêvent-ils qu’ils sont redevenus enfants et qu’ils jouent à cache-cache dans les plus hautes branches.
D’après Marguerite Audoux, Douce lumière,

Aujourd’hui : adv de temps
parce que: locution conjonctive de subordination (cause)
et : préposition
paisiblement : adv de manière
à (une clairière) : préposition
face à: locution prépositive introduisant un complément de lieu.
En : préposition
avec: préposition
n’en est pas : adverbe de négation
peut-être adv de doute
dans: préposition
qu’(ils sont redevenus) : conjonction de subordination introduisant complétive ?
qu’(ils jouent) : conjonction de subordination introduisant complétive ?
à (cache cache): préposition
dans : préposition
J’ai trouvé l’adverbe de négation et les conjonctions de subordination introduisant complétive mais je en vois pas l’adv de degré ?



Voici un exercice sur les prépositions:

1. Relevez les prépositions et soulignez les groupes prépositionnels :
e) Il sortit ses affaires dela valise et les rangea dansl’armoire.
f) Prends encore une part de gâteau, je l’ai fait pourtoi.
g) Arthur mange toujours sa salade sans vinaigrette mais avecun jus de citron.
h) Un sot est un imbécile dont on voit l’orgueil àtravers les trous deson intelligence. (Hugo)



B. Je distingue conjonction de coordination et conjonction de subordination.

1. Relevez les conjonctions en précisant si ce sont des conjonctions de coordination ou de subordination.

a) Lorsque le temps le permet, je sors me promener, mais je rentre à la maison dès que la nuit tombe.
mais: conjonction de coordination
Lorsque: conjonction de subordination

b) Les petites étaient ennuyés de savoir que le loup avait froid.
que: conjonction de subordination

c) La plus blonde murmura quelque chose à l’oreille de sa sœur , en clignant de l’œil du côté du loup, pour lui faire entendre qu’elle était de son côté, avec lui.
qu': conjonction de subordination

d) Delphine demeura pensive car elle ne décidait rien à la légère.
car: conjonction de coordination


2. Inventez deux phrases contenant au moins 3 catégories de classes invariables.

Je suis allé fièrement allé visité ma mamie avec mon frère quand je fus stoppé par un loup.
fièrement: adv de manière
avec: préposition
quand: conjonction de subordination

Aujourd'hui, je suis allé dormir car j'étais fatigué de mon voyage.
Aujourd'hui: adv de temps
car: conjonction de coordination
de: préposition
et : préposition
Ça m'étonnerait un peu… Probablement une étourderie ?
n’en est pas : adverbe de négation
Heu… comment dire…
tous les arbres avec les fleurs leurs sont familiers
Les petites étaient ennuyées
Je suis allé fièrement allé visité ma mamie avec mon frère quand je fus stoppé par un loup.
Ouille !
Je suis allé (ou allée, à voir)
fièrement allé
visiter : rendre visite à (on visite un monument, pas une mamie)
je fus stoppé : ou stoppée, mais plutôt : arrêté(e)

(En plus, les temps ne vont pas : j'allais rendre visite… quand je fus arrêté(e), par exemple.)
Bonjour.

Tu pourrais poster tes exercices par fractions, tout cela est bien long à corriger.
D'autre part, inutile de poster à nouveau des réponses dont je t'ai déjà dit qu'elles étaient justes, cela allègera les messages.
2. Relevez les adverbes et précisez s’ils expriment la manière, le temps ou le degré.
La traversée s’annonçait fort belle. On détacha vivement les amarres et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire. Les roues tournèrent d’abord quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement puis elles se mirent tout de suite à battre la mer avec rapidité. Nous filions lentement le long de la jetée couverte de monde.
à : préposition Oui
avec : préposition Oui
Je ne trouve pas l’adverbe de temps qu’il me manque.
Seulement les adverbes, dit la consigne. Tu sembles pourtant chercher tous les mots invariables, là.
L'adverbe de temps est puis ( = ensuite).
Quant aux autres mots invariables, tu avais la conjonction de coordination et, la préposition de (de monde), la locution prépositive le long de.
3. Dans le texte suivant, indiquez la classe grammaticale précise des mots invariables en gras :
Aujourd’hui, en ce plein août, parce que la chaleur les accable, ils s’étendent et s’endorment paisiblement au bord d’un épais taillis face à une clairière où les chênes, les bouleaux et les sapins vivent en bon voisinage. Ils l’aiment cette clairière dont tous les arbres avec les fleurs leur sont familiers. Il n’en est pas un sur lequel ils n’aient pas grimpé autrefois. Peut-être, dans leur léger sommeil, rêvent-ils qu’ils sont redevenus enfants et qu’ils jouent à cache-cache dans les plus hautes branches.
La consigne te demandait d'indiquer la nature des mots invariables en gras, uniquement.
Je suppose que c'est pour t'entraîner que tu as tenu à les chercher tous ?

et : prépositionNon ! conjonction de coordination.
paisiblement : adv de manière Oui
n’en est pas : adverbe de négation Le verbe et le pronom ne sont pas à citer. La locution adverbiale de négation est seulement n'…pas.
qu’(ils sont redevenus) : conjonction de subordination introduisant complétive ? Oui
qu’(ils jouent) : conjonction de subordination introduisant complétive ? Oui
je ne vois pas l’adv de degré ? C'est plus.
Tu avais aussi la préposition sur.
Voici un exercice sur les prépositions:
1. Relevez les prépositions et soulignez les groupes prépositionnels :
e) Il sortit ses affaires dela valise et les rangea dansl’armoire.
f) Prends encore une part de gâteau, je l’ai fait pourtoi.
g) Arthur mange toujours sa salade sans vinaigrette mais avecun jus de citron.
h) Un sot est un imbécile dont on voit l’orgueil àtravers les trous deson intelligence. (Hugo)
Tu as oublié la préposition de (phrase f) et la préposition sans
D'autre part, quand tu soulignes les groupes prépositionnels, souligne aussi la préposition !
Exemple : pour toi
L'exercice B sur les conjonctions de coordination et de subordination est juste.

Quant au dernier exercice, il est juste également, au point de vue de la consigne et des natures grammaticales que tu indiques… Mais prends connaissance des remarques d'Herodote.

Cela dit, Herodote…
visiter : rendre visite à (on visite un monument, pas une mamie)
Mais si, voyons. On peut très bien visiter une mamie.
On peut visiter quelque chose, mais on visite aussi quelqu'un :
https://www.cnrtl.fr/definition/visiter
Même si le Larousse trouve pour sa part que c'est "familier" :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/visiter/82212?q=visiter#81244
Vade retro, Satanas ! https://parlez-vous-french.com/rendre-visite-visiter-personne/
Merci beaucoup, Jehan, Hérodote. Vous êtes incroyables, j'aimerais arriver à une maîtrise de la grammaire et de la langue française aussi fine que la vôtre. Comment avez-vous fait ?

Pour ta question, oui je tenais à m'entraîner Jehan.


Voici un exercice à faire, encore sur les mots invariables, à partir du veston ensorcelé de Buzzati… Dans le texte suivant: je devais souligner au moins un vingt mots invariables (j'en ai trouvé seulement 18…) ( les prépositions, les conjonctions de coordination, de subordinations, les adverbes et les interjections…):

Les murs de la cellule étaient nus, peints à la chaux. Une fenêtre étroite et grillée, percée très haut de façon qu'on ne pût pas y atteindre, éclairait cette petite pièce claire et sinistre; et le fou, assis sur une chaise de paille, nous regardait d'un œil fixe, vague et hanté. Il était fort maigre avec des joues creuses et des cheveux presque blancs qu'on devinait blanchis en quelques mois. Le médecin me dit:
"Il a de terribles accès de fureur, c'est un des déments les plus singuliers que j'ai vus. Il est atteint de folie érotique et macabre." Je suivis le docteur dans son cabinet, et il me remit le journal de ce misérable homme. "Lisez, dit-il, et vous me direz votre avis."
Voici ce que contenait ce cahier :
Jusqu'à l'âge de trente-deux ans, je vécus tranquille, sans amour. La vie m'apparaissait très simple, très bonne et très facile. J'étais riche. J'avais du goût pour tant de choses que je ne pouvais éprouver de passion pour rien. C'est bon de vivre ! Je me réveillais heureux, chaque jour, pour faire des choses qui me plaisaient, et je me couchais satisfait, avec l'espérance paisible du lendemain et de l'avenir sans souci. Encore, ceux qui aiment comme tout le monde doivent-ils éprouver un ardent bonheur, moindre que le mien peut-être, car l'amour est venu me trouver d'une incroyable manière. Étant riche, je recherchais les meubles anciens et les vieux objets; et souvent je pensais aux mains inconnues qui avaient palpé ces choses, aux yeux qui les avaient admirées, aux cœurs qui les avaient probablement aimées, car on aime les choses ! Je restais souvent pendant des heures, à regarder une petite montre du siècle dernier. Et elle marchait vraisemblablement comme au jour où une femme l'avait achetée dans le ravissement de posséder ce fin bijou. Quels yeux avaient épié sur ce cadran fleuri l'heure attendue, l'heure chérie, l'heure divine ? Comme j'aurais voulu la connaître, la voir, la femme qui avait choisi cet objet exquis et rare ! Elle est morte ! Je suis possédé par le désir des femmes d'autrefois. Le baiser est immortel, lui ! Il va de lèvre en lèvre, de siècle en siècle, d'âge en âge. Je regrette tout ce qui s'est fait, je pleure tous ceux qui ont vécu; je voudrais arrêter le temps, arrêter l'heure. Mais elle va, elle va, elle passe, elle me prend de seconde en seconde un peu de moi pour le néant de demain. Et je ne revivrai jamais. Adieu celles d'hier. Je vous aime. Mais je ne suis pas à plaindre. Je l'ai trouvée, moi, celle que j'attendais; et j'ai goûté par elle d'incroyables plaisirs.

Quelle singulière chose que la tentation ! On regarde un objet et, peu à peu, il vous séduit, vous trouble, vous envahit comme ferait un visage de femme. Son charme entre en vous, charme étrange qui vient de sa forme, de sa couleur, de sa physionomie de chose ; et on l'aime déjà, on le désire, on le veut. Un besoin de possession vous gagne, besoin doux d'abord, comme timide, mais qui s'accroît, devient violent, irrésistible. Et les marchands semblent deviner à la flamme du regard l'envie secrète et grandissante. J'achetai ce meuble et je le fis porter chez moi tout de suite. Je le plaçai dans ma chambre. (…)

Or, un soir, je m'aperçus, en tâtant l'épaisseur d'un panneau, qu'il devait y avoir là une cachette. Mon cœur se mit à battre, et je passai la nuit à chercher le secret sans le pouvoir découvrir. J'y parvins le lendemain en enfonçant une lame dans une fente de la boiserie. Une planche glissa et j'aperçus, étalée sur un fond de velours noir, une merveilleuse chevelure de femme ! Oui, une chevelure, une énorme natte de cheveux blonds, presque roux, qui avaient dû être coupés contre la peau, et liés par une corde d'or. Je demeurai stupéfait, tremblant, troublé ! Un parfum presque insensible, si vieux qu'il semblait l'âme d'une odeur, s'envolait de ce tiroir mystérieux et de cette surprenante relique. Je la pris, doucement, presque religieusement, et je la tirai de sa cachette. Aussitôt elle se déroula, répandant son flot doré qui tomba jusqu'à terre, épais et léger, souple et brillant comme la queue en feu d'une comète. Une émotion étrange me saisit. Qu'était-ce que cela ? Quand ? Comment ? Pourquoi ces cheveux avaient-ils été enfermés dans ce meuble ? Quelle aventure, quel drame cachait ce souvenir ? un mari, un jour de vengeance ? Ou bien celle qui les avait portés sur son front, un jour de désespoir ? (…)

Quand je rentrai chez moi, j'éprouvai un irrésistible désir de revoir mon étrange trouvaille; et je la repris, et je sentis, en la touchant, un long frisson qui me courut dans les membres. Je la sentais là toujours, comme si elle eût été un être vivant, caché, prisonnier; je la sentais et je la désirais encore ; j'avais de nouveau le besoin impérieux de la reprendre, de la palper, de m'énerver jusqu'au malaise par ce contact froid, glissant, irritant, affolant, délicieux.
Je vécus ainsi un mois ou deux, je ne sais plus. Elle m'obsédait, me hantait. J'étais heureux et torturé, comme dans une attente d'amour, comme après les aveux qui précèdent l'étreinte. Je m'enfermais seul avec elle pour la sentir sur ma peau, pour enfoncer mes lèvres dedans, pour la baiser, la mordre. Je l'enroulais autour de mon visage, je la buvais, je noyais mes yeux dans son onde dorée afin de voir le jour blond, à travers. Je l'aimais ! Oui, je l'aimais. Je ne pouvais plus me passer d'elle, ni rester une heure sans la revoir. Et j'attendais…j'attendais…quoi ? Je ne le savais pas ? - Elle.
Une nuit je me réveillai avec la pensée que je ne me trouvais pas seul dans ma chambre. J'étais seul pourtant. Mais je ne pus me rendormir ; et comme je m'agitais dans une fièvre d'insomnie, je me levai pour aller toucher la chevelure. Les morts reviennent-ils ? Les morts reviennent ! Elle est venue. Oui, je l'ai vue, je l'ai tenue, je l'ai eue, telle qu'elle était vivante autrefois, grande, blonde. Elle est revenue, la Morte, la belle morte, l'Adorable, la Mystérieuse, l'Inconnue, toutes les nuits. Mon bonheur fut si grand, que je ne l'ai pu cacher. Je l'ai promenée par la ville comme ma femme, et conduite au théâtre en des loges grillées, comme ma maîtresse… Mais on l'a vue … on a deviné … on me l'a prise … Et on m'a jeté dans une prison, comme un malfaiteur. On l'a prise … oh ! Misère !… ∗

Le manuscrit s'arrêtait là. Et soudain, comme je relevais sur le médecin des yeux effarés, un cri épouvantable, un hurlement de fureur impuissante et de désir exaspéré s'éleva dans l'asile.
"Ecoutez-le, dit le docteur. Il faut doucher cinq fois par jour ce fou obscène. Il n'y a pas que le sergent Bertrand qui ait aimé les mortes."
Je balbutiai, ému d'étonnement, d'horreur et de pitié: "Mais… cette chevelure… existe-t-elle réellement ? En êtes-vous bien certain ?" Le médecin se leva, ouvrit une armoire pleine de fioles et d'instruments et il me jeta, à travers son cabinet, une longue fusée de cheveux blonds qui vola vers moi comme un oiseau d'or. Je frémis en sentant sur mes mains son toucher caressant et léger. Et je restai le cœur battant de dégoût et d'envie, de dégoût comme au contact des objets traînés dans les crimes, d'envie comme devant la tentation d'une chose infâme et mystérieuse. Le médecin reprit en haussant les épaules : "L'esprit de l'homme est capable de tout." »

Tranquille : adverbe de manière
Très : adverbe de degré
Pour : préposition
Que : conjonction de subordination
chaque jour : adv de temps
pour : préposition
probablement : adv de doute
vraisemblablement : adv de manière
Comme : conjonction de subordination
Dans : préposition
dans : préposition
doucement : adv de manière
Aussitôt : adv de temps
Mais : conjonction de coordination
oh : interjection
d'étonnement : adv de doute
réellement : adv de doute
bien : adv de degré


Merci beaucoup pour votre aide, précieuse.
Tranquille : adverbe de manière.Non, "tranquillement" serait un adverbe de manière, là c'est un adjectif (on peut dire "nous vécûmes tranquilles"). Quoique dans la langue actuelle, il y ait souvent confusion entre l'adjectif et l'adverbe, comme dans "tu me fatigues grave !"

chaque jour : adv de temps (plutôt "locution adverbiale" ; l'adverbe serait quotidiennement, par exemple)

probablement : adv de doute
vraisemblablement : adv de manière.Si probablement est un adverbe "de doute", alors vraisemblablement en est "vraisemblablement" un aussi. En fait, ce sont des adverbes modaux, qui indiquent l'attitude du locuteur vis-à-vis de l'énoncé, mais s'ils sont désignés officiellement comme "adverbes de doute", alors autant garder cette dénomination, pas très heureuse à mon avis.

Comme : conjonction de subordination :un "adverbe exclamatif", selon le CNRTL (dans ce cas)

d'étonnement : adv de doute.Non, étonnement est un nom commun. Etonnamment serait un adverbe "de doute"
Déjà, "tranquille" n'est pas un adverbe de manière, c'est un adjectif variable :
Nous vécûmes tranquilles.
"étonnement " est un nom.
"chaque jour" est un groupe nominal (déterminant + nom) CC de temps.

Tu as mal cherché. Rien que dans les premières lignes, on pouvait déjà trouver tout ça :
Les murs de (préposition) la cellule étaient nus, peints à (préposition) la chaux. Une fenêtre étroite et (conjonction de coordination) grillée, percée très (adverbe) haut (adverbe) de façon qu' (locution conjonctive de subordination) on ne pût pas (locution adverbiale de négation) y atteindre, éclairait cette petite pièce claire et (conjonction de coordination) sinistre; et (conjonction de coordination) le fou, assis sur (préposition) une chaise de (préposition) paille, nous regardait d' (préposition) un œil fixe, vague et (conjonction de coordination) hanté. Il était fort (adverbe) maigre avec (préposition) des joues creuses et (conjonction de coordination) des cheveux presque (adverbe) blancs qu'on devinait blanchis en (préposition) quelques mois.
Merci beaucoup pour vos remarques. Je vais revoir ma copie. Désolé Hérodote, si je te fatigue grave. 😂

Jusqu'à l'âge de (prép) trente-deux ans, je vécus tranquille, sans (prép) amour. La vie m'apparaissait très simple, très bonne et très facile (très: adv de degré ou quantité). J'étais riche. J'avais du goût pour tant de (prep) choses que (conjonction de subordination) je ne pouvais éprouver de passion pour (prep) rien. C'est bon de vivre ! Je me réveillais heureux, chaque jour, pour faire des choses qui me plaisaient, et je me couchais satisfait, avec l'espérance paisible du lendemain et de (prep) l'avenir sans souci. Encore, ceux qui aiment comme tout le monde doivent-ils éprouver un ardent bonheur, moindre que le mien peut-être, car (conjonction de coordination) l'amour est venu me trouver d'une incroyable manière. Étant riche, je recherchais les meubles anciens et les vieux objets; et (conj de coordination) souvent je pensais aux mains inconnues qui avaient palpé ces choses, aux yeux qui les avaient admirées, aux cœurs qui les avaient probablement aimées, car (conj de coordination) on aime les choses ! Je restais souvent pendant des heures, à regarder une petite montre du siècle dernier. Et (conj de coordination) elle marchait vraisemblablement comme (conjonctiond e subordination) au jour où une femme l'avait achetée dans (prep) le ravissement de posséder ce fin bijou. Quels yeux avaient épié sur ce cadran fleuri l'heure attendue, l'heure chérie, l'heure divine ? Comme j'aurais voulu la connaître, la voir, la femme qui avait choisi cet objet exquis et (conj de coordination) rare ! Elle est morte ! Je suis possédé par le désir des femmes d' (préposition ??? ) autrefois. Le baiser est immortel, lui ! Il va de (préposition ??) lèvre en lèvre, de (préposition ??) siècle en siècle, d'âge en (préposition ?) âge. Je regrette tout ce qui s'est fait, je pleure tous ceux qui ont vécu; je voudrais arrêter le temps, arrêter l'heure. Mais elle va, elle va, elle passe, elle me prend de seconde en seconde un peu de (préposition) moi pour le néant de (préposition) demain. Et je ne revivrai jamais (adverbe de négation ou c'est juste avec ne….pas ??) . Adieu celles d'hier. Je vous aime. Mais je ne suis pas à (préposition) plaindre. Je l'ai trouvée, moi, celle que (conjonction de subordination) j'attendais; et j'ai goûté par elle d' (préposition ) incroyables plaisirs.